‹ Bavière, Palatinat, Deux-Ponts avec une introduction et des notesChapitre 21 sur 256 · NÉGOCIATIONS DE WESTPHALIE · texte numérisé non relu

NÉGOCIATIONS DE WESTPHALIE

On peut même lui remettre en mémoire qu'ils y ont travaillé avec plus de bonheur et de succès que pour ce qui touchoit la couronne de France, puisque Leurs Majestés ont retranché pour le bien de la paix une partie de leurs premières demandes *, et n'ont pas refusé d'acquérir à prix d'argent un pays chargé de dettes qu'Eiles avoient déjà conquis par une juste guerre sur des princes qui s'étoient volontairement déclarés ennemis de la France *.

Au lieu que Son Altesse Électorale n'a rien diminué du tout de ses premières prétentions, et a obtenu sans retranchement quelconque tout ce qu'elle a désiré, quoiqu'elle fût engagée dans le parti malheureux, et que l'Empereur' auquel elle s'étoit réunie (même après avoir fait un traité de neutralité avec les couronnes alliées) ait été contraint par le mauvais état de ses affaires de recevoir la loi presque en tous les points qui avoient causé la prise des açmes.

Son Altesse Électorale sait mieux que personne, que le principal et le plus important de tous étoit le rétablissement de la maison palatine dans ses États et dignités, et que les ministres de la couronne de Suède témoignoient au commencement plus de passion pour ce rétablissement que pour toute autre chose, non seulement à cause de la proche parenté qui est entre la reine de Suède et la maison palatine \ mais à cause de la conformité de leurs religions et de la croyance qu'ils avoient qu'on ne pouvoit établir une durable paix dans l'Allemagne sans rétablir l'équilibre qui étoit autrefois dans le collège électoral % redon-

1. La France, qui avait d'abord r^clamtï la cession des villes forestières, y renonça par la suite.

2. L'article 88 du traité de Munster obligeait la France à payer 3 millions du lirrea i l'archiduc Ferdinand-Charles pour les cessions territoriales qui lui étaient fûtes; la France se chargeait aussi des doux tiers des dettes de la chambre d'Ensi^eiin, qui était la chambre des finances des archiducs en Alsace.

3. Ferdinand UI, monté sur le trône en lfi37, auquel Maximilien de Bavière était demeuré aussi fidèle qu'il l'avait été à son père Ferdinand II.

4. La reine Christine de Suède, née en iG26, morte en 1689, était nièce du comte palatin Jean-Casimir, qui avait épousé une sœur de Gustave- Adolphe; elle abdiqua en 165i en faveur du fiU de ce prince, Charles- Gustave, qui appartenait, comme clle-^éme à cette époque, à la religion protestante.

5. L'électeur de Uavière était catholique, l'électeur palatin protestant; de là^ l'intérêt qu'avait la Suède à rétablir ce dernier dans la dignité électorale qui lui afait été enlevée en 1623 ; ses efforts aboutirent à la création d'un huitième électorat

M. DE VAUTORTE. 16*9,

liant h rélticlour palulin la place et l'autorilô qu'il avoil dans les affaires iJe l'Empire pour brider ou affoiblir par ce moyen celle de la maison d'Autriche.

Les ministres de Son AlLesse Électorale n'auront pas manqué de lui faire savoir de temps en temps combien de peîne ceux de LïMirs Majesli'S ont eu de vaincre ropiniAIrot»' des Suédois sur cet article, et qu il n'a pas fallu employer peu de vigueur et d'industrie, tant en la cour de Suîîde qu'à Munster et à Osnabriick, pour attirer un allié, qui avoit acquis une si grande puissance dans TAIIemagne et avec lequel ni la raison ni la bienséance ne permettoientjtasdesebrouiller.dunslessentimentsde Leurs Majestés en faveur de Son Altesse Electorale pour la conserver au ^ang qu'elle tient dans le collège électoral, au préjudice de l'opinion que les Suédois et les prolestants avoient connue que Ton laisseroit l'Empire exposé à mille nouveaux troubles, et peut-être h. sa propre ruine, si on ne rétablissoit toutes choses en l'état qu'elles éloient en 16i8 sans y apporter aucun changement, boutenanl que comme e'étoit le principal but de la confédération des deux couronnes, elles ne pouvoient s'en départir ni s'en relâcher avec honneur.

Peut-fttre ne sera-t-il pas hors de propos de prendre celte occasion, apr^s avoir assuré Son Altesse Électorale que Leurs Majestés conservent le souvenir de la gratitude qu'Elles doivent avoir des bons ofGces et témoignages d'amitié qu'elle leur a rendus pendant la négociation, do lui représenter en passant qu'on a été depuis peu extrêmement surpris dans cette cour de voir qu'un des principaux chefs de son armée ait pris parti avec les Espagnols au jiréjudicc du traité de paix qui défend expressément à tous les princes de l'Empire de servir l'Espagne contre la Fronce dans la présente guerre, et que diverses personnes ont voulu persuader a Leurs Majestés qu'il ne reste jms si peu do crédit à Son Altesse Electorale sur les officiers qui ont servi dans ses troupes, de quelque condition qu'ils soient, qu'elle ne puisse les empêcher en sortant de son service de prendre un parti qui ne lui plairoil pas. On se promet de la dextérité dudil

en fiivour Je la mainou paJaliiie, snii« que fût Buppriiné ce\m dont jouiMait d^sorniain MuximiliL'n de Bavière.

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