BAVIÈRE
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VJI, — I
M. DE VAUTORTE
Malgré les revers qu'il avait éprouvés dans la seconde partie de La guerre de Trente ans, le duc Maxiipilien s'était vu reconnaître par les traités de Westphalie la dignité électorale, que la diète de Ratisbonne lui avait conférée en 1633, et la possession du Palatinat supérieur, dont il s'était emparé en soutenant l'empereur Ferdinand 11 contre Téiecteur palatin Frédéric V. Cet accroissement de puissance faisait de Maximilien un personnage dont lappui pouvait devenir précieux dans un avenir prochain et qu'il importait, dès le lendemain de la paix, de ramener à de bons sentiments à Tégard de la France, ne fût-ce que pour Tempêcher de prêter un appui secret à TEspagne.
De là, la mission de M. de Yautorte ; de là aussi, les projets d'alliance entre la France et la Bavière que Ton forma à Versailles. Le cardinal Mazarin était premier ministre et Loménie de Brienne ministre des affaires étrangères. Il ne parait pas qu'il fut donné suite h cette mission, M. de Yautorte ayant signalé quelques difûcultés à la conclusion du traité. Sa correspondance ne dit pas qu'il s'en soit acquitté. L'instruction n'en est pas moins intéressante à feproduire, comme indice de la direction que cherchait alors à prendre la politique française.
M. DE VAUTOHTE, 1649.
INSTUUCTION POUR M. DK VAUTOHTE ' S EN ALLANT VERS H. L ÉLEC- TEUR DE BAVifcRE. — (août?) 1649*.
Le voyage que le Hoi, par Tavis de la Reine régente sa mère, a ordonné au sieur de Vautorle, conseiller ordinaire au conseil de Sa Majesté, de faire en Bavière est principalement pour trois fins :
La première, pour assurer M. l'Électeur de Bavière ' de la bienveillante et cordiale affection de Leurs Majestés;
La deuxième, pour conférer avec Son Altesse Électorale et prendre ses prudents -avis touchant Tétat présent de rAllemagne et les difficultés qui se rencontrent en lexécution du traité de paix ;
La troisième, pour résoudre et conclure Talliance que les députés de Son Altesse Electorale ont ci-devant proposée à Leurs Majestés lorsqu*ils furent envoyés à la cour après le traité d*Ulm*, dont Sadite Majesté a désiré qu'on lui donnât un projet.
Touchant le premier point, ledit sieur de Vautorte n'aura pas beaucoup de peine de persuader à Son Altesse Liectorale combien Leurs Majestés affectionnent ses intérêts et désirent la conservation et grandeur de sa maison puisqu'elle en a reçu de si solides preuves pendant le cours de la négociation de Munster; lors môme que les armes dudit sieur Electeur étaient jointes à celles des ennemis du Roi, les ministres de Sa Majesté n'ont pas laissé pour cela de porter tous les intérêts de Son Altesse Électorale, et de faire réussir toutes ses prétentions avec autant de soin et d'affection que ceux de Sa Majesté.
i. Françoie Casct de Vaulorle, intondant de justice à Tarmëe d'Allemagne en 16n, ambassadeur à Ratisbonne en 1653, mort dans cette ville en 1654. H était alors à Nuremberg, ou il s'occupait des détails d'exécution du traité de paix. • 2. Correxpondance Bavière, t. II.
3. Maximiltea 1"^ le Grand, duc puis électeur, né en 1573, mort lo 27 septembre 1651 ; il avait épousé en 159Ï Elisabeth de Lorraine dont il n'eut pas d'enfant, puis en 1G35 Marie-Anne d'Autriche, fiUe de l'empereur Ferdinand II, qui lui donna deux fils; il avait succédé à son père en 1598.
4. li mars 16t7. Ce traité mettait fin aux hostilités entre la France, Ja Suëde,-la Bavière et l'électorat de Cologne.