‹ Bavière, Palatinat, Deux-Ponts avec une introduction et des notesChapitre 124 sur 256 · M. FOLARD · texte numérisé non relu

M. FOLARD

de donner là-dcssns au ministre dn Hoi des instnictions particulières. Son Altesse Électorale a confié aux miuLslres palatins i «qu'élit' « vouloil ramener Télecteur de Bavière aux principes d'union avvc u sa mmson, qu*& la vérité il a'étoit pas possil;le qu'il retracUt ft sit)!it ce qu'il avoit promis par son dernier traité, et que d'ailleiirs « il iHoil tellement enclavé dans les États autrichiens qu'on ne pooa voit Itd savoir mauvais gré s'il ne fnisoit pas toujours tout ce qu'où (1 voudroit ; mais que pour le présent on devroil se contenir r dW " gager co prince A ne se déterminer pour la question préliminain (( de l'élection du roi des Romains que de concert avec le HtÀ^ le m n de Prusse et les électeurs de sa maison. »

« Le Ftoi ne peut qu'applaudir à un si honorable dessein et Sa Majesté verra avec autant de satisfaction que de ronfiance que Son Altesse Électorale de Cologne veuille se charger de l'exécution, mais comme la cour de Munich ne manquera pas de vouloir faire pafs^r diverses prétentions à la faveur de cette négociation, on croit nécessaire de mettre le ministre du Roi en état de les combattre avec :tvantage.

i( Il n'est pas difficile de pénétrer que l'appût du paiement qiipte Roi vient de faire à l'Électeur de Cologne des arrérages de son ancit'n traité n'ait réveillé les désirs de la cour de Bavière et qu'elle n'ait mi l'occasion favorable pour obtenir de Sa Majesté un pareil trait^^ni'!!, et peut-être même poui* tàcbor de la porter ft. donner des subsile^ i l'électeur pendant qu'il est engagé avec l'Angleterre et la Hollande, comme elle eut la générosité de le faire sur lu fin de la (ItTni'Jrp guerre, malgré les engagements de ce prince avec les mêmes puissances.

" O'ielques propos que le sieur de Grevenbrock a tenus à ce sujel donnent lieu de croire que les principaux arguments que la cour di' Munich emploiera pour parvenir à ce but seront les suivants :

« Que l'électeur de Bavière n'a pas laissé ignorer au sieur comte " de Baschi les premières ouvertures qui hù ont été faites par « TAnglelrrre et la Hollande pour la continuation de ses liaisons « avec elles, mais que le silence de Sa ilajesté ayant fait crfiirei ■ rélecleur qu'KUe voyoit cette affaire avec indifférence, il n'avoit « pas pensé lui déplaire en renouvelant le traité de 1746; que « d'ailleurs il avoit été terminé plus tôt qu'il ne s'y étoil attende ; H mais que ce qui fuit le plus grand motif de sa confiance, c'est que « ce traité contient des conditions si simples et si innocentes qu'il » ne peut donner aucun ombrage au Roi.

« Que le fondement sur lequel il est appuyé est le même que « dans le traité d'union avec la cour palatine, c'eat-à-diro la conscr- « vation du système et du repos de rEmpire, et pour cet el

TUAITÉ DU 2fi AOUT 1750,

soin de concerter ses voix avec celles de l'électeur de Hano\Te et de la cour de Vienne dans lus assemblées gt^nérales et particuliôros ^^ de riimpire, ainsi que dans les cercles.

^B « Que pour sa voix sur l'élection de Tarchiduc Joseph, l'électeur ^M ii*av4iit pu refuser aux nves instances du roi d'Anfîlnterrndo («lire ^P« déclarer, par son luinistre à Londres, ([ue lorsque cette alfaire se- « roit niisc sur le tapis, il seconderoit le roi d'Angleterre, en la I * donnante l'archiduc Joseph; ce (pii n'éloit d'aucuno const^quenco L« puisqu'on savoit positivement que celte élection ne pouvoit ^k manquer de réussir, même sans le concours de l'électeur de ^Bk Ba%ière.

^r « Que, quant ù l'arlicle des troupes, il avoit fallu nécessairement rinsércr dans le traité parce que le parlement britannique ni les Etats généraux ne donnoient jamais de subsides qu'il ne fût question de troupes, mais que cet article éloil couchû de fa{;on que l'ifxécution n'en étoil point à craindre, puisque Son Altesse Électorale s'ëloit engagée simplement à les entretenir dans ses Etals et i que l'on n'avoit stipulé ni leur destination, ni l'usage à en faire. » K Ces raisons, quelque spécieuses qu'elles paroissent, ne sont pas telles à réfuter.

« Il s'en faut bien que le Roi ait gardé le silence ni avant ni après

lacommuniciition que Son Altesse Électorale lui a fait donner de sa

tftégodalion avec la cour d'Angleterre. Comme il en a reçu la nouvelle

bonno heure par des avis particuliers, il a fait représenter u di-

rerscs fois ù rélecteur combien les engagements dans lesquels on

mbiit l'entraîner pourroient être contraires à ceux qu'il avoit pris

avec Sa Majesté par la voie de l'électeur palatin, et qui éloient prin-

cipaliïmcnt de tmir exactement le traité d'unitm de 1747, de n'accor-

dvr aucunes troupes à la solde d'aucune des puissances qui étaient en

guerre en ilAH avec la France, enfin de donner au Roi la préférence

ses liaisons lorsque son traité de subside avec les cours de Vienne

de Lonthes seroit expiré.

« Sa Majesté ne s'en est pas tenue lîi ; Elle a offert dos subsides h réN'Clenr uniquemenl pour qu'il cntreflnl ses troupes en bon état, ins en donner k aucune puissance étrangère, pas même à Klle.

w II est bien évident que Sa Majesté ne regardoitencelaquerintérél

le l'électeur et que son seul but étoil que ce prince, sous l'influence

If liaisons aussi douces et aussi innuceutes, pûl rétablir son pays

mquillemeut, consor\'er l'union avec le Roi et la maison palatine

\i parvenir insensiblement à reprendre dans le monde la figure qui

tnvient au chef d'une aussi grande maison.

n Mais la cour de Ra\iére donna bientôt A connoltre assez claire- »ent que tout son système n'étoit que de tirer de l'argent des deux

M. FOLAHD, 47».

c6(^s, sans s^cmbarrasscr dos engagements quelle avoit pris avec le Uoi, soit avocles puiss;incos)l« sa maison. Dans cette vue. fîtinystcTo de ses négociulions à la roiir palatine, olle n'ea doLuia| Itoi qu'une counoissaace vague et superiicielle, et comme Sa jesté eul des avis sflrs que l'électeur étoil déterminé à renouvï son traité avec rAogleterre et la Hollande, Klle ne crut pas de sai gnité de faire de plus amples propositions dans de pareilles cire stances. Ces uvis n'«5toicnt que trop certains, et l'inspection du suffit pour en prouver la lidélitë. En efTet. quoique le traité de Tel teur ne soit signé que le ââ aoiU, il paiolt évidemment qu'il étoil rôté longtemps auparavant, puisqu'il est dit l'i Tyrticle 7 qii'd dui six ans à compter du :i3 juillet ; c'est une marque bien éndenti» qu'il étoit conclu antérieurement, puisqu'on en fait rétrograder la dui jusqu'au 22 juillet, car pour que le traité ait été à Londres en d'être signé le 22 juillet, il faut nécessairement qu'il ail ét*5 arTétél lermiuu longtemps auparavant, h preuve par les dates étant liplus simple et la moins suspecte. On voit clairement que le Roi a été foc  discontinuer ses propositions et le paiement du subside qu'il noit ù l'électeur puisque ce prince étoit déterminé à ;igîr l'Oiitre engagements qu'il avoit pris avec le Roi de tenir le traité do i7i7 ai l'électeur palatin, de n'accorder à l'avenir aucunes troupes à las( d'aucmie des puissances, qui eu 1748 éloienten guerre aveclaFrairt et de donner au Roi la préférence de ses liaisons à l'expiration dei traité avec les Anglois et les Mollandois.

« La raison iju'on allt'guo que le traité a été conclu pins ti l'Électeur ne le vouloît n'est pas admissible, puisqu'on peut toujuî remédiera de pareilles précipitations par le retardement des r&t cations.

« Si l'on examine à présent le contenu du traité, on trouvera h lement que les liaisons do l'électeur ne sont pas aussi simples ni aussi innocentes que la rour de Bavière le voudroit faire croire. I' fondement surlequelil est appuyé estUla vérité con^u dans les mèi termes que celui du traité d'union entre l'électeur et l'électeur palatin ; mais le sens en est bien dilTérent dans l'union de l'électeur de Bavière avec les cours d'Angleterre cl de Vienne cl la Hollande,ou dans l'union de Son Altubse ÉlectonUe avec sa njaison et celle li^ France. La vérité de cette proposition tient de si près aux iutériîls(ij la maison palatine qu'on ne croit pas qu'aucun de ses princes pui la contester; co n'cstassurément ni sur leui*s intérêts ni sur ceu leurs alliés naturels que les trois puissances susdites dirigeront li^ii'^ suffrages, et par conséquent c'est pour des vues très coal qu'elles ont exigé ceux de l'électeur de Bavière.

« 2" Quant à l'engagement de l'électeur sur l'élection du pyi^ti

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