TUTELLE DE SAXE-WEÎMAR
co-tuteur jusqu'à ce qu'elle fût majeure ou qu'elle eût obtenu dispense d'&ge de l'Empereur, et le roi de Danemarck* en qualité de tuteur honoraire.
En oonsëquence, la duchesse s'est adressée à l'Empereur et la dispense d'âge lui a été accordée ; mais Sa Majesté Impériale a jugé à propos d'y mettre pour condition que le roi de Pologne électeur de Saxe * lui seroit adjoint en qualité de co-tutcur. Cette nouvelle condition a été regardée comme une extension de Fantorité impériale au préjudice des droits des États de l'Empire en général et aux pactes de famille de la maison de Saxe de la branche Emestine en particulier, lesquels autorisent la tutelle testamentaire et à son défaut la tutelle légitime ; d'après ces considérations, l'entreprise de la cour de Vienne a trouvé une entière opposition de la part de la duchesse de Weimar et des tuteurs testamentaires. Elle a excité les alarmes desprîncesde la branche Emestine et donné de l'ombrage à tous les princes d'anciennes maisons d'Allemagne qui ont cru voir dans cet acte d'autorité du conseil aulique le dessein d'attenter à leurs droits, et de renverser leurs pactes de famille qui sont le principal soutien de leurs maisons.
Les tuteurs testamentaires, pour soutenir leur opposition à la co-tutelle de l'électeur de Saxe, ont publié plusieurs mémoires qui ont pris du crédit dans l'Empire. Malgré cette fermentation, le conseil aulique a jugé pouvoir aller en avant, et il a donné un nouveau décret qui confirme la nomination de l'électeur de Saxe pour co-tuteur.
Le Roi n'a pas voulu se mêler directement de cette affaire ; mais, prévoyant l'embarras dans lequel la cour impériale alloit se mettre si elle s'obstinoit à soutenir les procédures du conseil aulique. Sa Majesté lui a fait suggérer plusieurs expédients propres à mettre son honneur à couvert, et à concilier les intérêts des parties. Les avis de Sa Majesté ont fait impression ; la cour impériale s'est déterminée à se faire demander par la duchesse de Weimar la dispense d'âge sans restriction, et par l'électeur de Saxe d'être dispensé de la co-tutelle par la difficulté d'y satisfaire