‹ Bavière, Palatinat, Deux-Ponts avec une introduction et des notesChapitre 3 sur 256 · ORIGINES DES WITTELSBACH · texte numérisé non relu

ORIGINES DES WITTELSBACH

ligne rodolphine régna sur le Palatinat, la ligne ludovicienne 8ur la BaAnère ; en cas d'extinction de l'une d'entre elles, Tautre était appelle à lui succéder; la dignité électorale devait alterner ctntre les deux branches. Cet arrangement fut fréquemment violé par la suite; il n'en demeura pas moins la loi fondamentale de la maison de Witteisbach, et c'est en vertu de ses clauses que s'opéra en 1778 la fusion des deux lignes ludovicienne et rodolphine. Dans rentre-temps, il est vrai, la situation respective de ces deux lignes avait éprouvé dos modiiications considë* rabies.

En Bavière, la Bulle d'or do 1356 dépouilla coinplfetcmenl les ducs de la dignité électorale au profit exclusif des Palatins. D'interminables querelles de succession, suivies de nombreux partages, morcelèrent, réunirent, puis remanièrent les lois assi- ^lés aux successeurs de Rodolphe; des guerres incessantes les mirent aux prises avec leurs cousins du P;»latinaL. En lo06,f'iirin, par la pragmatique sanction du 8 juillet, Albert le Sage proclama l'unité et l'indivisibilité de la Bavière et institua dans sa maison le droit de primogénilure, qui mit un terme aux divisions intestines de la dynastie.

Le sort du Palatinat avait tout d abord été semblable h celui de la Bavière; il ne se trouva cependant pas aussi promptemenl réglé. Un partage effectué en 1410 répartit les possessions de la ligne rodolphine en quatre branches secondaires. Mais deux do ces branches s*éieignirenl avant que le siècle eût pris fin, une troisième au cours du siècle suivant; la dernière, originairement titulaire de Sîmmern et de Deux-Ponts, enrichie de Sponheim et do Veldenz par donation ou mariage, forma les rameaux de Deux- Ponts-Simmern, Deux-Ponts-Neubourg, Doux-Ponts-SulzbacL, et Deux-Ponts-Birkeufeld \ qui arpivèrent successivement à Télectoral en 15Sλ, 1685, 1742 et 1790. L'uriiM ihi Palatinat ne se reconstitua donc que par le seul jeu de la mort. Avant môme qu'elle ne fût entièrement restaurée, en 1778, Télecleur palatin, qui était alors un Su t/bach , Charles-Théodore, recueillit la succes-

I. Ka autre rnsipau, celui de Deux-Pont«-Klcebourg, occupa le tn>ne de Suèilo (!• IU4 à lits, gr&ce ru iDKriag:e do CatUeriae do Suôde avoc le comte p&latio Jean- Cacûnir.

sion de Ba\'ière, par suite de l'extinction de la ligne ludovicienne.

Toi est, dégagé des détails accessoires, le cycle compliqué que parcourut en cinq si^cles la maison de Witteisbach, pour revenir à son unité première* On aurait cependant une idée fort incomplète de son histoire, si l'on ne rappelait ici la baino persistante qui sépara presque jusqu'à la dernière heure les lignes rodolphinc et ludovicienne et qui, dans les grandes crises que traversa l'Allemagne au cours de cette longue période, les jeta constamment dans des camps opposés.

Les Bavarois, bien que les plus favorisés au point de vue territorial, ne pardonnèrent point aux Palatins de les avoir expropriés de rélectoral. Leur politique, aussitôt leur unité constituée vers la On du xv" siècle, fut commandée jusqu'en 1648 par Tambition de reconquérir leur ancien rang dans TEImpîre, tel au moins que l'avait défini le pacte de !3â9. De leur côté, les Palatins espéraient pouvoir reprendre quelque jour l'intégralité des possessions de leur maison. Une première guerre mit les deux parties aux prises au début du xvi* siècle et se termina à l'avantage de la Bavière. Aussitôt qu'éclatèrent en Allemagne les dissensions religieuses, le Palatinal embrassa la Réforme, tandis que les princes de Bavière demeuraient fidèles à l'Église romaine. Do nouveaux conflits en furent la conséquence.

Les grandes luttes du x\iV siècle tournèrent d'abord au profil de la Bavière : durant la première période de la guerre de Trente ans, dite période palatine ou bohémienne, l'électeur palatin fut vaincu ; en 1623, la diète de Ratisbonne le dépouilla de son titre au profit des princes de Bavière ; en 1628, l'empereur accorda à ces derniers l'hérédité du titre électoral et leur concéda le Palatinal supérieur, une partie du Palatinal du Rliiu, puis en 1631 les Gefs bohémiens du Ilaut-Palatinat. Il semblait que la question qui divisait la maison do Witteisbach fût à jamais résolue k l'avantage de la Bavière. Mais la seconde partie de la guerre de Trente ans, plus heureuse pour le parti prolestant que soutenaient la Suède et la France, vint tout romellre en question. Le territoire bavarois fut dévasté. A la paix de Westphalie, un compromis intervint : la Bavière restitua le Palaltnat du Rhin, mais

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