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LA BATRACHOMYOMACHIE
Qui venait d’échapper à la griffe d’un chat, S’approche d’un étang, et sa barbe légère Est plongée aussitôt dans l’onde salutaire Qu’il aspire ardemment et savoure à longs traits. Une jeune grenouille, au milieu du marais,
Près de là bavardait, en se jouant sur l’onde.
— De la gent coassante on connaît la faconde. — Elle aperçoit le rat et de l’interroger Saisit l’occasion : c( Jeune et bel étranger,
Dit-elle en s’approchant, quelle lointaine plage Quittes-tu pour venir sur cet heureux rivage?
Qui t’a donné le jour? Dis-moi le nom des tiens, Le sang dont tu descends, le pays d’où tu viens?
Si je trouve en ton cœur une amitié sincère, J’ouvrirai pour toi seul ma porte hospitalière,
Tu pourras visiter mes états, mes palais,
Et t’asseoir à la table où t’invite la paix.
On me nomme Joufflue : en ces lieux je suis reine; Sur ce lac, sur ces bords, j’agis en souveraine;
Ce peuple c’est le mien; je lui dicte mes lois,
Il m’honore, me craint et s’incline à ma voix.
Ma naissance est illustre. Étranger, j’ai pour mère
LA BATRACHOMYOMACHIE
La nobl c Fleur dés Eaux 1 et Pélée est mon père,
— Dont uné mort trop. prompte a brisé les destins. — Je passai mon enfance en des pays lointains,
Car sur ses bords fleuris VÉridan 2 nie ..vit naître.
Mais toi, quel est ton rang? Parle. . Fais-moi connaître Les exploits de. ta race. A ta noble beauté, ,
A ta taille superbe, à cet air de fierté, .
Tu dois, par Jupiter, régnant comme, moi-même Sur un peuple . puissant, iporter le diadème; ;
— Ma mie, ignores-tu le nom de mes aieux, . Répond le jeune, rat : les. mortels. et les dieux :
Et les oiseaux du cièl ne savent. que. ina race.. . Tille-éffîieîte 3 est mon noni, et.ma naissance efface. Tout ce.que PUnivers. eut. jamais de; plus: grand; 1
Du fameux %ongé-Tain 4 je suis lè descendant;
Cet illustre guerrier, l’orgueil de ma famille,
ï , nvftsO^ qui habite. dans la. fange. -