‹ Bavière, Palatinat, Deux-Ponts avec une introduction et des notesChapitre 140 sur 256 · Chtrlea-Tli^odurc · texte numérisé non relu

Chtrlea-Tli^odurc

LE MARQUIS Dl' MESML. \151.

et dempécher la translation de la diète, dont les suites pourroient être très dangereuses.

C'est à celle assemblée quVsl atUiché le pouvoir li^gislntif. parle concours de l'Empereur et de tous les États aux dt'liborutions de l'Empire; c'est là qwe réside le nœud politique qui umt le chef et les membres ; si l'on vient à tmnaférer la difle. il faudra convenir dune autre ville, les États partisans du roi de Prusse ne s'accorderont jamais sur le choix, ulors ils s'assembleront dans un autre lieu que celui choisi pai- leurs antagonistes et ils opéreronl par cet événement la scission qu'on a eu jusqu'/i présent tant de peine à empêcher; de celte séparation de TEmpire en deux corps résultera une espèce d'anarchie, Tautorité de l'Empereur en soulfrîraet les délibérations de la partie dp la dîMe favorable à la bonne cause auront un air d'illégalité qui produira un très mauvais effet sur les peuples de TEmpire.

Pour prévenir tous les dangers qu'on vient d'exposer, le Roi a pris la résolution généreuse d'*Mivoyer deux armées en Allemagne, lune sur la Lohne, Tautre dans les Étals de TÉIecleur de Bavière qui, jointe aux troupes de ce prince qui sont de qyator/t^ millf hommes cl aux conlingcnls des cercles qui duivi'nt monter à trente mille, serviront à la fois à la défense de rimpèratrîce Reine et à garantir de tout danger le haut Palatiuat, la Bavière, la ville de Ratisbonne on particulier et les cercles do Franconie et de Souabe, d'où il résultera que les Ltats de TEmpire bien intentionnés seront rassurés et confirmés dans leur attachement à la bonne cause.

On est persuadé que TÉlecteur adoptera ce projet avec touU' la reconnoisstmce qu'il doit exciter en lui ; mais comme il s'agira de convenir avec ce prince de la fa(;on de l'exécuter et qu'il est à craindre qae les malintentionnés de sa cour, qui sont en graml nombre, ne portent ce prince, comme on l'a dit natureliement foîble, à former des obstacles aux arrangements à prendre, Sa Majei^té a jugé à propos d'envoyer à Munich le sieur marquis Du Mesnil, lieutenant général de ses armées, jiour en imposer aux cabales qui agitent la cour de Bavière, relever le courage de l'Électeur, le soutenir dans ses bonnes dispositions, le diriger sur son état niiiitairc et l'engagera toutes les facilités qu'il est

PBOJET niî CONVENTION MILITAIRE,

necosBBire qu'il jtrocure pour le sucn^'sdu projet de défenso qu'on a form4, Itml pour la sùrotë de ses pr(»prf*s États que pour la défense de rimpératrice et le maintien du système germanique.

Comme rexpôrienco qu(» Sa Majesté h faite en difîérentes commissions du zèle et des talents du sieur marquis Du Mesnil a l'ii- le motif do son choix pour celle-ci, elle Test aussi de la confiance qu'KUe a qu'il s'en acquitt<?ra h sou enlirre satisfaction.

Outre les choses ohligcantos pour rÉlecleur que contient la lettre de créance {|ue le Roi lui fait remettre, le sieur marquis Du Mesnil l'asurerade laliMidrcaniitii'' dn Roi pour lui ctdo riiiti^rêt qu'il prend à sa sùrelé etàsa gloin*. Il lui fera sentir qu'il n'étoit patî possible à Sa Majesté d'en donner une preuve plus convaincante que la résolution généreuse qu'Elle a prise d'envoyer ses troupes dans son pays et de les unir aux siennes et aux contingents de l'Empire pour mettre ses Étals A couvert de tout danger, que Sa Majesté espt'^re qu'il rcconnoîtra la puret*'* et la générosité de ses seniimenls pour lui et que cette époque sera de sa part celle d'un renouvellement de z^le pour la cause commune et d'attachement il Sa Majesté.

Le sieur marquis Du Mesnil ne manquera pas aussi de donner au cardinal, au duc et à la duchesse de Bavière des assurances de l*estinie et de la bienveillance du Roi.

Quant aux conditions nécessaires pour assurer Texécutiondu projet, elles doivent consister dans ce qui suit :

i* Oue le Roi voudra bien envoyer un corps de troupes pour «•tintir la liavière et le haut Palatinat.

2* Qao rÉIecteur s'obligera ti unir toutes ses troupes à celles "■* Hoi, ti Texeeption seulement de ce qu'il sera jugé nécessaire *'^ laisser pour les garnisons d'lMjj;oistadl et de Slraubingen,

3" Que Son Altesse Électorale fournira par impositions tous '*^** fourrages nécessaires à la consommation de Tarmée du Roi, ^"^ payant 12 sols de la ration composée do 12 livres de foin et

deux tiers du boisseau d'avoine, la paille de couchage, le

"*^îs et la lumière gratis, et cela pendimt tout le temps que les ^^*«pes du Roi seront sur les terres de TKIecteur, soit pendant *^ •^uropagne, s^^il pendant le ipiarlier d'hiver.

Que l'Electeur donnera connoissance au sieur marquis Du

nCCCBtL DC?l INSTRDCT. DIPLOXAT.

vu. — 23

LE MARQUIS Dl' MESxNIL, 173:

Mosnil des précautions et des xnuéiures qui »erout prust^b pour Im vivre ses propres troupes.

5" Qu'il donnoru, indépendnnimcnt des pelile^i pièces de giinent, un train d'nrlillerio de campagne, le plus fort qull possible.

6" Que les troupos de Son Altesse LIeclorale seront ordres du gûnOral que k* Uoi noniniera.

7* Que le Roi donnera à rhUecleur l'assuranco que, sll ai que ses Etats soient ultiupiés hostilement pur quelque puissance que ce puisse être. Sa Majoslé le protégera et secourra ofiicawment juscpiù ce (jue la tnuiquiliité de Son Altesse Electot soit rétablie et qu'il ait été pourvu à la réjmralion des perte»] dunnnages qu'elle aura soulVerts.

Telles seront les conditions que le marquis Du Mesnil demi dera, et dont il assurera l'exéculion par une convention expi à leffct de quoi on lui fait remettre un plein pouvoir de Sa Majesté.

Quant aux quatre mille Rnvarois que le Roi a [iris h sa si>l^ pour le service de l'Imp* ratrice, il est indis|)ensahle que ILleclt-ur les fasse marcher au jilus tôt en fiohl^nle, el le sîeur marquis Uj^ Mesnil ne doit rien ni^gliger pour détenniner Son Altesse El< torale. Si cependant ce prince marque une op[K>silion d^^cidwîà cet 6gard, le sieur marquis Du Mesnil doit, pour que ces quatre mille hommes ne restent pas inutiles au bien de la caas<' niinniune, exiger du moins qu'ils se joignent à rarméc que le Rw envoie sur le Danube, et en ce cas Ton se concertera avec le nistAre aiilrirhien.

Quelque favorable que puisse être pour l'Électenr le parti le Roi prend d'envoyer ses troupes à sa défense, la cour «le ! nich est si avide d'argent qu'il faut s'attendre qu'elle emploien» tous les ressorts imaginables pour tirer du Roi dans cette m'i»* sion quelque nouvel avantage pécuniaire^ mais le sieur marqi Du Mesnil aura de si bonnes raisons à s'y opposer qu'il faut pérer que ce prince s'y rendra.

II représentera à rKlecteur qu'il sngit ici de sa propreté fense, el non de celle du Roi, et de faire jouer à Son AU» Électorale un râle digne de sa naissance et de son rang

SUBSIUKS.

Qae le Roi ne lui a accordé des subsides aussi eiiorbitants que pour qu'il se mit fn éUi dv dôTendre son pays, de soutenir sa représentition et d'être utiii' h ses luiiis;

Que l'arrivée de rarnièe frungoiso dans ses Ktals y versera un ni immense et produira les plus grands avantages h ses sujets.

Que Ton sait d ailleurs que ses Ktals, le clerj^é et la noblesse ont répondu favorablement à la demande qu'il leur a faite des secours nécessaires pour augmenter ses troupes et di'*fendre son pays:

Que les dt'^penses que le Roi fuit en Allemagne pour la défense des Ltats de l'Empire et pour le maintien do sa constitution sont excessives, et que celles qu'il va faire pour TÉlecleur même seront une surcharge Iri^s cméreuse à ses 'finances; qu^il seroit îodécent h l'Klecteur de prétendre que le Roi le paye pour le iléfendre. et déshonorani pour le Roi de raccorder,

Enlii) II* sitMir marquis Du Alesntl ajoutt-ru à ces raisons celles f|ue lui fourniront son zMe et ses talents et Ton s'en rapporte entii^rement à lui sur le langage qu'il croira nécessaire de tenir

C conformément A la situation où bis affaires s(ï trouveront à son arrivée et aux dis[K>sitions qu'il aura remarquées dans l'Électeur eï ses ministres. ^

Comme il connoit la cour de Bavière, on se dispensera de lui f*n faire le tableau; d'ailleurs le sieur chevalier du Ruai est en <^Ln.l de lui donner dt?s notions exactes sur tous les niauèges de o-c-tte cour et sur les difl'érenles dispositions des principaux persorinages qui ont du cnWlil auprès de TÉlecteur et de l'influence 'I^i.Tis les iilFaires.

Il y a toute apparent* qu'il sera forliMucut sccomlé dans sa •*^^v>ciation par le comte Podstaski, ministre de l'impéralricc •*<^î uc.elpar le ministre (leSaxe, qu'il assurera de la tendre amitié ****■ Koi pour Leurs Majestés Im|iériales et Polonoises. 11 leur '•■^'■^ parttb»s nouveaux ciïortsijue Sa Majesté est résolu»* i\o faire ï^'^Vïi' la défense» de Lriirs Majestés et celle de l'Empire, et il aura **^*ïi de leur témoigner tous les égards et toute ratlention pos-

Quant aux ministres de l'Electeur, on lui recommandera de

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