ÉTAT DE LA COUH DE BAVIÈRE
M. de Gersdorff, de son côté, est plus pétulant et moins mesuré sur les affaires. Il est actuellement fort occupe de demander raison de l'espérance qu'il prétend que rÉlectcur lui auroit donnée de ^-endre à sa cour les neuf compagnies de cavalerie qui sont comprises dans la réforme. Les représentations de M. de Chavigny et de M. de Klinggraf ont suspendu Texécution de ce marché ; M. Renaud ne pourra Être trop attentif à veiller sur les démarches de ces deux ministres, qui assiègent pour ainsi dire continuellement rÉlectcur. Il ne peut représenter avec trop de force à ce princo la honte d'un pareil marché, qui ne serviroit qu'à le compromettre avec ses anciens alliés, sans lui faire aucun mérite auprès de ses nouveaux amis.
Par rapport aux propositions de M. le comte de Choteck, M. Renaud ne peut pareillement trop s appliquer à en faire sentir l'insuffisance à TÉlecteur; que, dans la situation présente des affaireSf il n'est pas à présumer que la reine de Hongrie soit assez maîtresse des conditions de la paix pour disposer à son gré des États d'autrui ; que ce seroit bâtir sur le sable que de se flatter de procurer à l'électeur palatin un équivalent pour les duchés de Neubourg et de Sultzbach, à Texclusion du Roi et au préjudice de ses alliés.
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MÀH
PnissR (il sa piiix le 25 di5cenil»nî I7i5 à Dresde; la Franco
[c avec l'Espagne et le roi de Najilcs pour soutenir la lutte
alliés. La fortune des armes lui fut heureusement favo-
l^plub, ne recevant plus de subsides da la coalition depuis le
de Drewle, la Saxe traita do sa neutralili^ avec la France en
[1 17 i&. Ce n'éUiit point assez cependant pour ramener TËlecteur
Bavirre ù l'alliance française : prcss** par ses besoins d'arpent, il
iliul de l'Autriche, le 17 juinlTiti, la remise de contributions dont
idenieurait redevable; les puissances maritimes lui accorderont en
lire, le 31 juillet, des secours pi^riodiques, ik charge pour lui do
Ir un corps de cinq mille hommes aux allit^s ; ce corps fut pres-
auAttit^M détruit que formé, à la bataille de Raucoux, où le maré-
Saxe remporta La victoire le 1 1 octobre.
campagne de 1747 ne fut pas plus heureuse pour les alliés que
de I74(i, mais ils réussirent à dûcidcr la Utissie .'i inti.'rvcnir actl-
iCDl dans la lutte; une armée russe se dirigea eflectivenient vers
Rhin pur la Pologne, la Mora\ie et la Boliôme au commencement
I74M; cette action de La Uussie parut effrayer l'Europe plutôt que
.jxïsulre conliancCt et comme la Hollande (:Liil alors fortement
le» progrès de l'armée française, les puissances se rC-so-
rà entrer en négociation pour Li conclusion do la paix. Un con-
'oarril ù Aix-la-ChapoUo \o ii avril 1718; des pri^-liminaires
un-nt idfnés dètj le 80 entre la France, l'Angleterre et la Hollande»
^ceplé* le 31 mai par rAutriche et la Sanlaigne, lo iH juin par
Ptsfiagne.
A mimnre que le succès revenait à la France. rbUeclcur do Bavière
380 LE OOMTK DE BASCHI, i 748.
s'était montré plus conciliant et plus prévenant; sous Tinfluence de rélecteur palatin stimulé par la cour de Versailles, il avait, par m traité du i" décembre 17i7, renouvelé l'union de famille qulrliait la Bavière à ce prince et promis de se concerter avec lui au sqjet de l'attitude à prendre à la diète de l'Empire ; depuis cette époque, il recevait un subside secret de la Francei et lorsqu'on parla de la paix, il lui parut qu'il pourrait avec avantage reproduire tout ou partie des anciennes prétentions de son père à la succession d'Autriche. Iâ moment était propice pour faire rentrer Maximilien III dans laclieih tèlc française, sans cependant lui permettre de devenir une gêne psi ses revendications intempestives. Un chargé d'affaires ne sufilsanL pas à cette tâche, on envoya ù Munich le comte de Baschi; le marq^ûfi de Puysieux était ministre des affaires étrangères.
INSTRUCTION DU ROI AU SIELR COMTK DE BASCHI*, ALLANT DE LA PART ^^ SA MAJESTÉ A ML'NICII KN QUALITÉ DE SON MINISTRE PLÉNIPOTENTlAÏ *** AUPRÈS DE L ELEOTEUU DE BAVIÈRE. — DU 1" AOUT 1748".
Si les princos régloient toujours leurs sentiments et le"-*^ conduite sur la reconnoissanco des bienfaits qu'ils ont reçus so *' en leur personne, soit dans celle de leurs nncôtres, il n'y en api* * qui eût du être plus attaché à la France que rKlectcur de Bauère* ' ce fut par la protection de celte couronne que la dignité éleclo- — raie fut conservée à la maison de Bavière par les traités de paisi»'^ de Westphalie au milieu du dernier siècle. Cette maison rcçu^ un nouveau lustre par l'alliance que le roi Louis XIV rechercha dans celle maison lorsqu'il voulut marier M*' le Dauphin son fils; c'est sur ce fondement que s'est établie la persuasion, où l'on a toujours clé depuis on France, que rien ne pouvoit mieux convenir aux intérêts de cette couronne par 'rapport aux affaires
1. François de S:ûnle-llélèii.', comte de Baschi, nô en 1701, mort en 1777, fat ambassadeur à Lislumne en \'"r2j à Venise en 17GÛ. (Voir le volume Portugal, pM M. Caix db Saint-Aymouu, p. .'iOT.;