‹ Bavière, Palatinat, Deux-Ponts avec une introduction et des notesChapitre 18 sur 256 · XXX IV · texte numérisé non relu

XXX IV

sa tête tous les États de sa maison... Il sera sans contredit lo plus puissant d'entre tous les princes d'AIleinaf;^c, h Texception de l'Empereur et du roi de Pnisse.

Mais la France n'était point seule i\ tenir ce raisonnement, la Prusse pensait de môme ; il était à craindre que le duc ne se montrât plus reconnaissant pour la puissance qui avait pris les armes en sa faveur en 1778 (juc pour celle dont l'aciiou s'était bornée à garantir la paix de Teschen; il fallait le modérer dans son enthousiasme, sinon l'en distraire entièrement :

Ce prince s'est Kvré à la cour de Berlin* et il Ta dû parce qu'elle a tendu la main h la maison palatine lors de l'ouverture de la succession de Ba>ière. Son Altesse Sérënissime se rendroit coupable d'ingratitude si elle cbangeoil do conduite et de sentiment à l'égard du roi de IVussf^, et le Roi le drsire d*autant moins que ce monarque est et doit Atre le point de réunion des Etats de l'Empire contre les entreprises de l'autorité impériale, que le duc de Deux-Ponts sera t*jt ou tard le plus puissant d'entro les électeurs, et que sa conduite aura nécessairement une grande influence sur le sort de TEmpire.

Mais en m&me temps qu'il con\ient au duc de Deux-Ponts de ne rien changer à ses rapports politiques avec la cour de Berlin, ilseroit nécessaire qu'il marque beaucoup d'égards et de ménagements pour celle de Vienne; le lloi lo désire, parce que d'un côté l'Empereur est son parent al son allié, de l'autre qu'il peut avoir maintes occasions de donner des désagréments h M. le duc de Deux-Ponts.

Cette réflexion conduit naturellement au mémoire envoyé il y a quelque temps par M. lo duc de Doux-Ponts. L'objet de ce mémoire est une association entre les principaux Étals de TKmpire pour s'opposer aux usurpations derEmpereuret maiutenirlacouËlilutionotla liberté germanique.

Ce syslt'me est parfaîlement conforme à l'intérêt politique du Roi etSa Majesté verraavec plaisirque les Klatsde l'Kmpire réussissent à le consolider; mais la marche à suivre pour remplir un but aussi important est bien délicate et demande bien dos précautions ; en effet, soit que l'on échoue, soit que l'on roussisse, les auteurs et les conducteurs du projet seront en butte à la haine de l'Empereur, et ce prince ne négligera probablement rien pour leur donner des marques de son ressentiment. Celle raison conduit le Roi A penser que M. lo duc de Deux-Ponts, sans se refuser h. l'association dont 0 s'agit, ne doit point en être le promoteur, et qu'il doit encore moins être le centre et le conducteur des négociations. Lorsque ce prince sera pro-

1. Note JAstrucUve pour le sieur Pfeffal, agent orScionx, 1784, p. 573.

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