Voir celle inslrucUon, p
SUCCESSION D'AUTRICHE. xxr
auront unanimement au maintien d'une bonne et solide
Ce u*éUit point là une simple clause de style. Lu France i ferme dans ces nouvelles résolutions qu'elle alla juscju'ù rélecteur de Bavière dans les bras de l'Autriche : apn'^s lîr invilt^ le comte de Suumery à calmer les regrets de ce ice de n*avoir pu ïintisfaire ses ambitions dans la de^li^re terre, lo Roi lui donnait ordre de conseiller à Maximilien de marier son Gis k une arcbiduchesse, fille du défunt empereur Joseph I*^
Sa Majesté ne sera point blesst^e des moyens qu*il (ri^lecteur)
empluirra puur se rtconcilier parfiûli'mcnl avi;c l'Empereur, car Elle
Elle-m^me entretenir dr'sormais une parfaite intelligence avec ce
trincfl, et lorsque rCllectear de Bavière entrera dans la même union,
lies il prendri' pour le maintien de lu paix et pour la conser-
u: la religion en AUeniairiir un seront cnrortîplus solides.
*ai, cependant, les sentiments qui portaient la cour de .Versailles à se rapprocher de Tempereur et h bien disposer ses [îé« à l'égard de ce prince, n'étaient ni si irréûéehis ni si conaux traditions qu'ils le pouvaient paraître. Joseph I*' l'avait IhÎah4i que des filles; Charles VI n*avait pas encore l'enfant*. La France croyait jouer à peu près à coup sûr en spéculant sur le moment où la maison d'Autriche n'aurait plus llii^rîtier rii|Miblu de recueillir la couronne impériale. Il n*était bej^in do s'engager dans de nouvelles guerres, le sort réglait U différend séculaire des Bourbons et des Habsbourg. Si ce calcul io réalisait, aucun prince ne semblait plus apte k monter sur le (oe impérial que Télecleurde Bavière: outre qu'il était un ami ditique. la religion, dont ou se préoccupait fort à cette époque conseils du Hoi, la religion y trouverait son compte :
Sa Ifaje^^té, iLisail La même instruction, C-roil que dans la situa- )U présente des affaires de l'Kmpire, la maison de Bavitl-re est la qui puisse arr<^ter les projets des princes protestants et les empêcher de faire passer la couronne impériale sur la télé de quelque
ilfavit-ThéréM m Daquit qu'en Mil.
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INTROOrCTION,
prince de leui* reliprion, ai l'Empereur luoiiroil sans laisser (renfanls mi\Ies. Kn co cas, rinlention du Roi seroit d'employer tous les moyens qui sont en son pouvoir pour élever TÉlecleur de Bavière à la <lignité inipi^riaie^ ol, bien loin que l'Emperriir eût lieu de se plaindre de ces vues, si elles venoient à sa connaissaiico, il parolL n(5cessairo de les avoir et de les suivre, pour empocher que les princes protestants de l'Empire ne par\ienncnt à faire élire un roi des Honiains de leur religion.
Louis XIV mourut sans recevoir cette satisfaction suprême, nuiis ayant semé un grain qui devait geniier à sou heure. Comme il l'avait désiré, le fils de Maximilien, le futur empereur Charles VII» épousa en 1722 une archiduchesse, et Charles VI n'eut point de fils: la Franco put croire un instant qu'elle arracherait définitivement l'empire aux Habsbourg.
Mais avant qu'on en arrivât là, plusieurs années devaient s'écouler où la France néglij^erait la Bavière. La cour de Versailles s'unit en 1718 à TAutriche pour lutter contre FEspagiie; en 1723, elle ne crut pas utile, malgré les efforts de l'électeur, de renouveler le traité de 1714, parvenu i\ son échéance; elle se borna en 1724 k favoriser le rapprochement du la Bavière et du Palalinat.
L'électeur palatin Charles-Philippe en effet, aigri par quel- <jue5 réprimandes qu1l avait reçues de l'empereur à propos de ses persécutions contre les protestants, signa le 15 mai 1724 un pacte de faniille ou de succession mutuelle avec son cousin de Bavière. Peu après l'Autriche, qui lui avait promis de garantir la succession de Berg et de Juliers à la branche de Sulzbach, son héritii^.re présomptive, assura une partie de cette succession à hi Prusse pour obtenir l'adhésion de la cour de Berlin à la Pragmatique sanction. Charles-Philippese tourna aussitôt vers la France.
Déjà la diplomatie française avait repris son action à Munich. Maximilien-Emmanuel était mort le 26 février 1 726 ;sousprétexte d'envoyer à son fils Charles-Albert des compliments de condoléance, la cour de Versailles tenta d'entraîner le jeune électeur dans l'alliance de Hanovre, qu'elle venait de former avec l'Angleterre pour empêcher la reconnaissance de la Pragmati*|U(^ par les cabinets européens. Charles-Albert résista tout d'abord à ces
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ffillieitiitîons : pendant que le marquis de Maillebois, chargé de leBODderot de lui insinuer que la (nielle de TAutrichn .serait la rttÎDe t\f 4a maison', âo trouvait ù Munieh, l*éleeteur so Hait & Icmpcrcur par un (raiti^ d'uinitit^. Il avait agi sans élan, il est vrai, songeant fteulement à t>es tinances, qui étaient gÔnt^es, et ne se aouciant pas de les grever des frais d'une rupture avec l'Autriche. Ans» était-il tout disposé à entrer avec ia France dans quelque arrangement secret et h promettre sa neutralité, surtout si on la payait d*esp^ces sonnantes. La France so contenta de ce qui lui étAÎt offert. M. do Rezîiy, succt'îdanl î'i litre permanent au marquis de Mnillebois auprès de l'électeur', eut mission d'entretenir CCS di&p<jsition& et de pou>:<er Charles-Albert à prendre la direction d'un parti des neutres dans l'Empire. Ainsi fut fait : la Ba- \îfre ne bougea point, ni dans lu courte guerre de 1727, ni dans cdUfdo la succession de Poloj^'ue; des traités furent conclus fMitre die et la France en 17^7, ilH'S et 1738 sur le principe de la convention do 1714, avec accompagnement de subsides et promesse d'appui pour la candidature de Téiecteur à Tempirc et pour 1b règletneut de la succession d'Autriche. En même temps, un traita itî par la cour de Versailles à l'électeur palatin garantissait fBcee«»ion de Julîers à la branche de Sulzbach. Les pièces lient disposées pour la grosse partie qui allait se jouer. Otte partie, on sait avec quelles hésitations lo cardinal It^ury IVnpngeîa; comment il donna en 1735 son adhésion à la igniatique, au grand effroi et mécontentement de Charles- ; à i|nollefl subtilités il eut ensuite recours pour se sousdrc h rexécuLion du traité de Vienne; comment enfin, dans ce conflit de la succession d'Autriche, la France, ballottée M>n ancienne politique et le nouveau système qui allait irqatT la fm du siAcle, u'eul en définitive que le sort quelle 'était préparé, sans autre honneur que Fontenoy et sans profil ine sorte, la dernicre phase de sa luite (*onlro les Tlabsbourg il r^re den déceptions que devait lui inlliger la Prusse. itructiouâ données A celte époque auxtlivers envoyésdu Ini pn^ l'Alectenr Chnrles-Alhi'rt, bientôt renifH'nnir Charles Vil,
t. Voir mm invtruotion. tTStt, fi. 161. 1 Voir «ou iiiAtraclion, 1120. [*. 170.
INTHODUCTION.
celle du marquis de Beauvau en 1741 , celles du comte de LauUvc etdeM.de Chavigny en 1743, celle du comte de BavûNreon 1744', 80 ressentent des incertitudes et des dr;boires de la politique française. L'orabaiTas du style trahit l'obscurité de la pensée directrice. L'application à se disculper des reproches incessimls formulés par l'empereur dévoile les innombrables difOcullés d'une entreprise mal conçue et plus mal conduite encore. La préoccupation constante de relever le courage de ce prince, qui n'était pas né pour de si hautes destinées, accuse Tinsuffisancc du dessein et la pauvreté des moyens. Ce ne sont, à toute époque, que mesquines contestations sur le ser\'ice et l'emploi des subsides et sur la répartition des contingents, que récriminations aigres après chaque défaite. Il semble que Charles YII n*ait d'autre ambition que de sortir de peine, et que la France opère à regret et seulement pour dégager son honneur compromis,
A regard des tiers cependant, la contenance est plus fière, et i*on pourrait croire k quelque grande idée politique, longuement mûrie et sagement exécutée. Témoin ce passage de rinstruelion donnée en 1740 au marquis de Tilly, qui va vers l'électeur palatin pour l'inviter à donner sa voix à Charles-Albert, lors de la procTiaine élection impériale' :
On a%'u dans plusieurs des élections précédentes les princes de la maison palatine de Bavière refuser enx-m^mes les suffrages qui Irur étoient offerts pour les élever sur le trône impérial. Ce Irôno étoit alors regardé comme étant en quelque manière devenu héréditaire dans la maison d'Autriche. Les électeurs, prévenus eux-mêmes de cette opinion en faveurd'une maison devenue exlréraement puissante, ne paroissoient procéder que pour la conservation de leur droit aux élections soit des empereurs, soit des lois des Romiiins; de sorte qu'aucun d'entre eux ne pouvoit, sans exposer sa personne et ses Étals héréditaires à ôtre mis dans la suite au ban de ri^nipire. aspirer pour soi-raènie h la di^'nité impériale. Mais enfin l'extiTiction entière de cette maison fiiil rentrer le coll*''ge éleclor.il dnns l'exercice plein et entier de son droit d'élection, sans que des motifs de cr;iinte, de quelque part que ce puisse être, pai'aisscnt devoir influer sur les délibérations des électeurs pour le choix du nouveau chef à donner à l'Empire...
i. Voir ces iastruciions, pp. 189, 203, 224, 24U et 247. 2. Voir cotte insiruction, p. S32.
SUCCESSION D'AUTRICHE
Dans celte occurrence Gxtr<^mcmonl délicate, le Roi n'a rien plus à cœur i^ue les intérCts de notre sainte religion, et Sa Mujesté ne souhnile rien avec plus d'ardeur 4[ue de voir élever sur le trftue celui qui sera lo pins en <^tat de maintenir la catholicité dans rnmpiro et do pirantir les Ktals calholiques contre les entreprises des protestants. Kn effet tout le monde sait déjh que Sa Majesté s'est hautement expliqur^c qu'étant bien êloij^née de vouloir faire la moindre démarche qui puisse gôner la liberté des électeurs..., Elle ne pourroll cependant tidérer que les électeurs protoBl^ints voulussent, en s*écartant des n^gles prescrites par les lois de rKnipire, tenter soit de faire tomber sur l'un d*eux la dignité impériale, soit de rt-ndre celte dignité alternative entre les deux religions qui partagent rAlIcniagnc, et tout le monde sait paieillement que Sa Majesté, par sa qualité de garante de ces lois de l'Empire, rappelées et confirmées par les traités de Wi^stphalie de l*iiS, se trouveroit en droit et est môme obligée en pareil cas de faire tous ses clTorts pour le maintien et l'observation dit ces mêmes lois si saintement établies.
Cet eflbrl même pour grandir le sujet cachait mal la timidité des résolutions : s'il valut à la Franco l'accession du Palatin, qui loi demeura fîd^lo bien après que la Bavière se fut retirée de ralliance et <[ui en fut récompensé par la renonciation de Frédéric Il à ses prétentions sur la succession de Juliers, il n'empêcha point du moins la cour de Versailles de saisir la première occasion pour medificrses vues.
LWcasion fut fournie par la mort prématurée do Charles VU, en 1T45. Sou fils et successeur, Muximilien 111 Joseph» béaélleierait-il de* mêmes faveurs que l'emporeur défunt? Serait-il h son tour le candidat de la France à l'empire? La France, désillusionnée sur son dessein de faire un empereur, battit prudemment en reirai te, et ressentit quelque mécontentemonl de voir ce prince prendre, À son avènement, le titre de roi de Bohème. M. do Chavi^Dy dut éviter de lui donner ce litre afm de ne point engager ^flvenir^ MaximîHen, au surplus, ne laissa pas h Louis XV le loisir de se maniffster plus clairement : il fit sa paix avec TAuiriche, en renonçant à la succession et en promettant sa voix au grand-duc de Toscane. La France n'en avait pas demandé autant.
I. Voir dAns la nutico qui précède l'tnatruclton donnée à M. Rënnutl, la lottro mAti ntv. à ce rujet & M. de Cbavigny, le 28 janvier 1145, neuf jours apràt la mort
XXVf
M. de Chnvigny, en quittant la Bavière, où il n'avait plus que faire désormais, montra à l'agent qu'il laissait derrière lui, M. Remiud, sa mauvaise humeur de n'avoir point obtenu de Maxiinilien qu'il nt acte de a citoyen de TEmpire », sinon d*empereur*. Il no fallait point désespérer complètement néanmoins : rélecleiir, d'après son Iraité, restait neutre; le palatin <lharles-Théodore de Sulzbach, qui avait succédé deux ans auparavant à Charles-Philippe et avait accepté loyalement lallianco française, s'employait, à In faveur de ses liens de parenté,^ ramener Maximilicn. M. Renaud devait Vy aider de tout son pouvoir :
n lémoi^iiera que Sa Majesté n'a d'autre objet que le rt^tablissement de la paix dans THurupe et de l'ordre dans l'Empire ; qu'Elle n'a pris les armes que pour assurer les avantages de ses alliés et leur procurer une satisfaction raisonnable; qu'Elle ne continue la guerre que pour empi^chcr la subversion totale dont les lois et les libertés germaniques se trouvent menact^es...
Et, calculant que certjîins froissements entre l'Autriche et les États de TErapire am^ne^aicnt ces derniers à recourir au Roi, pour implorer sa protection contre les armes autrichionnos, M. de Chavif^ny ajoutait :
Dans tous les cas, ce ne seroit pas peu gagner si Ton réossissoit à séparer l'intérèl de TEmpire de celui d'Autriche. On ne sait pas ce qui pourroit arriver de cette distinction, si elle prenoil une fois racine.
Cela n'arriva pas. Tout au contraire, la Bavière fournit un contingent à l'Aulriche en 174fi. Mais, k mesure que la fortune des armes redevenait plus favorable à la France, Maximilien sadouci&sait : en 1747, il renouvela Tunion de famille avec lo Palatinat, et accepta des subsides secrets de Versailles; il parlait déjà de reproduire ses revendications sur une partie de la succession d'Autriche lorsque s'ouvrirent les négociations pour la paix. La France était très désireuse de se ressaisir de son ancienne influence à Munich, mais ne se souciait nullement, à l'instant où cette longue guerre allait prendre fin, de sencombrer à
1. Voir l'instruction Uisséo p&r M. de Chavi^y à M. Renaud, 17-15, p. 272.