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CHAPITRE VIII

Bataille» de terre sous la République.

Sommaire : L'armée désorganisée d'abord, puis réorganisée par la révolution de 89. — Sa répartition eu divisions et brigades. — Affaire de Valmy. — La France sauvée de l'invasion prussienne. — Le général Bonaparte inaugure une tactique nouvelle en Italie. — Expédition d'Egypte. — Bataille des Pvramides.

L'armée avait naturellement subi le contre-coup de l'effroyable tempête qui \enait d'emporter le trône et les institutions qui lui servaient de bases; la désorganisation s'était mise dans ses rangs, qu'avait affaiblis l'émigration volontaire ou forcée de la plupart de ses officiers et de ses généraux; et, d'un autre côté, les prédications des clubs n'étaient pas de nature à y rendre d'une application facile les règles de la discipline militaire; toutefois, il faut rendre cette justice à la révolution de 89 que, si elle porta tout d'abord le désordre dans l'armée, elle ne tarda pas à réparer sa faute en la dotant successivement de vigoureuses institutions qui la rendirent même supérieure à ce qu'elle avait été sous le règne de Louis XV : hiérarchie, organisation, manœuvres, service intérieur, tout fut reconstitué suide nouvelles bases, lesquelles sont encore , dans leur ensemble, celles qui réglementent aujourd'hui nos troupes; le péril aidait à la besogne, et le péril était pressant, car l'Europe coalisée se disposait à envahir nos frontières.

Nous avons vu que, dans le siècle précédent, l'idée de la division, ou agrégation d'un certain nombre de troupes de toutes armes combinées ensemble, avait déjà reçu un commencement d'application ; mais ce fut à cette époque

seulement que cette idée fut généralisée et rendue réglementaire : deux ou trois régiments formèrent une brigade, placée sous les ordres du général de brigade, succédant ainsi au maréchal de camp ; deux brigades formèrent une division y qui se trouva former, par l'agrégation d'une force respectable en infanterie, artillerie et cavalerie, cette grande unité de nos armées, que commandait un général de division, le lieutenant général d'autrefois.

L'artillerie, qui allait être appelée à suppléer dans les premières batailles à l'inexpérience de nos armées improvisées, reçut une vigoureuse impulsion sous la main de Gribeauval, qui la fit reconstituer en sept régiments, dont les compagnies avaient la charge et le service des bouches à feu, comme du matériel, auxquelles elles étaient affectées ; cette arme avait été moins atteinte que les autres corps par l'émigration 5 aussi allons-nous la voir jouer le premier rôle à la bataille de Valmy. Nous sommes en 1792; l'armée française n'était guère alors composée que de 150,000 hommes ; il fallut, pour résister aux puissances coalisées contre nous, qu'à la voix de la patrie en danger, un noble sentiment entraînât la population la plus virile aux frontières, élite inexpérimentée, mais pleine d'ardeur patriotique ; et l'on put répéter alors ce que l'on avait dit à Bouvines , et souvent depuis, qu'il suffisait de frapper du pied le sol de la France pour en faire sortir des soldats.

Ce fut le 20 septembre 1792 que nos bataillons improvisés se mesurèrent avec les troupes prussiennes près de Valmy, ohDumouriez etKellermann venaient d'opérer leur jonction, et qui devait, suivant l'expression du premier de ces généraux, devenir les Thermopyles de la France.

Les deux armées formaient, à leur point de jonction, un angle saillant en avant duquel se trouve la hauteur de Valmy; quarante bouches à feu sont établies sur cette hauteur, et d'autres batteries également échelonnées en avant des lignes que forme l'armée française. L'armée prussienne,

sous les ordres du duc de Brunswick, a déjà pris Longury, Verdun, et s'avance vers Paris; pour forcer les lignes françaises le duc de Brunswick songe d'abord à s'emparer de la hauteur de Valmy , qui domine toutes les positions de notre armée, et fait établir , en conséquence, une cinquantaine de bouches à feu en batterie sur les hauteurs dites de \aLune, situées en regard du mamelon de Valmy; le 20 septembre, la canonnade commence , dès sept heures du matin, entre les artilleurs prussiens et français ; mais, au grand étonnement du duc de Branswick sans doute, c'est à ces derniers que reste l'avantage ; changeant alors leurs obusiers de position pour les dérober aux coups de nos batteries, les Prussiens les dirigent contre des troupes que Kellermann vient de faire avancer, afin de renforcer la droite du mamelon : le désordre se met un instant dans les rangs de ces troupes, qui cependant se reforment sous la protection d'une batterie à cheval accourue pour les soutenir. C'est alors que le duc de Brunswick forme trois colonnes d'attaque , soutenues par la cavalerie, dont deux se dirigent contre la hauteur de Valmy, qu'elles ont ordre d'enlever -, mais l'artillerie française concentre tout son feu sur ces colonnes, ainsi que la première ligne d'infanterie française qui fait bonne contenance; les colonnes prussiennes s'avancent d'abord hardiment contre ce feu ; mais il redouble, et alors elles flottent, reculent, si bien que le duc de Brunswick fait donner l'ordre de battre en retraite. Comme on le voit, l'affaire de Valmy, qui sauva la France de l'invasion, fut surtout un combat d'artillerie : c'était ce que les généraux français, et particulièrement Dumouriez, avaient en vue, afin de compenser, par la solidité de leur feu et de leurs positions, l'inexpérience de leurs troupes. Le duc de Chartres, depuis Louis-Philippe, et alors général dans l'armée française, fut particulièrement cité par Kellermann, qui eut un cheval tué sous lui et montra dans cette affaire autant de bravoure que de sang-froid; toutefois, c'est à Dumouriez que revient le principal honneur de cette victoire, non-seulement à cause des bonnes dispositions militaires qu'il avait prises, mais parce qu'il avait rendu l'ordre et la confiance à une armée désorgani-

sée, et persisté dans ses idées de temporisation, malgré le gouvernement républicain lui-même ; s'il avait attendu l'armée prussienne à Valmy, au Heu de l'attaquer en rase campagne, c'est qu'il voulait être certain de lui faire subir un premier échec ; et, ce premier échec subi , il savait que cette armée, travaillée par les maladies et la disette, ne tarderait pas à opérer sa retraite ; c'est en effet ce qui eut lieu ) dix jours après, elle levait le camp pour repasser les frontières. Dumouriez fut à Valmy le vrai sauveur de la France, et il ne lui faut pas moins que cet éclatant service pour être absous d'avoir passé plus tard dans les rangs des ennemis de la patrie !

La patrie ! ce mot magique, qui sufût pour enfanter des armées, est-il donc destiné à devenir jamais un vain mot, comme les philosophes humanitaires le prétendent? Seraitil vrai que dans l'avenir il ne restera rien à nos descendants de ce sentiment qui, à une heure donnée, soulève et enthousiasme les masses, les pousse au combat, à l'héroïsme, à la mort, pour défendre la fraction de l'Europe qu'elles cultivent et habitent contre les autres fractions de cette Europe liguées pour l'envahir ? Serait-il vrai que ce sentiment, qui a subi de si nombreuses transformations à travers les siècles, qui s'est successivement étendu de la tente à la tribu, de la tribu au village, du village à la cité, de la cité à la province, de la province à la nation, n'est pas encore arrivé à sa dernière étape, et que d'autres générations, nées sur ce même sol qui gardera nos cendres, s'enorgueilliront du titre d'Européens, comme déjà les habitants du Nouveau-Monde s'enorgueillissent de celui d'Américains? Serait-il vrai enfin qu'un jour, à la grande unité des États- Unis d'Amérique , nos contrées opposeront l'unité , non moins formidable, des États-Unis d'Europe?

Là est le secret de l'avenir ; il est vrai qu'un temps fut en France, où le Breton, luttant contre le Bourguignon, le Normand contre le Gascon étaient convaincus qu'ils avaient

un ennemi devant eux ; pour les uns , la patrie c'était la Normandie ou la Gascogne ; pour les autres, c'était la Bourgogne ou la Bretagne ; et qu'aujourd'hui Brest, Lyon, Rouen et Bordeaux soient menacés, et un frisson électrique courra d'un bout du territoire à l'autre : le Breton, le Bourguignon, le Normand, le Gascon, se sentiront simultanément atteints, car, pour eux, la patrie ce n'est plus seulement la province natale, c'est la France! Rien n'est plus réel; mais, quoi qu'il arrive, une nation n'aura jamais à regretter le sang qu'elle aura versé pour rester indépendante, si cette indépendance est menacée dans ses institutions ou sa richesse, ses traditions ou ses gloires, car là est la vie morale d'un peuple; qu'après cela il plaise à la Providence d'élargir l'horizon de la patrie et de réunir en une seule ruche tous ces alvéoles qui s'appellent des nations pour vivre en paix et s'appuyer mutuellement l'une sur l'autre, c'est peut-être en effet leur destinée future ; mais perdrontelles pour cela leur originalité natale? Chaque nation ne conservera-t-elle pas sa physionomie particulière, ses traditions, sa poésie et jusqu'à son patois? et de même que dans la foule nous distinguons immédiatement le Gascon du Normand, le Breton du Provençal, non-seulement à l'accent de leur parole, mais à leur geste, à leur allure, à leur façon d'être, les différences ne seront-elles pas encore plus tranchées dans les siècles futurs entre le Français et l'Espagnol7 Y Anglais ou Y Allemand ; l'amour de la patrie, pour s'élargir, n'en restera-t-il pas moins un sentiment éternel qui attachera l'homme, d'abord au coin de terre témoin de ses premiers pas et gardien des tombeaux paternels , puis à la province, qui a absorbé une nationalité pour mieux garantir son indépendance; puis à cette nationalité même, avec laquelle il a échangé comme un contrat d'assurance mutuelle afin de vivre avec sécurité , honneur et gloire ; puis enfin au continent qui renferme sa nation, si telle est en effet la phase nouvelle que les siècles à venir réservent à l'amour de la patrie?.

Nous venons d'assister aux débuts de l'armée française presque improvisée sur les ruines du passé; il ne manquait à ces jeunes soldats que la discipline et l'habitude des champs de bataille; ils vont acquérir l'une et l'autre, sous des généraux habiles, dont le génie perce et se développe ' au milieu de la fumée des combats, et notamment sous les ordres du plus grand capitaine des temps modernes : c'est nommer le général Bonaparte, dont les débuts en Italie sont autant de triomphes, les batailles autant de victoires.

Depuis que l'ordre de bataille mince , nécessaire au développement des lignes de feu , avait prévalu sur l'ordre profond , les armées avaient acquis une grande étendue : Bonaparte, qui se trouvait, en Italie, à la tète de troupes bien inférieures en nombre à celles de ses adversaires, basa sur cette grande étendue des lignes ennemies tous ses plans de batailles et de victoires futures; grâce à la rapide conception de son génie et à l'activité qu'il sut imprimer à l'exécution de ses ordres , il réunissait promptement des troupes sur le point de la ligne ennemie qu'il voulait attaquer avec des forces supérieures pour rompre le mince cordon qu'on lui opposait; puis, sans donner le temps à une division voisine de venir au secours de celle attaquée, il fondait sur elle de front, de flanc, parfois de revers, la dispersait et parfois même étourdissait de ses coups tout un corps d'armée, sans lui laisser le temps de se reconnaître ; c'est ainsi qu'il agit et qu'il frappe à Montenotte, à Lodi, à Àrcole, etc. ; il est maître de l'Italie supérieure; les généraux étrangers, habitués aux lenteurs circonspectes de la tactique ancienne, sont attérés, étourdis, démoralisés; le traité de Campo-Formio , si honorable pour nos armes, est signé le 17 octobre 1797.

Après l'Italie l'Egypte; Bonaparte s'y fait conduire à la tète d'une armée de 30,000 hommes, embarquée sur treize

LÉGENDE

D, division Desaix, ir« position. — D' 2* position. R, division Régnier, !'• position.— R' id. D G, division Dugua, i** position.— D' G' id. B, division Bon, lr« position. — B' id. M, division Menou Vial, lrc position. — M' id. on Troupes françaises

m^m Mamelucks et Turcs. ,

t + Pièces de canons de position établies par l'ennemi pour la défense

de son camp retranché tfEmbabeh.

KK, 1" position de l'armée des Mamelucks. K'K', «• position; les Mamelucks attaquent les carrés français.

vaisseaux, autant de frégates et corvettes et une centaine de flûles ou gabarres; ce sont encore des méthodes de guerre toutes nouvelles que le jeune général va inaugurer dans la sablonneuse contrée des Pharaons, car il n'a plus à combattre les lignes régulières des légions d'Allemagne, mais des nuées de cavaliers aussi rapides qu'aguerris, auxquels il ne peut opposer que des poignées de fantassins. Bonaparte, déjà triomphant dans plusieurs rencontres avec l'ennemi, apprend que Mourad-Bey, à la tête de 32,000 mamelucks ou janissaires, et d'une foule d'Arabes et de fellahs, est retranché au village d'Embabeh, vis-à-vis Boulac, faubourg du Caire,'oxi il attend les Français pour les combattre; il se dirige donc vers le Caire pour lui présenter la bataille. Le 21 juillet 1798, l'armée française, en marche depuis deux heures du matin, arrive à deux heures de l'après-midi aux villages d'Ourag-el-Aral et de Rechtyl; elle n'est plus qu'à trois quarts de lieue à'Embabeh, où sont retranchés 20,000 janissaires ou égyptiens derrière un fossé qu'ils ont armé de pièces de position; la chaleur est accablante; les soldats extrêmement fatigués. Ces 12,000 mamelucks n'ont pas plutôt aperçu l'armée française qu'ils se forment en bataille (K K) dans la plaine, appuient leur droite à Embabeh et prolongent leur ligne dans la direction des pyramides; un spectacle aussi imposant n'avait point encore frappé les regards de notre armée; la cavalerie des mamelucks était couverte d'armes étincelantes ; derrière cette cavalerie, à sa droite, étaient le Nil, le Caire et

les champs de l'antique Memphis; au delà et à sa gauche, ces fameuses pyramides, dont la masse indestructible a survécu à tant d'empires. « Soldats, du haut de ces pyrao mides, quarante siècles vous contemplent ! » s'écrie le général en chef, et l'armée, impatiente d'en venir aux mains, a déjà oublié ses fatigues.

* Bonaparte prend aussitôt les dispositions qui lui ont déjà réussi dans les rencontres précédentes contre ces milices aguerries, mais désordonnées ; il prescrit à chaque division de se former en carré long, d'environ 150 mètres de front et 25 de flanc, sur six hommes de hauteur; elles doivent marcher en échelons parallèlement au Nil et à demi-portée de canon l'une de l'autre pour se protéger réciproquement ; au milieu de chacune d'elles est un peloton d'une cinquantaine de chevaux ; huit pièces de canon sont attachées à chaque division et sont placées aux angles du carré ou entre les brigades ; la force totale de l'armée française n'est, sur le champ de bataille, que de 18,000 hommes de toutes armes, dont 16,000 d'infanterie; pendant que les divisions établissent leur ordre de bataille, ce qui ne demande pas moins de trois heures, des officiers d'étatmajor ont poussé une reconnaissance du côté d'Embabeh, dont les retranchements ne consistent qu'en un fossé peu profond, incapable d'arrêter l'infanterie; ce fossé est défendu à l'aide de grosses pièces de fer montées sur affûts marins fort mal outillés.

Bonaparte donne l'ordre aux divisions de s'ébranler; Mourad-Bey, commandant en chef des mamelucks, faisant preuve d'une pénétration qui aurait honoré le général le plus consommé, voit de suite que, pour tirer le meilleur parti de sa cavalerie si nombreuse, il doit la lancer sur ces divisions au moment où elles sont en marche; il part comme l'éclair avec 7 ou 8,000 chevaux (K' K'), passe entre les divisions Desaix (D) et Reynier (R) et les enveoppe ; ce mouvement se fait avec une telle rapidité que l'on

craint un instant que le général Desaix n'ait pas le temps de se mettre en position pour les recevoir, mais les premiers mamelucks qui arrivent sur lui sont peu nombreux, une décharge en jette la moitié par terre; c'étaient 2 ou 300 cavaliers conduits par Selim-Bey, un des plus intrépides chefs de cette redoutable jnilice. Au milieu de celte décharge meurtrière, 30 à 40 d'entre eux, arrivés sur nos soldats et ne pouvant les culbuter, retournent leurs chevaux avec fureur, les font se cabrer et se renversent avec eux sur nos baïonnettes; percés de coups, ils expirent, mais après avoir ouvert une brèche par où pénètrent une trentaine de mamelucks, qui, tous, périssent à leur tour dans le carré. Si la masse ennemie était arrivée dans ce moment, c'en était fait de la division française ; mais au bout de quelques minutes Desaix a reformé son carré, et lorsque les mamelucks arrivent par nuées pour l'attaquer, ils sont mis en désordre par la mitraille et la fusillade engagée sur les quatre côtés avec une extrême violence; ils se précipitent alors sur la division Reynier (R) qui vient de prendre position et commence le feu sur les quatre faces x de son carré ; dès ce moment, leurs rangs sont ravagés par les feux croisés des deux divisions. — La division Dugua (DA), dans laquelle se trouvait Bonaparte, arrive à son tour en D'A', faisant route pour couper l'ennemi du camp d'Embabeh et lui barrer le fleuve ; elle se trouve bientôt à portée de commencer la canonnade sur les mamelucks; leur désordre devient alors effroyable, le champ de bataille est couvert de leurs morts et de leurs blessés; ils s'obstinent encore pendant une demi-heure à caracoler à portée de mitraille, passant d'un intervalle à l'autre, au milieu de la poussière, des chevaux, de la fumée, de la fusillade, de la mitraille, des cris des mourants; mais enfin, ne gagnant rien, ils s'éloignent et se mettent hors de portée; Mourad-Bey, avec 3,000 chevaux, opère sa retraite sur Giseh, séparé ainsi, vers le milieu de la bataille, de la partie de son armée qui s'appuyait sur Embabeh, et que letf divisions Bon (B) et Menou (M) vont rudement attaquer à leur tour.

Les généraux de ces deux divisions, arrivés à portée du camp A'Embabeh, forment .la moitié de leurs troupes en colonnes d'attaque, et conservent l'autre moitié en carré, sur trois de hauteur, pour soutenir l'attaque de ces colonnes.

Le général Marmont, avec un bataillon et demi de la quatrième demi-brigade, se porte au pas de course sur un étroit délilé qui servait de communication entre Giseh et Emlmbch, et s'en empare; toute voie de retraite est alors coupée à l'ennemi qui occupe ce camp; de son côté, le général lUtmpotu se jetant sur les retranchements du camp avec impétuosité, une fois la première décharge des pièces essuyée, y pénètre à la tète des compagnies d'élite de la division lion (IV) ; il est assailli par des nuées de mamelucks et de janissaires qu'il reçoit, après avoir fait front de tous côtés, soit la baïonnette au bout du fusil, soit avec une grêle de balles; le camp est jonché de blessés et de mourants ennemis, le désordre ne tarde pas à y être à son comble ; les janissaires ainsi repoussés, et voyant les mamelucks eux-mêmes battus, se précipitent sur les dyermes, rdtytific et autres bateaux pour repasser le Xily mais cette ressource ne peut être suffisante; la division Bon pénètre toujours en avant dans le camp et pousse au Xil : et les janissaires et les mamelucks restés à Embabeh, qui sont ainsi acculés au fleuve et s y précipitent à la nage ; la plupart y froment la mort; Monrad-Bey fournit alors plusieurs charges dans l'espoir de rouvrir ses communications entre tiiwh et Embnbrh, mais en vain ; blessé, couvert de sang, il donne le signal de la retraite en faisant incendier les 300 bâtiments où il a fait embarquer les trésors et les richesses do VÈgypte; le Xil est sur-le-champ sillonné de flammes qui s'échappent des flancs et des agrès de cette flotte. La perte totale de Tennemi est de 10,000 hommes tacs ou novés ; la nôtre, de 40 soldats tués et 160 blessés; tant les nouvelles dispositions du général en chef ont été appropriées avec génie et à l'espèce d ennemis qu'il avait

à combattre et à leur tactique désordonnée ! Les soldats de la République montrèrent, en cette circonstance, un sang- - froid et une patience qui contrastaient avec leur fougue naturelle et achevèrent de compléter leurs qualités guerrières.

Soldai cl matelot sous la République. -

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