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les prisonniers et tendit les mains en avant comme si elle voulait voler au cou de l’un d'eux; mais elle se rappela pourquoi elle était venue, se retourna, courut au siége du pangerang, tomba à genoux à sés pieds et darts en levant vers lui des bräs suppliants :
“Oh! seigneur sultan, grâce | grâce pour une malheureuse femme! Au nom de votre mère, je vous en supplie, accordez-moi la vie de mon pauvre mari | voyez mon angoisse mortelle, voyez mes larmes, écoutez mes gémissements! O magnanime sultan, grâce | grâce!” .
Le sultan parut d'abord vivement frappé de voir une femme blanche ainsi agenouillée à ses pieds, et un éclair de pitié brilla dans ses yeux, Il Sétabs ce qu’elle voulait. R
“Seigneur sultan, lui dit l'interprête portugais, c'est la femme du commandant hollandais; elle demande grâce pour son mari, ”
Pendant que le prince, indécis, fixait les yeux sur la femme qui tendait vers lui des mains suppliantes,
le grand-panghoulou s’approcha et lui parla à voix basse pendant un instant, Le sultan appela le por-
tugais et lui communiqua la réponse qu’il devait faire de’sa part à la femme du capitaine.
Le Portugais se tourna vers madame Van den Broeck et lui dit èn assez bon hollandais:
ü Relevez-vous, madame. Le sultan de Jacatra fera grâce à votre mari s’il consent à signer l'abandon de la factorerie. Essayez de le décider à cette rés0lütion, Le sultan vous accorde quelques instants. Si vous ne réussissez pas dans vos efforts, si le capitaine refuse cet unique moyen de salut, il sera mis à mort sous vos yeux, et sa tête, placée au haût d’un
bambou, sera livrée en pâture aux oiseaux de proie.
sa
Allez! et puisse Dieu donner de la force à vos paroles, car votre situation est affreuse | ” Rise
La pauvre femme
< . hot PT Lee a = RE —SS # LÉ
Poussa un cri de joie, comme si ré l'énique espoir qui lui était laissé était pour elle un ai bonheur inattendu, Elle se leva vivement et Courut
VéTS son mari, Elle s'assit à côté de ui, ap B | L | L | de 4 | c'e
| LA Pi : 28 assister À ma mort | C'est me faire pr "à MOurir deux fois | O mon Dieu! Pourquoi ne m'avez. de { | VOUS pas épargné ce martyre ? ” de , h | Mais elle lui mit la main sur la bouche et étouffa ret HE | ces plaintes naÿrantes, Un rire égaré Contracta ses dé EE | vres, et elle dit : Fa m | | an den Broeck, tu ne PEUX pas mourir; je te de À À sauverai ; je l’ai-promis à Adélaïde : elle attend mon 19 | | retour. Ah! si Je devais Jui aDDOnCer ta mort, son | Ja L âme s’envolerait avec un dernier ri de douleur. (ÿ nl Signe l'abandon dela factorerie | ” | 6 |: | ; Où { f . 8 Capitaine, le regard fixé sur Je sol, secoua la jai | tête négativement, | res "ORT tu refuserais! s'écria Ja femme en se tor: an | dant les mains de désespoir, Ce n’est Pas possible ! inc | 1 Si tu n'écoutes que ton intrépide et héroïq : pai de rai
ve!
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fail
anis
8, Sig
comme si ar elle un et courut ippuya le le cou et ère, elle mes,
fait? dit ' amour À] assas.
ne faire m'avez.
; étouffa acta ses
*; Jette nd mon” rt, son ouleur.
joua la
3e tor- ‘sible !
urage, mme ement n0n, | den auras inex:
er la
Frs
api
täine, Hélas! combien la terreur et la souffrance doivent troubler ton esprit, pour que toi, si ferme et si courageuse, tu mé conseilles une lâcheté|
— Une lâcheté! Oh! ne parle pas ainsi, Van den Broeek |. s’écria-t-elle d'une voix désolée et en joi-
nant les mains, N'accuse pas mon cœur de mère.
u me vois À genoux devant toi; ce que j'implore de toi, ce n'ést pas ma vie, ce n’est pas la tienne ; c’est là vie de mon enfant! :
—Ah! ne me fais pas hésiter entre l'honneur et l'infamie | dit le capitaine avec un accent d’une inexprimable douleur. Econte-moi avec calme. Si, comme soldat de la Néerlande, je reste fidèle à mon devoir, un jour la patrie prononcera mon nom avec reconnaissance, et, après ma mort, elle vous couvrira de sa protection, et vous entourera de respects, toi et mon enfant, Si, au contraire, mon courage faiblit devant les menaces de nos ennemis, si je livre la nouvelle Batavia et sa brave garnison aux mains des Javanais, mon nom sera éternellement maudit, comme le symbole de la trahison et de la Jâchoté. Où me cacherais-je, après un tel opprobre ? Où fuirais-je pour m'y soustraire? Oh! toi-même tu ne respecterais plus le soldat coupable et déchu qui aurait vendu l'honneur dé la Hollande pour l'espoir incertain de conserver sa vie, Horreur! Maudit par mes compagnons que j'aurais livrés, rougissant de honte devant ma femme et mon enfant dont j'aurais déshonoré le nom... Et je chercherais à conser-. ver une vie semblable par une trahison! Je feraig une telle existence à toi et à ma fille, par ur acte de faiblesse et de lâcheté! Ton cœur est graud et magnauime, ma bien-aimée ; juge toi-même | ”
L'infortunée mère porta les mains à sCs yeux en éclatant en sanglots et gardä le silence. Feu
“ Je le savais bien! murmura le capitaine avec une
sorte de fiège satisfaction dans le regard. (C’est ua, Cœur néerlandais qui bat dans ta poitrine, femme. .
—Mon €1fa0v! ma pauvre enfant! é'écria la mère d'un ton navrant.
—Le Seigneur qui règne dans le ciel protégera notre enfant, dit le capitaine. Walter Pietersen la consolera, et dans le souvenir de la noble et loyale conduite de son père elle trouvera la force de supporter le coup qui l'aura frappée. Nous devons tous mourir un jour, femme ; mais tous nous n'AVOUS pas l'occasion de choisir une mort glorieuse ! ”
Elle noua de nouveau ses bras au cou de son époux, lui donna un ardent baiser, et, le regard rayonnant d'enthousiasme, elle dit : :
“ Combien jé t'admire, Van den Broeck ! Que tu
er noble et grand à mes yeux | Non, non ne te souil.: .
le pas par une lâoheté Î reste digne du sang Néer. landais qui coule danstes veines! Ah! que Dieu et la patrie reconnaissante protègent notre enfant ! Je ne te quitte plus : je soutiendrai ton courage et sérai ta compagne jusqu: dans la mort ! ”
La résiguation de sa femme bien-aimée causa au capitaine la plus cruelle émotion ; lui aussi se prit à pleurer, amèrement, et, comme si son cœur se brisait daûs £a poitrine, il pencha Ja tête et murmura avec un accent. déchirant :
“ Oh ! v’est affreux ! c'est affreux ! ”
L'interprète portugais s'approcha d’eux et dit :
Eh bien ! madame, le Capitaine se résoudra-t-il à abandonner la factorerie ? Lg sultan m'envoie vous avertir que, dans un instant, il donnéra l’ordre fata|, Que dois-je lui dire ? ”
Il attendit uus réponse : mais la femme terrifiée n'o-
sait pacler, CONVM. “19 qu'elle était que sa parole-hâterait la mort de s°n .
C'est un, omme...
A la mère
orotégera tersen la et loyale de supons tous vous pas
de son | regard
Que tu
e souil- : .
y Néer- 1e Dieu onfant !
rage ét
Ausa au > prit à brisait ra avec
it :
a-t-il à e vous e fata].
ée n'oe-bâte-
‘Que dois Portugais.
— Dites-lui qu’un soldat hollandais ne vend psa sa patrie, ” répondit Van den Broeck.
Portugais parut triste et secoua la tête avec
-je dire au sultan ? répéta le
<ompassion,
“ J'admire votre courageuse et héroïque résolution, dit-il, et je déplore d'être contraint de servir d’instrument à l'exécution d'une sentence barbare. Mais ne m'accusez pas, je vous en prie ; le hasard seul m'a amené comme marchand, à J acatra, et' je n'ai pris aucune part à la trahison dont vous êtes victime, J’eusse été heureux de pouvoir annoncer
, ausultan que vous vous soumettiez À ga volonté ;
mais puisque vous rejetez ses propositions, je doi. lui porter les paroles qui seront le signal de votre mort. Que Dieu prenne votre âme en miséricorde
. dans le ciel ! ”
Revenu devant le sultan, le Portugais lui dit que la femme du capitaine n'avait pu réussir, jusque-là,
dans ses efforts, et le commandant hollandais persistait dans son refus,
Cette nouvelle parut contrarier vivement le pangerang, ef On put remarquer qu’il avait peine à se résoudre à donner l’ordre décisif de mettre les Hollandais à mort. Lorsque les Javanais, par de trompeuses propositions de paix, avaient attiré le commandant hollandsis dans leur camp et l'y avaient traiteusement fuit prisonnier, ce n’était pas l'intention de Je tuer, mais bien de le forcer, par des menaces de mort, à rendre la forteresse. A résistance inattendde déconcertait tous les projets.
Le pangerang, avant de donner le signal, fit approcher le dommagon et le grand panghoulou, et dit avec dépit :
“Ainsi ces ruses si bien ourdies et toutes les pei-
ds gp
que nous nous sommes donrées ne nous cnt servi de rien ? Le-prisonnier est inflexible comme un djati, Toutes les menacés sont épuisées; il ne nous reste donc plus qu’à donner l’ordre de sa mort. : | —Nous pouvons encore-tenter un moyen, un moyen puissant et presque infaillible, seigneur sul. tan, répondit le Lee: Disons au capitaine qu'on va d’abord tuer.sa femme sous.ses yeux: Une semblable menace. lui brisera lé cœur, et il giguera le traité, soyez-en certain, 5! Fo
—Lecroyez-vous ? demanda le sultan avec un air de doute, Ce qu'il n'a pas voulu faire pour sauver sa propre vie, le fera-t-il.par amour pour une femme ?
—Les hommes blancs n'ont jamais plus d’une femme, seigneur sultan, repondit le panghoulou,, et ils l’aiment autant.que leurs enfants. Faites terrasser la femme, faites étinceler les klewangs sur sa tête, et le chien de chrétien cèdera, croyez-moi.
-—Votre conseil peut, être bon, dit le’ pangerang. En tout cas, nous essayerons encore de ce moyen, et, s'il ne réussit pas, qu'on se hâte d’en finir, ”
En ce moment tous levèrent la tête avec stupéfaction et regärdèrent dans le lointain, comme s'ils écoutaient un bruit inattendu, ds
En effet, le son retentissant des gongs et des tifas venaient tout à coup de se faire entendre à peu de distance, : : CPE
“Voicile dommagon de Bantam avecses deux mille homme! dit.le sultan, . Nous attendrons son arrivée. Il ne convient pas que, pour.venir à nous, il lui faille marcher dans le sang répandu... Je m'étonne qu'il arrive d’une. façon, si imprévue, Pourquoi n'avons-nous pas entendu plus-tôt :ses
gongs ? On dirait qu'il a voulu nous :surprendre | ” -
À peine ces paroles étaient-elles prononcées que:
ÀQ 14 Eh oi M me ne où
es -.
us. ct des rangs épris d'orang-kays, lecric et le klewang le com- au poing, pénétraient sur la place. Leur nombrees; il ne était si grand, et ils affluèrent pendant si longtemps. ) de sa que peu à peu ils la couvrirent tout entière et déro-- | bèrent le sultan à la vue de sa propre armée. Le ren, un frère du roi de Bantam marchait à leur tête: d’une eur sul. main il tenait un cric étincelant et de l’autre uneapitaine Gasseite recouvérte d’un voile de soie jaune, } yeux- Le sultan reconnut à ce voile que le porteur allait etil si- lui remettre une lettre du souverain de Bantam ;. re T as) néanmoins les mouvements des nouvelles troupes cunair semblaient le surprendre et lui Xospirer quelques: sauver craintes. tk emme ?
: d’une lou, et terras- arrêter devant le sié sa tête, Le dommagon de Bantam gravit le tertre, s'avança "vers le pangerang, qui s'était levé, prit la’ lettre de gerang. dessous le voile jaune et da lui tendit. yen; et, Mais à peine le souverain de Jacatrà y ent-il jeté les ÿeux que la Pâleur de la mort ge répaodit sur 1 à son Visage, et il se mit à trembler visiblement. .: de Sans lui donner le temps de répondre, le chef de. st l’armée de Bantam dit d’une voix menaçante: . Ÿ peu de . “Tu as cru pouyoir trahir mon frère et sultan ;. : # mais il a découvert tes perfides machinations et ma il. ; deux él ns : son fi der tais la moitié des richesges de , et tu. ne: ï révue. 4 | . POngeais qu'à garder tout pour toi. Ton pays est - Ôt ‘es ; enfisqué à tu u'es plus Psngerang ni sultan; dès: | idrè ! aujourd’hui je te ferai conduire à Bantam. : ,” k 8 que sultan voulut balbutier quelqu |
es exCuses, mais:
le dommagon de Bantam lui appuya son crie sur la À
. poitrine.et s'écria :
‘ Rends-toi prisonnier, ou je te perce le cœur, aussi vraique mou frère, le sultan de Bantam, est vivant | ”
Le pangerang de Jacatra courba la tête et dit, les larmes aux yeux:
“ Mahomet m'a abandonné! Faites de moi ce que wous voudrez. ”
Le dommagon de Bantam se tourna vers les orang- ‘kays ct les panghoulous muets et interdits, et s'écria d’une voix tonnante :
‘ Ceux d’entre vous qui se sourmettront au sultan 4e Bantam trouveront grâce à ses yeux! Ceux qui ve courberont pas la tête devant sa volonté sentiront dès aujourd’hui l'acier de nos crics fouiller leurs poitrines | ”
Tous les orang-kays, tous les panghoulous qui se trouvaient dans le voisinage se prosternèrent humblement jusqu'à terre, et murmurèrent du ton d’une soumission absolue : é
“ Cahoela sampejan, nous sommes des esclaves prosternés à vos pieds, seigneur dommagon.
—C'est bien, répondit le chef de Bantam. Le sul- ‘tan, mon frère, saura récompenser votre bonne volooté. .. Je ne vois pas les Anglais ici. Qu'on m'a- : mène sur-le-champ les principaax d’entre eux. Qu'on aille les chercher |” : 10 | : Les orang-kays de Jacatra, empressés de complaire au nouveau maître, se montrèrent tout prêts à ge rendre au bastion anglais pour satisfaire son désir. Sur uu signe a‘asséntiment ils s'élancèrent au plus witeà travers la: place et disparurent derrière les ‘arbres, ie s ; eue EME
Déjà ie dommagon de Bantam avait livré jeprince déposé; comme prisonnier de guerre, à quelques
orang-kays fidèles, Les bras croisés sur La poitrine, les yeux. pleins'de larmes et la-téête baissée, le pange-
‘rie sur la
le cœur, rang 8e trouvait sur la place; au milieu déserics éuin. ntam, est celants de ses gardes. | SH rm Sur ces entrefaites, : le dommagon de Bantam était t dit, les entré en conversation avec les panghoulous et se faisait probablement rendre compte de l'état des chosés oi ce que “Jacatra ; ‘on lui parlait sans; doute des. prisonniers hollandais, car, de temps en temps, ils jetaient les es orang- ie du côté où ils gisaient,: toujours chargés de rdits, et eurs liens; maïs les! rangs épais des guerriers les cachaient «i ne permettaient pas an donmagon de les au sultan apercevoir, : ; ut Jeux qui Peu d’instants après, les Orang-kays reparurent. sur sentiront ‘la place avec quatre. marehands anglais qu’ils ameleurs poi- nèrent devant le dommagon. … Celui-ci les toisa d'un regard hautain‘et irrité, et leur dit: .
us qui se # Mon frère, ile sultan de Bantam, vous à pérmis ent hum- de combattre et de détraire gur mer les. vaisseaux ton d’une hollandais, mais il vous a défendu de prendre les armes sur le sol javanais, Vous avez méconnu sa 1veS pros- volonté, puisque, dans l'espoir de vous embarer de la factorerie des Hollandais, Vous a7ez élevé des bas- , Lesal- tions en cet endrdit: ét qye vous y avez placé des'ca jonne vo- nons venus de vos navites, Me voici à Jaçatra avec des u’on m'a- forces suffisantes pour vous contraindre à l’obéis- 4 x, Qu'on sance. Dès aujourd’hui vous remporterez votre artil- À pr ur” Vos vaisseaux, et vous uittergz'le sol de ul omplaire ’AVA, . SL'VOUS vous opposez, | ne fût-ce que par.un a 4:40 mot, À'la Volonté de mon frère, il confisquers à Ban. il on désir. ‘ tam, votre factorerie et tout ce que vous y possédez, au plus et, au besoin, féra jeter tous:les Anglais en prison, rrière: les llezf: et que je n’entende: plus parler de:vous!” Mr , Les Ang ais échangèrent entre eux quelques mots ue À jesprinee à voix basse pour s'entendre, sur.06 qu'ils. avaient À | quelques ‘faire. Ils attachaieht une si grande 1mportance à la qe
conservation de leur factorerie de Bantam, qu'ils ré-
pondirent par un assentiment immédiat, s'inclinèrent et quittèrent la place. Le dommagon de Bantam les suivit un instant du regard, et donna à plusieurs de
ses orang-kays l'ordre d'assurer le prompt enlève-
ment de l'artillerie anglaise.
Péndant que ces événements se passaient, les Hol- Jandais étaient toujours étendus par terre, le bloc:de bois au cou, derrière les troupes de. Bantam. Les
bourreaux avaient abaissé leurs klewangs, cor ils
savaient qu'yn nouveau sultan était devenu leur maître. Madame Van den Broeck, agenouillée auprès de son mari, levait vers le ciel un regard supliant; un sourire d'espérance illuminaït son visage. out événement, tout changement dans leur sort pouvait être le salut! à
Le sjahbandar s'approcha lentement de Van den
Broeck et lui dit : | %
‘ Levez-vous ; vous n'avez plus à craindre la mort maintenant. Peut-être, commandant, m’avez-vous accusé dans votre cœur de complicité. dans la trahison? Vous vous trompez. Ce dont je suis témoin depuis hier m'indigne et m'afilige. J'ai parlé en votre faveur; mais que puis-je faire? On repousse
mes conscils. Je suis comme un étranger au milieu
de mes compatriotes.
—Ah ! je ne vous accuse pas, seigneur sjahbandar. répondit Van den Broeck; mais dites-moi, je vous en prie, co qui se passe sur cette place. ” : Le sjahbandar inclina Ja tête de côté et murmura : « Ce qui se passe ? Fraüde, tréhison ei guet-apens.
Notre sultan voulait tromper à la fois le souverain #
de Bantam et les Anglais; les Anglais voulaient tromper à la fois io suitan de Bantam otic nôtre; et, en dernier résultat, c'est le ultan de Bantam qui trompe ses deux alliés Ainsi vont les choses à Java,
qu'ils ré-
inclinèrent 3antam les lusieurs de pt enlève-
t, les Holle bloc:de tam. Les
gs, cor ils
venu leur ouillée auegard supon visage.
| leur sort
Van den
; * re la mort ’avez-vous ns la trahiais témoin i parlé en n repousse ‘au milieu
jahbandar.
i, je vous
murmura :
guet-apens.
gouverain ’#
voulaient ‘ nôtre; antam qui ses À Java,
remplacent.
vous ?
Pangerangs. ”
devant les
pauvre femme
refuses de
Là où le coura —Et à quoi devons-
—Je l’ignore.
que convoitait le votre factorerie, tiont ; mais qu'il ait recours aux parvenir au méme but, c'est ç savoir, excepté lui. On décou du serpent sur le roc que les à
les prisonniers, 1 de L .
. Les range des guerriers Zollandais, et un oran
eur ordonna de oOmmagon de Bantam et le tertre où celui-ci était assis.
adame Van den Broeck s’
le dommagon des mains su e dommagon descendi
ge disparaît,
l'astuce et la fraude le
nous nous attendre, . pensez.
Le sultan de Bantam convoite ce sultan Wydurk-Rawa, c'est-à-dire les richesses et l’
argent qu'elle con-
e que nul ne ‘peut vrirait plutôt la trace:
esselns secrets de nos
de Bantam s'ouvrirent g-kay s'avança vers comparaître devant conduisit jusqu'au
agenouilla, tendit.vers
pbliantes et implora grâce.
t jusqu'à elle, la releva et lui adressa quelques ‘paroles de -Consoiation que:la
La
ne comprit pas, il. est vrai, -mais qui
Cependant remplirent son cœ ‘ Qu'on ôte le bl na le dommagor.
“Tu esle commandant des Oran
e serais vrai
ur de joie et d'espérance. .
oc aux prisonniers, ” ordon-
ne peut:m'en
empêcher, . J'ai vu le traité qu’on t'a offert ; il me araît assez raisonnable. : Je 10i$ 8i tu. veux, oui ou non,
te demande encore une le signer-de'plein.gré ?
ment heureux de pou-
mêmes moyens pour :
voir vous témoigner ma bonne volonté de quelque ‘autre manière, dit Van den Broeck ; mais, en répon- * dant par un refus à une semblable demande, je ne
fais que semplir l’impérieux devoir qui m'est imposé
commé s6ldat néerlandais ‘Je ne signe pas la reddition de la factorerie. : À
—C'est bien ton dernier mot ?:
£-C'est mon derni lotion 2 0101 Hi fr vo } inf biyouxs ‘Madame Van déw Broeckjoignit, denouveau les mains et parut implorer la clémence du chef de Bamamee : ma ob evirious Bob egiur mul
“Cette femmeest ton épouse ? demandait:il au capitaine.’ : Dislui qu’elle n'a :plus-tien:à craindre pour ta :vie.:! Qu'elle:se : console ‘én: apprenant. que personne ne louchera à toi.?2 21235 :9-1ulon fo à … ‘Le’capitaine!se: hâta de répétét à :8a:: fénme |eette déclaration. rassèrante:::! Madame: Vab den :Broeck, p'ésque follé de bonheur, se: imit:à-pleurer, et s'écria avc üne joyeuse ex toute l'étérnité, mon Dieu; quiavez daigné éxaucer maprièreh Ÿ 5 210) 00 15600 nca tou R
er mot et moi irrévocable réso-
j re FOSAILETONONT À) JE Et, saisissant la: maip du: dominagon, &lle la: bai.
goa de ses larmes, tandis que les paroles de gratitu- . de'se pressdient sur:ses lèvres: 2110: (
Nonyoh betémahraitera plns:etl'o6 nets mettéai.
plus le bloc;idit lé! chéf :Jävénais:i; mais-dès aujourd'hui tu/seras conduit à Bantam dvec tes comipagribns, comte prisonhier de guerre; Quant à cette femme, mh volonté est:qu'elle:s’en : retourne à:la. foïtenesse d'où ellé éstvenue. : Dis-lüi, .: J'ai à réglet d’autres affai-
résj'et'je n'alipas:)e temps:de : m'éccuper de vois:da: :
vaütage, A vértis ta. femthe ; jb) donnérai: l'ordte'à mes''prangrkeys de cap} ” 20H 09!
Lorsque madame Van den Broeck apprit qu'il lui
aktatiôn:: ‘ Soyez :béni:-durant
“le conduire jusque : hors du,
quelque ; répone, jé ne imposé la red-
le réso-
eau les
chef de
itsil au raindre nique
e ‘eette 3roeck, ‘s'écria
durant xaucer :
la -bai- |
ratitue
ujourgdbns, ne, mA d'où
saffai.
is da-
rdie'à
ré :dù..
ri Joÿ
mettia }
Jÿlñè.
C4 fallait se séparer de son mari, elle se mit à pousser des cris déchirants, et conjura le dommagon, dans un langage qu'il ñe comprenait pas, de lui permettre de partir aussi pour Bantam ; inais le chef Javaneis ft Comprendre au ‘capitaine qu’une femme nrisonnière n'était pas toujours respectée. Van den Broeck lui parla d’'Adélaïde, lai représenta ‘combien tout avait tourné héureusement, et: lui rappela que Dieu
femme, à demi consolée; parut se faire un.peu à l'idée de cètte sépäration, : Tout:en pleurant encore, elle embrassa soh mari à plüsieurs reprises, et bian. tôt, accompagnée de son serviteur Congo, elle suivit les orang-kays qui devaient la conduire à la factorerie, À
Van den Broeck ct ses compagnons furent emme-
nés par une forte garde et conduits au dhalm,
Les Hollandais ‘avaient appris par la femme : du capitaine l'arrestation da pangerang de Jacatra, et, comme le donimagon de Bantam semblait plus favorablétiiènt disposé à leur égard, ils se flattaient de l'espoir qu'il ouvrirait bientôtavec eux des Bégociations nouvelles’ et'plus : loyalés:' Cependant, dès le lendemain, ils: remarquèrent dans le:qamip ennemi un mouvement inaccoutumée, ét virent qu'on. travaïllait, avec la-plus grande activité, à assembler de gros bambous, pour en ‘faire! des échelles ‘d'assaut,
. ls ne doutèrent plus élors que les Juvunais n'attaf Quassent bientôr: avec fureur la: factorèrie,. sous le commandement de leur nouveau chef, :
Lä éertiivde ‘d'une: semblable agression remplis d’anxiété les officiers: et les soldats 'néérlanduis. : 11 leur semblait impossible, en effet, qu'ils pussént. ré:
l'avait sauvé d’une mort presque certaine, Enfin la.
di ph wi h" à à ’ Pad Aire du ai SE tn:
“sister à l’assaut de six mille enneris, si les Java- be mais étaient conduits par un chef résolu et coura- le geux. Ils pouvaient bien compter sur leurs nom- de reux canons, mais il NT avait plus, dans la forte- ju ‘resse, qu'une quantité de poudre suffisante pour pl -soutenir une seule attaque, à condition encore qu'el- m le ne se prolongeât pas trop longtemps Dans la supposition que l'on réussit à repousser ce premier éb assaut, On se verrait privé de tous moyens pour tenir W au second, et la factorerie, avec toute sa garnison, de ‘tômberait infailliblement au pouvoir des perfides et «cruels Javanais, Cependant, quelque menaçante co: «que fût la situation, les soldats hollandais ne per- de «dirent pas courage. Avec la pleine conscience da na péril imminent qu'ils couraient, ils gardaient la . pa ferme volonté de rendre témoignage jusqu'à la qu mort, sur le sol de la nouvelle Batavia, de la puis. les «sance de la Néerlande et de l’héroïque bravoure de sir ses fils. L g'é Bien que le désespoir d'Adélaïde et de sa mère © 4: “eût M V les larmes aux yeux de Walter Pieter- no! -8en et rempli son cœur de tristesse, la conviction du ] danger sut de nouveau élavér son âme jusqu’au plus red “ardent héroïsme. C'était lui qui, par son éloquence le 1 “et son exemple, enflammait les hommes d'une intré- froi pide ardeur; il éveillait et entretenait dans leur pré <œur l'énergique résolution de mourir glorieuse- des . -ment dans la lutte plutôt que de céder. l'as On prit en toute bâte des mesures pour repous- Un -ser l'ennemi, ou du moins pour lui faire acheter la vic- “ett toire aussi cher qu'on le pourrait, On arma tous les pen domestiques ; les femmes et les enfants mêmes de- l'ar: “aient prendre part à la défense; tandis que les L hommes, sur les remparts, combattraient les assail. de f dants avec le mousquet et ia pique, les femmes atti. ënfs seraient le feu sous des chaud cha
ères remplies d'huile
€et un murmure scurd et con
bouillante, et apporteraient ensuite cette huile sur les murailles pour la répandre sur les J avanais à demi nus. Les canons furent chargés de mitraille jusqu'à la gueule: les mousquetaires ne quittaient plus le rempart, et s'y tenaient, debout ou assis, la mèche allumée à la main et l'œil fixé sur l'ennemi.
Congo, le nègre du capitaine, avait ceint une lar épée, et portait cette même hallebarde avec laquelle Walter Pietersen, après le combat naval, avait fait des prodiges.
Le pauvre esclave paraissait heureux de pouvoir combattre, comme un homme libre, pour l’honnear de la Néerlande, sous les yeux du lieutenant, Son naïf orgueil, et les paroles belliqueuses qui lui échappaient sans cesse, étaient, même en ce moment critique, un sujet de plaisanterie et d’amusement pour les hommes de la garnison. Néanmoins Congo ne s’irritait pas de leurs railleries, et, pour toute réponse, s'écriait : :
“ Laissez venir les hommes jaunes, Nous verrons | nous verrons!”
Les Néerlandais n'attendirent pas longtemps le redoutable instant, Le troisième jour, aussitôt après le lever du soleil, les Javanais étaient rangées sur le front de leur camp, au nombre de six mille, tout prêts pour l'assaut. Beaucoup d’entre eux portaient
des échelles de bambous et des instruments pour.
l'assaut, que. la distance empéchait de reconnaître. Un formidable bruit de gongs retentit sur la plaine,
us, pareil au bourdonnement d'un immense essaim, planait au-déseus de l'armée ennemie.
À l'intérieur des murs de la factorerie, des nuages de famée montaient vers le ciel; les femmes et les &nfants y étaient rassemblés autour de plus de vingt chaudières d'huile bouillante, Ceux dont la présence
n'était pas nécessaire auprès des chaudières se tenaient prêts à prendre part à la lutte de toutes leurs forces, et bien résolus à mourir plutôt au’à reculer d'un seul pas,
Bientôi l'immense ligne de bataille de l'ennemi se
mit en mouvement et s'ayança lentement dans la plaine, Les Hollandais ne tirèrent pas d'abord et laissèrent les Javanais approcher jusqu’à une demiportée de canon; mais alors, sûrs de la justesse de leur tir, ils déchargèrent en même temps toutes les pièces. L'eff:t de cette première détonation fut proà feu, portant la mort et la destruction parmi les Javanaïs, en abattirent, :sous les yeux des Hollandais, des rangs entiers. |
Frappé de terreur par cette perte soudaine, l’ennemi bésita un instant. et fit même quelques pas en arrière, Sur ces entrefaites, les Hollandais rechargèrent leurs pièces et les déchargèrent plusieurs foie, toujours avec un résultat aussi terrible.
Il semblait que les Javanais ne sussent à quoi se résoudre, La garnison voyait bien les chefs courir de tous côtés pour encourager leurs hommes à donner l'assaut ; ils entendaient, dans l'intervalle dés décharges de l’urtillerie, les gongs redoubler leur vacarme : mais il fallait que les guerriers javanais ne fussent
guère disposés à courir sur les pièces hollandaises,
car, malsré tous les efforts de leurs chefs, ils demeuraient immobiles dans la plaise et se laissaient abattre par centaines, sans qu'il fut possible de triompher d’un pareil découragement. Cela dura jasqu'au mo-
ment où les capitaines hollandais, craignant que la
poudre ne vînt à leur manquer absolument, donpè-
rent l'ordre de cesser le feu des canone, et laissèrent
ainsi à l'énnemi le témps de reprendre haleine et de sé mieux Concerter sut les moyens d'attaque. : |
digiéux, et le sang coula à flots, : Quarante: bouches:
>2s se boutes au’à
mi se ns la rd et lemise de es les ÿ pro- "1:
8 Ja-
idais,
l’enis en chary fois,
oi se ourir nuer char- "me ; ssept
Bientôt un remarquable silence régna daus l’armés ennemie ; les gongs se turent, le bruit cessa, et, pendant qu’on emportait les morts.et les blessés derrière la ligne de bataille, les chefs allaient de tous côtés donner aux divers. corps .des. ordres qui n'étaient sans doutê que les préliminaires d'un assaut décisif,
Les Hollandais avaient les yeux fixés sur l’armée entemie.. Le ravage causé par les'canons dans:le: ‘angs des Javinais avait rempli leur vœur de l'espoir du triomphe, et c'était avec ha sourira railleur sur les lèvres qu'ils échangeaient, des plaisanteries sur la stupidité de leurs ennemis, : :,..,....
Tout à coup un vacarme affreux éclata éur Ja ligne
de bataille des Javauais, tonnerre où ge confondaient
des milliers-de cris, tempête de. voix, hamaines et de gongs...; et, cotnme un mn: rapidemen# poussé en avant par une force invisible, l'armée ennemies'élança sur:la forteresse hollandaise, :, :,,.,,: % -Awant-que les, Javanais pussent: atteindre le pied des ‘fortifications, -l'artillérie fit ;pleuvoir. deux: fois encore-une nuée de :mitraille meurtrière; dans Jeurs rabgs} Mais, :ç0mme si. un:avebgle courage. s'était tout B:coup emparé d'éux,, rien ne pouvait. plus les arrêter dabs leur élan. Rempliseznt: l'air do, forœi. dables: ris de victoire, ils atteignirent. lea retranche. ments. de la forteresse et. dressèrent, leurg éehelles contre les mure, .Fandis qu'ils se Presssiant comme. un essaim pour escalader la place ennemie, les Hollandais, : tout, en .les..criblant , de: balles, versèrent l'hoile:bouillante:eur Jeurs, épaules, DUB. ; :: D'affrenuses brâlures.artachèront aux: Javanais des cris efroyables; Da les: vis'boncur eh, arrière, se. rouler:sur.le sol, .et.se. tordre.dans. d'horribles convul.
sions; én rugissaut. de douieur,. Surp ugieurs:pointe,
l'ennémi,! éponranté, recule; eur ;d'agtres, au con:
träire, il réussit, après une perte considérable d'hom.
mes, à escalader les murs et à pénétrer dans l'intérieur de la factorerie, Pendant longtemps on lutta avec.acharnement au haut des rempurts mêmes. Les Hollandais sentaient bien que c'était pour eux ane question de vie on de mort, Ils s'élançaient avec fureur sur l'ennemi, s'encourageaient mutuellement par mille clametrs, abattaient les Javanais sous la crosse de leurs mousquets, les hachaient et les perçaient de leurs piques et de leurs hallebardes, et se défendaient avec une énergie qui ressemblait à de la folie et à du désespoir. Walter Pietersen, avec une partie de ses hommes intrépides et accompagné du nègre Congo, s'était jeté en avant vers le point des remparts où l'affluence des Javanais avait été, pendant un instant tellement irrésistible que, par la seule pression de Jours corps, les soldats hollandais avaient été refoulés au .bas des murailles; mais l'arrivée de l'héroïque lieutenant conjura cet imminent danger; lui et ses braves compagnons moissonnèrent tant d'ennemis et répandirent tant de - que les Javanais reculèrent avec térreur et refoulèrent eux-mêmes leurs ms 24 el qui ne # a se déployer sur les remparts. Congo faisait des Wang javanais lui eût fait une large blessure à l’épaulé et à la poitrine, il restait toujours, rugissant de fureur, - à côté de Walter, et étonnant les plug braves soldats par son intrépidité, : a Ja Cependant les canons hollandais continuaient de lancer la mitraille dans les rangs des Javanais qui se trouvaient encore dans la’ plaine. : Suriles points où l'ennemi n'avait réussi à escalader la muraille, . On continuait à réa mousquetaires déchargeaient leurs armes avec une telle précision que presque tous les coups portaient. F Sans nul doute la garnison, : malgré son que
prodiges de bravoure, et, bien qu’un kle-.
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nemi avait fait irroption dans lu factorerie, la lutte s’engageait d'homme à homme, et, quel püt être le nombre des ennemis abattus par Walter et ses courageux compagnons, la foule des assaillants était telle que les soldats hollandais devaient finir par tomun à un, jusqu'au dernier, dans cette lutte désesnérée...,Mais une circonstance si imprévue vint les sauver, à l'heure même où ils ne voyaient plus devant eux qu’une mort infaillible et glorieuse,
La plus grande partie des Javanais qui se pressait au pied des murs et s’efforçait de dresser des échelles pour monter à l'assaut furent repoussés à plusieurs reprises ; les canons des bastions en saillie,
. établis aux angles de la forteresse, lançaient des deux
côtés une grêle de mitraille parallèlement au mur et frappaient en flanc ka masse des emnemis : l'huile bouillante coulait à flots du haut du parapet et faissait chaque fois reculer les assiégeants. Kofin les hurlements de ceux qu'avaient atteints la brûlante liqueur et les gémissements affreux des mourants frappèrent les Javanais d'une inexprimable terreur. Quelques soldats des premiers rangs s’enfuirent loin du mur; leur ‘exemple découragen les autres ; en peu d’instant la panique s'étendit, et tous se mirent à courir en désordre jusque hors de la portée des canons,. Quand les Javanais, qui étaient engagés dans une lutte acharnée:au haut des remparts s'aperçurent que leur armée avait abandonné l'assaut et les laissait poursuivre le combat, seuls et sans leur préter secours, eux aussi cherchèrent À échapper aux mains des Hollandais, et se précipitèrent, les uns après les autres, du.sommét du mu: dans la campagne..
Les soldats néerlandais saluèrent:bien cette victoi. re inespérée par un fervent élan de reconnaissance
résistance, devait succomber ; maintenant que l’en-
envers Dieu ; le cri de Hourra ! Batavia ! Batavia ! montait bien Ça et là vers le ‘ciel ; mais cette prière ‘de gratitude et:ces’cris de triomphe ne s’échappaient pas franchement des poitrines oppressés ; dans l’accent de toutes ces voix qui remerciaient Dieu ou acclamaient la victoire, il y avait je ne sais quoi de navraat et de douloureux, comme si la délivrance était un bonheur assombri par un voile de tristesse:et de “deuil, viral Q sat ni |
En effet, maintenant que l’ennémi avait cessé l'assaut, et, épuisé par-une considérable perte d'hommes, s'était retiré dans son camp, les soldats ‘hollandais promenaientléur regard sûr le spectacle qui les'entourait ét comptaient avec une morne anxiété les cadavres des fidèles compagnons que le combat leuravait ravis, Si le rempart, sur presque toute son étendue, était couvert des corps des Javanais tombés dans la lutte, beaucoup de Hollandais aussi, étreignantencore la pique où.le mousquet de leur poing crispé, gisaient, abattus pour toujours, au milieu des cadavres ennemis.
Enfermés dans les murs étroits d’une petite forteresse, vivant dans les mêmes espérances et dans les mêmes dangers, tous ces héros, prasque sans distinction de grade ‘ni de rang, étaient devenus amis les uns des autres, et un même lien d'estime et de sym-
- pathie:les unissaient tous. - Ceux qui, la pâleur de ‘a mort sur le visage, gisaient étendus dans l'affreuse - mare de sang, étaient des frères bien-aimés ; : chacun ‘dé ceux qui ‘avaient éu le ‘bonheur:de rester en vie ‘’gémissait, le yeux baignés de larmes, sur les:vail. Jante amis qu'avait frappés le fer des Javanais. ‘Parmi les morts reposait le + qu Direksz, : le froid, mais intrépide Néerlandais, et non doin dé lui était étendu le pauvre esclave noir, Congo, qui, par 8eule:réconuaissance pour la patrie de Walter, . avait
atavia !
> prière )paient os l’acou acde nace était set de
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forteus les istinclis les 1S bide freuse hacun Pn vie vailauais.
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vaillammenticombattu, j usqu'à ce que la perte de son sang l'eût fait tomber privé de sentiment,
Le lieutenant, sans songer à son grade . élevé ni à l’'humble origine da. nègre, ‘s'était jeté à genoux à cô'é delui, avait appuyé: la tête de l'esclave sur son bras et s’efforçait. de le rappeler à la vie, en le soulageant avec de l'eau. Au boat de quelque temps l’esclave remua les mains et ouvrit doucement les yeux, mais il était. si faible et si épuisé que ces signes de vie disparurent de nouveau. Cependant un cri de joie avait échappé au lieutenant, et, tout heureux, il souleva de terre lui-même le pauvre esclave, le plaça sur ses épaules, et le porta en bas des remparts, à l’endroit où les médecins étaient déjà occupés à panser les blessés,
Après que Van Ray ent donné quelques ordres pour faire rester. sur les remparts les hommes les moins fatigués et pour garantir la forteresse contre un retour imprévu de l'ennemi, il fit convoquer sutle-chap le conseil de guerre, Dans cette, réunion on pesa sérieusement là gravité des pertes qu'on
. Venait d'essuyer, et l'on reconnut.: avec ane sorte ? ?
d'effroi, que les rangs des. soldats avaient été fort éclaircis par la dernière agression de l'ennemi, et que même, dans le cas d’un second assaut, 1l fallait aban. donner jusqu’à l'ombre de salut. Si l'on eût eu assez de poudre, peut-être eût-il été possible de répousser une nouvelle attaque: mais toût ce qu’il en restait dans la forteresse ne suffisait pas à charger: deux fois les canons. 34 E Van Ray souleva la question. de Savoir si l’on ne devait pas faire à l'ennemi. dés propositions: de:paix. Par là-on gaguerait au moins du temps'pout attendre le retour. de la flotte et le secours promis :: Où résolut de recourir à ce moyen et d'entamer les négocia-
tions à l’occasion de l'enterrement des: morts ; car il
n'y avait hs à douter que les Javanäfs n’envoyassent, dès le jour même, quelques orang-kays pour demander la permission d’emporter leurs morts. Il
fat décidé, de plus, que le commandement de la com- .
pagnie du capitaine Dircksz serait confié provisoirement au lieutenant Walter Pietersen et que celui-ci aurait le droit de signer au conseil de guerre, Vers midi apparurent, en effet, sur la route de Jacatra, quelques orang-kays munis d'un drapeau blanc fixé à une tige de bambou, et, quand on leur eus fait signe qu’ils seraient reçus sans difficulté, ils se présentèrent à la porte de la factorerie, et demandèrent la permission d'enterrer leurs morte. Cette permission leur fut accordée sur-l-champ, sous la condition que tous les cadavres seraient : enlevés avant le soir, et transportés loin dé la factorerie. À cette occasion, on remit au principal orang-kay une lettre destinée au chef des Javanais. Par cette “lettre, les Hollandais offraient paix et amitié au pangerang de Bantam, et s’engageaient à lui payer une - somme considérable en numéraire, s'il consentait à ‘les laisser provisoirement en possession de leur for-. téresse, jusqu'à ce que le retour du gouverneur géné. ral rendît possible l'ouverture des néguciations décisives; mais on leur déclarait en même temps que rien au monde, ni force, ni rusé, ni privations,.ne les contraiudrait jamais À abandonner la nouvelle Batavia. \ Quand tous les morts farent emportés, à la tombée du soir, les orang-kays revinrent avec une lettre de leur chef, et dirent qu'ils attendraient une réponse devant la porte de la factorerie. La lettre du dom- . magon de Bantam était conçue en termes très-bau.
tainæ Il exigeait la reddition de la forteresse et de “tout ce qu'elle renfermait, sans auire condition que engagement de transporter les Hollandais de Bata.
\vOyas- 8 pour rts. Il
la com-.
visoirecelui-ci
ute de rapeau >n leur té, ils leman- Cette sous la nlevés le.
g-kay r cette u paner une tait à ir for.
génés déci- 8 que pe les Bata-
ombée tré de jponse | doms-bauet de )n que
Bata-
auraie
via à Bantaréfet de là à Amboine, Le dommagon laissait entendre qu'il ne tenterait pis un second assaut, mais recourrait à d'autres moyens qui, selon lui, auraient raison infailliblement de la fière obstination des Hollandais. Il ne disait pas quels étaient ces moyens. Il déclarait enfin ne plus vouloir entendre parler d'aucune négociation.
Les Hollandaie répondirent qu'ils défendraient leur forteresse Jusqu'au de:nier homme, et que, de leur côté, ils retiraient leur Offre d'indemnité, laissant
Dieu et au sort des armes à décider de quel côté se fixerait définitivement la victoire. Ils congédièrent les orang-kays avec cette réponse,
Comme on avait appris par la lettre même du dommagon que les Javanais ne donneraient plus l'as. saut à la factorerie, la confiince revint dans tous les Cœurs, On croyait pouvoir tenir pendant des mois encore contre un siége régulier où un investissement
€ la place, si étroit qu'il fût, parce que les magasins
étaient : bondamment pourvus de riz, et qu’on n'apait
pas à redouter la famine, La rivière Tjiliwoeng,*
ui descend des montagnes et baigne le pied de ja Orterésse, fonrnissait en abondance de l’eau excel. lente. L'approvisionnement de la garnison était donc assuré pour longtemps. | Cettebonne nouvelle fut communiquée aux soldats auxquels on distribua en même temps un verre de vin d'Espagne. Tous prirent de nouveau Dieu à té. moin Le n’abandonneraient pas Batavia tant qu’ils t la force de porter un mousquet ou une pique. Quelques jours s'écoulèrent sans qu'on apprit rien des dessins de l'ennemi : mais alors l'énigme de son apparente inaction commença à s'éclaicir, ; avanais, pendant la nuit précédéite, avaient fermé l'embouchure de la rivière Par une sorte de
telle façon que l’eau
“continuait à passer, mais qu'aucun À, ne pouvait
être emporté vers la mer. Tout ce qui flottait à la surface de la rivière devait, pendant le reflux, être retenu . par le barrage, et le flux devait refouler ces objets devant la factorerie jusqu’à une seconde digue établie au-dessus de celle-ci, et qui entravait de la même manière le cours de la rivière.
Les, Hollandais ne comprirent pas d’abord quel
espoir l'ennemi fondait sur cetravail. Ils crurent
pouyoir supposer que son intention était d'essayer de
- détourner le cours de la rivière pour les priver d’eau
potable ; mais, comme il leur parut ridicule de vouloir arrêter, au moyen de bambous, une rivière au courant impétueux, ils s’inquiétèrent peu de l’œuvre que les Javanais avaient menée à fin cette nuit-là. Bientôt, cependant, ils reconnurent avec inquiétude que ie dommagon de Bantam avait lnaginé Contre eux une arme formidable. A la marée descepdante, d:s cadavres de chevaux, de buffles et d'Emmmes, roulèrent en foule du haut de la rivière ct passèrent lentement avec le flot devant la facto-
‘ rene . Le même jour encore, le flux les ramena, et,
“quelques beures après, ils flottaient plus nombreux
qu'auparavant, pour la troisième fois, sous les murs
de Ja forteresse.
Sous un, ciel brûlant comme celui de Java, et sous l'influence de la chaleur humide qui règne sur la
plage basse qui s'étend autour de Jacatra, ces cada-
‘ vres se putréfèrent rapidement, Ils exhalaient une : ‘ Puanteur insupportable et empestaient l'atmosphère,
traïent jusqu’au fond des habitations, et emf échaient, pour ainsi dire, les Hollandais de respirer.
Quañd la garnison de la factorerie s’aperçut. du
danger qui la menaçait de ce Côté, elle s’efforça de
surtcut pendant la nuit, de vapeurs fétides qui péné-
pêcher les cadavres au passage, au moyen de crocs,
via
qu’u sièal form
pouvait ttait à la ux, éire uler ces de digue it de la
rd quel crurent sayer de er d’eau de vouière au l'œuvre ait-là.
inquiéimaginé rée desiffles et rivière a factoena, et, mbreux es murs
et Sous * sur Îa 8 cada-
ent une sphère,
1 pénéhaient,
çut. du ça de
> CrOCS, .
pour les enterrer, pendant la puit, au de la citadelle: mais ce travail: étai qu'il faisait reculèr jusqu'aux hommes
gnance qu’on Ôbéissait, sur ce point, Officiers, el Cependant, quel que fût le nombré de cadavres repôchés, la rivière en apportait de plus en:plus ; les Javanais Jetaient dans l'eau toutes les immordices de se trouvaient à leur portée, Pour empécher les ollandais de triompher, malgré des prodiges d’acti-
è moyen employé
b aussi jeté’ dans Ja
upérieur, un certain nombre de. cadavres -en Putréfaction ;
On n6 pouvait plus étancher sa empoisonnée,
Sous l’empire de l'instinct de la couserv
se mit eur le champ ‘à creuser dans l'intéri
; nombre de puits : mais l’éau
ärin et avait
e plus un goût répugnant, comme si les matières
en putréfnction y eussent aussi mêlé: leurs miasmes
élétères. : k
e sol sur lequel était Construite la nouvelle Bata-
via n’était, comme toute la plaine environnante, qu'une alluvion do la mer, déposée d
her. Mais qui, aux
pourris, continuait de fermenter A. le pied des hommes qui l’habitaient. lo L'eau de puits, cependant, paraissait encore aux Hollandais moins répugnante que ceile de la rivière, qu'ils regardaient comme mortelle, non-seulement à cause de la fermentation des cadavres, mais encore parce qu'on la croyait empuisonnée par le suc vénéneux du redoutable wpas (1). On apaisait donc sa soif avec l’eau saumâtre des puits, et l'on espérait déjouer ainsi la cruelle machination des Javanais, jusqu'au retour du gouverneur Koen, qui, s'il ne rencontrait pas d'obstacles en mer, devait bientôt apparaître, et tirer de sa situation la garnison épuisée.
Hélas ! les' souffrances de ces hommes courageux ne devaient pas si tôt trouver un terme. Peu de jours s’écou'èrent, et peu à peu la maladie fit parmi eux de nombreuses victimes ; mais comme ces cas de maladie se remarquaient surtout parmi les femmes et les enfants, on espérait que le mal épargnerait la partie la plus robuste de la garnison et que, malgré toutes les souffrances, on pourrait attendre le moment si vivement attendu de la déli- Yrance,
Les semaines succédèrent aux semaines: cette vie pleine d’horreurs et de souffrances se prolongeait
sans que le secours promis spparût. Un désespoir secret et inavoué s'empara de beaucoup d'esprits, Madame Van den Broéck était malade et langui-
sante, non parce que l'eau fétide avait corrompu le
sang dans ses veines, mais parcé que de terribles pensées la poursuivaient, et que son âme, si rudement éprouvée, était en proie au supplice continuel de navrantes appréhensions et d'épouvantables vi.
(1) Antiaris loæicaria, arbre avee le suc duquel les: Javanais empoisonnené leurs armes.
pied des
core aux a rivière, lement à is encore uc vénédonc sa espérait lavanais, , s'il ne bientôt épuisée.
courame, ....
maladie comme lt parmi e le mal garnison pourrait > la déli-