ANNEXE N° II
Infanterie (1).
Sommaire : De la colonne.— Les feux. — Des armes de précision. — Les marches.— Les positions. — Les démonstrations et les partis. — Guerre dans les montagnes. — Composition d'une armée.— Ordre primitif de bataille. — De la bataille.
\fiE LA COLONiNE.
Dans l'infanterie, l'unité d'agrégation d'hommes est le bataillon ; plusieurs bataillons réunis forment la colonne , laquelle sert, quelle que soit son étendue, à régler les évolutions de ligne ; les règles qui lui sont applicables le sont d'ailleurs aussi à un régiment ou à une brigade, enfin à tel nombre de bataillons réunis que ce soit. C'est au chiffre de huit bataillons que s'est arrêtée la théorie des évolutions de ligne pour indiquer les règles à suivre pour exécuter ces évolutions.
Une ligne de bataillons formant chacun une colonne par divisions, à distance de pelotons, exécutera toutes les manœuvres de guerre avec vitesse et facilité.
Former une colonne de roule, une colonne par divisions à di-
(l) Cette annexe, comme celles relatives aux opérations de l'armée, ne sont que le résumé des matériaux puisés par nous dans divers ouvrages didactiques de MM. Ma r mont, Ternay, Favé, Soyer, Lebas, Laine, etc., nous les avons ainsi réunis, et en quelque sorte condensés, pour nous identifier avec la guerre sur terre quand nous avons été appelé è la pratiquer , soit comme gouverneur du Sénégal et des établissements français des côtes occidentales d'Afrique, soit comme commandant en chef de la division navale de ces côtes : nous engageons les officiers de marine à se les rendre familières ; les phases de la vie du marin sont si variées que bon nombre d'entre eux auront peut-être, comme nous, è s'applaudir d'avoir élargi le cercle de leur instruction militaire.
slanccde peloton (simple ou double), la serrer en masse, la déployer, marcher en bataille, reformer la colonne par divisions, changer de direction par le front ou le flanc de la colonne, se former en carrés obliques ou par échelons, telles sont les manœuvres d'un bataillon en campagne, avec lesquelles il exécutera tous les ordres qu'il pourra recevoir, soit seul , soit réuni à d'autres. Ces manœuvres, qui sont les plus simples et les plus promptes, sont les meilleures et les plus usitées devant l'ennemi.
On se forme en colonne pour parcourir plus commodément et plus promplement une certaine étendue de terrain , rarement pour combattre. L'ordre déployé est le véritable ordre pour combattre; aussi l'appelle- 1- on ordre de bataille. La colonne de manœuvres doit être, autant que possible, serrée ou à demi-distance, pour qu'elle occupe moins de place.
La colonne û1 attaque doit être le plus généralement d'une division de front, c'est-à-dire de deux pelotons à côté l'un de l'autre, afin d'être plus prêts à commencer le feu de suite et Aussi à se déployer en bataille. L'ordre en colonne est essentiellement propre aux attaques à la baïonnette, à cause des efforts successifs qu'il permet de tenter dans le cas où la première division trouve de la résistance.
L'ordre de bataille est aussi un- bon ordre de marche devant l'eni emi à portée de canon, quand on ne redoute pas la cavalerie; toutefois, il convient de le renforcer de quelques petites colonnes espacées de trois en trois bataillons; marchant très- près, à l'abri de la ligne, elles peuvent être chargées de réparer promplement les trouées qui viendraient à se faire dans l'ordre de bataille, et le meilleur moyen serait, toutes les fois qu'elles le pourraient, de prendre eu flanc l'ennemi qui aurait percé; ces colonnes seraient tout au plus d'un demibataillon, et commandées par des officiers énergiques. Une ligne de bataillons étant déployée en bataille, peut se former en colonne de deux manières : par le flanc ou sur le front de la ligne ; dans le premier cas elle rompt en colonnes, dans le second cas elle se ploie en colonnes.
Les marches de flanc doivent toujours se faire à distance entière. Dans cet ordre, on est prêt à combattre par un simple quart de conversion de chaque subdivision de la colonne; il est vicieux d'employer plus d'un bataillon dans le petit nombre de cas où il faut combattre en masse, tels que l'enlèvement d'un pont, d'un défilé, d'un retranchement, d'une brèche; les autres bataillons doivent suivre à une distance telle qu'ils puissent soutenir le bataillon attaquant, sans partager ses désastres et sa déroute, si elle avait lieu. Avec un intervalle, les chefs ont le temps de préparer le moral de leurs troupes et de prendre des dispositions. Avec une seule masse, le désordre de
tète se communique jusqu'à la queue comme une commotion étactù* que; un a vu quelquefois des déroutes commencer par la queue • .