‹ Bavière, Palatinat, Deux-Ponts avec une introduction et des notesChapitre 2 sur 256 · ANCIENNE LIBRAIRIE QERMER BAILLIERE ET C» FÉLIX ALCAN, ÉDITEUR · texte numérisé non relu

ANCIENNE LIBRAIRIE QERMER BAILLIERE ET C» FÉLIX ALCAN, ÉDITEUR

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'*Ge n'est point ici une \Tiste scène où des acteurs c*5lèbres représentent des pièces à spectacle, c'est un théâtre de second ordre où ne figurent gu^re que les débutants de la diplomatie; il n'est éclairé que par le reflet des lumières placées aux atontours. L'histoire des rapports de la Bavière et du Palatînat avec la France ne prête ni aux effets oratoires, ni aux exposés doctrinaux; elle n'a ni Tunité, ni les nobles allures qui caractérisent l'œuvre des ambassades de France t\ Vienne, à Londres et plus tard à Berlin ; elle est sans éclat et sans gloire. Est-ce à dire qu'elle soit dépourvue d'intérêt? Dans les petites cours se préparaient jadis les éléments de la grande politique; si le fil des intrigues qui sy nouaient paraît parfois ténu, ce fil, uni à d'autres, formait les liens solides qui ont si puissamment contribué à assurer à l'iincionne diplomatie française cette cohésion que l'on admire aujourd'hui.

A un autre point de vue encore, cette histoire mérite de retenir Tallention : elle est, à travers un siècle et demi de guerres, l'illuslration vivante de ces vérités qu'on a souvent besoin d un plus petit que soi, et que les petits payent les querelles des grands. Placés entre deux puissants voisins qui se disputaient leur concours, sans cesse tiraillés de l'un à l'autre suivant Tarn-

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bilioil on rindifTérence des princes qui les gonvemaient, le pli souvent iacapableâT et rarement désireux* de rester neutres entre la France et l'Autriche, les deux électorals ont plus fréquemment pèU que profité soit de leur action soit de leur absteation. si bien que le jour même où le hasard des successions les a réunis, l'on sest battu à pru[>os d'eux et malg^ré eux.

A tout prendre, et en dépit de quelques épisodes sanglants, Bavarois et Palatins ont moins souffert de la France que de leurs frères Autrichiens i on peut même se demander si, abandonnée par les Bourbons, la Ba\iêre ferait partie de r.Vllemagne actuelle, ou si elle ne serait pas réunie à la monarchie austro-hongroise. « Depuis près de deux siècles, » disait le comte de Verponnes dans son instruction au chevalier de la Luzerne en 1776', et riiîstoire ne peut que confirmer ces paroles, « depuis plus de deux siècles, les empereurs autrichiens nont pas connu de milieu, dans leur conduite vis-à-vis des électeurs de Bavière, entre CCS deux extrémités de les enchaîner à leur char par des caresses ou de les écraser par le poids de leur indignation, et l'une et Tautre de ces alternatives ont précipité la Bavière dans l'état de marasme où elle se trouve réduite. » La Bavière, il est vrai, comme le Palatinat, ouvniit aux ambitions de ses protecteurs un champ singulièrement favorable.

La famille de Wittelsbach, qui règne encore, avait été investie au xiu* siècle des possessions de la Bavière proprement dite et du Palatînul, les ducs de Bavière béuéficiant ainsi de la dignité électorale qui était dans la maison palatine. Mais, presque aussiiCkt, ces possessions se divisèrent entre les descendants d'Otton II rillustre, et c^est seulement à la Un du xvni* siècle qu*elles se sont trouvées dérinîtivement réunies sous l'autorité dun même prince.

Des premiers partages qui inlervinrentenlre les représentants des diverses branches de la maison de Wittelsbach, le plus important est celui qui fut conclu à Pavie, le 4 août 1329, entre les héritiers de Louis II le Sévère, à savoir son fils Louis, qui était devenu empereur, et les enfants de son autre lîls Rodolphe. La

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