M. FOI.ARD
seruni communiquées; et la quatrième pour la corroepoDdance générale avec tous les ministres du Roi qui soat employés au dehors du royaume.
L'intention du Roi étant que tous ses ministres au dclior^lut rapportent au retour de leurs emplois une relation exacte de tout ce qui sera arrivé de plus important dans les négocialioai qu'ils auront conduites, de Tétat où ils auront laissé les cours et les pays où ils auront servi, des cérémonies qui s'y obsenenlcn toutes sortesd»* rencontres, du génie et des inclinations despriocw el de leurs ministres, en un mot do tout ce qui peut donner tme connoîssance exacte des pays où ils auront été employés et des personnes avec lesquelles ils auront négocié.
Son intention est pareillement quVn arrivant des pays où ik ont été envoyés, ils remettent en originaux les instructioos, chiffres et papiers de leur correspondance avec les ministres du Roi, le tout avec un inventaire exact sur la vérification duquel il leur sera donné une décharge.
Le traité auquel il est fait allusion dans l'instruction précédcol<> fut signé à Compiiigne le il juillet 1756 par M. de Rouillé, miaislru des affaires L*trangrres, et le baron Vanlyck, envoyé de rÉlocleur de Bavière. A ce moment, les circonstances avaient déjà change : auliea de la ncutralitt^ de la Ha\ière, stipulée par ce traité, la France n'allai pas larder h rechercher l'alliance eflfective de rKlecteur.
Dt's 175.S, les flottes anglaises d'Amérique s'étaient rendues coupables, en pleine paix, d'actes d'agression contre des navires tran- (;ais ; le 16 jiinncr 1756, le roi d'Angleltîrre, Georges II, crai^iianlçu6 la France ne voulût se venger en s'empanml de roiectoral de Hanovre, s'allia avec la Prusse par le traité de Westminster. La France rijpondil à Georges II en s'unissant à rAutricho par le trait*î de Versailles, (lu l*'' mai I75(i : l'alliance n'était que défensive, et le conllit pendant entre la France et l'Angleterre ne constituait pas on mm* fœdcrh, tant que les hostilit<5s seraient limités à ces deux puissanci»s. Il son fallait à peine de quelques semaines, cependant, pour *iue I* guerre devint gt-nérnle.
Kn avril et en mai, la France sciait emparée de l'Ile de Minorquê, au nidis d'août, les Fran(;ais du Canada prirent plusieurs forts de I» Nouvolle-Angletorrc ; à la fin du même mois, Fn^déric II envahit sou-
ÉTAT DES AKFAUIES.
IVlectorat de Saxe et marcha sur la BobAnio. Ce fui le sigual de l'embra «ornent de rAlleuiagnc. et comme il importait dès lors do réunir contre la Prusse toutes les forces disponibles dans IKnipire, IL Folanl fut r^'iivoyé i\ Muiik-li, M. de Rouillé iHant miiiistro des Bbr<*s iHrangôrcs, pour dctcrminor l'Électonr à faire sortir au traité m 21 juillet des effets qui n'avaient point été pri^Mis lors de sa con-
[otRr roL'u sKnvin n instruction au sieur polaho, allant a
ICNICn KN <^rALITlt I>*KNVOYÉ EXTnAOnDI>An(E hV HÛI TRÈS L*ÊLEC- IR DE BAVIÈRE. — VERSAILLES, 2 OCTOBRE 1756*.
preuves d*aniitié que le Roi vient do donner h TÉlecteur
ivrv dans rallianco ([u'il a conclue avec lui le 21 juin'
lier sont trop rt'elles pour (jue ce prince ne soit pas persuadé
is la part sinctfre que Sa Majesté jtrend à sa gloire et à ses
liages, et pour qu'Elit ne doive pas compter de sou côté sur
ïonnoissance et sur son attuchenient h sa personne et à seî»
Klirctour aura reconnu évidemment^ par les conditions de traité réglées longtemps avant la guerre, que le Itoi y a plus consulte les avantages de Son Altesse Electorale et ceux do sa BiaÎAon que les siens propres, puisqu'il lui h accordé do très forts ^|^sid«Mï, pour ta mettre en étal de reprendre en Allemagne la ^Bidéralion i|Qi convient à son rang, et que Sa Majesté n a rien ^K^decc prince qu'en faveur de ses alliés et pour le maintien Inysl^Qie de l'Empire, dans la crainte que la cour de Vienne, alors anleà rAn^lotcrre, ne lui marquiktsou ressentiment d'avoir préfAré Talltance de la France h lotTre que ces deux puissonct^s ini faÎMiienl de renouveler le truite qu'il uvoit avec elles.
I. aafv^rr, Jf/>i04rr# t( docyjnaUf, t. VU. ol Cwrrspondancet HuppUrnent, ,JmitH qu'il eût 6(ila<
H. KOLAHt). 1*150.
Ces priuci|ic^ n'ont pas ét^^ reniement fondi*s sur ranùtiédu Hoi pour rhlecteur de Bavière, mais encore sur lo z^le de Su Majesté pour la Iranquîllitégi'inérale tic l'Europe.
Il est connu de tout l'univers que dès les premièreh Loslililés (juo loti An^ltus ont conunises contre les Frant^oit» duns l'Amérique septentrionale, tu Hoi a formtV le dessein de se bornera bu propre défense contre eux, aiin de coDser\'er, autant qu'il lui seruil |H3Ssiblc, tous les avantages de la paix à TEurope cl à ses
Pour fortifier Texéculion de ce dessein, Sa Majesté a lait depuis, non seulement une convention de neutralité avec les llollundois pour les Kluts de lu république, et avec l'Impératrice Heine pom' les Pays-Bas; mais Elle a conclu encore un tmiti d'alliance avec cette princesse alin de détruire le germe des divisions des deux cours, qui, fomentées par les artifices des puissances (|uisaccroissoientde leurs débris, avpient causé touli*sb guorn'S qui ont désolé l'Europe depuis prés do trois cents an».
Des intentions aussi pure^ n'ont pas eu l'effet que le Roi dtsiroiL ; les Angloîs qui, au moyen des armements prodigieux do toute espèce qu'ils avoient faits avant les nôtres, comptuieul qu'en nous attaquant contre la foi des traités, ils se procureroieot quelque conquête importante dtms nos colonies, avant que nous fussions en état de nous défendre, ont été trompés dans leur attente. Les désavantages qu'ils ont eus dans le CUinada et lu prise de Port-Mahon ayant changé les brillantes espérances, dont Its roi d'Angleterre et R*'s ministres avoienl liai té la nation briUunique, en pertes réelles pour le présent et en alarmes pow Tavenir tant au dedans qu*au dehors, ils ont été forcés d'avoir recours à de nouveaux expédients pour lâcher de calmer la fureur de leur nation sur la prise de Tile Miuorque, et de tirer d'elle des subsides plus exorbitants que par le |iussé. Le mo)'»'n qui leur a paru le plus propre h remplir leurs vues a été d'allumer eu Europe une guerre où la France pùL être impliquée, et comme ils ne pouvoicnt exécuter ce dangereux projet que par le concours du mi (le Prusse^ ils ont mis tout en œuvre pour l'obtenir; le Ibû de son côté n'a rien oublié pour l'en détounii?r; il lui a fait déclarer, entre autres choses, qu ayant eu avis qu'a"
ATTirrUK IIK LA PHUSSE.
Jes principaux objets du val d'Angleterre pour le sucft's do ses vues étoit de le porter à altaipier rimpéralriee Reine, il ne vouloit pas manquer de lui représenter l'obligation et ]a résolution où il étoit de donner à cette princesse, si elle étoit attiiquée, les secours stipulés par le traité de Versailles» et les conséquences dangereuses qui pourroient résulter d'une guerre aussi injuste de la part de Sa Majesté Prassiuiiue, tant pour le repos de FEuropc et celui do l'Allemague que [itmr sa propre sûrelé.
Ces représentations ont été inutiles, les sollicilntions du roi d'Ani^lelerre* jtour porter le roi de Prusse h altunior une guerre générale en Europe ont prévalu et l'exécution des desseins combinés de ces deux princes vient enfin de paroitre au grand jour, dans le parti que le roi de Prusse a pris de se mettre en marche ù la tête de ses troupes pour tdler en Bobème attaquer l'Impératrice Reine, et de commencer par envahir les États du roi de Pologne * en Saxe.
Pour apprécier une pareille entreprise, il ne faut qpie le simple récit des faits.
Le roi de Prusse, de concert avec le roi d'Angleterre électeur
de Hanovre, a assuré l'Europe que le traité de Londres n'avoil
dtatre objet que de maintenir la neutralité do TAllemagne, en
empêchant les troupes étrangères d'y entrer, et il est le premier
à violer le territoire germanique on attaquant, sans raison, un
Etat de l'Empire p*»ur envahir le territoire d'un autre Étiit, sous
on prétexte imaginaire de crainte. Ces deux princes publient
pttrtout sans fondement que les États protestants sont menacés
<***ine invasion par les cours de Vienne et de Fi*ance. qu'ainsi il
^«ut de bonne heure veiller à leur défense, et le moyen dont le
"^î de Prusse, d'acconl avec le roi d'Angleterre, so sert est de
Vftvager les Etats de Télecteur do Saxe, qui sont tous protestants
*l dont le souverain a le directoire du corps éxïtngi'lique ; enlin,
pour comble d'exei^'s, non seulement lo roi do Pologne n'a donné
w*u à ce» hostilités ni par ses engagements ni par sa conduite ;
^ftb le roi de Prusse même déclare qu'il n'a aucun sujet de s'en
V^tiindre et il n'allègue d'autre droit que celui de sa convenance.
t< Georges II, qai régna jusqu'en t7fiO.