‹ Batavia [microforme]Chapitre 23 sur 27 · cette longeait lésespoir rits · texte numérisé non relu

cette longeait lésespoir rits

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terribles 1 rudentinuel bles vi-

Javanais

sions, Elle f'avait encore rien appris sur le sort de son infortuné mari ; C8 manque de toute nouvelle l1i avait donné peu à peu la conviction que le capitaine avait été mis à mort par les perfides Javapais pendant le voyage de Bantam. Elle n'avait rien dit à ea fille ni à Walter de cette affreuse conjecture, qui, comme un ver rongeur, la consumait de jour en jour. Quand Walter s'efforcait, avec une affectueuse insistance, de la consoler, elle teignait d’ajouter foi à ses amicales assurances, tandis que chacune dés parolés ‘du lieutenant lui perçait douloureuse. ment lé cœur. VOLV4S

Adélaïde pleurait dansdes bras de sa malheureuse mère ; la’ délicate jeune fille perdait, sous le poids de cette désol

et maigre et sa tête s'inélinait sur sa poitrine, comme si le’ malheur survenu à son père lui eût ôté à elle toute énergie et tout amour de la vie,

Congé; contre toute attente, s'était rétabli; sa blessure s'était fermée, et, bien que ses forces ne revinssent qüué léntement et qu'il ortât-encore un bandage sur la poitrine et sur l'épaule, il se montrait si cOurageux et'si confiant dans l'assistance. dy ciel, que l’attitude du pauvre esclave éveillait l'admiration: de tous. He 68

Le lieutenant se: rendait plusieurs fois par jour dans la demeure du Capitainc, et s’efforçait de consoler de son mieux les deux femmes en ouvrant devant elles de rassurantes perspectives ; mais il ne réussissait’ pas’ à 'amoindnr leur douleur, et son propre Cœur Saignait aussi à la pensée que l’horrible maladie ‘de langueur quiminait sa: bien-dimée pouvait frapper un coup terrible. $ Quoi qu'il en soit, Walter trouvait Cependant en-

core assez de force dans son âme pour lutter chaque fois contre le sort:avec une nouvelle opiniâtreté. C'était lui qui ranimait le courage chancelant de ses . Compagnons, et qui, par de magiques paroles, faisait rentrer dans leur .cœux l'espoir de; la délivrance, alors que l’énergië et la résolution de certains d’entre eux semblaient-près de succomber sous l'horreur de la situation. #..

-Le secours promis n'arrivait pas. Pendant un mois encore, les hommes de la garnison passèrent des

jJourñées entières sur les remparts, l'œil fixé sur l’ho:.

rizon dont ils interrogeaient avidenent les brumeuses limites. Une voile apparaissait-elle au loin leur. cœur battait d’uge joie mêlée d'anxiété, etun rayon . d’espoir allamait leurs regards; mais toutes les voiles pa£sajent outre et disparaissaient, cornme si personne au monde n’eût su que, sur la plage de Jacatra, une poignée d'hommes mouraient héroïquement, pour l'honneur de la Néerlande, d’une mort lente et cruelle, Eoño, la longue absence de la flotte rendit la situation de la garnison vraiment affreuse, L'usage de l'eau salée avait d’abord amené des maladies chez les enfants, les femmes, les hommes les plus faibles ; bientôt le mal otteignit les soldats les plus: robustes et les plus résolus, et fit chaque jour de noavelles victimes, La forme qu'affectait cette maladie était une fièvre intermittente pendant laquelle se suçcédaient sans transition un froid glacial et.une chaleur brûlante accompagnée de violents maux de tête qui frappaieut les patients d’une démence. passagère, Alors ils se livraient parfois à des actes de fureur et de désespoir dont l’horrible spectacle faisait frémir de compassion et d’effroi les hommes les plus énergiques. Oette fièvre ne tuait pas, en-peu..de: jours; ceux qui en étaient atteints margrissaient rapidement: leur teint jaunissait, leurs lèvres prenaient une nuan-

chaque uiâtreté.

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ce plombée, léurs yeux devenaient ternes e de plus en plus épuisés par ce déclin progressif des forces vitales, les maiheurens mala les erratent (sar la place comme des spectres vi vants, Ou passaient des jours entiers, agenouillés sur les remparts, je regard Üxé sur la mer, les bras levés vers le ciel, et implorant du Seigneur la miséricorde et le salat. |

Si l'on eût voulu se laisser toucher par les larmes de tant d'infortunés, ‘si l'on eut -Consenti À évouter leurs supplications, on se fût hâté d’accepter les con.

ditions proposées par l'ennemi, et par là da moins

on eût sauvé la vie de tous; mais la partie du Ja

SaTuison que le fléau n'avait pas frappée jusque-là, enflammée par les exhortations de Walter Pietersen, refusait de rendre la factorerie, et déclarait, avec une inébranlable fermeté, qu’elle tiendrait son serment ét garderait la nouvelle Batavia à la Hollande, jusqu'à ce que le dernier homme fût tombé épuisé sur le sol.

Des semines s'écoulèrent ; la fièvre frappa encore un grand nombre des meilleurs soldats. Le scorbut, cet autre mal qui brise toute énergie, attaqua une partie de là garnison. La dyssenterie fit aussi quel., ques autr.s victimes. L'une des premières fat Rosa. lie, la servante de madame Van den Broeck. Elle ‘Succomba au bout de trois jours, Sa mort eût sang : doute inspiré à la femme et à la fille du capitaine de vives craintes au sujet de leur propre salut, si une autre douleur n’eût rendu Adélaï le et ga mère indifférentes à la conservation de la vie.

Avec quelque persévérance que le regard des assiégés interrogeât l'horizon et cherchât. à en C les profondeurs, depuis le premier rayon. du soleil

e la nuit, les joura-s'écon.

laient dans la souffrance et Je désespoir, sans qué la.

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Un matin, on vit quelques orang-kaya sortir du camp javanais, et prendre la route de Jacatra, accompagnés d’une personne qui semblait porter le costume d’un marchand européen. On ne pouvait conjecturer ce qu'annonçait l'approche de cet envoyé; mais, dans la situation où se trouvaient les ollandais,

- tout événement, tout incident, tout changement était

une source d'espérance, Le cœur ému par la joie et l'attente, ils descendirent du rempart et coururent à la pose vers laquelle se dirigeait l'ambassade les :naades eux-mêmes, qui, fuyant l'étouffante chaleur qui régnait dans leurs demeures, étaient étendus sur des uattes au pied des cocotiers ou à l'ombre des magasains, les malades se traînèrent sur le sol pour apprendre plus 1ôtla nouvelle qui devait peut-être leur apporter le salut.

que la porte de la factorerie fut ouverte, les orangs-kays reprirent le chemin de Jacatra. Le marchand entra seul dans la forteresse, et fut entouré à l'instant même, non-seulement par les membres du conseil de guerre, mais par les hommes de la garni- $0n et par les malades, qui, tendant vers lui des bras suppliante, semblaient implorer une heureuse nouvelle. Ce marchand était un hollandais nommé Abraham Van Uffelen. Il habitait Bavtam depuis plus de quarante ans et s'était chargé d’un message du sultan pour le conseil de guerre et d’une lettre à Capitaine. Van den Broeck pour sa fémme. Quand, sur sa demande, on lui eut indiqué le commandant de Ja factorerie, il remit un papier fermé au capitaine Van Ray. Celui-ci se hâta d'en prendre lecture, pendant que tous les regards étaient avidement fixés sur lui. Le visage du commandant s’assor brissait è mesure qu'il prenait connaissance du contenu de la ettre. Enfin, tout à fait déçu dans son attente, il frappa du pied en grommelant et laissa voir assez

Là, le capitaine Van Ray donna connaissance à ses collègues du contenu de la lettre du sultan, Celleci ne renfermait, en effet, aucune proposition novvelle et exigeait, comme autrefois, la reddition de la forteresse et des marchandises, de l'argent et des armes qu’elle contenait; mais ce que cette lettre annonçait de surprenant, c'était la nouvelle qu'on avait transporté le capitaine Van den Broeck de Banitam à Jacatra, pour lui permettre de parler aux officiers de la garnison. Sil'on voulait envoyer quelquesuns d’entre eux À Jacatra, disait la lettre, ils recevraient de sa bouche l’ordre de faire ce que désirait le sultan.

On délibé:a sur cette dernière offre. On dit que ce ne pouvait être qu'une nouvelle ruse dés Javanais pour attirer quelques hommes dé plus dans leurs filets, et qu'il serait imprudent de s’exposer de nouveau à une trahison dont on avait été victime une fois déjà. On ne croyait pas, d’ailleurs, que le capitaine Van den Broeck pût ordonner ou conseiller la reddition de la factorerie. Pent-être, en le soumettant aux affreux tourments que les Javanais avaient coutume de faire subir à leurs prisonniers,

était-on parvenu à lui ôter toute énergie ; mais, quoi .

w'il'en fût, ceux qui étgient chargés en ce moment

e la défense de la factorerie n'avaient à prendre conseil que du sentiment de leur devoir et de leur responsabilité envers la patrie.

En ce moment un domestique vint annoncer que Congo demandait à parler sur le champ à Walter Pietersen ; le lieutenant devait sc rendre sans délai auprès de madame Van den Broeck, qui avait à l'entretenir d'une affaire de la plus haute importance.

Ayant obtenu la permission de quitter la réunion, Walter Pietersen sortit de la salle ot trouve dans le vestibule le nègre tout en larmes.

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“‘ Qu'est-il donc arrivé, Congo, pour que tu pleures.ainsi ? demanda Je lieutenant avec anxiété,

rr Venez, venez vite, dit le nègre èn saoglotant et en le tirant par la main ; ma pauvre maitresse va mourir de deuleur. Mademoiselle. Adélaïde s’arrache les cheveux; le cœur se brise à la voir se tor. dre de désespoir. :

— Le capitaine est-il mort? demanda Walter d'une voix sombre,

.— Non, non, mais cela n’en vaut guère mieux. Je ne sais pas bien quelle nouvélle on a apportée à mes maîtresses, mais j'ai compris à leurs lamenta-

tions que vous seul pouvez encore sauver mon malheureux maître. . Venez! venez!

Le lieutenant entra dans la demeure du capitaine ; mais à peine eùt-il paru sur le éeuil de la porte que les deux femmés tendirent les bras vers lui en implorant son aide d'une voix lamentable, Sur ges questions pressantes, madame Van der Broeck lui tendit une lettre ouverte en s’écriant :

“Tenez! lisez, lisez! et prenez pitié de nous! ”

Le liéutenant, déjà saisi d’une nexprimable émotion à la vue de la navrante désolation d’Adéiaïde, jeta les yeux sur la lettre et en lut le contenu. D'a. bord une expression de profonde commisération se peignit sur son visage; puis une accablante tristesse assombrit ses traits, et enfin il devint d'une pâleur mortelle, «somme si une soudaine épouvante avait ar. êté les battements de son cœur, Ses yeux étaient fixés aveo une muette angoisse sur la fatale lettre, tandis que le+ deux fernmes, toutes tremblantes, attendaient sa réponse.

La lettre toute entière n'était qu'une douloureuse jamentation, un déchirant cri de détresse adressé par Ven den Broeck à sa femme, à sa fille, et surtout à

Walter Pietersen, Dans cet écrit baigné de larmes, le capitaine peigoait en termes concis, mais saisisants, toutes les douleurs, tous. les Outrages, toutes les tortures qu'on lui avait fait subir depuis qu'il était prisonnier, pour le contraindre à donner l’ordre de rendre la factorerie, On l'avait en quelque sorte enterré dans un profond cachot : on l'y avait laissé pendant de longues semaines, gisant sur le sol humide et livré en proie à une horrible vermine ; On l'avait livré aux tourments de la faim et de la soif ; puis, .alors qu’il était épuisé par mille souffrances, malade, presque. mourant, on l'avait traîné de nouveau à Jacatra pour Conseiller à la garnison la reddition de la factorerie. Si ce dernier effort restait sahs résultat, on devait:le mettre à mort le lendemain, en lui faisant endurer les plus affreux :iourments. Le Capitaine représentait qu’il était impossible de Conserver la forteresse,

et qualifiait de coupable obstination la résolution de:

sacrifier, par un, vaio sentiment d'honneur et 8aDs profit pour la Patrie, la vie de tant de femmes et d'enfants infortunés, et sa vie à lui et celle de ses malheureux compagnons. Il ‘Suppliait sa femme de venir à son secours; il conjurait sa fille, en ‘termes navrants, Ce recourir à toutes les puissances de

l'amour et de la pitié pour émouvoir l’âme de Walter

Pietersen et sauver ainsi son père d’une mort Horrible ; car il savait, ajoutait-il, que Walter était, tout- ‘puissant sur les cfficiers et les soldats, et qu’un seul mot de lui suffirait pour décider la garnison à rendre la forteresse, ut né

La Jettre était longue. Pendant que le lieutenant,

toujours muet, y tenaient les yeux attachés, lès fem. mes croyaient qu'il la lisait encore, et, le cœur palpitant, épiaient sa Hysionomie, en attendant la ré onse qui devait décider de la vie de Mafortuné cepituine,

Tout à coup un frisson nérveux parcourut le corps

> larmes, aisisants, 8 les torétait pride ren- > enterré pendant > et livré ivré aux ors qu'il

presque.

(ra pour ctorerie.

evait:le endurer présen- 'teresse,

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et sans mes et de ses nme de térmes ces de

Walter

; horriit, toutin seul rendre

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