SUFFRAGE DU DUC DE DEUX-PONTS
tts à persister duns sa proini^re résolution ou à son d(>sis(or, Majesté a demandé et obtenu de ce prince (|u'il prescriroit au ïurTeuffel do ne point ftiire usuge de ses lettres de créance jus- 'h nouvel ordre; ninisen inênie temps le Roi a fuit remettre à cour de Vienne un mémoire, par lequel il est démontré que seulement tous lesdangers que la cour impériale porolt appréhender n'existent pas, mais qu'il seroit mémo contraire aux înlérAl» de la cause commune que, dans un temps où les protesiitft mal intentionnés font tous leurs efTorls pour opérer une ifMÎon. Ton prit le parti de retrancher un suffrage ami dans le corps protestant où il peut ôlre d'une grande utilité, pour en ajouter un au corps catholique où il seroit superllu. puisque la pluralité y est déridée en faveur de la bonne cause. Comme la cour de Manhoim sollicitée par celle de Vienne a fait au Hoi lesfinémes représentations que celle-ci, on remet au sieur Dalesme ttttc copie du mémoire envoyé à Vienne, afin qu'il puisse sen iserv'ir pour faire connoltre aux ministres pnltitins que la résolution prise par le dur de Deux-Ponts de continuer à donner son dulTra^' parmi les protestants n'est contraire à aucune règle, et i{oVI|« m* trouve entièrement conforme aux intérêts de la cause commune.
L'Klecteur a fait faire, comme on vient de lu marquer, des reprt^sentations sur cet objet au Roi : ce prince sans doute a été {neit<^ à ortte démarche par la cour de Vienne. Le sieur Dalesme tvera dans les papiers du sieur Picard la lettre du sieur de tqncnbonrp; h c.o suje'l, et la réponse du duc de Choisent, laqprlii* lui ser\'iru d'instruction sur cette matière.
Apr^ avoir exposé Tétut des uiïaires qui doivent occu|)er ralleiition du ministre du Roi, l'on croit devoir, pour faciliter négucialifjns, lui donner une idée du caractère de l'Électeur lie l'Klectrice, et des personnes principales avec lesquelles il aura k négocier.
L'Electeur fait orofi'ssion do la plus exacte probité, et il paroit •ecuîble à ce qu<' l'on en soit persuadé. Ce prince est natuleut timide et réservi*, et son maintien est froid, mais un que son cœur est capable d'amitié, et que si on ne l'acquiert que difTicilement, elle n*en est que plus durable.
M. D'aLESME, 17î».
<Juanl ù su fai;oD do pcuscrsur les allaîros publiques, il a paru ri-dcvant qu*iiulépeiidammentderintérèt de aituation, TÉlecteur éloit porté pour la France ; mais depuis le miaisttêro de M, de Wrfede, donl les inauvais«*s intitulions ont forci^ Sa Majest*' de demander le renvoi, on n'a prouvr que supercherie, procëdég équivoques, mauvaises difficultés et souvent des mar4|ues de mauvaise vulootô de In part de la cour palatine, depuis même que li^ traité est renouvelé. Si eetto cour s'est prêtée À des facilités puur le siTvicc des troupes du Roi, elle a élev^ ini menu» temps uiîllu diffirullés en Alsace contre lu souveraineté de Sa Majesté.
De ce mélange do bonnes et de mauvaises disj)osi lions, Toti peut conjecturer que T électeur n*a pas de fai-on de |M?nser A lui, qu'il iif vuil les objets que sehui la teinlun* qu'il plait à si-s ministres d'y donner, et que par conséquent il n'y aura pus grand fond à faire sur les assunmees que co prince donnera de stA bonnt^s inlentions, tant qu'il y aura des ministres mal îutentionnè à sa cour.
L'Klectrice palatine *, qui jusrpi*à présent n*avott eu oiicuoe inlluencH dans les affaire-s, y en a beaucoup actuellemcat. d elle puroll ûtre prévenue peu favorablement pour la France; \v motif qu'on y donne est l'amitié tlu Roi pour le duc de Di*ux* Ponts. Cette princesse s'est imaginée que le duc, dans le cas oii il deviendra maître de l'électorat palatin, a formé le dessein Jb retenir la possession des duchés de Berg et Juliers, et que la France lui doit accorder sa protection. Si l'indisposition de rKleclrice conti-e la France n'a jwis d'autre cause, il paroil qu'il sera aisé au sieur Dalesme de la détruire en faisant valoir dtiDâ ses (entretiens, quaiul il en aura l'Dccasion^ la garantie de la |tu»session des duchés de Berg et Juliers que le Roi a donnée en 1757 à rKiecteur et aux princesses do SuUbach, et nomménietit à rÉlectrice palatine, et qu'il vient do renouveler par le dernier traité. Enfin piir la garantie de cette môme possession que Sa Majesté a procurée de la part de rimpéralrice Reine à l'Élect^uT et à rÉlectrice.
1. La pnucesse KlisubelU-Augaste, âllc de Joseph-Cbarloa. comt« paUl^ ^* Subtbach, qu« Charlea-Thiiodorc avait époiuée 1« 17 junrier 17tS.
PERSONNEL DE LA OOUH PALATINE
^^ Trois minisires composent le conseil d'Étal de l'Électeur, ^■oir : les barons de Wachtondonck. Zettwitzet Beckors. ^pLe baron de Wachtendonck est proprement le ministre des affaires olrangt-res, quoiqu'on les traite aussi avec les autres ministres d'Ktai. Il a marqué jusqu'à prêsenl le zèle le plus ardent et le plus sui\n pour le maintien de l'union entre le Roi et l'Électeur; et comme Tonna que lieu de se louer de In franchise et de la conciliation qu'il a porlt^es dans les affaires, le sieur Dalesnie l'assurera de l'eslinn» et de la bienveillance du Roi,
Ësi que de la confiance de son conseil dans ses bonnes disposiis, et il s^attacbera particulièrement à lui, en observant cependant de ne donner ni Jalousie, ni mécontentement aux autres ministres.
ÏLe baron de Zetlwitz, qui est à la tète des finances, parolt r aujourd'hui la principale part dans la confiiuice de rÉlecet surtout do rÉleclrice ; on le dit brusque, entêté, n'ayant usage des cours ni des affaires politiques, captieux dans ses discours, et surtout très prévenu contre la France. Le ministre du Roi iMnpIoiera les ^*gards, la douceur et tous les dehors de la ^■fiance pour le ramener au véritable inUïr^t de son maître, qui ?^t autre que la persévérance «laiis les liaisons de bonne intelligimce et de bon voisinage qui viennent d'être renouvelées. Du reste, il sera très circonspect avec lui dans le commerce d'affaires et fort en garde contre les propositions qui viendront de sa pari, surtout dans les discussions qui eoncerneroiil l'Alsace. ^H Le baron do Bcckers, qui a le ministère de la guerre, a été ci- ^Bjuit très suspect à la France ; mais depuis son voyage ù cette ^Br, ofi il a signé le dernier traité entre le Roi et IFllecteur, il ^■Duné les plus fortes assurances do sou attachement à Sa MagBté et de sou désir de contribuer de tout son pouvoir an maintieii de Tunion, au renouvellement de laquelle il a ou tant do part. En conséquence le sîeur Dalesnie lui marquera beaucoup de ^^ftidératiou et de coniiance dans ses bonnes dispositions ; mais ^K'en sera pas moins attentif à ses démarches, et s'il le voyait ^fturter des principes de conciliation qu'il a paru adopter, il ^^ora de l'y rappeler par l'intérêt qu'il a de travailler à affermir ou ouvrage qu'il doit regarder comme le sien, par la connoissance
M. D'ALESME. |-;5n.
qu'il a eue des senliments du Hoi pour l'Klecteur en les voyaiil dans leur source, ontin par la confiance que le Roi et son conseil ont(li\ pri'udre dans les assurances réitérées qu'il leur a données de s'attacher plus particulièrement qu'un aulre à entretenir et resserrer les nu'uds de l'union qu'il a renouvelée entre le Roi ot Son Altesse Electorale.
Quant au cérémonial à observer, le sieur Dalesme doit prétendre en général le même traitement h la cour palatine 'jin'le ministre impérial à grade égal. Il ne doit céder le pas qu'à lui. et il doit le prendre sur tous les autres ; pour lui donner des nolions particulières sur cet objet, on joint ici la relation du cérémonial pratiqué h l'arrivée du biirou de Zuckraantfl, et qui est le mfme qui a été employé lorsque le nuirquis de Tilly a pris congé Je la cour de Manheim; à Tégurd du traitement pour les temps ordinaires, soit que la cour se trouve à la ville ou à la campagne. le sieur Dalesme saura bientôt quel il doit Ôtro, et il en fera une relation très exacte qu'il enverra au sieur duc de Choiseul.
Pour ce qui est de la conduite à observer avec les ministres étrangers, le sieur Dalesme doit avoir latt^fution de vivre dans la meilleure intelligence avec ceux dont les souverains sont dlliés du Roi, et surtout avec le ministre de Leurs Majestés Impériale» qui de temps à autre se rend à Manheim.
A cette occasion, on ne doit pas laisser ignorer au sieur Dalesme que Sa Majesté, ayant appris que la cour de Londres vouloit envoyer le sieur de Crossener à TÉlecteur en qualité de ministre d'Angleterre, fil instruire le baron de Beckers avant sou départ de France de toutes les raisons qui dévoient empêcher Son Altesse Electorale de le recevoir. En conséquence, il lui fut représenté que le sieur de Cressenor étoit le même qui, résidant à Liège, avoit excité tant de troubles contre le cardinal de Bavière, que ce prince avoit été obligé de le faire sortir de ses Etats; qu'à Cologne, il n'avoit rien oublié pour soulever les sujets de l'électeur contre lui, et qu'il y avoit entretenu des corresjHuidancesel fait des manœuxTes si dangereuses contre les armées du Roi et contre les intérêts de la cause commune, que Sa Majesté avojt été forcé de le faire sortir de ladite ville. On fit sentir do plunà M. de Beckers qu*un tel ministre ne pourroit que tra>-aillerà
DBVOIHS r»ËS AMBASSADEl'HS. 4^9
ruriioii i]ui vient d'être bî heureusement renouvelée
entrv le Hoi et Son Altess*? KIt'cloriile, et que plus le Roi en dési-
roil raffennissemenl, plus il devoit souhaiter que TEIecteur
^niadmlt point un piireil sujet, et plus Son Altesse Électorale de
^Lon c^té devoit aux preuves distinguéesqull a reçues de rcstinio
BbI de laniitié du Roi rattention de no pas recevoir ledit sieur de
^fer«:Sâenor àsa cour. On ne doute pas que la relation que le baron
^dc Beckers aura faite de ces représentations n*ait fait une forte
ÎDipresaion sur rKlecteur; mais s*il en étoit autrement , le sieur
I Dale»nie ne ninni|uera pas de tenir te iin^nie langage qni a été
Chenil au baron de Bockers, et il ne négligera rien pour que la
HDuur do Manheim n*admette ni le sieur Cressener ni autre pour
^Tninislrc d'Angleterre, pendant la durée de celte guerre.
I C'est sur tous les objets qu'on \ient d'exposer, et sur tous
Bbeux que les circonstances feront naître pur la suite, que le sieur
Dalesme aura soin d'entretenir une con-espondance exacte avec
le sieur duc <le r.hoiseul, ministre des affaires étrangères.
kPour en assurer le secret, on lui fait remettre un chiiTre nouuu, qui, avec ceuxqu'il trouvera ù Manheim et dont l'étalestciint, lui serviront à soustraire ses lettres à rinfidélité des postes dAUemagne.
Lorsque les avis qu'il aura k donner seront d'une crrtaine
conséquence, il pourra envoyer ses lettres par une estafette ou
H^r un expn>s au commandant de Landau qui les fera passer
^n la cour par la poste de France, et dans les cas qui requerront la
^klus jrrande célérilé, il les enverra par un exprès jusqu'à la cour.
^ft Kniin le sieur Dalusme ne manquera pas d'entretenir aussi
^Béi correspondance suivie ave^^ les ministres du Roi en Allemagne,
at surtout avec le sieur Kemfer, ministre plénipotentiaire de Sa
Majeaté pr^ l'électeur do Mayencc. ainsi que prés les cercles des
Uautet Bas Rhin et de Wcblpbalir, avec luquel il se concertera
sur liw affaires communes auxdits cercles et relatives au service
des troupes de Sa Majestr*.
Llotention du Hoi étant que t<^us sos ministres dans les cours étrangères lui remi*ttent h leur retour une relation détaillée do tout ce qui se S4*ra passé de plus important dans le lieu de leur résidence, soit par rapport aux négociations dont ils auront été
wo
H. bALESMB. MMk.
été chargés, Hoit sur le cérémoniai, l'dtal des cours et des pavB où ils auront él^ employés, sur le rarurt^re et les iiiclinatiousdes princos et de leurs ministres, unfm sur tous \g6 objets qui peuvent intéresser le bion du ser\îce do Sa Majeat«5 on sa cnriositè particuliiTc. lo sieur Dalesine aura soin de former sur la fin de sa mission un mt^moire qui rassemblera tous ces détails.
Le Roi voulant encore que ses ministres après qu'ils seront revenus auprî»s de Sa Majesté» remettent en original les instructions, les chilfres et tous les papiers concernant son senice, le tout avec un inventaire sur la vérification duquel il leur est donne une di^charge, le sieur Dalesme aura attention de sy conformer.
ADDITION A L I^STRI'CTION DU SIEDR D AUKSME. 29 JUILLET 1759*.
— VRRSAIIXES.
Le ministre plénipotentiaire du Roi près TÉlecteur palatin verra dans ses instructions que sur les réquisitions du procun'iir du Roi le conseil supi-rieur d'Alsace a nommé un commissain^ pour informer de l'entreprise téméraire des officiers palatins du bailliage de Sellx, qui en 1757 ont affiché dans la ville de ce nom. au préjudïcede la souveraineté du Roi, les avocatoires de l'Kniporeur contre le roi de Prusse, électeur de Brandebourg, et que les bailli et greffier dudit bailliage ont refusé de comparoltre aux deux assignations, qui leur ont été données par le couimissinrc du conseil d'Alsace, «pioique le conseil fût en droit de procéder contre eux extraordinairement, pour les punir de leur rébellion. Cependant Sa Majesté, pour déférer aux désirs de rKiecleur jwlalin, a bien voulu faire suspendre la procédure jusqu'à nouvni ordre de sa part; mais comme l'entreprise des officiers palatins,