bien, mon‘ brive
Ciel! c'est Walter Pietersen ! s'écria Van den
" Broëck. Que Dieu le protège!
—Eh! oui, c'est en effet l'enseigne, dit Dircksz. Ce serait donmnage qu'il pérît; c'est un cœur de héros. . Voyez-le donc: ilse bat comme un lion. à
Van Ra:y ne faisait entendre auçune parole distincte, maisil grondait d’une voix rauque et trépignait de chagrin et de rage. Son enseigne, le brave
alter, courait un danger de mort, et allait infailliblement succomber, car les deux chaloupes qui le poursuivaient n'étaient plus qu'à un-jet de pierre de lui.
“ Ah! ah! s'écria Van den Broeck, lcs Anglais fsillissent ! Il:s'en tirera, il s’en tirera. ”
Walter Pietersen et ses compagnons avaient si bien tiré, puis si bravement frappé d'estoc et de taille sur les hommes dela chaloupe ennemie, que bientôt celle-ci ‘1e laissa al!er à la dérive pour attendre les deux auices barques ; mais, à cette vue, les IHollandais avaient fait force de rameset, en un instant, avaient franchi une telle distance, que les ‘Anglais, quelques efforts qu'ils fissent, ne pouvaient plus les atteindre.
La chaloupe hollandaise toucha terre entre la fac-
torerie et le camp des Javanais. L'équipage allait s'élancer sur la rive et gagner la forteresse ; mais une nuée de Javanais, accourus en toute hâte, se trouvaient sur la plage et l°ur barraient le chemin.
tt Camarades, s'écria Walter, l'ennemi est devant nous, l'ennemi est derrière nous ! Il n’y a pas à choisir. Faisons une trouée dans'cette engeance jaune | Suivez moi ! En avant !. Néerlande! Néerlande | ”
A cet appel, les Hollandais, au nombre d’une trentaine environ, s'élancèrent sur les Javanais. C'était un admirable @ectacie que cette petite troupe, déja diminuée par un récent combat, luttant avec
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es forces, il le gros des res. Mais
le cercle âans ntre les assauts
: à rs e l'ennemi, se rétrécissait tellement, que le coura
es senlil s'évanouir son dernier espoir de Eyed + RE Meta 4 non loin de lui et mroliude l Houra! iétra | RE +, jt Par du bastion, le Cipitaine Van vit les Javanais se précipiter vera le PAT Le mer pour. assaillir l'équipage de la chahdi uns ordre de tirer à mitraille sur la foule doré 68 €nnemis, Il descendit vivement du Re quparts. raseembla en toute bâte une soi.
Sea £ Piquiers, et franchit la porte aven cett
D Pour Courir au secours des Hol] dai Ée gés dans cette lutte, ul pad
Frappés par derrière par l'arme des piquiers et
foudroyés par quatre pièces de groscalibré ies Java TUE, ï
6e retirèrent tait savyé |!
“ais prirent la fuite sur.le -le-gbam hors de la portée des Ace Walter é
ie
Van den Broeck sauta au cou du vaillant enseigne, et témoigna autant de. joie de le voir sain et sauf que gi Walter eut été son propre fils Ému de ce cordial accueil, le jeune homme ne savait comment <xprimer sa reconnaissance ; des larmes remplirent sés'yeux, et son regard sa leva vers le ciel pour remercier Dieu de sa miséricorde, -
Les Hollandais s'occupaient de relever leurs morts et leurs blessés du milieu des cadavres de leurs ennemis. |
‘ Eh bien! mon braye Walter, comment les choses se sont-elles passées là-bas ? ” demanda le capitaine avec une visible inquiétude,
Tout en paraissant chercher d'une main quelque chose sous son pourpoint et en essuyant de l’autre le sang et la sueur qui couvrait son visage, l’enseigne répondit : |
‘ Cela n’a pas duré longtemps, raais il a fait terri- ‘blement chaud : le sang coulait à flots sur le pont de notre vaisseau amiral. Oh! capitaine, j'ai vu la mort sourire ; elle croyait cette fois avoir gagné sa partie contre moi, mais ma mère qui est là-haut a triomphé! ” "
En tirant de son pourpoint une lettre fermée, il. ‘ ajouta :
‘ Capitaine, le gouverneur m'a chargé de vous remettre ceci. (C’est un message d’une haute importance, sans doute, car M. Koen nous suppliait à mains jointes de vous lé porter, ne survécût-il qu'un seul d'entre nous.
Van den Brocck rompit le cachet et jeta les yeux sur le contenu de la lettre. Ce qui s’y trouvait ne devait pas être long, car tout aussitôt le capitaine donna l’ordre de regagièr la factorerie. Tout en csnarchant à la tête de ses hommes, il consulta la let-
ce
igoe, f que > COrment irent Ir re-
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Lerris at de u la é sa
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eux it ne aine It en let-
tre plus d’une fois encore et paraissait réfléchir à çe que le gouverneur lui écrivait,
Quand la troupe entière fut rentrée dans la factorerie, Van den broeck fit un signe à ses collègues Dircksz et Van Raÿ, et leur dit :
“ Ecoutez : voici ce que m'écrit le gouverneur :
‘Je cesse le combat pour ne pas faire tomber inutilement tant de braves soldats sous l'écrasante supériorité de l'ennemi, Je pars et vais chercher les navires hollandais qui se trouvent dans les autres ports de là Sonde, Je vous confie la garde et le comman.. dement de Ja factorerie ; défendez la jusqu'au der: nier homme, Ne désespérez pas : je me hâterai de venir tirer véngeance d’ane lâche trahison. Le lieu. tenant du capitaine Dirckez à été tué ; je nomme à sa plac: l'enseigne Walter Pietersen,
‘© JEAN-PIERRE KoEx, ”
- Les capitaines se consultèrent p instants ; après quoi Vän den Broeck appela un
Temparts se farent réunis'au centre Commandant fit.former le cercle, et
‘ Camarades, vous l'entendez ; le salut de la fac-
à notre bravoure.
6 par le fer et par e feu ; je vous ferais injure si j'osais douter de votré S ennemis sont
nombreux, notre situation est péril] Mais Comment obtiendrions.-nous la cherchons ei l'occasion de montrér ce que Tage néerlandais ne nous était jamais
trez-vous de la pensée que le génie de la patrie plane au dessus de ce coin de terre et a les yeux fixés sur vous, Contondez vos ennemis non seulement par votre intrépidité, ils la connaissent déja, mais par une vertu plus difficile, la paticncé. Que l’histoire dise un jour, à l'honneur de la Néerlande,quetrois centsde ses fils, abandonnés sur la côte de Java, ont vaillamment et victorièusement tenu tête à des milliers d'ennemis. Péut-être, en cé:moment, les Anglais, les Portugais et-les Jayanhis sé réjouissent.ils déja de notre chute ; peut-être se pattagent ils déja les richesses que la Néerlande a rassemblées ici ; mais, camarades, jurez avec moï, —ef que le Dieu du ciel entende notre
sermént, — jurez, que ce n’est qu’en passant par.
dessus nôs cadavres qu'ils mettront le pied dans cette factorerie ! Nous la conserverons ou\du moins nous la défendrons jusqu’au dernier homme, Et si la victoire doit enfia rester à la trahison, il faut qu'aucun Néerlandais ne voie cet infâme triomphe ! ?
Une immense acclamation répondit à l'allocution du capitaine ; tous les hommes élevèrent en l'air leurs piques et leurs mousquets, et répétèrent le serment de leur chef. Dans ces clameurs confus#s on ne pouvait distinguer que : hourra | Hollande | jusqu’au dernier homme ! jusqu'à la mort | ”
* Je vous remercie au 10m de notre chère patrie, dit Van den Broeck ] rofondément ému; allez et gardez, avec ce noble courage, le sentiment non moins noble du devoir et de la discipline, Je bénis le seigneur de m'avoir placé à la tête d'hommes aussi braves | Allez, frères, nous ferons des miracles sur cette terre | ”
Les hommes allaient s'éloigner ; ma's le capitaino Dircksz fit signe à ses soldats de demeurer. Puis il se dirigea vers Walter, qui se trouvait un peu plus loin à côté de son drapeau et faisait essuyur
e plane xés sur nt par Jar une dise un sde ses mment inemis, rtugais chute ; que la ,jurez notre
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Puis . peu suye rc
par Congo .le Sang qui souillait ses vêtements.
irckez prit l’enseigne par Ja main, l’'amena devant le front de la Compagric, et dit à ses soldats: -
“ Soldats, votre bra::e lieutenant a péri dans:le combat, mais le gouverneur met à sa place un valeu. reux officier. Cet enseigne, que tous déjà vous Connaissez, vous admirez et vous aimez, cet enseigne
Vous est donné, pour lieutenant. Qu'il soit Ia bien venu pour vous | RE a
—Hourra ! hourra pour notre lieutenañt !crièz ! rent les hommes à plusieurs reprises et avec toutes les marques d’ane joie sincère mêlée de respect.'
— Moi, lieutenant ? balbutia Walter, tout trem-
blant de saisissement, Ah1 ce n’est pas possible | ”
Van den Broeck, qui s'était approché, saisit Ja main de Walter et lui dit :
ontinuez ainsi, heuténant, et je remplirai ma promesse avec joie, ;
Et, l'atfrant Un peu vers le milieu de la piace, il lui montra Adélaï le débout sur le seuil de la maison et le regard avidement fixé sur le groupe des soldats, © ,
. “Elle vous attend, dit:il.. Son Cœur bat avec anxiété peut-être, car elle aura appris par Congo que Vous étiez à bord de la flotte, Allez la tranquilliser et la consoler, Je donne encore quelques ordres et je viens vous rejoindre. Nous viderons en passant
ua verre de vin d'Espagne en l'honneur de votre promotion: ?
Walter, transporté de bonheur, ivre d'espérance, se dirigea vers la demeure de Van den Broeck: De,
loin déjà il vit la jeune fille tendre les deux bras vers lui, et il entendit sa voix bien-aimée s'écrier :
“ Mon Dieu, je vous remercie; il est vivant enoore |! ”
Aussitôt après la bataille, la flotte anglais: était venue jeter l'ancre au milieu des îles, dans ja baie de Jacatra. Son artillerie ne pouvait atteindre la fac. torerie ; mais sa seule présence enlevait aux Hollandais tout espoir d'assistance du côté de la mer, au moins jusqu'à ce que le gouverneur reviat avec le secours promis,
Persuadé que es Javanais, enhardis par l’apparente victoire des Anglais et désormais secnndés éner. giquement par Ceux-ci, assailliraient bientôt la factorerie, Van den Broeck donna l'ordre d'exhausser le Parapet et le mur d'enceinte de la forteresse au moyen de balles de marchandises tirées des magasins de la Compagnie. Les étoffes les plus précieuses, les vêtements à fliurs de Camboja, la suie écrue de la Chine, les fins tissus de coton du Bengale, @ même les draps d'or et d'argent du Japon, furent entassée sur les murs inachevés où on les fxa au moyen de minces pieux, en les étayant à l'intérieure par des amas de terre, Comme toutfle monde avait travaillé nuit et jour avec ardour, les remparts atteignirenf, en moins de deux jours une hauteur inccessi le, et peut-être fût.ce uniquément à cette cirsonstance : qu on dut de voir les J'avanais laisser s’écouler près
8 deux semaines sans rien entreprendre contre la factorerie.
Pendant ce temps les Hollandais n'étaient pas demeurés inactifs, Pour épargner autant que possible, malgré le danger, les marchandises de la Com.
x bras ler : vivant
pagnie, ils avaient poursuivi l'achèvement des remparts en y transportant de la terre. A mesure que Ce travail ayancait on lapportait euccessivement les étoffes et l:s objets de prix dans les magasins d'où on les avait tirés.
Les soldats étaient animés d’ün esprit d'union et d’un zèle étonnants : et, bien que, dans une situation “aussi critique, la discipline et le respect de l'autorité s’affaiblissent Presque toujour:, jusque Jà on n'avait encore remarqué aucun indice de découragement ou
C’est à Walter Pietersen et à son inflience sans ‘ bornes sur les hommes qu’on était redevable de cette eureuse disposition des esprits. Le jsune lieutenant
‘honneur de la patrie, leur racontait l'antique gloire de la Néerlande, et faisait battre leur et d'héroïsme. D'ailleurs il Y avait tant de douceur, d’affibilité et de noblesse dans ses paroles et dans sa conduite, que toute Ja Fopulation de la factorerie admirait et aimait Je jeune homme,
Il était l'ami de tous, et quand il s'agissait d’obtenir dee hommes une chose difficile, soit le sacrifice de leurs heures de repos, soit l'exécution d’un travail pénible et excessif, un mot du lieutenant était un
ordre auquel on se Soumettaitgvec un joyeux dévouement, : N
moins une tentative Pour ies troubler dans leurs travaux, Leur Surprise augmenta encore lorsque le dixième jour, ils virent apparaître une ambassade
da pangerang, chargée de leur faire des propositions de paix. Sans mettro trop de confiance dans la loyauté des Javanais, le conseil de guerre ne refasa pas d'entrer en négociations : c'était un moyen de gagner du temps en altendant le secours promis ; d'ailleurs on commencait à craindre le manque de poudre, et, entamer des Pourpor'ers, c'était épargner des munitions,
Déjà deux fois, ce jour-là, l'ambassade s'était rendue du camp javanais à la factorerie, et chaque fois elle avait apporté de nouvelles conditions que les Hollandais avaient jugées inacceptables sil ne s'agissait de rien moins que de raser les retranchements et d’abattre les murs de la forteresse, Le Pangerang demandait de plus une indemnité considérable en numéraire,
Le conseil de guerre, à son tour, avait formulé son ultimatum : i] proposait de faire don au pangerang d'une somme de six mille réaux ; mais la factorerie devait rester dans l'état où elle se trouvait jusqu'à ce que le retour du Souverneur Koen permit d'ouvrir des négociations nouvelles et de conclure un traité définitif, Sur ecs propositions les envoyés Javanais s'étaient retirés sans que, depuis lors, on apprit plus rien de‘cette affaire, et l’ou commençait À croire généralement: que les négociations entamées resteraient sans résultat. Cependant il était convenu entres les députés du Pangerang et le commandant hollandais qu'on ne poursuivrait pas les hostilités sans avertissement préalable, et comme jusqu'ici les Ja. Vanais n'avaient pas tiréun seul coup de canon du haut de Jleursbasticns, on POuvuit encore conserver quelques espérances pacifiques.
ne lettre en langue malaise, lancée pendant Ja nuit, au moyen d’une flèche. par-essue los murs de : la factorerie, vint donner aux Hollandais l'explica-
proposi. nce dans re ne re- \ moyen ours pro- > le manrs, C'était
e s'était t chaque DS que s;il ne
tranche- .
se, Le considé.
formulé pangemais la rouvait permit lure un yés Jaors, on ençait À tamées onvenu andant és sans les Ja.
lu haut server
lant Ja urs de :
xplica-
tion de l'étrange attitude de leurs ennemis, Selon cet écrit, le Pangerang de Bantam aurait défendu sous menace de guerre, aux Anglais de combattre les Hollandais sur le territoire javanais, II Craignait que cette nation ambitieuse, après avoir vaincu les Hollandais, n'ocoupât et ne fortifât la factorerie de Jacatra. La guerre n'aurait eu ainsi d’aufre résultat qu'un changement d’ennemi, Comme les Anglais ne voulaient pas voir détruire leur riche et prospère comptoir de Bantam, ils n’osaient prendre part ouvertement à l'attaque de Ja factorerie hollandaise, Selon l’auteur de l'avis, ce refus de Concours effectif avait irrité le Pangerang de Jacatra contre les Anglais ; de là sa disposition inattendue de faire la paix, Bien que les Javanais fussent un peuple trompseur et lettre, pouvaient s’estimer certains ‘que, dane cette circonstance, le Dangerang leur avait fait des Propositions sincères et loyales, La lettre portait pour signature le nom d'Anachoda Wattyng, juif chine.à dont Van den Broeck avait pu apprécier ayant la Suerre le dévoue. ment aux Hollandais.
n croyait donc n'avoir plus de raison de se mé-
e elle-même dre tranquil-
fier du Pangerang ; mais, comme la lettr ouvait étre une ruse, on résolut d’atten ement que les choses suivissent leur co
qu'on tiendrait ce nom secret pour la garnison, ofin\. . que sa proclamation, le jour de la fête, fît plus d'impression sur les esprits... ; Le treizième jour après le départ de la flotte on terminait le dernier angle du parapet, et tout semblait. indiquer que, dans peu de temps, dans une heure peut-être, la fête promise se pourrait commencer. On voyait sur la place de nombreux soldats qui, tout en poussant des acclamations et en chantant, attachaïent à Ge longs bambous des pavillons de toutes couleurs; il y en avait de rouges, de bleus, de jaunes, de verts, de bariolés même ; le blanc seul avait été exclu : on ne voulait pas donner à l'ennemi l’idée qu'on désirait la paix. Un peu plus loin, quelques autres hommes: entouraient un jeune arbre tout verdoyant, un mat orné de petites flammes, de guirlandes et Ce roses en papier doré. On continuait de suspendre à cet arbre des colliers de brillantes perles en verre, de l'embellir et de le parer, comme c'était la coutume dans la mère patrie pour célébrer un heureux événement, Quatre sergents venaient d’apporter auprès de l’arbre un objet recouvert d'un voile en étoffe de coton tricolore. C'était une très-grande planche d’incorruptible bois de 4%, sur laquelle on avait peint en lettres gigantesques le nouveau nom de la factorerie, qui devait être solennellement découvert pendant la fête. ,
Près de l’un des deux grands magasins, une vingtaine de femmes et environ autant d'enfants étaient alignés sur deux rangs, Ils étaient parés de leurs plus beaux vêtements et s'étaient orné la tête avec le peu de fleurs qui restaient encore dans læ factorerie : 1l8 tenaient à la main une branche de moringa, une feuille de bananier ou de cocotier. M'ous les visages étaient illuminés par un radieux sourire, tousle yeux rayonnaient de joie. A quelque distance de là, des
rate
son, sfin\.
lus d'im-
flotte on
semblait.
ve heure nmencer, qui, tout inf, attale toutes
de jauul avait mi l’idée juelques out verguirlanuait de 8 perles e c'était un heul'apporn voile -grande elle on u nom ; décou-
* e vingétaient e leurs avec le orerie ; a, une visages e yeux
à, des
vant la porte de l’autre magasin, on était occupé à disposer de grandes tables, que l'on couvrait déjà de bouteilles de vin d'Espagne, de corbeilles et de pots remplis de fruits desscchés ou conservée, - Les hommes aux pavillons, ceux qui entouraient l'arbre, les femmes et lee enfants, les tambours et les trompettes, et lous ceux qui se trouvaient à leur poste respectif, attendaient à chaque instant le signal du commencement de la fête, signal qui devait leur être donné du haut des remparts, .
à, une soixantaine de soldats et d'ouvriers mettaient la dernière main à l'œuvre de défense. La
plupart apportaient de Ja terre dans ‘des paniers ou
dans des charrettes à bras, et versaient celte terre sur le parapet, dans l'ouverture qui restait à remplir ; d’autres répartissaient et tassaïent la terreavec des bèches ; d’autres encore enfonçaient dans le so] des poteaux et des pieux pour consolider l’ouvrage. Walter Pietersen était au milieu des soldats, et les enCourageait par sa parole et Par son exemple, Les hommes n'avaient pas. besoin de cet encouragement pour poursuivre leur travail avec promptitude ; bien que la sueur découiât de leur visage, ils remplissaient
l'aspect du Camp javanais, sur l'mbassade envoyée par le pangerang, et surtout sur le désa; pointement
ment où serait donné le signal uérale. |
Enfin il y eüt assez de terre pour combler la dernière ouverture du Parapet; encore quelques coups
de bèche, et la fortification de la factorerie allait être \.
complètement achevée.
Le sergent qui surveillait le travail enfonça aussltôt son rotang en terre, et agita son chapeau dans les airs en criant : ;
ü Hourra! hourra! c'est fini!”
Tous ses compagnons répétèrent ce cri et firent retentir la factorerie de leurs: joyeuses acclamations.
Sur un signe du commandant, les tambours battirent le rappel ; les trompettes y mélèrent leurs sons éclatants. ‘Tous quittèrent les remparls pour se rendre sur la place, à l'endroit désigné.
Chemin faisant, Van den Broeck dit à Walter Pietersen: :
“ Lieutenant, allez, je vous prie, chercher Adélaïde et sa mère; je leur ai promis que vous seriez leur guide pendant la fête. ”
Walter, tout tremblant de joie en recevant cette bienbeureuse mission, s'élança vivement dans la direction de la demeure du capitaine,
La servante Rosalie était sur le seuil.
“Entrez, monsieur le lieutenant, dit-elle à Walter. On vous attend depuis longtemps déjà. Depuis une demi-heure, mademoiselle ne sait plus tenir en place, tant elle est impatiente. Elle s’est faite si belle que vous ne la reconnaîtrez plus. ” .
Le jeune homme entra dans la salle, et, malgré l'affirmation hyperbolique de la servante, reconnut fort bien Adélaïle. La beauté dont la nature avait doué la fille du capitaine suffisait à la parer, mais il est juste de dire que la richesse de sa toilette et surtout le goût exquis qui y avait présidé augmentait encore la séduction qu’elle exerçait.
Sur une robe traîaante en satin blanc elle portait un corps de jupe en velours vert qui dessinait admi-
rablement sa taille svelte et gracieuse ; une coiffure
"be eo bi où fon 1 PDO ONE TT En USE DTA SE NA
it être
aussians les
firent atiocs, battirs sons ge ren-
Walter
lélaïde z leur
t cette ins Îla
V alter.
ais une place, Ile que
malgré connut re avait mais il et surmentait
portait t aümicoiffure
<n soie transparente, brodée, de points d'or et d’ar- Sent, entouraient sa couronne de cheveux blonds, comme d'un voile nuageux, et descendait par derrière jusqu'à terre, Le bonheur et la satisfaction inté-
‘.Meure rayounaient dans ses yeux bleus, et ce fut par
un cri de joie enfantine qu'elle salua le lieutenant.
“Walter! Walter! s'écria-t-elle, votre travail est. il fini? va-t-on planter le mai? Ah! ce sera une belle fête, n'est-ce pas ?
— Oui, notre tâche est finie, Adélaïde, répondit-il. Ecoutez quelles exclamations | Votre père m’4 envoyé vous prendre, Oh! je l'en remercie du fond du cœur ; il est si bon pour moi ! |
— Qui eût jamais osé espérer céla ? dit Adélaïde. Dieu dans sa misérieo: le, ‘a visiblement et généreusement répandu: . ice sur nous. 'Il y a si peu de temps que je vo :: a mort menaçante devant moi, si peu de temps que nous tremblions dans la crainte de tomber entre les mains des cruels Javanais! Je suis guérie; vous voilà déjà lieutenant; mon père vous aime ; la factorerie est entourée.de forts retranclhements,.. Nous pourrons garder ce sol pour la gloire et la prospérité de la Néerlande. . . et être heureux sur cette terre, Walter | we
—Hätons-nous, Adélaïde, dit le lieutenant, sinon nous pourrions arriver trop tard pour les actions de
grâces ; et, comme vous le diter, Dieu nous a trop visiblement proégés pour ne pas nous unir, dans toute la plénitade d'un cœur reconnaissant, et lui adresser une fervente prière. de gratitude et de remercîment, ayant de nous livrer à la Joie. ”.
On attendait encore Mme Van den Broeck, qui achevait. sa toilette, et à laquelle. on avait préecrit, Comme à toute les dames de la factorerie, de se parer
| de ses plus riches atours,
Ma mère, ma mère, dit Adélaïde d’un ton preshs. 1 Rs
sant, hâtez-vous donc! Nous ne devons pas man- :
quer la prière, et mon père nous en voudrait d'être eu retard, . FR eat aheoté DU .—Éncore une couple d’épingles à. lacer, et j'ai fai, répondit madame Van deu Broech. Chatel moi mon livre de prières, Adélaïde, ear je ne sais pas bien par cœur le psaume désigné, de À Je le sais, moi ! s'écria Adélaï le ; je l'ai chanté si souvent à demi-voix, qu force de. l'écouter; ; notre -négre Congo a fini pr l'apprendre et qu’il murraure äassi, à part lui, du matin jusqu’au soir, cette nelle et touchante prière... Venez, ma mère, vous, voilà tonte belle et toute parée.
—Donne le brasau licuteñant, Adélaïle, dit madame Van den Broeck d’unton joyeux. Ton père veut que ce soit lui quite serve de guide en ce beau jour. ? f
Le jeune homme, tout saisi par cette bienveillante invitation, parut hésiter et balbütia de respectueuses excuses ; mais Adélaïde avait déjà pris son bras et l'entrafnait à travers le vestibule: Congo et Ja servante s’y trouvaient, munis d’un grand parasol et prêts à suivre leurs maîtresses, sclon la coûtume in dienne. Rosalie portait de plus sous lé bras deux nattes roulées, à (
Lorsque là famille du capitaine apparut sur la place, déjà les soldats, les employés, ès geus libres, les ésclaves, les femmes et les énfants, étaient alignés en rangs Comme s'ils devaient défiler solennellement en cortége.' A la tête de la troupe se trouvaiént les tambours et lés trompettes ) après ceux-ci, les homes ‘ qui portaient le . mai et les'sergents chargés du tom + voilé de la fortereëse achevée :’püis, les soldats avec
de petits drapeaux, et les: Iémmes et les enfants te -
nant des branches verdoyantes à Ja main, Le rèste :
pas man
ait d'8ire
AULE rche-moi pas bien
hanté si r, notre uFraure tte pelle QuS, voi-
it madaon père ‘en ce
reillante tueuses bras et ; Ja serrasol et ume in as deux
la plares, les gnés en nént en les tamoimes la from ts avec nfs te- - © rèste
de la population suivait, disposée en groupe, dont chacun avait son drapeau, :\ :;: 7 C4
Les acclamätions s'étaient tues ; il régnait un profond silence, °° :
Au moment où Walter et les deux femmes attei. gaaient le lieu de la réunion, lés tämbours firent entendre, un sourd roulerhent, et tous tombèrent à genoux avec un solennel et pieux recueillement. Adéluïde et sa mère s'agenouilièrént sur les nattes
ue, Rosalie s'était empressée d'étendre dévant elles.
es majestueux accents d’un chant adressé au Seigneur. par frois cents b-uches s'élevèrent:en mélodie sévèra au-dessus de la foule prosternée: et, comme une-hymne sublime, les paroles suivantes montèrent vers le ciel : CR sa
‘Je chéris le Seigneur, car il a écouté ma voix et exaucé la prière que je lui ai adressée dans mes cruelles souffrances. : Je l'implorerai dans les mauvais jours, parce qu’il gest incliné-vers moi, selon sa promesse, fusp à
‘ Les piéges’ de la mort m'ont entouré : ag en proie aux angoisses de l'enfer, ploñgé dans les tribu-
. lations et la douleur ; et j'ai invoqué ainsi le nom du Seigneur :#
“0 Seigneur, sauyez mon âme du danger qu’elle court ; et j'ai trouvé qu’il était plein délbonté et de miséricorde et savait préserver 1é faible sans défenss ;
‘Car, au moment où j'étais foulé ‘aux pieds, 1 Dieu tout-puissant est venu à moa aide. Réjouis-toi, mon âme désolée, dé ce que le Seigneur t'ait accordé ce bienfait Ï: 1 :
"Seigneur, VOUS Avez délivré mon me de ja mort : vous avez séché mes larmes, gardé raon pié des
Précipices; c'est pourquoi je veux marcher pieuse-
Po
5 an ms en L co.
“us BR.
ment devant vous, pendant tout les jours de ma vie,
6 Dieu tout-puissant ! (1) ”
Il y avait quéique chose de si imposant et de si émouvant dans la simplicité de cette h mne de gratitude, adressée au Seigneur par les Hollandais, sous le ciel de l'Inde et dans Jes mure de la ‘orteresse assiégée, que beaucoup de vieux soldats orisonnants sentirent eux-mêmes une larme d'attendrissement couler sur leurs joues, ;
Cependant, quand un nouveau roulement de tambours annonea la fin ce l'hymne, un sourire de fête et de joie reparut sur tous Îes visages. Les hommes qui se trouvaient en tête de la troupe dressèrent les branches de mai dans les airs ; les femmes et les enenfants élevèrent les branches Verdoyantes au dessus de leurs têtes ; les soldats agitèrent flammes, pavillons et drapeaux, et tandis que les tambours et les tronipettes faisait entendre l'air national de Guillaume de Nassau, et is tous répétaient, et battant des maios, de joyeux hourras, le cortége se mit.en mar-
che d'un pas lent et majestueux. Il fit d’abord le tour de la place, et s’approcha du mur de la forte. resse qui faisait face au camp ennemi, pour planter le mai sous les mx mêmes des Javanais, et leur montrer que les Hollandais n'avaient PAS. encore predu le courage et la confiance. ÿ
: Walter Pietersen avait pris, avec Adélaïle et 8a mère, un chemin plos court pour gagner le point ou le mai devait étre placé; cat le jeune’ lieutenant avait été chargé par le conseil de guerre d'adresser, À l’occasion de cette solennité, quelques mots d'encou-
Pagement aux spectateurs, Lorsque le Cortége attei. | .8nit le sommet du rempart et fat en vue du
camp des Javanais, drapeaux, flammes et pavillons
(1) Psaume 114, de David
SRE RE SMTP
e ma vie,
it et de si le de gradais, sous Presse assonnants issement
de tame de fête hommes rent les tt les enu dessus 8, pavilrs et les Œuillautant des en marabord le a forte.
planter
et leur ore pre-
Je et sa joint ou utenant 'esser, à ’encou-
e attei-
ue du villons
s'élevèrent plus haut, et toutes les mains sgitérent les chapeaux avec un redoublement d'entho, siasme, Une formidable acclamation s’échappa de toutes les poitrines, et le cri :—Néerlande! Néerlande | hourra | hourra |—roulant comme le tonnerre en longs échos dans la plaine, aila retentir jusqu'à la ville de Jacatra.
Les Javanais, ne sachant ce qui pouvait se passer dans la factorerie, et étonnés à la vue des drapeuux qui flottaient sur les remparts, sortirent en foule de leurs huttes et de leurs tentée et s’avancèreot en pleine campagne. Pleins de curiosité et de surprise, ils dirigeaient leurs regards vers la forteresse hol!'au-
aise.
Le mai fut planté et salué par un triple howrra. Alors, sur un signe du capitaine Von den Broeck, Walter Pietersen monta sur an petit tertre élevé à dessein, non Join du mai, et, tandis que tout le monde se découvrait et faisait silence pour l'écouter, il dit d’une voix profondément émue : |
‘Compagnons et amis, le conseil de guerre m’a confié l'honorable mission de vous ad résser quelques paroles pour vous expliquer la signification du. nom donné par lui à la factorerie, et qui va bientôt appa- raître à vos yeux. C'est Je glorieux nom d’un peu. ple dont l’héroïque bravoure faisait trembler, il y.a seiz2 siècles déjà, la toute-puissante Rome; Je nom d'une race industrieuse qui, grâce À son caractère persévérant et à son activité pacifique, a su arracher un 30] fécond à l'Océan Ju'-même ; le nom d’une petite nation qui, depnis plus de quarante ans, est entrée en lice contre les plus puissants royaumes de: la terre ; qui, depuis lors, entasse exploits sur exploits, et étonne je: monde par son inépuisable énergie et son invincible patience: le nom d’une race vourageuse qui, en peu d'années ét avec. do. faibles TéssOurCes, a su se créer une redoutable force-:mari-
me et faire flotter son pavillon triomphant sur *
toutes les mers du monde ; le nom d’un sol où résident l'amour de la liberté, la loyauté, la piété et la générosité, d’un sol qui ne compte pas ses héros : héros du commerce, héros du travail, héros de l'art, héros dans les combats... Quel est ce nom, compagnons? Vous l'avez déjà deviné: c'est l’antique nom de notre chère et glorieuse patrie !
En ce moment Îes sergents arrachèrent le voile qui couvrait la planche et élevèrent celle-ci au-dessus de leurs têtes.
Batavia! Batavial” Ce cri, poussé par trois cents poitrines, retentit dans les airs avec enthousiasme, et, dix fois répété, éveilla tous les échos de la factorerie, ::1
Les yeux brillants d'une naïve admiration, Adé-.
Jaïde avait le sd fixé sur l'éloquent officier, et, le sein palpitant d'émotion, avait pour ainsi dire vu. ‘sortir les paroles une à une de ses lèvres. Qu'il était beau et touchant pour elle le poétique jeune: home dont la voix, à la fois si douce et si Pénéirante, faisait frémir d’un sympathique enthousiasme tous ceux qui l’écoutaient | ER â : f
Walter Pietersen fit signe qu'il désirait-parler eu. core, et, lorsque le silence se futenfin rétabli, il reprit d’an ton encore plus pénétré :
“ Oui, frères, que ce généreux sol porte désormais lé nom de Batavia ! Qu'il devienne ainsi, dans lave. nir, une autre patrie pour uiconqüe 4 du sang néer- Jlandais dans les veines. Dieu. lui-même. le veut! Dieu, qui a soutenu notre Courage, retrempé notre patience et Dan d’égarement nos ennemis, . Là où la défaite, l'ecc avage et la mort semblaient devoir être notre partage, le Séigneur nous a donné Ja gloire ete triomphe, Nous obéirous à son appel, n'est-ce: pas? Nous défendrons et nous sauverons Batavia, la
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nouvelle Hollande, quand même l'accomplissement de cette belle et noble tâche nous demanderait de igantesques efforts et des flots de sang? Oui, nous e ferons, car ce petit coin de terre d’où nos acclamations reconnäissantes montent vers le ciel, est la clef de la route de la Sonde, de la mer des Molüques, de la route de la Chine et du Japon. Si nous parvenons à le conserver, un jour la Hollande, reine de l'Orient, étendra d'ici son sceptre sur les plus riches contrées de l’univers. Si le conseil a donné à- cêtte terre le nom de notre bien-aimée Néerlande, ce n’est pas seulement pour que désormais nous l'aimions et la défendions comme une seconde patrie, mais aussi pour qu'ennemis et étrangers, en lisant ce nom, 8e souviennent que dans ces murs, avec le sang des vieux Bataves, se retrouve leur héroïque et intrépide Courage, ; Encore un instant, et ce nom sera exposé en dehors de nos murailles aux yeux des Jayagais eb des marins de tontes les nations, Qu'il atteste ainsi notre iuébranlable résolution de ne jamais abandonner notre nouvelle patrie. ‘Puiese Dieu, dans sa bonté, . continuer de Rois accorder sa protection ! puisse le pavillon hollandais flotter toujours sûr ces
murs | puisse Batayia, que nous fondons aujourd'hnf, devenir un jour une source de richesse, de gi et e puissance pour notre chère Néerlande | Qurra | Batavial Batavial” .
On ne répordit: pas immédiatement :à l'appel de l'orateur; quelques instants après qu'il eut ceré.de parler, les auditeurs ‘étaient encore sous l'i nfluence dominatrice de sa parole: VF
“Mais ce silence ne dura pas lon témps : bientôt une triomphale clameur éclata dans les airs dt le mot Batayial. Batavia!. fut jeté à pleine Voix aux Java pais surpris ; enfa l’écriteau fixé par des cordes à un.
Poteau fut läncé en dehors des murs, et brilla comme un défi aux yeux de l'ennenii,
Alors les tambours donnèrent le signs] de Ja distribution du vin : soldats, serviteurs, femmes et enfants, courarent avec des cris de joie en bas des rem-
parts vers le grand magasin devant lequel se trouvaient dressées les tables, Van Ray et Dircksz étaient venus serrer la main de Walter. et le féliciter de son allocution, Van Ray, l'homme de guerre chevaleresque et plein de sensibilité, lui avait surtout exprimé eon admiration en termes chaleureux et lui avait voué une éternelle amitié, Adélaïde avait les yeux remplis de larmes: à chaque éloge adressé au jeune lieutenant, le bonheur et l'orgueil étincelaient dans le regard de là jeune fille ; elle était si fière de son bien-aimé qu’en ce moment, sans le savoir, elle laissait chacun lire dans'son cœur. . Lorsque les capitaines se furent A pour aller ei la distribution des provisions, Adélaïde prit la main du jeune homme, et, toute tremblante encore d'émotion, elle lui dit !
“Ah! cher Walter, que vous avez bien parlé! T1 y à dans l'accent de votre voix je ne sais'quoi de magique qui fait battre le cœur et lé remplit de con. fiance et de courage. Oh! Je remercie Dieu qui vous 8 doué d’une âme si noble et si élevée!” ( ‘:’Lasmère d'Adélaïde exprima À son tour combien le chaleureux discours de Walter l'avait. émue.
rière Jui quelqu'un Däiser silencieisément ai main ét ÿ laisser tomber deux larmes brulantes. C'était le nègre qui, plus qué tous les autres, avait été-touché
acomme
lé la dis-
es et en-
des remse trou-
la main 1, Van )lein de niration ternelle
à cha- 1heur et re fille ; 10ment, n cœur, ur aller visions, ,, toute
rlé! Il uoi dé 1e con C1 vous
mbien émue.
Jaroles | doux t derain ét Ait le ouché
par le langage de Walter, et qui, agenouillé derrière lui, pleurait comme un enfant,
Le lieutenant, très-sensible à l’ffection extraordinaire que lui portait l’ésclave, le releva en disant :
‘ Console-toi, Congo. Si le Seigneur continde de: nous protéger, le jour de la délivrance viendra aussi pour toi. Ton cœur est assez noble pour battre dans une poitrine libre. Aie confiance ; un jour, je l’espère, je pourrai te dégager de la servitude et te donner pour patrie cette Hollande que tu aimes tant, ”
Le nègre bondit en jetant un cri étrange ; des Jarmes plus abondantes jaillirent de ses yeux ; il courut à Rosalie, læ saisit par le bras comme hors de lui et s'écria :
‘ As-tu entendu ? Congo deviendra un Hollendais! Congo sera un homme libre ! |
— Allons, allons! grommela Rosalie, läehe-moi donc; tu es fou à lier. Toi, Hollandais? Tu crois sans doute que tu pouras re débarrasser de ta peau noire ? Prends ce parasol et laisse-là tes sottes rêveries. | ..
En ce moment le capitaiié Van den Broeck réjoigoit sa famille, Après avoir Adressé au lieutenant
uélques mots de félicitations, il prit’ le bras de sa emme et fit quelques pas sur le rempart, sans doutepour lui montrer au Join le Camp ennémi etelui Üonuer des explications sur sa position. OUTRE
Pendant ce temps, Adélaï le et Waltép, - ë tenant par le bras, s'entretenaient à voix basse dé sujets pleins de charme et d'intérêt poureux. Ils parlaïent de projets d’avenir, de la douce et héureuge vie qu'ils
ourraient encore passer sur la terre, Les mots Holande, Amsterdam, l'Ye, tombaient à maïntes reprits de IGurs lèvres avec une expression d'amour et: de joyeuse espérance, Le soleil de l'Inde était bien splendide, Ta nature ÿ était bien d'une fécondité et
ou vait D vers ent en
belles sraient ise les énére-
ancé- :
8 jeusenti.
ublié entisatant e qui
pour cette coutume une invincible averslog,. ‘:.,..
ou un Portugais, un autre s'était peint la poitrine en jaune, s'était jeté un drap bariolé sur l'épaule et assé un cric de carton à la ceinture ; ainsi affublé, il ne ressemblait pas mal à un orangkay javanais. Il était difficile de saisir ce que disait ces acteurs improvisés ; mais, à leurs mouvements et à leurs gestes, on comprenait assez que la scène qu'ils jouaient était une bouffonnerie sur leur propre situation et sur le désappointement de leurs ennemis. À rc; une foule de plaisanteries, suivies d’une vive alter: von, et même d’une lutte à coups-de poing, c: mit :n long nez au Portugais ou à l'Anglais, où «:racb au Javanais ses vêtements, et tous deux fur: à jetés à bus de la table, et honteusement chassés au milieu des M une 2 avrou et des huées des spectateurs.
ien que cette grossière bouffonnerie parût amuser beaucoup de femmes, les enfants et les soldats, Adélaïde n’y prit pas grand plaisir. Elle en trouva da- Mr à voir le spectacle qu'on préparait à dix pas e | Te Ÿ Là aussi on avait dressé deux larges tables. : Sur cette sorte de théâtre étaient assis quatre hommes, munis de pipes colossales, et qui, au grati plaisir des spectateurs, lançaient en l'air, par la:bouche et par le nez, des nuages de famée,. ou plutôt buvaient du tabac, comme on disait alors, | L'habitude de fumer du tabac commençait à cette époque àse répandre, surtout parmi les matelots et les soldats. Les Espagnols et les Portugais savaient transporté cette plante de l'Amérique dans l'Inde, et avaient fait prendre aux peuples de ces derniers pays le goût du tabac. Depuis que:le commerce hollandais s'étaient étendu dans ces contrées, beaucoup de merios y avaient aussi contracté l'habitude de fu-
mér. . Lés fenimes hollundaises, surtout, montraient
Dès que la famille du capitaine fut près des buveurs.. de tabac, l’un d'eux se leva, et, tout en aspirant plus : énergiquement encore la famée de sa pipe gigantesque il chanta la chanson suivante, avec force gestes et grimaces : |
“ Est-il arrivé des Îndes quelqu'un qui en sache crc chose ? N'y a-t-il rien appris sur le tabac ?
épondez-moi | Est-il vraiment bon pour le sang de l’homme ?-Dites-le moi, mon ami.
* Toutes les femmes en veulent horriblement au tabac, et elles estiment très-peu ses vertus. Elles le condamnent : elles disent que sa famée des:èche l’homme, y a-t-il du vrai en cela ? |
“ Boire du tabac, c'est une excellente médecine, rassurez vous | ‘La cendre en est bonne pour le mal de dents, essayez.le-; et, quant à la fymée ‘bien qu’elle ne soit qu'une vapeur, elle a un goûtplns agréable encore que celui de l'ail, |
‘* Faites toutes choses avec mesure ; plutôt que trop fumer , mieux vaut ne fumer pas, nous savons bien cela ; mais vous-pouvez ici, si le cœur vous en dit, fumer trois ou quatre pipes arrosées de vin, ou de bière (1)... p: |
Le chsnteur se rassit gravement et continu: de fumer, tandis que ses auditeurs le saluaient par des battements de main et des éclats de rire... mais une ondulâtion soudaine :86 fit dans la foule qui se pressait sur la place. ! Tout le monde se précipita vers la porte ans savoir Ce qui pouvait, sûr ce point, évei!ler la curiosité générale.
Une imposante et nombreuse. :mbassade du pangerang apparaissait en ce moment dans les murs de la factorerie. Le dommagon de Jacatra, avec le
(1) Fragment d'une chansa du seizième siécie qui se trouvent en entier dans le Recueil d'ansisnnes Chansons flamandes, püblié par Williems, ;° 40, F1
CT De
sbuveurs.
ant plus
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en sache tabac ?
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les:èche
édecine, r le mal a qu'elle agréable
1ôt que savons vous en via. ou
1 de fudesbatais une se pres- , vers la t, éveil-
du pannurs de avec le
trouvent 8, publié
TS
Sahbandar où trésorier du sultan, marchait à la tête d’ane dizaine des principaux oraug-kays, Venaient <osuite une vingtaine: de serviteurs, portant des corbeilles et des caisses recouvertes d'un voile de soie jaune, : Les Javanais, ordinairement si graves et si réservés, montraient une physionomie pleine d'affa. bilité et adressaient un bienveillant sourire aux Hollandais; qui s'avançaient avec étonnement à leur rencontre. Cela fit penser à chacun que ces députés apportaient des nouvelles favorables ; et cette -présomption se fortifia davantage par la réflexion que les caisses et les corbeilles dont les serviteurs étaient chargés ne pouvaient que: contenir des présents envoyés par le pangerang de Jacatra au commandant
: hollandais.
Dès les premiers avis de l'arrivée des orang-kays
-javanais, Van den Broeck s'était empressé de con- ‘voquer les membres du conseil de guerre, et déjà
Ceux-ti se trouvaient devant la demeuré du Capitaine, prêts à recevoir l'ambassade.
Après les cérémonies habituelles, les députés et leur suite furent introduits dans la maison.
Les Hollandais, ne doutant par qu’une affaire importante ne fût en jeu, oublièrent leur fête pour venir se grouper devant l'habitation de Van den Broeck dans l'espoir d'apprendre, après le départ des Java- Maud ce dont il avait été question et ce qui s'était passé, ;
L'ambossade demeura assez longtemps avec les membres du conseil de guerre, et, quand les orangskays LUS sur la place, on remarqua qu'ils avaient laissés jeurs caisses et leurs corbeïlles chez le Capitaine.
"Comme le conseil dé guerre suivait les orangskays pour les accompagner jusqé’aux portes de -la forteresse, Van den Brveck appela un tambour.et
sg
lui donna l’ordre de battre le rappel: mais en même temps :] dit àun sergent que da garnison: eût à se réunir sans . armes pour recevoir communication d’une bonne nouvelle, ë 5 er ires
Les soldats étaient déjà en rang et.les autres habi. tants de la forteresse s'étaient rassemb'ésen âvant dela ligne de bataille pour entendre aussi ce que le commandant allait annoncer, lorsque les membres du ‘conseil de guerre revinrent des murs et:ge rendirent au milieu dé Ja foule, éere
Le capitaine Van den Broeck déploya un papier et prit la parole en ces termes : x |
f Pagnons, vous savez qu'il y a quelques jours le pangerang de Jacatra nOUS a fait faire par des-am. bassadeurs des Propositions de paix, Le conseil de
guerre a cru devoir rejeter ces propositions: on nous
résse et de violer ainsi le serment que nous avons fait à la face du Seigneur, Nous. avons à notre tour
une certaine mesure le chiffre de l’indemnité; et TOUS, En Considération de immense intérêt que nous devons attacher Pour notre patrie à la conservation de la forteresse, nous n'avons pas refusé l'augrentation demandée, Le traité est inscrit sur ce papier ; le pangerang de Jacatra Y « apposé son nom, : Ses orang-kñys, en considération de la loyauté de leur prince, ont offert au conseil de guerre les présents d'usage. Bien que nous dévions toujours nous tenir
SU RO8 gardes, yos Chefs pensent néanmoins. güe
nous avous toute raison de nous fier à la convention
en même ‘
: eût à se unication
tres habi. en avant de que le membres se rendi-
un papier
les jours des’amuseil de on'nous e forte }AVONS ire tour lequel lernnité aisible ur du pté ce 18 dans té; et e nous vation nentaapier ; Ses e leur ésents ‘tenir qüe ntion
acceptée par le pangerang. Je saisis cette occasion Pour vous remercier solennellement en notre nom de votre zèle, de votre bonné volonté, du brillant courage que vous avez déployé ... t pour vous donner, en pe ta jour, plus: de môtifs.encore de bénir Dieu et'de' vous réjouir cordialement de ses bienfaits. Je Vous annonce, au nom du conseil -dé'guérre; ‘là fin “des hostilités entre + at CH ir continuez votre joyeuse fête: la paix'est'coricluë |
—Hourra | li pates} faite! Batavia l'Bataviat ” Ces cris retentirent au sein‘dé la foule, qui se dispérsa daus toute la factorerie, chacun se félicitait du traité conclu comme d’une ‘éclatante victoire. :::1 :
Van den Broeck s’approcha de sa fille et prit en souriant la main de Walter : ES SUR
“Vous seul, lieutenant, ne paraissez pâs satisfait de cette paix inespérée, dit-il. Bién que vous cherchiez à le dissimuler, je le vois dans ves yéux. Vous craïignez dé ne pouvoir remplir assez tôt les conditions de notre convention, n'est-ce pag ? Consolez-vous et ne perdez pas couragé, : Wialter : dès que le gouverneur arrivera à la naissante Batavia, je lui demanderai pour vous le brevet de capitaine en récompense de votre intrépidiié et: à titre ‘de faveur particulière pour moi, N'en doutez pas, il déférera volontiers à ma demande.” : :: :
Walter voulut remercier le CApitaine de la bienveillante promeëse qu'il venait de lui fäire ; mais Adélaïde, tran*portéé par la douce certitude que venait de lui donner les paroles de son père, s'éoria :
‘ Voyez! voyez! on commencé uné dansé joyeuse
“autour dés trompettes ! Venez, venez |” ma mère
ee dis ba L 2 Elle entrafnà le jeune homme, et, toute. radieuse, se perdit avec lui dans la foule.
Dtene
LS
ES ere
fouie sous les murs de la Yactorerie; et adressaient]a
Dès le lendemain, les Javanais se. pressèrent en
tinelles placées sur le Parapet, .: Beaucoup d'orange. kays, suivis de serviteurs chargés de présents et de ra raîchissements, se présentèrent à la Porte et furent introduits dans forteresse ;. mais le nombre de-ces
laisser plus de trente J avanais à la fois pé.-gier dans
Le: Pangerang fit témoigner son mécontentement par un ambassadeur, en termes qui laissaient entenre que, si l'on continuait à lui m-ntrer ]u même défiance, il romprait la paix et poursu; y: 't la guerre AVEG une nouvelle énergie, L'ambassadeur ajouta que les Orangs-kays et les soldats du pangerang, voyant les Hollandais rester sur leur pied de guerre, absolument comme si un traité n'était pas conclu, ne voulsient pas non" plus déposer les armes et refu. salent de retourner dans leurs dhesos (villages),
Le conseil de guerre répondit à cés plaintes dans les termes les plus dignes et en même temps les plus conciliants, Il déclara qu'il était prét à donner au Pangérang et à son peuple telle Preuve de confiance qu’ils pourraient désirer, pourvu Dee 26 fût point Contrairé aux lois militaires deg eur
pressèrent en
dressaient:la tié, aux sen.
up d’orangerésents et de rte et furent mbre de-ces
considérable
en" jamais S'eirer dans > parut sur- Vanais, . Ils Pas un seui reuir trater- 2, ntentement lent entenr l4 même ‘t la guerre ur ajouta Jangerang,
e guerre, conclu, ne 3 et refues),
ntes dans 8 les plus Onner au confiance id point Qui leur
‘dé Bübrfe : Lives
oMdonnaient, aussi bien’ en temps de paix qu'en temps , de gnrdèr leur fürteretéd de toute sntprise. Sérang'se déclara's’tislail dé cette tépanse, ême temps inviter le comrandänt hollandaïs” d'ctoim inet, le surléndéitafél "les gons qui devatént Ii /#pporter lé huit “mHle réaux promis. A'icéttél occasion le ‘prince javañais déänordit au Chefhôllandaïis une brillante fêté et lai téoignerait ‘a8éz d’arhitié ét dé biénveillatice pour’ convaindre ses hômmes!qu'il n’y ‘aväit plus d'hostilités ‘'craindré. ‘TI fhsistait pour que le commandant lui-mêtne viüt le visiter, parce qu'il ne convenait pas, comme sultan et souverain, qu'il donnât de telles marques de #ÿmbäthie à une personne d’un raug'inférieur, AP mûre délibération, le constil de- guerre récobrut qu'il serait dangereux ;dé refuser là bien veillante invitation du pangerang, et il fut dééidé que le cäpitaine’ Van den Broeck se rendrait auprès de Jüi'au jour imdiqué: 3400 / Bien qué l'astéce’ connue des Javanais forçät ebcoré lès’ Hollandais à se tenir sut leurs gardes : ils Ccroÿaieht néanmoins, cette fuis, À! une ‘paix. loyäle.. meént'conclue ; aussi fut-ce sans inquiétude séfiéuse: que Van den Broeck accepta la mission qui lui! était. confiée. : Sa fémime vit avec une géer e anxtété faire les Préparatifs dé sa visite aux Javanais : mais, Comme le devoir de son mari était de ge conformer à Ta décision du conseil de guérre, ‘eRe se soumit avec. résignätion et dissimula les craintéé qui lagitaient, À l'heure fixée, entre la factorerié et le Camp jdva-nais, 88 trouvaient üné vingtaine er et de
fonctionnaires supérieurs du pangefanh le 8
dar ex tête, qui attendait le comméndant hollandais
Püër lui sérvir d’éscorte dé la part du ‘prince, ‘>
Vañ dén Broeck parut bientôt à la pofte de 14 fac.
toferie, ‘et, après avoir serré une dernière’ fois Ja vain,
deses compagaons, il s'avançs vers la garde d'hon: neur javanaise, Outre son esclave noir qui portait un grand 'parasol, le capitaine n'était accompagné
que d’un négociant et de cinq soldats, Ces derriors :
n'avaient d'autre arme que leurépée: deux d'entreeux portaient.un Coffre qui contenait ee huit mille réaux ; les trois autres étaient, chargés do quelares. pièces d'étrifes précieuses et d'une couple de klewangs ou sabres javanais, dont la poignée était artisiament
insorutée d'oraements d'argent. Ces objets devaient
être of:rts en cadean au pangerang, au nom de la
Compagnie néerlrrdaise, outre l'indemnité promise... .
Les orauge-kays resuront le capitaine avec mille démonstrations de reeno:i et d'amitié, et, lorsqu'il se trouva à côté du sjahbandar, tous les autres s'éloi-
oèrent un peu par respect ; de la sorte, les chefs des
eux je rares se trouvèrent seuls en avant du reste de la tronpe. Pendant ce temps, les orangskays s’entretenaient avec le négociant hollandais, et tout en conversant amicalement, le cortége se dirigea lentement vers le camp où k pangerang voulait recevoir le commandant, en présence de son peuple,
À quelque distance du premier retranchement so trouvait une grande foule d'orang-ketjl (gens du peuple). C'étaient des femmes, des enfants, de pau- Vres gens, aCCourus par curiosité pour voir les ambassadeurs hollandais. Quand les orangs-kays s'approchèrent, les orangs-ketjil ouvrirent respectueusement leurs rangs, et, s’écartant du chemin des deux côtés. ivrèrent à l'ambassade un large passage. Dans cette foule dé Javanaisil était dificile de distinguer leshommes des femmes; tous portaient ü véiement de coton parsemé de fleurs noires /8or an fond. blanc ou bruu-sloir ; ils s'étaient rattarhé
ver cs me
arde d'honqui portait ccompagné
>es derriors :
d’entreeux lle réaux ; elares. pièle £lswangs artisioment te devai:nt
noumn de la
nité pro-
avec mille lorsqu'il se atres s'éloi- 8 chefs des | avant du les orangsllandais, et ége 8e diriing voulait > de son
hement se (gens du ts, de pauir les amkays s’appectueuscà des deux sgage.
lifficile de portaient noires /8ur t rattarhé
l:4 cheveux en touffe sur le sommet de la tie, et, an l'hanneur de la solennité du jour, ils avaient le corpa fotté d'huile. Parmi la maltitude on pouvait recoruaître des Chinois, des Malaise, des nègres, des habitants des Célèbes, des Moluques, de l'tle de Timor, ét des gens de mainte autre nation.
Le capitaine Van den Broeck fit une remarque sur cet’e diversité d'éléments de la popülation de Java et questionpa à Ce sujet le sjahbander, qui marchait à sa droite. Le trésorier du pangerang, qui, outre les diaieotes anciens et modernes de Java, parlait bien le portugais et avait été en relàtions fréquentes avec les Européens, pouvait être considéré parmi ses compatriotes comme un savant et comme un Homme distingué. Aussi s’empressa-t-il de donnér au commandant hollandais les éclaircissements qu'il désirait. Tout en avançant lentement à travers le peuple, il dit en élégant malais: Commandant, les Javanais, qui, comme moi, connaissent nos anciens ‘écrits et no8 Wayongs ou vieux pcëmes dramatiques, croient avoir des raisons de penser que nous avons la même originés que les brahmines du grand Hindostan. Autrefois on ne professait dans toute l'île de Java qu'une seule religion, la doctrine de Bouddha, qui offrait à notre adoration une triple divinité : Brahma, ie créateur: Visknou, le Conservateur, et Siva, le destructeur. Le £kawi, antique idiome ‘ javanais, dans lequel sont co posés nos poëmes, renfirme aussi des preuvesirr fragables que nous appartenons à la rmême race que les peuples de l'Hindostan. Dans l’intérieur. de Java il y a encore beaucoup. de dlhesos ou villages, et même des peuplades entières,
ui suivent Ia religion de Bouddha, et dans l'tlé do ali, que vous nômmesz - Jave, Seite religion est encre celle de:toute la population. : A: l'époque dont je parle, commandant, les Javanais étaient un
a fe pren te
DIE es a Fe ues, ‘qu'on ré doi Le se li Se ds à qu'ils goieht.é ji cn éucore dé notre anCjéniné | Hat et pu pop rt rouve enéoré, Ce sont nosanclé 0ë j'a ne Re gntendü Jouer ayec' ne vd Ortugais qui n'avaient bas Crai En l8.p fe L'AA ab 2), dnpud dore ‘travan 8 l'Ya environ trois sièdlés” que: les Arkbés rent Ja À conquAre de, Java et nôùg go miut dèrent la, oct rie ldù prophète net. Dépuiy cette por ué, nOuë ons éù à subir dé nombréuses guèrres infbétines ; différents Peüples, ‘attirés Ar la richesse dé cé : dohtr ée sont vetius se mêler à ncus. ‘Sous 18 poids du mälheur et dé l'igfluence ‘étrAn: ère, le "as poüf aïnéi dire: perdu la ND de lai
de sjabandär continf à Voix: et die A A ton us bas: ‘| à ‘Je sais Co qüi pourrait délivrer mo pays:
mé 'énis eoreh” biet souvent de faire HA “1e id (péss anx AOire mais nile süitan ni les orang-kaÿs, ni: EE ple né dom prennent ‘Ce que je veux dire. trop'fécond et trop riche est.un DELVIe L pour
qe ais, Vous, vênez à AOUS dun à aûtre monde ; finsi ja ns ei nn me À encore Te à Java rabdi norme
principaux de er dé Fee ae DR Ne Los SOuR
la] FA? ï He Tayanais-posniion