PRÉTEXTES ALLÉGUÉS PAH LA PRUSSE
l'Empire, tant catholiques que proteslants, et nommément du droit précieux qu'a la France de participer à leur maintien comme garant des traités de Westphalie; par conséquent cettô attention de sa part doit être regardée comme une sûreté do l'exécution de ces traités et non comme une atteinte que leii deux puissances ont voulu y porter, d'où il est naturel de conclure que Leurs Majestés Britannique et Prussienne nont trouvé aucun reproche fondé à faire au Roi par sa conduite par rapport aux princes protestants de l'Empire, ni surson zèle pour le maintien des traités de Westphalie, puisqu'elles sont forcée d'avoir recours des calomnies aussi grossi<>res pour le décrier dans l'Empire.
Le sieur Folard fera remarquer à ces princes que l'on pourroit avancer avec bien plus de vérité que le traité de Londres contient les vues les plus pernicieuses aux Étals de TEmpiro tant catholiques que protestants ; en effet, le roi de Prusse, de concert arec le roi d'Angleterre électeur de Hanovre, a assuré h l'Europe que ie traité de Londres n'avoil d'autre objet que de maintenir la neutralité de l'AUemagne en empêchant les troupes étrangères d*y entrer, et il est le premier à violer le territoire germanique en attaquant, sans raison, un Etat de TEmpiro, pour envahir le territoire d'un autre Etat sous un prétexte imaginaire de crainte.
Ces deux princes publient partout, quoique sans fondement, que les Etats protestants sont menacés d*une invasion par les cours de Vienne et de France, et qu'il faut de bonne heure veiller à leur défense, et le moyen dont le roi de Prusse, d accord avec ie roi d'Angleterre se sert pour parvenir à ce but est de ravager les États de l'électeur de Saxe, qui sont tous protestants, et dont le souverain a le directoire du corps évangélique ; enfin, pour comble d'excès, non seulement le roi de Pologne n'a donné lieu À ces hostilités ni par ses engagements ni par sa conduite, mais le roi de Prusse même déclare qu'il n'a aucun sujet de s»'en plaindre, et il nallèguc d'autre droit que celui de sa convenance.
Ce qu'on vient d'exposer n'est ni conjecture, ni soupçon, ni bnputation hasardée; la vérité est démontrée par les faits, d*un c6té dans l'exécution des entreprises contre la Saxe et la Bohème, de l'autre dans le despotisme que les rois de Prusse et d'Angleterre se sont arrogé, dans les afTaires du religion, contre l'autorité
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rotoftD. t7se.
des tribunaux àe FEafiR «I mêmm 4e U diète, contre touttô Ut coni^tilulionft de l'Empôe et k» tniiss de Westphalie, et au prêjiidire de la digatlé et àt^ésmbkit lears co-Êtâtâ de U m&me religion.
ApnS Ak lellt^cnitrepriBes, q«d «stie prince de I*£mpire qui pourra ôlro assuré de la pœsesBkm tranquille de ses ËtaU, quand il Ht*ra do la cunvenance des deux rois de s en emparer?
Il i*%t donr ^lallife^te que si les princes prot^lanls se luV «oieiU eiUmiuLr dans les vues de Leurs Majestés Britannique A IVuKsienne, soit p(ir une acces^on àleur traité, ou parquelqueaulrc oiik«?N^^u]viit qutdconquc, ils n auroient rien à espérer et ils aunwwt lottt à craindre. Ils n auroient rien i espérer, paisqulb fÊ0 ftmnoiHki couiplôr sur aucune promesse de la part de princes ^i iuit tournt^ la mauvaise foi en principe, et que, dans la résohlikttoll ils sont do s agrandir aux dépens de qui il appartiendra, il m trouveruit que les princes protestants auroient fourni euxlèHwa par leur union avec Leurs Majestés Britanoiqur: et Pru»fi^nueies facilités nécessaires à Texécution de leurs pernicieux
Les margraves auroient tout à craindre, puisqu en sassociafil à la rnusc de ceux qui violent la paix publique et toutes lesloJ divines et humaines, ils s'altireroient pour ennemis les puissajic« qui sont«ctuêllementle plus en état et en volonté de les déf<<n(ire. et qui soroient fondées alors d^en user avec eux comme avec le violateurs de la paix publique et de la foi des traités, ol (\nc p leur concours aux \Ties de Ltuirs Majestés Britaunîque et Pnir sienne, ils auroient donné de raliment à une guerre de religio» peut-être plus janglante que la guerre de Trente ans, et qallsno HtToîrnl pas sûrs do voir finir aussi avantageusement pour 1^ Kljds protestants (|uc celle qui fut terminée par la paix de NVc4plialie.
II y a lieu d*espérer que ces réflexions, ménagées avec adr^siil^rv>nt impression sur les margraves et nommément sur celui "i« Itain^nth, puisque le sieur Folard peut los appuyer auprès do « prince, de l'oblipalion, où il est par son traité avec le Roi, df 1b' fournir des troupes pour la défense de ses alliés, de n'en fournir fc aucun autre prince que de son aveu, de ne donner aucune n»-
NÉGOCIATIONS AVEC IK CERCLE DE FRANGONIE. 3i3
sistance ni directe ni indirecte aux ennemis do Sa Majcstt^ et de ^s alliés; enfin de concourir avec Elle au maintien do la tranquillité g^uiérale de l'Europe, de la sûreté des Etals de l'Empire et du système germanique, qui sont si ouvertement et si injustement attaqués.
Il faut s attendre que les margn*îives allégueront que le roi «le Prusse étant le chef de leur maison et leurs Etats se trouvant exposés aux effets de son ressentiment, il n'y a que lo parti de la neutralité qui puisse leur convenir.
En ce cas, le sieur Folard répondra au margrave de Baireulh en particulier qu'elle seroit contraire aux engagements de son traité, et à tous deux en général, que malgré toute la bonne volonté du Roi il ne lui seroit pas possible de l'accorder :
1° Parce que les princes de l'Empire ue sont pas en état, quelques bonnes dispositions qu'ils aient, de garder une exacte neutralité entre les deux partis en guerre; 2" parce que le Roi a prouvé de tout temps que les neutralités avoient été la principale cause de ta ruine de ses armées en Allemagne. Mais i|u'îl y ades moyens de tout concilier, que l'intention du Roi n'est pas de lour faire courir le risque d'être les victimes du ressentiment du roi de Prusse ; que Sa Majesté demande seulement qu'ils se mettent en étiit d'être utile à la cause commune quand le moment ^Mra venu : qu'en conséquence, ils lèvent des troupes par le motif de leur propre sûreté et de celle du ciirle de Franconie; qu'ils empêchent ce cercle de prendre aucune mesure qui soit favorable aux desseins combinés do Leurs Majestés Britannique et Prussienne, ou qui soitcontrjiireàcellesque IcRoi pourra prendre avec la cour de Vienne et d'autres puissances considérables pour I& protection de ses alliés soit catholiques soit protestants et pour le maintien du système g(»rmanique.
Que, quand les troupes des margraves pourront être employées us risque de leur pari. Sa Majesté n'exigera pas qu'elles ser- ''©nt contre lo roi de Prusse directement; que ces princes ne •lonneront aucune assistance ni directe ni indirecte aux ennemis *lu Roi et de ses alliés; que leurs engagements seront tenus sous •*^ plus grand secret, et que Sa Majesté leur procurera la protection de l'Empereur et de llmpéralrice Roine.
M. FOLARII. (760.
A ce prix, le Roi pourroit renouveler son trait4^ de subsides avec le margrave de Bairenlh pour un régiment ou deux dv quinze cents hommes et en y ajoutant les explications que le changement des circonstances exige naturellement.
Quant au margrave d'Anspach, comme il a toujours f&n attaché à la cour de Vienne et que Ton assure ({u'il e^t embarrassé dos doux mille hommes que lui laisse le défaut de renouvellement du trait*' qu'il avoit fait rann<'M> passt^e avec la cour de Hanovre, le Roi les preiidroit très volontiers à son service cl môme un plus grand nombre, s'il étoit en étal de les fournir et qu^il voulût acquiescer aux propositions qu'on vient de détailler.
Comme en cas de succès de cette négociation, le Roi aurojt la princijwile inlluenr^^ dans le cercle de Franconie, qui est un des plus puissants de l'Empire et qu elle pourroit servir à faciliter une association des cercles et beaucoup d'autres mesures très avanUgeuscs à la cause comniime, le sieur Folard ne négligera aucva moyen de la faire réussir, et il demandera à ce sujet au ma^ grave de Baireuth, de vouloir bien le seconder des bons ofl&c«i qu'il a promis par son traité au Roi, pour faire entrer d'aulMî princes et Etats d'Allemagne dans les vues do Sa Majesté.
Pour la négociation avec les évêques de Bamberg et de Wiirtzbourg, le carach>re pacifique du premier donne peu d'espérance de le déterminer à donner des troupes pour le service àen alliés de la France ; mais on croit pouvoir assurer qu'il se préten par son crédit cl ses suffrages dans les assemblées de l'Empire et dans le cercle de Franconie à toutes les mesures qui pourront contribuer au bien de lu cause commune ; au reste, le sieur Folard^ qui sera bientôt h portée de reconnoltre les véritables disposî* tionsdece prince, n'oubliera rien pour obtenir de lui tout ce qui sera possible d'en tirer.
A l'égard de l'évéque de Wiîrlzbourg, comme il est attacha à la cour de Vienne et qu elle a engagé le comte de Sinzheim frère» ministre de TElecteur de Bavière, à s'employer auprès lui pour le faire entrer dans ses intérêts, il y a lieu d'espérer qu( le sieur Folard le trouvera favorablement disposé, laut pour donn à la France les quatre mille hommes de troupes qu'il a, que pour prêter aux autres mesures nécessaires pour la défense des alli
PKnSONNEL DE LA COUR DE BAVIÈRE.
da Roi et le maintion du système de rEmpirc; en ce cas, le steiir ^■Folard rassurera de la bieiivoillHiice de Sa Majesté et de la résolution où Elle est de faire avec lui un traité de subsides qui contienJra les engap>ments à prendre relativement h la oircon- ^stonce présente.
y Sur tous ces différents points, le ministre du Roi enverra des relations eirconstanciées et on lui fora passer les ordres du Roi conformément aux dispositions qu'il aura reconnues dans les wcoun auxquelles il est envoyé.
^k Tels seront les objets des négociations du sieur Folard en BFranconie; il sentira toute Timportance du succès, et comme Ton Boonnoll son zèle et sa dextérité, Ton s'en rapporte entièrement à ^ l'usage qu'il en fera pour parvenir au but désiré.
SECIlfrTE POrB I-K aiRtîR KOLAHD. — VEUSAILIJÎS, 2 OCTOBRE 1756 '.
Le Roi îi fait lors de la ratification du traité avec l'Électeur de Bavière les présents suivants, savoir :
Au baron lU' SctirulT, conseiller priva de Son
A\\vf>w Éiectorolf. 20000 fr.
Aa baron <\f* Kraitmayer, vico-chancelier. , , . 10000 —
Aa fti^ur Rranca, conseiller 6000 —
An tieur OelTlo, ^«^créUiro th» rÉIpcleur, un** bolU? d'orKuillocliéo. avec des rundaillcs d*or valant 2000 —
Indépendamment de ces présents, le Roi a accordé :
An baron Ar ScbroflT unr pension i\t. iOOO llor.
An baron dr Kriiilmayor nne de tOOO —
Aa sicar Droncn unr de I VtDO —
pensions qui ont commencé à courir du 21 juillet dernier,