‹ Batavia [microforme]Chapitre 25 sur 27 · LEP · texte numérisé non relu

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ment défendaient pour ainsi dire la veille de se ténir debont, ceux-là mêmes snutaient et ‘dansaient autour de quelques tonneaux d’eau fraîche et douce qu’on avait ARpOrÉS des navires pour apaiser leur soif, Pas un être vivant n'était résté dans la factorerie : tous avaient fui ces murs étroits dans lesquels ils

mené tous les maux étaient oubliés ; 118 rémerciaient le Ciel de leur avoir donné la force de supporter jus. cu’au bout la douloureuse épreuve qu'il leur avait. ‘imposée, .

Au milieu de toute ceite population transportée: 6 joie, deux personnes seulement pouvaient à peine: contenir leurs larmes, Elles se tenaient loin des autres, isolées et la tête penchée vers la térre ; et, quand parfois elles échangesient quelques mots à voix basse, leur langage était amer et désolé, comme si, pour elles seules, l’arrivée de la flotte eût été un malheur et non pas un bienfait, En effet les Javavais avaient oftert la liberté au Capitaine Van den Broeck pour prix de lé reddition de la factorérie : si les Holl

sa déception cruels tour-

nstrations de. joie et entendait les cris de bonheur de ses anciens Compagnons d’infortune. dus

Déjà le gouverneur-général, Jean-Pierre Koen, s'était approché d'elles et s'était longuement entretenu avec elles, en cherchant, par d'affectueuses paroles, à porter quelque consolation dans leur âme; mais la mère et fa fille avaient versé des torrents de larmes en entendant le langage plein de commisération du gouverneur, et ce spectacle avait si profondément ému celui-ci qu'il s'était tout à eoup dirigé vers ses hommes, comme s'il venait de prendre une soudaine résolution.

Le gouverneur général n’avait pas l'intention de rien entreprendre ‘ce jour-là contre les Javanais, quoique l'équipage des navires, indigné par le récit

es souffrances de la garnison, demandôt à grands cris l’ordre de s’élancer à l'instant même sur l’enneni; mais, quand le gouverneur eut parlé à madame Van den Broeck et eut sôndé la mortelle anxiété qui déchirait éon cœur, il pensa aussi qu’en surprenant l'ennemi à l’improviste on pourrait peut-être encore sauver la vie du capitaine. Puisque l'équipage le désirait si vivement, et qu’en tout cas on était sûr de la victoire, il n’y avait aucun danger à attaquer sans le moindre retard la ville de Jacatra, et à la détruire dès le jour même par le fer et par le feu jusqu’en ses fondements. ga

On était occupé à concerter les mesures nécessaires pour assurer le euccès de l'attaque. Le gouverneur général, entouré des capitaines, tenait conseil de guerre à quelque distance de la ligue de bataille, Walter était présent aussi. L'acte qu’il avait proposé le matin lui pesait encore lourdement sur le cœur : il parlait peu et avait présque toujours les yéux baissés, comme s'il eût été confus; mais le gouverneur général, qui savait combien il s'était di-

‘gaement et courageusement conduit pendant le siége, lui adressait souvent la parole et lui pressa plusieurs

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fois les mains pour le consoler et réveiller le cou. rage dans son cœur,

Pendant que Je chefs réunis délibéraient sur les dispositions de attaque, les chaloupes amenèrent à terre les derniers hommes de l'équipage.

Toute l'armée fut partagée en douze compagnies. Dix d’entre elles devaient se répandre dans la cam. pagne pour prendre position à une cértaine distance les unes des autres et assaillir l'ennemi de tous les côtés à la fois. Le gouverneur général devait rester dans la plaine avec les deux autres compagnies, pour porter des secours là où ils seraient nécessaires,

Comme les Javanaïis avaient déjà abandonné leur Camp et s'étaient retirés dans J acatra, l'attaque devait être dirigée contre les murs dé la ville, Des hommes munis de torches enflammées devaient suivre les compagnies et mettre le feu Aux maisons, dès que les murailles de la plnce ennemie seraient escaladées On avait aussi apporté toutes les échelles de la factorerie ; mais on pensait qu’on x'en aurait pas besoin,

les murailles de J acatra diaiene fort basses et coupées

par dé nombreux issues.

quer les derniers ordres da Bouverneur. Les torches furent allumées et les échelles soulevées. “ee

: Walter Pietersen, après avoir fait connaître en peu de mots à ses hommes!le rôle qu'ils avaient à jouer dans l’action, passa derrière sa: Compagnie, où se trouvait le nègre, et dit à celui-ci : ;

“Fais en sorte, Con 30, de ne pas nous quitter. Tu ne péux te défendre, mais j'ai Chargé dix de nos plus braves soldats de veiller sur ta vie. Aïe donc bOn Courage. Dès que nous aurons pénétré dans lez müts dé Jacaira, sans nous inquiéter de rien autre

chose, nous courrons tout droit au dhalm du sultan

MÉRR

et chercherons la prison de ton infortuné maître. T'en rappelleras-tu encore le chemin?

—Fiez-vous à moi, lieutenant, dit le nègre ; je trouverais le cachot dans le dhaïm les, yeux ere Ne craignez pas que je reste en urière; sije ne puis encore mie servir de mon bras, le coeur est toujours.bon. . à — Fasse Dieu que nous trouvions encore le malheureux capitaine en viel dit le lieutenant en PORTE ; Rd hinte es hommes jaunes sont perfdes et, cruéls, dit le nègre, mais le Seigneur qui règne dans les cieux “est puissant et miséricordieux. ” a à:

La voix du ETAT ENE retentit sur la plage...

Les tambours firent entendre un roulement ‘et donnèrent à l'armée le signal de marcher en ayant, Toutes les compa Riea Grsns suoçessivement yolte-

” face sur place et s'avanc FA, dans la plaine jusqu'à B :

une portée de mousquet de Jacatre.

On. voyait les Javanais, armés d'arca et de flèches, d'épéès et de piques, se presser en haut des murailles en si,grande foule qu'ils n'avaient pour ainsi dire pas d'espace pour se mouvoir. C'était une telle multitude, un tel tumulte, un tel vacarme qu'on eût dit

ue tous les habitants de l’île étaient, accourus dans Jbitts pour défendre la ville menacée. ; Le commandant hollandais fit avancer ses cinq cents mousquetaires, leur recommanda de bien viser, et ordonna aux piquiers de se tenir prêts à s'élancer sur la ville et à monter à l'assaut des remparts aussitôt après la décharge, de mousqueterie,, Une, détonation formidable éclata tout à coup, et, Ra LP LOUE immenge acclamation : “ Hourra, hourra, Batavia |”. éveillait tous les échos de la plaine, les compagnies :néerlan- GR IpeR se précipitèrent eu avant avec un. irrésistible: élan.

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