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DE L'ATTAQUE

Un officier chargé de l'attaque d'un ouvrage ou d'un poste doit

chercher à se procurer, par de bonnes cartes topographiques, ou par une reconnaissance faite avec soin, soit encore à l'aide d'espions ou par d'autres moyens, tout renseignement pouvant lui faire connaître le sol sur lequel le poste est situé, le terrai u qui l'environne, les chemins qui y mènent, les secours qu'il peut espérer, la configuration et la force des ouvrages qui le défendent, le nombre et l'espèce de troupes qui le gardent, les armes et les munitions de guerre .et de bouche dont il est pourvu, les qualités morales et militaires du chef qui commande, la manière dont s'y fait le service, etc.

Il tâche de savoir si le poste n'est qu'une église, un château, une maison ; comment il est fortifié; si l'on a construit des tambours, creusé des fossés; quelles sont les avenues que l'ennemi a fermées, quel édifice il a choisi pour faire son réduit.

Qn peut attaquer un poste de deux manières : par la ruse ou par la force ; on attaque, par la ruse en employant des déguisements ou • des embuscades, ou en se, ménageant des intelligences. L'attaque par la force peut se faire d'emblée , c'est-à-dire à la baïonnette; pied à pied, c'est-à-dire en ouvrant une tranchée, en élevant des batteries, et ne donnant l'assaut qu'après avoir éteint le feu du poste et fait une brèche. ,

Des attaques par ruse. L'époque la plus favorable à ces attaques est celle ou régnent les brouillards; l'hiver également. L'heure la plus favorable est deux heures avant le jour. Par conséquent, il faut combiner sa marche pour arriver dans les environs deux ou trois heures avant,, afin de faire ses dispositions d'attaques à loisir. On calcule la force du détachement nécessaire à une surprise sur la force de la garnison, sur les secours qu'elle peut recevoir, sur les défilés qu'elle a à garder, sur les attaques vraies ou fausses que l'on veut faire.

Dans une attaque par surprise, il faut éviter les coups de feu et fondre sur l'ennemi à 1 arme blanche. On doit être muni de pétards pour faire sauter les portes, barrières, etc., ou d'une bombe, d'un baril de poudre pour le même objet. On divise la troupe pour l'attaque véritable, les fausses attaques et la réserve. Si c'est un ouvrage qu'on attaque, le chef de la véritable attaque fait descendre d'abord dans le fossé un sous-officier et huit hommes, qui dressent les échelles, escaladent le parapet et, sans répondre au qui vive l de la sentinelle, la tuent à Varme blanche. Le reste de la section descend dans le fossé en si-

lence, place les échelles à deux pieds Tune de l'autre, montent a l'escalade; les antres suivent ensuite. Si, au lieu d'escalader le poste, on doit s'y introduire par les angles saillants du parapet, les hommes qui descendent les premiers dans le fossé sont armés de pinces, pioches, etc., attaquent l'angle du parapet ou la brèche, entrent dans le poste, et le reste de la section ensuite. Si le fossé est vaseux, on y jette des claies ; s'il est plein d'eau, force fascines pour former pont. Les dernières sections montent ou s'élancent après la première, si rien ne s'y oppose; mais si le contraire a lieu, ceux restés sur la contrescarpe font un feu nourri pour protéger l'escalade; pendant qu'un détachement pénètre dans l'intérieur, l'autre garde les passages pour protéger l'arrivée de la réserve.

Dans l'attaque d'emblée, qui est une des attaques par force, on observe une partie des précautions prescrites pour l'attaque par ruse; puis, en approchant de l'ouvrage à attaquer, on détache en avant des pelotons de tirailleurs, qui fusillent les défenseurs, attaquent les canonniers et attirent le feu de l'ennemi ; parvenus à quelque distance de la contrescarpe, les sapeurs prennent les devants, se laissent glisser dans le fossé, coupent ou arrachent les palissades, taillent des gradins dans les escarpes, etc. Quand la fusillade est bien en train, l'infanterie, disposée en colonnes peu profondes, marche avec vivacité et charge avec vigueur. Mais à ce feu on perd nécessairement du monde. Si le poste est dominé, on a dû s'emparer d'abord de la hauteur, et, autant que possible, on commence l'attaque par de l'artillerie qui bat les faces, soit d'enfilade, pour démonter les pièces et leurs défenseurs, soit d'écharpe et de front, pour y faire brèche avec des obus qui éparpillent les terres du parapet en faisant explosion.

Le feu d'enfilade parcourt donc une grande étendue de terrain occupé par l'ennemi; le feu d'écbarpe est celui qui bat par un angle de moins de 20°.

On s'empare d'un redan, d'une lunette ou de tout autre retranchement ouvert de trois manières : 1° soit en tournant l'ouvrage par la gorge, avec de l'infanterie surtout ; 2° soit en l'escaladant; 3° soit en l'emportant d'assaut, après y avoir fait brèche.

Il faut toujours faire une fausse attaque sur le saillant, si l'attaque véritable a lieu sur la gorge, et réciproquement.

Pour emporter un ouvrage d'assaut, on y fait une brèche en le ballant à coups de canon ; quand la brèche est praticable, les troupes formées en colonnes y marchent sans faire feu, descendent dans le fossé, gravissent le parapet éboulé, et pénètrent dans l'ouvrage. Pour diviser Les forces de l'ennemi, on escalade en même temps plusieurs faces de l'ouvrage ; en général, dans les attaques d'emblée, on réunit Vassaul, l'escaladé et l'attaque par les derrières.

Pour battre l'ouvrage en brèche, comme il importe de protéger ses canonniers, on construit un épauleinent en gabions, ou, si les localités le permettent, on creuse le sol de la batterie.

On attaquerait une redoute simple de la même manière qu'un ouvrage ouvert, mais en multipliant les attaques sur tous les saillants.

L'attaque d'un réduit se fait comme celui d'un ouvrage isolé. Si c'est une maison, on y fait brèche en dirigeant de l'artillerie vis-àvis les angles saillants et cherchant à les prendre d'écharpe.

On oblige l'ennemi à abandonner les créneaux en y introduisant le bout des fusils ou des fusées et autres artifices faisant beaucoup de fumée. On donne l'escalade contre une maison par plusieurs côtés à la fois et cherchant toujours à en gagner le haut, à lancer des grenades dans la maison, des fagots allumés, etc., etc.

On attaque une église ou un château de la môme façon; mais les murs en étant très-épais, il faut du canon, comme aussi pour l'attaque d'un village.

L'attaque pied à pied se fait par des troupes qui cheminent vers une fortification en se couvrant contre les feux de l'ennemi par des masses de terres qu'elles retirent d'excavations d'un mètre de profondeur nommées tranchées, et dont elles occupent le fond, de lm50 de largeur ; comme terre-plein, les terres qui en proviennent forment du côté de l'ennemi un parapet à l'épreuve du boulet, d'environ lm30 de haut : par ce moyen, on est à couvert dans la tranchée sur une hauteur de 2m30 ; le bord de la tranchée situé du côté opposé à l'ennemi se nomme le revers de la tranchée.

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