DES MARCHES
Les marches sont une partie essentielle de l'art de la guerre ; elles se divisent en marches manœuvres et en marches de position, suivant que leur objet est une attaque contre l'eu ne mi ou une prise de position. Les secondes ne diffèrent des premières que par la nécessité de conduire les bagages en même temps que les colonnes. Les marches de flanc et les marches de front constituent les deux mécanismes fondamentaux à l'aide desquels on dispose ou on conduit les diverses partie d'une année, ses colonnes.
Dans une marche de front ou en avant, chaque colonne est précédée d'une avant-garde ; dans une marche en arrière ou en retraite, d'une arrière-garde, toutes les deux composées d'après la proximité de l'ennemi ou la nature du terrain.
Dans les marches de flanc, ce sont les têtes et les queues de colonnes qui forment les flancs de Tordre de bataille ; l'avant-garde doit donc se partager en avant et en arrière de la colonne, couvrir sa marche, faire halte ensuite pour couvrir son déploiement, en se portant un peu en avant vers l'ennemi : de simples patrouilles latérales côtoient les colonnes du côté de l'ennemi. En. pays ouvert, Tordre de marche n'a pas de difficulté; il suffit de marcher en bon ordre et de se déployer promptement si l'ennemi se présente. En pays coupé et à proximité de l'ennemi, on ne peut marcher avec trop de précautions : on fait fouiller d'avance le pays par des troupes légères; occuper d'avance aussi les défilés par lesquels doivent passer les troupes, etc. Le nombre de colonnes selon lesquelles doivent marcher une armée et les diverses armes qui la composent dépend de la nature du terrain. Dans tous les cas, l'armée doit marcher en autant de colonnes qu'on en peut former, sans qu'elles deviennent assez faibles pour n'avoir plus de consistance ; leur distante entre elles doit être telle qu'elles puissent s'appuyer mutuellement (un jour ou deux de marche), marcher commodément et se déployer rapidement. Une colonne de route est surprise et court les plus grands dangers toutes les fois qu'elle n'a pas le temps de se ranger en bataille sur un terrain convenable, avant de recevoir l'attaque de l'ennemi ; elle évite
cet inconvénient en plaçant en tête, en queue cl sur les flancs, des corps détachés qui l'avertissent à temps des mouvements et de la proximité de l'ennemi ; c'est le partage des troupes légères.