‹ Bavière, Palatinat, Deux-Ponts avec une introduction et des notesChapitre 167 sur 256 · Charles III Philipi · texte numérisé non relu

Charles III Philipi

«. Charles VI était mort le 20 octobre 1740.

GRAVITÉ FIES CinCONSTAfîCES.

part de Sa Mnjesié ne lui donne point de caracl^re public, il u'a mcun cérémonial k Gxigi»r pour sa réceplion et son traitement à la cour |»alaline, et il doit se contenter des honneurs que l*Electeur et srs ministres et |)rinr.i|mux officiers se porteront d'eux-mèmea lui faire; mais c'est une raison qui doit te rendre d autant plus attentif à se concilier par In sagesse de sa conduite la considi^ra* tion, loH attentions et tes prévenances qu'il peut désirer.

La première démarche qu'il aura à faire à son arrivée à Manbeiro, sera d en donner part au baron de Sickingen, grand chambelUn de rKlectcur, et de visiter ensuite ce principal officier pour sjivoir le temps et la manière dont il pourra être présente à ce prime ei entrer en fonction en lui remettant la lettre de créance que le Roi fait joindre à la présente instruction. Le sieur mari|ni» de Tilly doit employer en cette première audience les expressions li'S plus convenables, pour bien assurer rÉlecIcur de l'amitié véritable que Sa Majesté lui porte, et do l'inlérèt partic«ilier qu'Elle vent toujours prendre à ce qui pourra contribuer k sa satisfaction, Sa Majesté ne désirant que s'entendre on tuuti* conliance avec lui sur tout ce qu'il estimera pouvoir lui être ^* vluft avantageux et à sa maison électorale dans les eircon- ••» présentes.

Elles vont, selon toute apparence, donner lieu à de grands mouvements dans l'Kmpire, qui ne pourront qu'influer considérabloment sur les affaires générales de rMurope, Les objets que la vacance du In'tnc iuipérial dtiit faire envisager dans la diver* ftilc^des prétentions, des vues et des intérêts des électeurs en gê* D^ral et de chacun doux en particulier, relativement à ta pro- ' ■.''.u3 élection d'un empereur, ont tant de faces différentes, et ^ .. . ••ni en peu d<' temps recevoir une telle variation, que le» mini»tri*« de Sa Mîljeî^lé en Allemagne ne peuvent dans ces circonstances veiller avec trop d'attention et d'activité h tout ce qui s'y KMtni, qui pourni fain» juger certainement des dispositions de rux qui pourront le plus influer sur le t^lioix du nouveau chef à j^omnerh l'Empire. Mais, quelle tpje puisse ôtre leur vigilance, ils pourront en être suflisanmient instruits ni donner des avis au Roi. qu'autant que ceux des électeurs qui sont le plus lincuts de la droiture des intentions de Sa Majesté se porlti-

DR*( INATRUCT. UIVLOHAT. VU. — 2g

TiHytlS DE TILL'

roni deux-mômes à leur coiilier ce qu'ils estimeront devoir lui J coinnitiniquer île leurs vues dans cette occiurence critique, pour ' obtenir son einiriMirs k re qui leur paraîtra le plus propre k nuiinlenir le repos et la tranquillité des princes et États de TEmpire. Le sieur marquis do Tilly doit donc sur toutes choses s attacher à ne rien faire a la courpalatîno qui ne serve à lui coneilii.T de plus en plus reslinie et la confiance de l'Electeur, et de ceux des ministres et officiers en qui il met sa principale confiauce; en sorte que, pouvant compter sur sa sagesse et sa discr/*tion, ib s accoutument insensiblement à n'être point trop réservés avec lui, et qu'ils croient pouvoir lui donner en toute confidence et sous le sceau du plus grand secret une connoissimce exacte et suivie de tout ce qui pourra venir à leur connoissunce sur ce qui se puisera de la part des électeurs et princes de TEmpire dans la Mie de la prochaine élection.

Entre les ministres qui entrent dans les conseils de I'LIbcteur palatin, il paroil que ceux dont il suit le plus les avis, soal le baron de Sickingen,son grand chambellan^ le sieur d'Halberg* son cbnnnelier, et le pt''r»> Se*'dorf, jt**suitc, son confesseur. Le sieur marquis de Tilly pourra par lui-mùme connoître en peudf temps leurs différents caractùres, et distinguer celui d'entre eux qui a te plus de crédit et d*inOuence sur les résolutions de TÉtecteur leur maître; mais il ne peut *^tre que tri's utile qu'avant son arrivée à la cuur palatine il reçoive de la part de Sa Majesté di' premières notions sur les raisons qu Elle a de penser diFfércmment sur ces trois principaux officiers de l'Électeur palatin.

Les sentiments du baron do Sickingen. qui fait les fonctions de son premier ministre, oui toujours paru répondre à su naissance. 11 a témoigné en toutes rencontres rattachement le plu» sincère à la personne do l'Electeur, etdé&irer que toutes le* résolutions et les déman-hes de ce prince fussent fondées sur h^ motifs les plus justes, et ne tendissent qu'au bien des différentes branches de sa uiaison électorale et à l'avantage de ses sujets. Cest sur ce principe qu'il n'a cessé do diriger ses conseils, et rElccteur en est si convaincu qull le regarde véritablemuDt connue un ami de confiance, dont il paroU respecter la droiturect les bonnes intentions. Mais l'amitié que ce baron porte de

PERSONNEL DE LA COUK PALATINK.

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;cteur, lui a souvent fail appréhender luns des embarras irer sa santi'

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causer des chagnns capaDies a aiierer sa sani*', ac ruiner son bon tcnipénunenl cl d'abréger ses jours, si, résistant ouvertement et avec éclat aux intrigues formées dans la cour de ce prince par ceux, qui ne cherchoient auprès de lui que leurs intérêts, il eût entrepris de lui dévoiler entièrement ce qu'il savoil de leur mauvaise conduite et de leurs manœuvres au préjudice du bien de son service. Par ci*s ménagements, il sembloit qu'il attendit quelque oeeusiou favorable et décisive pour ouvrir les yeux à TElecteur et se mettre pleinement en possession de la direction de ses conseils; mais 'étant pas accoutumé au travail assidu cl continuel qu'exigent les fonctions du ministère, il a été facile aux autres ministres de celte cour de ne lui laisser parvenir La connotssance des afTaires le lorsqu'ils les avoîeut conduites au poiut de ne pouvoir être [écidées que conformément ù leurs vues el à leurs inlériMs, et ils I ont, par ces moyens habilement ménagés, pris un tel ascendant sur l'F.lecknir leur maître dans radministralion générale de ses ufTaires que le baron de Sickingen n'a pas conservé toute l'influence qu'il auroit été à désirer pour leur décision, ^H C'est actuellement le chancelier d'Halberg qui est en posses- ^Hon delà principale administration des aflaires dans cette cour. ^Ka confiance sans réserve que TElecteur son maître lui témoigne ^est fondée sur Topinion qu'il a de Thabileté de ce ministre dans y^es affaires; mais il a paru en diverses occasions que TF^Iecteur ^^e compte pas également sur son désintéressement et sur sa pro- ^^ité. Ce prince est môme instruit do divers traits de la conduite que ce chancelier a tenue dans les dernières années pour acquérir de grandes richesses el pour se mettre, au moyen d'un litre de conseiller aulique [de TErapereurJ, à couvert des recherches (jui

Ipourroient un jour être faites contre ceux qui se trouveroient fcvoir abusé de la confiance de l'Électeur pour s'enrichir aux dépens de ses peuples. Mais ce sont des choses que le sieur marquis de Tilly doit paroltre ignorer entièrement, rintention du Itoi étant que ces connoissances lui servent seulement pour être plus en état de veiller à l'accroissement ou à la diminution de la faveur de ce chancelier auprès de TElecteur son maitre, et que

d'ailleurs il ménage [les tëmoignages de] sa confiance pour ce ministre sur le degré d'utilité qu'il pourra espérer d'en retirer pour le succt^s des aiïaires qu'il sera chargé do suivre à la rour palatine. En général, le Roi a tout lieu de penser que le sieur d'Halberg ne démentira pas, dans les t'irconslances présentes. rattachement qu'il a ci-devant marqué pour les intérêts de la cour do Vienne. Sa partialité pour le fou empereur n a que trop paru en diverses occasions, et c'est une raison de juger que. continuant de suivre les impressions des ministres do lette mt^mc cour, il emploiera tout le crédit qu*il parolt avoir sur rÉteclear palatin pour le succès des ^^lcs du grand-duc do Toscane* sur la dignité impériale. C'est un point sur le(|uel le sieur marquis de Tilly ne peut veiller avec trop d'attention, en sorte que Sa Majesté puisse être instruite & temps de Kimprossion que de pareils conseils pourroienl faire sur cet Électeur.

Lo Prro Soedorf, son confesseur, a paru avoir dans les dernières années un tel ascendant sur son esprit qu'on peut juger que dans une conjoncture où la religion paroîl si essentiellement intéressée, ce prince lui découvrira, préférablement à loul autre, ses dispositions les plus secrètes relativement à la prochaine élection k la dignité impériale; mais ce religieux se gardant bien de témoigner jusqu'A quel point TÉlecteur porto sa confiance en lui, le sieur marquis de Tiîly ne peut guère compter d'en tirer les lumières nécessaires sur un objet aussi important; toutefois il sera de son habileté de cultiver avec tout le soin possible la confiance et l'amitié de ce confesseur, pour profiter de toutes les occasions de lui faire observer que, dans cette occu^ reuce extrêmement délicate, le Roi n*a rien plus à cœur que k^ intérêts do notre siiinle religion, i'i que Sa Majesté ne souhaita rien avec plus d'ardeur que do voir élever sur le trône impérial celui qui sera le plus en état de maintenir la catholicit*^ dan» rKmpire et do gnnintir les Etats catholiques' contre les ualrcprises des protestants.

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