‹ Bavière, Palatinat, Deux-Ponts avec une introduction et des notesChapitre 149 sur 256 · I. ioM^ 11^ empereur, dfl 1765 & HM · texte numérisé non relu

I. ioM^ 11^ empereur, dfl 1765 & HM

LE CHEVALIEH DE LA LUZEBNB. 1776.

quuml ils ne furmeroieiit point d'ensemble décisif , semront toujours à mettre sur la trace des desseins qu on attribue à la cour de Vienne relativement aux ficfs innombrables r[ui relèvent île la couronne de Bolièino en Allenia^nio, et qui s'étendent au loin depuis roder et les frontières de Brandebourg par la Saxe, h Thuringi\la Frunconieet la Bavière jusques aux rives du Dauube et du Mcin, à la frontière de la Souabe et aux portes de Francfort.

La contestation qui s*est élevée entre TÉlecteur et le conseil aulique de l'Empereur et de l'Empire mérite aussi queiqueatlention de notre part. £ile concerne la prétention, que ce tribunal t déjà manifestée en plusieurs (H'casions à l'égard des priDce» d'AllemagnUf et qu'il vient de mettre en avant pour la première fois vis-iVvis d'une cour électorale, d'apposer le scellé chex 1« ministres des Ëttttfi d'Allemagne qui décèdent à Vienne. Getta prétention se fonde sur une hypothèse préjudicielle que le« moindres Etats ont \ivement combattue jusqu*ioi, savoir : que les princes et les Etals du Saint-Empire n'envoient que de simples députés à la cour impériale et non pas des ministres publics, que ces députés n'y Anvent pas sous la protection du droit des gens, qu'ils ne jouissent pas des prérogatives qui en émaueut et tpt'ils sont soumis h la juridiction suprême du chef de l'Empire. L'Electeur de Bavière, apr^s avoir vainement réclamé contre |e scellé que le conseil aulique a fait apposer chez son résident mort à Vienne, a intéressé tous ses coéiccteurs dans cette querelle. Il puroil quelle sera vivement soutenue de leur part; mais on peut facilement prévoir que le résultat en sera le même que nombre d'autres discussions semblables ont eu depuis une cinquantaine d années, que l'Empereur éludera de statuer sur le» plaintes des électeurs, t\\i\\ assoupira b-urs clameurs et que U conseil aulique, dispensé de la nécessité f&cheusede révoquer» démarche hasardeuse, en prendra acte pour la renouveler a\'BC plus de succès dans une autre occasion.

L'Electeur de Bavière s^est toujours montré dan;* un jour trtS avantageux pendant la durée do la Visitation de la chambre impériale et l'Allemagne entière a rendu hommage à son ptrio* tUuie et à son esprit de conciliation.

COMMERCE DU SKL.

Avec ces sentimpiits, ce prince ne peut qu'être affecté sensi- !nt delà rupture de cette assemblée, qui dcvoit fuire revivre "Allemagne les lois et la justice. Il est intéressant <ie connoltre Iw résolutions ultérieures de Son Altesse Électorale touchant e«tte matière importante. Un peut croire que, le système politique qaW s'efforce de lui faire adopter ne lui permettant pas de coutrarier les Mies et les principes de la cour impériale, il emploiera toute son influence et toul le crédit que sa conduite passée lui a procuré à ramener et à réunir les esprits et que. sans vouloir prononcer entre les deux parties sur les raisons qui ont fait rompre la Visitation, il bornera ses soins à faire reprendre cet ouvrage salutaire. Le sieur chevalier de la Luzerne fortiliera celte résolution et ne lui laissera point ignorer tout le gré que le Roi lui saurottsi« parsonentromisc, l'administration de la justice pou voit être rétablie sur un pied solide en Allemagne, plus encore, s'il prévenoit|»ar sep< offices amiables la scission dont TEmpire paroil être menacé.

La plu9 belle branche des revenus dont l'Électeur de Bavière

peut disposer librement comme d'un fonds puremeut domanial,

c'est le commerce du sel qu'il fait en Souabe et en Franconie. Ce

ftcl provient en partie des salines de Reichenhall, qui lui appar-

tieiioeot en propre et en partie de celles de Sull/bourg et de Ber-

Iholsgaden, Mir te produitdesquelles les ducsde Bavière exercent

d'az&cienneté un monopole général, à l'exclusion même des sou-

fwniDS de ce« deux petits poys. La chambre des fmances de Ba-

viArva voulu étendre le débit de ce sel justpi en Suisse. Elle étoit

parvenoe à conclure des contrais fort avantagcnix avec plusieurs

cantoas et avec une partie des Grisons, quand la cour de Vienhe,

soit pour favoriser ses salines du Tyrol, soit pour se rendre maî-

trsasa du commerce des sels de Bavière et pour augmenter la

dépendance de l'Helvétie à son égard, trouva moyen de fermer

max voiluriers de cette denrée toutes les approches du lac de

ConJitance par lequel elle devoit être répandue en Suisse. Ce ne

fat qu'avec de» peines infmies que l'Électeur pur\ int enlin h aou-

vrir le port de Buchom et h former dans celte petile >'ille impé-

rinl« un entrepôt des sels do Bavière ; mais cet établissement

o'eat encore que purement précaire, 'et l'empire despotique que

LE CHEVALIEH DE LA LUZEBME. I??*.

le conseil auliquo de TEmperenr exerce sur les rilles impériale», spécialemout sur ctillts du Iroisième ordre, le détruira, rpiaod tl plaira h la cour de Vienne de Tenlreprendre st^rieusenirai. Cette matière nous iiiti^re^se /k plusieurs égards, mais bea»* '<ni

par rapport à la concurrence des sels de Bavière av^^ ..^^ Je Lorraine et de Kriuirhtv-Comlé dans Tapprirvisionnement de In Suisse, que relativeineni au projet que le ministère autrichioi parott avoir formé de cerner la Suisse dp toutes parts et de li nu'tlre dans sa dépendance la plus (étroite, en lui coupant siïseomnumications directes avec l'Allemagne. L'envoyé extraordinain du Roi informera Sa Majesté de tous le^ faits qui ont quelque rapport h cette matière et il les suivra avec attention et a\*Bc àt' conspeclion.

Le sieur chevalier de la Luzerne est parfaitement instruit de tout ce qui concerne les rapports dans lesquels l'Electeur de Bavière se trouve vis-A-vis de la France relativement an riment de Royal-Baviôre. Le traité que le sieur de Folanl a conclu à ce sujet renferme tout ce qu'il importe à l'envoyé extraordinaire du Roi de connoîtrc à cet égard pour remplir entiërenumt les vues et les intentions de Sa Majesté. L'officier major qui préside à l'établissement des recrues à Douauwerl est spécialemenl cliargé de l'exéenlion de ce traité dans la partie la plus essaotielle. Le sieur chevalier de la Luzerne se contentera d'appuycf ses demandes et ses représentations, si le cas échoit d'en faire aucune; mais il ne paraîtra directement dans toutes ces affaires qu'après avoir mis en avant le comte de Dnun et dans le moment seulement où cet officier, qui est le plus intéressé à maÎDlenir nos arrangements, ne pourroil ou ne voudroit pas agir avec toute l'efficacité nécessaire.

Le siour chevalier de la Lu/erne sera exact à tenir une correspondance régulière avec le ministre des alfaires étrangères, mais il pourra réser\'er les choses les plus intéressantes, cellf' qui demanderont le plus de secret, pour n'en rendre compte rpje par les courriers <jue l'amhassadeur du Roi k Vienne envoie de temps en temps. 11 fera prudemment d'attendre ces sortes d'orcasions pour faire nipport de tout ce qu'il pourra pénétrer Jrt dispositions que la cour impériale ou d'autres cours pourroient

PEVOinS DES AMBASSADEinS.

ire pour l*arrangoincut éventuel do la succession do Bavière,

in»! que lies ouvertures et propositions qui pourroîent lui être

lies, soit par Iblccteur lui-mèmo ou par d'autres. Le siour

rn de Breleuil' sera prévenu d ordonner h ses courriers do

îmrr^ivT h Municli pour y prendre les di'^pèchcs de l'envoyé

;lraordinuire du Roi et les expéditions qu'il aura à envoyer.

Indépendamuieul des objets 4{ui ont été indiqués dans le pré-

il mémoire et sur lesquels le sieur chevalier de la Luzerne

idra une correspondance suivie avec le ministre des

étrangt»res. il fera aussi entrer dans ses relations tout ce

li peut faire couiioltro Tétai intérieur de Télectorat de Bavière,

[uî de ses forces militaires ainsi que de ses ressources en tout

^nre ; il parlera aussi des principes et des succès de l'adminis-

itioo. Le Roi désire qu'il forme quelque temps apr^s son

tvée un tibleau général de la situation de cette cour relative-

lia tous ces objets; ses relations subséquentes se rap|)orte-

il à ce tableau et lui serviront de supplément.

Sa Majesté désire également qu'à la fin de chaque année l'en-

lyé extraordinaire du Roi fasse, dans un mémoire particulier,

résumé, non seulement de ses négociations pendant le cours

r«ttc année et des négociations des autres cours à Munich,

M»si celui des événements principaiix qui s<* seront

•ous ses yeux, de ce tjui concerne le cérémnnial, de

qmsera relatif au caractère et aux inclinations de l'Électeur

d4»flOs ministres, en un mot de tous les objets qui pourront in-

le bien du service de Sa Majesté ou sa curiosité person-

Emfin il terminera sa mission par la rédaction d un mémoire éral qui constellera la situation où la cour de Bavière se trouau moment de son départ relativement k loua les points qui ni fixer rattention du Hoi.

Sa Majesté voulant au surplus que ses ministres, après qu'ils •onl revenus auprès d'Elle,remeUenl on original les inslructions, Icft chiffres, tous les papiers concernant son service, le tout avec inventaire sur la vérification duquel il leur est donné une dé-

I. Voir Les itutructkon* donn4«« i c«t iimba»iad«ir dan* lo volam* Autriche, ffMM U. Souiu [<I>. 453 «i 501 .

378 LE CHEVALIER DE LA LUZERNE, n76.

charge, Tenvoyé extraordinaire du Roi voudra bien se conformer à cette règle.

Comme il est important d'assurer le secret de sa correspondance avec le ministre des affaires étrangères, on lui remettra plusieurs chiffres dont l'état sera joint au présent mémoire, ainsi qu'une instruction sur la manière d'en faire usage.

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