‹ Batavia [microforme]Chapitre 24 sur 27 · fempalpiéponse itüine, ? COrps · texte numérisé non relu

fempalpiéponse itüine, ? COrps

du jeune homme: Ia lettre échappa à sa main, et il dit d’une voix rauque : | Hs “Moi! moi! Walter Pietersen | je livrerais Batavia À l'ennemi! Tout ce Sang aurait été inutilement répandu ! Je trahirais la Hollande! Oh! Jemais | ” Les deux femmes poussèrént un cri de désespoir. Adélaïde tomba à Benoux, rampa auprès de Walter, embrassa ses &enoux, ét, d’une voix déchirante, demanda grâce pour son malheureux père, Madame

Van den. Broeck s'était emparée de j’une des mains .

Le jeune homme, succombant à son émotion, se laïiesa tomber sur un siége, et murmura d'une voix ses

“Pitié! pitié! Ah! Pourquoi n’avez-vous pas pitié de moi? Pourquoi vou €Z-VOuS me forcer à commettre une lâcheté? C'est affreux | Le sort me

couler vos larmes et condamner votre pauvre père à la mort! Mon Dieu, mon Dieu ! Pourquoi soumettre

FH ne viteur à une épreuve au-dessus de ses forces ? !

ane Re mm

SR RNEN

ant dre

ci RE Pen 2 = és ses RE

Des larmes de désespoir jaïllirent de ses yeux, ét il se cacha la figure des deux mains.

De maréhand Abraham Van Uffelen, qui'se trouat dans la'salle,‘s’äpprocha en cé moment du ‘jeune officier et lui’ adressa une longue ‘allocution: pour le ‘Convaïncre que la reddition de la factorerie, loin de pouvoir être considérée comme uve lâcheté, était an acte de’ prudence et: de dévouement à la patrie. C'était, disait-il, ‘le sentiment de tous:les prisonniers et de‘tôus les marchands néerlandais: quise trouvaient à Bantam. On ne pouvait conserver là fac. “torerie ; on savait, par des nouvelies certaines, qu'il - s'écoulerait bien des semainés encore, bien des mois peut-être, avaut que le gouverneur général put arriver à Jacatra avec. les secoprs promis, Non-seulement le sultan:-de Bantam grossirait son armée par e’nouveaux renforts, mais le soesochoenan, où l’empereur de, Mataram,. viendrait se joindre aux assié- Seanis avec quelques milliers d'hommes. Il n’ avait donc. pas à douter que la garnison de la factorerie, épuisée par les maladies, ne succombât dès le re assaut, et ne fût massacrée, jusqu’au dernier omme, . Les femmes, les enfants subiraient le même sort. En ce moment il était encore possible de sauvér tant de vies précieuses, et il était vraiment barbare et insensé de persister davantage dans une fatale Obstination. ici | Walter ne répondit pas à la longue exhortation du marchand; seulement an ''auque ‘murmore déchira sa gorge, et sa poitrine se soulévait et s'abaissait péniblement, ‘ ". pis ” Madame Van den Broëck s'était d'abord bercée de l'espoir que le lieutenant exaucerdit ses prières et celles de: sa fille ; elle le vit secouer la tête en vigne de refus, Ce ctuél désappointemént lui arracha du cri de douleur, Pour tenter une dernière lutte con-

eux, : ét

se trouujeure pour le loin de tait un patrie.

onniers à trou- ‘la fac- ,} qu'il 38 Mois It arri- -seuleée par 1 l’em- ASSIÉ« Il n'y factodès le lernier même le saut barfatale

tation e déabais-

‘6e de res et vigne a Un coh-

-Mmême . Yous a destiné à devenir mon fils, Celui qui implor:

générosité, c'est votre père,. c’est le père de votre fiancée. ,,, Vous voulez le tuer ! Son sang innocent élèvera-t.il une éternelle ‘barrière entre vous et son Al enfant ? ; ; .

— Walter, 6 mon bien-aimé Walter! s'écria Adé- À lsïde, soyez sensible à nos larmes! Ne me refusez d pas la vie de mon ‘pauvre père! L'infamie, dites. Dr vous? Mais moi, Adélaïde, je vous Vénérerai et vous 4 aimerai, je serai À Jamais reconnaissante envers vous, : LAN comme onvers le bienf. » . le sauveur de celui qui ‘4 m'a donné la viel Je :.- sérai pas seulement votre (à fiancée ; je resterai Votre servante, votre esclave Jus- 4 qu'a la mort! Oh! grâce | ” | fl out à coup le lieutenant quitta. vivement son : siége et dit avec un Calme surprenant : Di “ Lu terrible lutte est terminée ; je cède à la pitié, 1 à l'amour, ,, Et Pourtant j'aime mon pa 8, Mais je ‘1 me courbe sous la dure destinée, Laissez-moi partir, 4 Adélaïde ; j'accomplirai le sacrifice. Je renierai la n gloire, l'honneur, la grandeur d'âme... pour ne plus FI vivre que de votre amour. Demeurez ici : soyez fl tranquille, Walter va sauver voire père.. Hélas! à

eu de, temps après, il re aruë sut la place avec les méêmbres du conseil, Tous jes visages étaient assombris par la douleur et l'humiliation : ils. pen- \ Chaïent la tête sur la Foitrine, et leur regard était

morne et abattu. Walter portait roulé sous le bras un morceau d'étoffe lanche; c'était probablement le pavillon par lequei on allait faire connaître’ à l’ennemi qu'on acceptait la paix proposée et qu'on était prêt à quitter la factorerie.

Sur l’ordre de Pierre Van Ray, un tumbour se mit à battre le rappel, et comme les soldats et les malades attendaient sur le seuil la décision da conseil, en moins de quelques instants toute la pepe de la faciorerie se trouva rassemblé: au lieu de réanior habituel. : :

Le corimandant fit former un eercle à la garaison et annonça aux soldats curieux ec surpris que le lieu- ‘tenant Pietersen allait leur communiquer, au nom du conseil de'guerre, une résolution triste, mais imposée par une nécessité absolue. La vue da pavillon blanc que Walter portait sous le bras avait déjà fait pressentir aux malades ce qui allait se passer, L'espoir que l’heure de leur salut allait sonner leur rendit quelque force; ile se haussèrent sur la pointe des pese derrière les soldats ou passèrent la tête entre

es rangs pour entendre ce qui allait se dire,

Ce fut avec ja pâleur sur le front que le lieutenant adres°a la parolé à son auditoire. S'il s’efforçait de donner à son langage le ton caime de la résigoation, sa voix démentait cette feinte tranquillité d'âme; car elle tremblait tellement, qu’elle ressemblait plutôt à la plainte d'un mourant qu’à la parole fermé d’un chef,

“Amis, braves camarades, dit-il, le conseil de guerre me charge de vous donner connaissance d'une grave décision. Notre commandant pouvait, sous sa propre responsabilité, crdonner ce qu'il juge bon

et convenable ; il ne nous restait en ce cas qu'à obéir

comme de fidèles soldats: mais le commandant a pensé, les membres du conseil de guerre ont pensé

OS CE ii TE Ge Es GG

le bras lement à l’enon était

r se mit s malaseil, en n de la éunior

arnison le lieuu nom ais imavillon éjà fait

L'esar rennte des entre

lieutes'efforla résiuillité essemparole

eil de | d’une Sous ze bon \ obéir.

ant à pensé

avec lui, que votre ourageuse et héroïque conduite vôu$” a donné le droit de participer à {la résolution

je [rit Hit ‘+ EN 1 Ê ngtébps : et” si Chèrement ‘défendue. Le conseil "À guérré trouve qu'assez dé sang néerlandais à déjà

it pour Vous tous qu’une mort infaillible.

. Sur ma Proposition, —sur ma : proposition seule, —le

Congeil a ‘adopté la résolution de hisser dès aujourd'hüi le drapeau blanc ét de rendre la fattorérie. ‘Oh! je vous en supplie, élevez yos cœurs Jusqu'à ce douloureux: héroïsme | A pau

et dé vos'entants, de vos Compagnons malades, de vos frères Captifs, de notre infortnné ‘corn.

mandant qui agOnisé À Jacaita sus le glaive des:

rangs.

La plupart des soldats baissèrent: la tête avec abat. tement, et, les |: ysix fixés ‘sur la terre, gardèrent le silence ; ‘d'autres, “et c'étaiont surtout les hommes de la compagnie mêmé de Walter, témoi ièrent; :par d’énergiques muræures de désapprobation, qu'ils-n'étaient pas disposés : à consentir à 14 reddition de la factorérie, et lancèrent à leur jeune'chefdes egards

pleins de-reproches,: ‘Comme: si ‘lo :shangement im-

prévurd'opinion qui s'était produit chez lai leur:eft

sémblé une irahisons : 20: po ! Bruce

Cette acçusation muette fit frémir le lieutenant de . nee LD eo on DU . dit te

pers fairé un grand nombre de nouvelles: victimes. Il illéurs.

Jez pitié de vos pauvres

la tête aux leds, et, J'ave voix plus forte, et plus accentuée, il s'écria :

© mes frères, je lis dans vos yeux ce. que VOUS .

n'osez dire, Si vous saviez pourtant quel senti- ‘ment de honte déchire mop cœur! Si vous pouviez voir comme cs cœur sé sérre au moment où je remplis ma pénible mission | Croyez-moi, le plus grand

nheur. que Dieu pût raccorder sur cette terre, c'était de mourir ici avec vous pour. la gloire de la Néerlande : mais le doute agite mon âme, une si terble responsabilité m'épouvante. Si nous summes maîtres de verser notre propre sang jusqu'à la dernière goutte, le Seigneur ne nous a cependant pas donné le droit de sacrifier inhumainement, et inutilement peut-être, la vie de nos infortunés frères: et

cela pourquoi? pr persévérer jusqu'au boui dans

une inflexible résolution. A

Il s'approcha .de ses hommes, serra la main des plus brâves, et dit, les larmes aux yeux :

“Ah]l vous me connaissez: je ne vous ai pas donné l'exemple de la lâcheté: à moi aussi le cœur saigne de douleur; le désespoir trouble et égare mon esprit... Mais je succombe, je plie sous la destinée. Allons, amie, faites-le par compassion pour moi. Donnez votre consentement; je vous en serai reconnaissant comme du plus grand bienfait. S'il y a là un déshonneur, laissez-le retomber sur moi; je hisserai moi-même. le drapeau blanc et je prendrai devarit la Néerlande le responsabilité de tout ce qui se fait. : Mais n0D, on ne nous acousera pas! Ce que nous avons déjà souffert, ce que nous avons déjà fait

-attestera que nous ne :ployons que sous. le ‘poids d’une écrasante nécesæité,.. Mon Dieu, comme. je re Pourquoi ne suis-je pas mort un jour plus tôt?! itrpun0e sé)

En exhalant ces plaintes nayrantes il s’arrachait

ef plus

ue vous .

] sentipouviez je rem- 8 grand e terre, re de la 1e sitersummes la derant pas t inutires ; et

ui dans

ain des

| ai pas le cœur are mon lestinée.

ur moi.

i reconly:alà rendrai t:ce qui Ce que déjà fait e ‘poids mmé je ur plus

rrachait

rs

fixé sur Cette nébuleuse barrière. Tout à

les cheveux et pleurait comme un enfant: on l'eût oru frappé de folie, 6

Son. état toucha de compassion les soldats leg plus . difficiles à émouvoir : tous déclarèren aisqu’i

assurèrent ime et de leur res- ; Mais, d’une main et se dirigea . Un grand nombre do soldats et

qui l’agitait leur faisait craindre quel e lieutenant vacillait sur ses jam omme ivre; en gravissant le r même de côté contre le parapet, voir qu’il voulait se hâter d'accomplir sa triste tâche ; mais ja force lui manquait, ef il re put que se trafuer lentement jusqu’au mât au haut duquel le drapeau tricolore de la Néerlande avait si longtemps et si glorieusement flotré, Arrivé là, il voulut nouer Je pavillon blanc au m t; mais comme si une distraction‘soudaine 8e fût emparée de lui, il démeura im-

ur la mer...

es Comme un empart, il tomba Il était facile de

On, avait l'œil

Un second éclair brille, un “troisième ur

gretrième, «+ L'aitmosphère fut ébranlée jusqu’à dix:

is par le signal des canons, C'était une flottel

nié

. Un cri où l'espérance mélée à l'anxiété se confon-

- dait avec une joie insenséé s’échappa dé. toutes les poitrines. Walter tomba à genoux au pied du mât et. leva les mains vers le ciel; tous suivirent son exemple, et ces infortunés adressèren$ une fervente prière au Seigneur qui règne dans le ciel, et qui péut-

. être les avait epfn pris en pitié.

Ils ne restèrent pas longtemps dans l'incertitude. Tout à coup apparut, au détour d'une des nombreu-. ses îles éparses dans la baie de Jacatra, une chaloupe emportée par un grand nombre de rauies. Sr la proue du bâtiment se trouvait un homme qui hissa le pavillon hollandais ; les matelots agitèrent leurs chapeaux en signe de salut fraternel.

Alors la joie des soldats et des malades ne connut plus de bornes ; on pleurait à chaudes’ larmes ; on sanglotait de bonheur, ou. s'embrassait les. uns les autres, et le cri: La flotte! la flotte! hourra ! Batavial Batavial s'éleva vers le Ciel comme un hymre de reconnaissance. ….. Le à

Avec l'égarement de la folie, Walter déchira en pièces le pros blanc et s'affaissa sur le sol, terrassé. par l’excès de la joie. de. ue

Le cri: Ja flottel Jia flotte! Batavial Batavia! æetentissait sur tous les points de la factorerie.

M a de

Quelques heures après, environ un millier de soldats. et de matelots -hollandais étaient. rangés en bataille sur la plage et lès. chaloupes continuaient

de tranaporter à terre l'équipage de Aix navires qui composaient là flotte. Les malädes,. les femmes et-lés enfants allaient et venaient devant les soldats en témoignant. de leur joie par leurs cris'ét Igurs gestes, Ceux mêmes auxquels la maigreur et Le

Page 1