ATTITUDE DE L'ÉLECTEUR EN
X Ixirent signés à Fuesscn le ^2 avril de cette année
t ratifiés ensuite par eu prince ; c'est en exécution de ce contenant une renonciation formi'llo à ses prétentions sur
espion autrichienne, cl do plus la promesse de concourir
suiTruge à porter au trône impérial le grund-duc de Tosépoux de l:i reine do Flongrie, que cette princesse lui u res- £tiits do l'électoral de Baviôre; mais avec de telles ré-
ious prétexte de sommes i]uV-lle avoit à répéter par le de la guerre à titre de conLribiitîons dues ou autrement,
jeune Klecteur, se trouvant dénué de toutes ressources soutenir la dépense do sa maison, depuis que par la con-
I de Mt paix avec lu reine de Hongrie, sans la partici[m(îon
msentement du Roi, il setuit lui-môme privé de la continu des recours que Sa Majesté lui avoit fait toucher régueut jusqu à ce jour, s'est livré à faire au mois de juillet à Tappâl des subsides qui lui ont été otTcrU de la pai'l des
irob maritimes, un nouveau tniité avec la cour de Vienne matif de celui do Fuessen, et à s engager en même temps
ncr aux lloUatiduis un corps de troupes auxiliaires de
ilh» Bavarois, Irsquels ont été depuis employés aux Paysles armées ennemies de Fh France.
Roi. ayant les égards convenables aux malheureuses cirinces oii ce jeune Electeur s'étoil trouvé par sa fuite à luurg dans un Age aussi tendre, n avoit pas jugé devoir lui
er aucuu mauvais gré de lu conclusion de sa paix avec la do Hongrie; mais Sa Majesté n avoit pas cru qu'il se lais-
entraîner jusqu'à fournir des troupes contre la Franco, le» obligations de toute nature qu'il avoit à Sa Majesté et Impératrice sa mère, (juoique de la maison dWutriclie. lui
ntaiten toutes occasions. Sa Majesté, voulant bien entrer
besoin d'argt*nt où il étoit pour les dépenses journalières de n, avoit porté la générositt'« jusqu'à lui faire des otTrcs de le
îrd'uu ^ubHide secret do deux cent ipiaranle mille florins magne par an : il crut devoir demander beaucoup [dus «'t ui lui fut fait île la part de Sa Majesté de lui fournir des «61 considérables, qu'il n'éloit nullement en droit d'en U Mule excuse qu'il a alléguée do ce qu'il avoil enlin
M» OIPTlkOCT. OIVUjUAJ. VU. — lU
2tf0
LK CUMTi:: U£ BASCUl, iTiS.
consLMUî à donner un corps de ses troupes aux Hollandois. Sa Majesté n'a pas été insensible à ce trait d'ingratitude, qui donnoit lieu de concevoir des idt'fs peu avantageuses du caracli^rc et des ijualités de lànie du jeune F^ecleur; mais ce priiirv ayant depuis paru prendre plus de confîancti dans les conseils de l'électeur palatin, il y a eu lieu d'en concevoir de meilleure* espérances, et déjuger que la cour de Munich n'attendoit queda conjonctures plus favorables pour ne consulter que ses vrais inti^Têlii, dans ses résolutions par rapport aux alfaircs générales de l'Europe et particulièrement à celles de l'Empire. Il est mêow résulté de ces diNpositions que Télrctenr palatin, par des négociations extn^tijrmeiil sccrôles, a su conduire rKlectcur de Bavière à couvenir avec lui, au mois de décembre dernier, d'articles poor renouveler, confirmer et étendre les engagements pris entre eux et avec . électeur de ijlologne, en conséquence des traités d*unioD de famille précédemment conclus entre les dc-ux branches de b nuiison l*alaline-Baviére, pour nu rieu faire ijiie dHnslepluspll^ fait concert dans toutes les délibérations des diètes générales et particulières de l'Empire, qui pourroient avoir quelque rapport] aux intiTéls de l'une ou Taulre branche de celte maison, ouatt' bien et à la tranquillité du corps germanique. Et ce jeune prince s'est enfin porté jusqu'à prendre, par une letlre particulière i Tétecteur palatin, plusieurs engagements aussi positifs sur de», points qui intéressent directement Sa Majesté dans les circoû-, stances présentes, cette lettre contenant des assurances préci de la reconuoissance qu'il a conservée de ce que Sa Majesté afiij si généreusement pour le feu empereur et pour sa maison, eti rintention où il est de mériter de même les efTels de labieûi lance do Sa Majesté. L'électeur palatin n'a pas difTéré à cnvOT à Sa Majesté cette lettre de rÉlecleur de Bavière; Elle avoilbifli voulu, sur les premières notions qu Elle avoit reçues de ceytfj cette lettre conlenoit, corres|)ondre de sa part à ce retour duj Electeur envers Sa Majesté ol s'engager, en conséquence, par' letlre à Télecteur palatin, de faire passer par ses mains dlacoofi de Munich un subside annuel de deux cent quarante mille lIoriMj d'Allemagne, pour conllrmer et fortifier ce jeune prince daas la rf-
Bohilionoîi il paroît être do vouloir désormais effacer entiàr«i
CMIÉMONIAL.
par une meillcuro conduite envers Sa Majesté, les sujets ([u'Ëlle
rs de se plaindre de l'oubli qu'il a paru faire des grandes et nlielles obligations dont il étoil redevable envers Ele. I Tant qu'il e^t resté à Sa Majesté des doutes sur la sincérité I de ce retour de TÉlecteur de Bavière aux sentiments de la recon- I noissance, Elle s'est couteutée do laisser à Munich un siniplo I correspondant, qui uloit chargé seulement de voir et de considérer ' du près quelles pourroiont être les suites du liailé de Fuessen, et I quels renu^do-s on pourroit apporter à ce qui y étoit stipulé de contraire aux intérêts de la France ; le sieur Renaud a rempli cette commission avec zèle et înlelligonce; mais les choses étant présonlement venues au point que Sa Majesté croit ne devoir pas différer davantage d'entretenir à Munich un ministre titré. Elle a nommé le sieur comte de Baschi pour s'y rendre en qualité de
Ïjistre plénipotentiaire de sa |)art, et Elle a été bien aise en férant. pour ce poste do confiance, un homme distingué pour naii>sance ' et par ses ([uaLités personnelles, de marquer par choix au jeune Électeur et à l'Impératrice sa mère combien EIIq est disposée à leur donner, en toutes occasions, des témoignages de l'alTection particulière et de Tumitié qu'Elle a toujours coûàervées pour eux; Sa Majesté ]ie doute pas, comioissanL son lileet ses talents, qu'il ne s'acquitte de cet emploi à son entière isfftction .
Elle fait joindre à la présente instruction la lettre qu'EUe
kn\ à l'Electeur pour lui sen ir de créance auprès de ce prince et
ctlk' qu'Elle écrit de même à rimp^Tatrico ; le comte de Baschi, &
Qarrivée ù Munich, sera instruit par le sieur Renaud des usages
<i( culte cour pour la présenUitiou et installation des ministres
''r i-ers; comme le titre de ministre plénipotentiaire ne lui
lU'j pas de caractère public, il n'y a aucun cérémonial à pré-
dre. de sorte que, lorsqu'il fera la première visite au comte de
P«iâin|^ pour lui communiquer copie de sa lellro de créance et
pour lui marquer son désir de pouvoir sans délai avoir llionncur
la présenter à Son Altesse Electorale, il doit se contenter de
t ta marge do ron^iaal itc trouve la mention ftuivant« : u Adul&tiou pour la i|f«c La favvril« aciiifilâ du Itoi, la marquu« de PompAdour. » l.e cointe de •mt 4pou»« U ti«Uo-svur d« U marquise, M<t* Le Normaat de TourneUem.
LE COMTE DE bASCHl. 1718.
faire entendre à ce comte qu'il ne peut douter qu elle ne fasse connotlro, dans les circonstances de sa roception, st-s sentiments pour le Roi et l'intention où elle est que le ministre pli^nipoten tiairc de Sa Majesté soit honoré el considéré ainsi qu'il convient par toutes les personnes de sa cour.
Ce titre de ministre plénipotentiaire n'étoit ci-devant dooiu! que dans les occasions où l'on vouloil que les difficultés du rûrémonial ne pussent nuire aux affaires que devoit î?uivrw celui qu'on revêtissoil de ce titre ; mais depuis quelque temps il parolt que, dans les cours étrangères, il sW insensiblement utubli d'&^ corder des honneurs et des distinctions particulières aux ministres de cel ordre et m^me dans les cérémonies publiques; le îiienr comte de Baschi pourra avec le temps se mettre au fait des uago* de la cour de Munich à cet égîird, pour se régler en conséquence el sans rien exiger de plus que ce qu'il trouvera établi par dwev eniples hors de doute.
Dans raudience qu'il aura de rEIccteur, il doit bien l'as^-nrer de la joie que Sa Majesté a ressentie de ce qu'il a pris dans h maison du roi de Pologne une épouse qui. 1 unissant par le» liens du sang à M^ le Dauphin\devenoit pour Sa Majesté un nouveau motif de s'intéresser pour le présent et pour l'avenir aoï avantages de la maison de Bavière* il doit lui témoigner au rt'^i'ït et de m^rne A rÉIectrice, combien Sa Majesté désire que la fruits qui naîtront du mariage de M*' !«• Dauj>hin et de colui '1^ Cfl J'jli'ctL'iir puissent contribuer à resserrer encore ces liens, rfil ne peut trop s'attacher à exciter leur confiance et pareill^nH'»* celle de rinipératrice dans Tauiitié sincère que Sa Majeslt'lirar porte, et dans les dispositions où Elle est de leur en donner d^ marques en toutes occasions par ses attentions à concouriric* qui pourra ôtre le plus de leur satisfaction.
Le comte de Baschi doit cependant mesurer ses discoiir**' manière que^ dans ses audiences publiques, il no lui échopfient* rjui puisse exciter les soupçons des partisans de la courdeVieai^j sur Ii's engagements secrets oti l'Électeur vient d'entrer avec».
1. l/lîlecleur avait èpomé Anne d« Sâi«, Qlla d'Augiute Itl. roi â$ Tolo^' ffcnar a1n>i0 do Marie-Josëpbe de Saxo, (épouse du Dauphin, Hla de Looi) ^^*| mère de Louis XVI.
TRAITÉS CONCLUS PAR l.'KLECTEUn.
Iî par l'entremise de la cour palatine; c'est une niallcre qu'il ( absolument résen'cr pour ses entretiens particuliers avec ce prince, avec l'Irapératrice et avec ceux des principaux minis- Iros do cetto cour qui on ont connoissanco, son objet dans ces
entreliens devant i>tre <le les confinncr et fortifier dans la résohi-
^ tion où ils paroissenl être de continuer d'agir dans le plus parfait ^■ncert avec la cour palatine dans tout ce qui pourra avoir rapport aux inU^rèls du Roi, qui dans les circonstances présentes sont nécessairement liés à ceux do l'Empire de môme qu'à ceux ^des électeurs et princes de la maison Palatine-Bavière. ^B Comme il est convenable que le comte de Basclii, pour répondre et s'expliquer avec certitude et justesse sur les points qui naturellement doivent entrer dans ces conversations^ soit parfaitement au fuit des divers engagements où la cour de Munich se trouve actuellement d'un côté avec le Roi et avec les électeurs de Cologne et palatin, et de 1 autre avec la cour de Vienne et avec les puissances maritimes, Sa Majesté lui fait remettre, avec la présente instruction, des copies de pièces cjui Tcmi instruiront dans la plus grande précision, savoir :
Le traité de paix signé en forme d'articles préliminaires de •t de l'Électeur avec la reine de Hongrie à Fuessen le avril 1745;
Le traité et l'article séparé signés le 17 Juin 1746 à Munich lire ce prince et la même cour au sujet des troupes qu'il prol«Uott de fournir aux puissances maritimes;
Le traité d'amitié pareillement signé à Munich le 21 juillet 1746 lire l'Électeur d'une part et l'Angleterre et la ilollunde, d'autre irt.sur l'objet et les conditions pour lesquels il s'engageoit A donner ce corps de troupes pour demeurer à leur solde penwil quatre années; lie traité d'union conclu le môme jour et sur ce même sujet Itt part de l'Électeur avec la cour de Vienne; l^ articles secrets signés k Munich le 1" décembre 1747 entre llrllocteur de Bavière et l'électeur palatin par forme d'addition w traité d'union et de famille signés entre eux et rélecleiir de Pologne ; La lettre de rKIecteur de Bavière h l'électeur palatin du 31 do
Ï.E COMTE DE BASCHï. !-î48.
ce môme mois, écrite d*abonl eu nllênifind et ensuite eu [nuiçois, ce qui fait une double expédition avec des difTéruncesi qui n'ont pas paru assez considérnbles pour être relevées comme essentielles;
Enfin la lettre du Roi h lY»lectcur palatin, du il fé\Tierdeli présente année, contenant la promesse du subside que Sa Majesté a bien voulu accorder à rKlocteur do Bavière h commencer du 1" décembre dernier, dont les deux premiers quartiers sont déjà payés:
L'objet du sieur comte de Raschi, en se mettant au fait île ces différenls engagements do l'Électeur de Bavière, ne doit pas être de chercher û concilier ce qu'ils contiennent de contradictoire ; ce jeime prince, entraîné par la falalilM des circonàlunces et obligé par Turgence de ses besoins de se procurer des secouw d'argent h. quelque condition que ce pût être, n a pas été luimême en état de réfléchir suffisamment sur les inconvénients où il sexposoit h divers égards par de pareilles cnnirariétés dans «a conduite^ tant à l'égurd des élccteui's de sa maison qu" e vert les grandes puissances actuellement en guerre les unes contre les autres ; il est vrai qïiil a observé tous les ménagements possible* en acceptant en dernier lieu un subside de la part de Sa Mîije^té, pour qu'on ne put être hmdé à lui reproc'her d'avoir IrailéavfC Elle; et d^ailleurs il compte absolument sur le secret inviolablfi qui lui a été promis de sa part. C'est par cette considi'ratioa qu'en paroissant recevoir les premiers quartiers de ce subside non de Sa Majesté, mais de rélecteur palatin, il a pris de plus i» précatition de se dispenser d'en signer lui-même la quittancent qu'il l'a fait signer par l'Impératrice samërc.
Ce qu'il y a do certain, c'est que rElecteurde Bavière paroH persuadé que le traité d'union entre les deux branches de ^ maison ne pouvoil jamais s'accorder avec des traités en conw" quenco desquels une de ces deux branches so trouveroît danJ la dépendance de la cour de Vienne, et que se conduisant surc« principe, il désire sin^^renlent de diminuer le poids des en^g^' monts qu'il a (iris avec celte cour cl avec ses alliés, et de pouvoir. en embrassiint conjointement avec Télccteur palatin un syslèoiP conforme aux intérêts de leur maison, profiler des dispositioiw
CONDLITE A TENIR A MUNICH.
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le Roi a toujours été île contribuer h l(*urs avantages en «tes occasions ; comme c^est la cour palatine qui a inspiré à ^Electeur de Bavière ces sentiments et cette conduite, le Roi s'en j)porle enli»*remont h cette cour pour perfectionner un ouvraf^^ ^ui ssi bien commencé: ainsi, le sieur comte «le Buschi pourra l^^utont mieux so renfermer dans de simples insinuations que 'intention de Sa Majesté uest pas d'exiger de ce prince des flmoses qui puissent le compromettre jusqu'à un cert;iin point ft-vec la cour de Vienne ; ce que Sa Majesté attend principalement d© lui dans les conjonctures présentes est de voter en faveur de \a neutralité de l'Empire dans les diètes générales et particulières conformément aux engagements qu'il a pris à cet égard ; Sa !ïlajesté n'a pas voulu exiger de lui des engagements d'éclat, qui en le commettant Tauroient jetée Kllc-mème dons des embarras; EUescnt toute la délicatesse de la position où ce prince se trouve ; Elle ne veut pas abuser du besoin qu'il a de ses secours; tout l'objet de Sa Majesté a été d'unir tellement l'Électeur de Bavière et l'électeur palatin dans tout ce qui peut avoir rapport au maintien de la paix de l'Empire sur le fondement de la neutraliU*, 'lu'Elle soit assurée que la cour de Munich, s'appuyant sur le rpnouvL»llement du traité de famille, ne fera rien que de concert avec la cour palatine, en sorte que ces deux cours nmrcluMit li>ujfïnred'un même pas dans tout ce qui pourra avoir rapport à la té publique et à un armement de l'Empire; c'est aussi co quidivra, dans les commencements du séjour du comte de Baschi Munich, faire l'objet principal de ses attentions, en sorte que, «toutes les occasions où cette cour paroitroit disposée à faire eltpies démarches utiles au service du Roi et par conséquent peu agréables ù ses ennemis, le comte de Baschi exhorte les mide l'Electeur de Bavière à ne les faire que de concert avec princes de sa maison et surtout de Télectiiur palatin, alln que, '^tanlpas prématurées, elles aient plus d'efrieacilé i^nfin le comte Bafichi doit regarder comme la n^gle de sa conduite dans ces menromenls que l'intérêt aetuel de la France nVst pas d'en- P-T la cour de Munich à se déclarer ouvertera<iit pour le Hoi, ûdo l'empêcher de rien faire qui puisse favoriser les desseins ennemis de Sa Majesté dans le cours de la présente guerre.
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