RAPPORTS DÎT VV€ ATEC !.E PALATINAT
Le duc de Deux-Ponts écrivit en effet en Russie, et Timpéra-
Ice, convaincue de la justice de ses demandes, promit de les
appuyer Je ses bons offices. Cette princesse fît communiquer se»
disjHisitions au Roi, et olle invita Sa Majesté k so joindre à elle
^■nr agir aupH^'s do l'électeur palatin.
Kn cons*îqueno.ft de cette invitation le Roi fit adresser des in&tructions à son ministre à la cour palatine, i^s instructions portent que le comte de Montezan ne doit rien négliger pour délenniuor Churles-Tliéodore à prendre en considération la juste demande du duc son neveu, et pour l'engager à améliorer d'une manii^re convetiable le t>ort do ce prince. Le comte de Montezan a Tordre de concerter toutes ses démarches avec le comte de Romanzow chargé des instructions do la cour de Pétersbourg. On a jugé devoir entrer dans ces détails parce que le supplé- »nt de revenu que le duc de Deux-Ponts sollicite de son oncle t, dansée moment-ci, l'objet principal de ses sollicitudes et (|ue ce prince ne manquera pas d en entretenir fréquemment et avec aoziété le ministre du Roi.
Le baron de Corberon pourra assurer le duc de Deux-Ponts que le Roi fait les vœux les plus sinci^res'pour le succi^s de sa denundeet que Sa Majesté ne négligera aucun des moyens qui seront en son pouvoir pour la rendre efficace ; que si Sa Majesté n'a pas encore fait de démarches aupr^s de l'électeur, c'est parce
t'EUo juge convenable de n*agir que de concert avec Timpéra* e de Russie; que cette mesuro^est d autant plus nécessaire, \ cetio réunion en imposera davantage à Télocteur palatin que ofGces séparés des deux souverains; que d'ailleurs le Roi n'a pas assez de crédit et d'iiilluencc sur Tesprit de Télecleur palatin
iur pouvoir se llatter qu'en agissant seul il réu^siroit à amener co ince à ses vued ; enlin, que la négociation sera mise en activité leitôl que le comte du Romanzow sera arrivé k la cour palate.
Il est probable que le duc de Deux-Ponts entretiendni égalo-
meni le ministre du Roi de la détresse où il se trouve relativomeui
■BMnances. Dans ce cas, le baron de Corberon tui<»bHervoraque
l^^^en le plus sûr comme le plus honorable pour la faire ces-
seroil (lexécuter ponctuellement le plan de réforme et d'éco-
LE BARON bh. COlUtERON, 178).
nomie projeté depuis longtemps pur Son Altesse Sércnissiuif que le Roi a fort applaudi à ce plan, et quo Sa Majesté est dans la ferme persuasion que le duc le mettra à exécution au^itât que ses emprunts lui en auront fourni les moyens.
Au reste, il est nécessaire de prévenir le baron de C-orberou qu'il doit» surtout dons les commencements, metire beaucoup de mesure dans les exhortations qu'il pourra se trouver en mesure de faire au duc de Deux-Ponts : ce prince est naturellement ombrageux et ennemi des représentations, ct« s'il se persuade que le sieur de Corberon a l'intention de le régenter ou de le gêner, il prendra facilemeul de l'humeur, se tiendra sur la réserve, s'éloignera du ministre du Roi et lui cachera autant qu'il ponrra toutes ses actions. Pour prévenir cette conduite de la pari du duc, le baron de Corberon doit s'occuperessontielleinent. dés son début à Deux-Ponts, à plaire à ce prince et à lui inspirer de la confiance. Si^ comme le Roi le présume, le baron de Corberon réussit à cf^t égard; il y a tout lieu de croire que le duc lui parlera avec la franchise qui est dans sou caractère et que ce prince contractL-ra insensiblement l'habitude de recourir à ses conseils dans tous les cas qui lui présenteront quelque embarras. Le baron de Corberon est trop prudent pour ne pas sentir qu'il devra mettre beaucoup de circonspection et de ménagement dans les avis qu il donnera à Son Altesse Sérénissime.
Le Hoî n'a aucune instruction particulière à donner à son ministre relativement au cérémonial; l'usage r^gle cet objet dans toutes les cours. D'ailleurs Sa Majesté est persuadée que le duc ic Deux-Ponts emploiera à l'égard du sieur de Corberon la nn>me étiquette qu'il est dans l'usage de pratiquer à l'égard des auln^â ministres qui ont été ou qui sont accrédités à sa cour, et notamment à l'égard des ministres impériaux. Le baron de Corberon, en remettant ses lettres de créance, assurera le duc de toute l'affoction du Roi, de l'intérêt que Sa Majesté prend à son bonheur et à sa prospérité, et de la persuasion où Elle est de la sincérité deâ sentiments d'attachement que Son Altesse Sérénissime oe cesse de lui exprimer.