‹ Batailles de terre et de merChapitre 20 sur 99 · PD · texte numérisé non relu

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BATAILLE D'iSLY.

LÉGENDE

P. —Fanion de direction.

/>, 6, 6. — Bataillons des ailes, ombrés, échelonnés pour le combat. b'ft L1. — Les mêmes bataillons, non ombrés, en colonne de marche. ctc, c. — Cavalerie, ombrée, au poste qu'elle occupait ayant d'être lancée

sur l'ennemi.

cf,c\ cK — Cavalerie, non ombrée, en colonne de marche. G, G, G. — Avant-garde, mi-ombrée, à son poste de marche et de combat. AG, AG. — Arrière-garde, mi-ombrée, à son poste de marche et de combat. Z. — Fanion du général Bogeaud.

M. — Impedimenta de l'armée.

K. — Maksen, contingent arabe.

L'avant-garde G, G, G est sous les ordres du général Lamoricière.

Le général en chef Bugeaud se lient au point Z. Les bataillons b, à, b de l'aile droite sous les ordres du général Bedeau, Les bataillons 6, b, b de l'aile gauche sous les ordres du colonel Pélissicr. L'arricrc-garde A G, ÀG, A G sous les ordres du colonel Gachot.

chaque jour de nouveaux combattants. L'ordre de marche et de bataille, car il était l'un et l'autre, que le général Bugeaud adopta dans cette circonstance, nous reporte aux journées héroïques de la campagne d'Egypte et restera comme un monument de simplicité militaire et d a-propos. En voici un aperçu figuré :

La pensée mère de cet ordre était de grouper les forces françaises, composées de 8,500 fantassins, 1,800 chevaux et 16 bouches à feu, de telle manière qu'elles ne pussent être entamées par les 25,000 cavaliers et les 10,000 fantassins de l'armée marocaine.

Comme les bagages, les vitres, les impedimenta, en un mot, que le général Bugeaud traînait avec lui, devaient être préservés de toutes attaques, il les place dans la pai tic centrale de son armée, puis il décide que la cavalerie oc* cupera les positions c! c' c' (ombrées), le long des bagages, pendant qu'on sera en marche, et les positions c, c, c (non ombrées), où elle se tiendra prête à agir, pendant le combat ; que les bataillons d'infanterie placés en colonne de marche dans les positions bf, bf, b1, b1 (ombrées) pendant la marche s'échelonneront pendant le combat dans les positions b,b,b,b (non ombrées). Quant aux avant-garde et arrière-garde AG et G (mi-ombrées), elles devront occuper, pendant le combat, la même position que pendant la marche. Tout le système se trouve ainsi figurer à peu près un as de pique pendant le combat, et pendant la marche un long rectangle, différant des carrés de la bataille des Pyramides en ce qu'il est terminé aux deux extrémités par les deux triangles que forment l'avant-gardeet l'arrière-garde.

Le 14 août 1844, l'armée passe la rivière de Ylsly pour marcher à l'ennemi et ne tarde pas à être assaillie par des flots de cavalerie marocaine; mais nos bataillons, formés en carrés et échelonnés en b, b, b, n'en sont point ébranlés, et, dans les intervalles des échelons comme dans les

angles morts des carrés, l'artillerie de montagne Vomit de la mitraille contre ces nuées tourbillonnantes de cavaliers; les pièces de montagne placées à l'avant-garde augmentent leur désordre. C'est alors que, jugeant le moment venu d'utiliser sa cavalerie c, c, c, le maréchal la fait sortir de son vaste triangle de fer et la réunit en plusieurs échelons qui convergent sur le Camp ennemi et sur leg ailes pour balayer le terrain. \)ne partie de cette cavalerie se précipite sur notre droite à là rencontre de forces plus que décuples : ce sont les 2e et 3e échelons, c'est-à-dire 600 chasseurs d'Afrique, qui, sous les ordres du colonel Morris, luttent contre 6^000 cavaliers ennemis j mais trois bataillons d'infanterie étant détachés pour soutenir nos intrépides chasseurs, ils peuvent continuer leurs belles charges avec un plein succès contre la cavalerie marocaine, qui couvre de cadavres d'hommes et de chevaux la gorge de montagne par laquelle elle se retire. Notre petite armée, poursuivant alors le cours de ses premiers succès* arrive au camp marocain, qu'elle traverse rapidement } l'ennemi cherche à se reformer pour reprendre son camp, mais c'est en vain ; notre infanterie, notre artillerie, foudroient cette vaste confusion de cavaliers se réunissant de différents côtés, et la cavalerie, assurant l'œuvre, les disperse de nouveau et les poursuit vigoureusement pendant une heure. 2,400 Marocains, tués ou blessés, couvrent le champ de bataille et lecamp; le matériel et les drapeaux de l'ennemi sont en notre pouvoir; c'est une victoire complète dont voici d'ailleurs le récit écrit par le vainqueur lui-même, sous la dafedu 19 août 1844:

« De nombreux cavaliers défendaient le passage de la ri- « vière; ils furent repoussés par nos tirailleurs d'infahterie, « avec quelques pertes des deux côtés, et j'atteignis bientôt « leplateau immédiatement inférieur à labutte laplûs élevée, « où se trouvait le fils de l'Empereur. J'y dirigeai le feu de <c mes quatre pièces de campagne, et à l'instant le plus « grand trouble se manifesta. Dans ce moment, des masses « énormes de cavalerie sortirent des deux côtés de derrière « les collines et assaillirent à la fois mes deux flancs et « ma queue. J'eus besoin de la solidité de mon infanterie;

« pas an homme ne se montra faible. Nos tirailleurs, qui « n'étaient pas à cinquante pas des carrés, attendirent de « pied ferme ces multitudes, sans faire un pas en arrière j 4 ils avaient ordre de se coucher par terre si la charge ar* « rivait jusqu'à eux, afin de ne pas gêner le feu des carrés. « Sur la ligne des angles morts des bataillons, l'artillerie « vomissait la mitraille. Les masses ennemies furent arrêtées et se mirent à tourbillonner. J'accélérai leur retraite

* et j'augmentai leur désordre en retournant sur elles mes « quatre pièces de campagne qui marchaient en tête du

* système. Dès que je vis que les efforts de l'ennemi sur

* mes flancs étaient brisés, je continuai ma marche en « avant; La grande butte fut enlevée et la conversion sur « les camps s'opéra.

« La cavalerie de l'ennemi se trouvait divisée par ses « propres mouvements et par sa marche qui la coupait en « deux* Je crus le moment venu de faire sortir la mienne « sur le point capital qui , selon moi , était le camp, que « je supposais défendu par l'infanterie et l'artillerie* Je « donnai l'ordre au colonel Tartas d'échelonner les 19 es<- « cadrons par la gauche, de manière à ce que son dernier « échelon fût appuyé à la droite de VIsly,

« Le colonel Yusuff commandait le premier échelon, qui « se composait de six escadrons de spahis> soutenus de « très-près en arrière par trois escadrons du 4e de chas- « seurs.

« Ayant sabré bon nombre de cavaliers, le colonel Yusuff « aborda cet immense canip, après y avoir reçu plusieurs « décharges de l'artillerie; il le trouva rempli de cavaliers « et de fantassins qui disputèrent le terrain pied à pied. La « réserve des trois escadrons du 4e chasseurs arriva ; une <t nouvelle impulsion fut donnée, l'artillerie fut prise et le « camp fut enlevé. Il était couvert de cadavres d'hommes « et de chevaux. Toute l'artillerie, toutes les provisions de « guerre et de bouche, les tentes du fils de l'Empereur, les « tentes de tous les chefs, les boutiques des nombreux « inatchands qui accompagnaient l'armée, tout, en un mot, « resta en notre pouvoir. Mais ce bel épisode nous avait « coûté cher : quatre officiers de spahis et une quinzaine

« de spahis et chasseurs y avaient perdu la vie- plusieurs « autres étaient blessés. Pendant ce temps, le colonel Mor- « ris, qui commandait les 2e et 3e échelons, voyant une « grosse masse de cavalerie qui se précipitait de nouveau « sur mon aile droite, passa Ylsly pour briser cette charge « en attaquant l'ennemi par son flanc droit, L'attaque de « cette cavalerie contre notre infanterie échoua comme les « autres ; mais alors le colonel Morris eut à soutenir le « combat le plus inégal. Ne pouvant se retirer sans s'expo- « ser à une défaite, il résolut de combattre énergiquement «jusqu'à ce qu'il lui arrivât du secours. Cette lutte dura « plus d'une demi-heure; «es six escadrons furent succesr « sive ment engagés et à plusieurs reprises; nos chasseurs « firent des prodiges de valeur; trois cents cavaliers Ber- « bères ou Abids-Bokhari tombèrent sous leurs coups.

« Enfin le général Bedeau, commandant l'aile droite, « ayant vu l'immense danger que courait le 2e de ebas- « seurs achevai, détacha le bataillon de zouaves, un batail- « Ion du 19e léger et le 9e bataillon de chasseurs d'Orléans, « pour attaquer l'ennemi du côté de Mostaganem ; ce mou- « vement détermina la retraite. Le colonel Morris reprit alors « l'offensive sur lui et exécuta plusieurs charges heureuses « dans la gorge par où il se retirait. Cet épisode est un des « plus vigoureux de la journée : 550 chevaux du 2e com- « battirent 6,000 cavaliers ennemis; chaque chasseur rap- « porta un trophée de cet engagement : celui-ci^un dra- « peau, celui-là un cheval, celui-ci une armure, tel autre « un harnachement.

« La bataille de Ylsly est, dans l'opinion de toute l'ar- « mée, la consécration de notre conquête de V Algérie ; elle « ne peut manquer d'accélérer beaucoup la conclusion de « nos différends avec l'empire de Maroc. »

On vient de voir apparaître dans le récit du général en chef plusieurs corps de nouvelle formation dont notre guerre contre les nuées d'Arabes de l'Algérie avait fait reconnaître la nécessité : ce sont les zouaves, qui se feront plus tard une réputation européenne en combattant sous

les mars de Sébastopol; ce sont les spahis; ce sont les chasseurs à cheval d'Afrique, devenus la terreur des cavaliers du Maroc comme de l'Algérie; ce sont les chasseurs d'Orléans, ou troupes légères à pied, que l'on avait armés d'un fusil à balle forcée et de forme cylindro-conique, pour rendre la guerre de tirailleurs vraiment formidable en raison de la portée et de la justesse de tir de ces nouvelles armes. Nous aurons occasion pins loin de revenir sur cette pbase nouvelle dans laquelle venaient d'entrer les combats de mousqueterie.

LÉGENDE

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