M DCCC XV
Titre du premier pamphlet de Revel.
mander cet individu devant moi pour lui notifier cet ordre. Il s'y est présenté, mais avec l'uniforme du 64" régiment et porteur de l'ordre de S. Ex. le ministre de la Guerre qui le nomme lieutenant dans le corps et lui prescrit de se rendre ici, pour s'y faire reconnaître en cette qualité ; l'ordre est daté du 3i mars dernier. Cette position plaçant le sieur Revel sous votre police spéciale, je ne puis, Monsieur le général, sans votre intervention faire exécuter les intentions du ministre de la Police Générale.
Je vous invite donc et vous prie de permettre que je vous requiers au besoin de vouloir bien concourir à cette opération et de me mettre le plus tôt possible à même d'en informer Son Exe. Il est convenable que cette exécution ait lieu sans éclat, et de manière que jusqu'à son accomplissement, le S"* Revel ne puisse se livrer à aucun excès.
Jean Debry (i).
Le commandant de la division, dans ce cas tout particulier, crut bon de prendre les ordres du ministre de la Guerre. Il avait, en outre, recueilli des renseignements sur Revel, et ces renseignements n'étaient pas défavorables. Comment, au reste, eussent-ils pu l'être, puisque l'ex-dragon n'était au corps que depuis un mois ? « J'ai questionné le commandant du bataillon sur cet officier, écrivait-il ; il m'a assuré que sa conduite depuis son arrivée avait été très bonne, il paraît même qu'il a des moyens, et qu'il s'occupe infiniment de son métier; je n'ai eu d'ailleurs nulle plainte sur son compte (2). » Patience! Quelques mois encore, et des certificats d'un autre genre allaient grossir le dossier de Revel au ministère. Pour le présent, en vertu
(i) Archives administratives du ministère de la Guerre; dossier Revel.
(2) Lettre du général de brigade au ministre de la Guerre ; Besançon 7 mai 1808. —Archives administratives du ministère de la Guerre; dossier Revel.
lOO LES SECRETS DU SECOND EMPIRE
du conflit permanent qui existait entre eux, le ministre de la Guerre ne fut pas fâché de faire pièce au ministre de la Police Générale. La nomination de Revel fut maintenue, mais le 21 juin, pour l'écarter du lieu où les Denuelle ne vivaient plus qu'avec terreur, on l'affecta comme lieutenant par mutation au 6i« régiment d'infanterie, en dépôt à Worms. Cette fois il n'y eut qu'à obéir et Revel gagna le Rhin. Pendant un an on n'entendit pas parler de lui, mais, •le i" mars, il s'avisa de solliciter un congé pour aller voir, "à Paris, ses enfants placés chez un sieur Bouchet, n" 42, rue Roche-Chouart. Son capitaine et le général Rivaud, commandant la 26* division militaire, appuyent favorablement la demande. Pendant un mois on attend la réponse. Le général Rivaud insiste au début d'avril 1809, et, le 10, le ministre répond sèchement :