M. PFEFFEL
Le baron de Corberon reçut dès le mois d*août 1783 la permission de rentrer en France, mais ne fut offlciellement rappelé qu'en 1787.
Dans l'intervalle, il parut opportun de s'assurer des dispositions du duc de Deux-Ponts : ce prince, fort besogneux par nature, était en butte aux sollicitations de la Russie, qui voulait le détourner de Valliance française. Un agent sans caractère offlcîcl et qui le connaissait de longue date, M. PfeCTel, fut envoyé près de lui dans Tété de 1784, le comte de Yergennes étant ministre des affaires étrangères, pour le retenir dans l'alliance et l'empêcher d'adhérer, comme héritier présomptif de l'électeur palatin, aux projets que l'Empereur Joseph II persistait à entretenir sur la succession bavaroise.
MOTB ITCSTRUCTIVB POUR LB SIEUR PPEPPEL*.
L'état fâcheux où se trouvent les finances do M. le duc de Deux-Ponts ' et la juste crainte que quelque cour n'en abuse
1. Chrétien-Frédéric Pfeffel était alors principal commis au ministère.
2. Corretpondanct Palaiinat^ t. CXVII. C'est par erreur que ce document porte U dat« de ■ rers juin 1775 » ; le texte en prouve qu'il eal de beaucoup postérieur, et le t. CXXII de la Correspondance renferme une note rendant compte de cette mission conune ayant été efTectuée en 1784.
M. PFEFFEL. HS».
pour engager ce prince dans quelque fanssp df^marebe, ont inspiré au Roi le désir de connoître exactement sa posiLiou, alin de pouvoir déterminer avec connoissance de cause les secours qu'il conviendra de lui accorder ; c'est là l'objet de la comniission confiée au zéleet A In dextérité du sieur PfefTel.
Son voyage aura pour nit>tif apparent les affaires de M. lu comte de Vergcnnes. et il importe que l'on ne prenne pas le change à cet égard à Deux-Ponts. La lettre dont le sieur Pfeffc! sera porteur pour Son Altesse Sérénissime est conséquente à ce plan.
L'objet essentiel du sieur PfefFel sera de bien convaincre M. le duc de Deux-F'onts de l'alTection et de l'amitié du Roi et de la part sincère que Sa Majesté prend à son sort. 11 fera entendre à ce prince que le Roi a la plus fjrande envie de lui être utile; mais que, pour pouvoir prendre une détermination à cet égard, il a besoin de connoître parfaitement la situation de Son Altesse Sérënissîme afm de pouvoir juger quelle espèce de secours il sera convenable do lui donner.
Il y a lieu de penser que le duc sera touché du procédé bienfaisant du Roi, et qu'il y répondra en sexpliquiml sans réserve avec le sieur Pfelîel. Lorsque oelui-ci aura été mis k portée de bien connoître la situation du duc, il déterminera avec ce prince retendue des secours qui lui seront nécessaires, non seulement pour faire cesser sa détresse, mais aussi pour en prévenir le retour; mais le sieur Pfelîel ne promettra rien; il se bornera à assurer qu'il rendra un compte fidèle do tout ce qui lui aura été confié et A inspirer à Son Altesse Sérénissime de la confiance dans la magnanimité de Sa Majesté.
Ce prince a cherché vainement à faire un emprunt ; si on lui en facilite un, il s*agira de savoir sur quel revenu il pourra en assigner Tinlérêt sans augmenter la gène où il se trouve actuellement. Il paroît que ce dernier objet ne pourra être rempli si le duc ne reçoit pas une avance, soit à titre gratuit, soit à titre de prêt sans intérêts. Le sieur PfefTel mettra tous ses soins à démêler jusqu'où cette avance pourra être jwrtée pour être utile au duc sans devenir à charge aux finances de Sa Majesté. Mais il sera attentif à ne rien laisser pénétrer de cette disposition, parce qu'il
lELATlONS DU DUC AVEC LA PRUSSE.
m'îpnlqiiwleRoidomrtirolt* inaftro do prendre tel |mrti qiriï juà propos d'aprrs If compte qui sert» rendupar le siourPfolTfl. liais il seroit inutile de subvenir aux besoins de M. le duc de Duux-Ponts s'il continuoit de faire des dispenses excédant son venu. Ainsi un des priiicipiiuv objets de la mission du sieur feffel sera de prêcher <^conomie à ce prince et de l'engager à faire des réfomies : plus ce princr sVxéculera pur cet article, pitts il fortifiera l'intention où est le Roi de te soulager. Cet article eïst particulièrement recommandé à la dextérité et à la prudence u sieur l'fefTeL
Le second objet sur lequel il convient de donner des instructions au sieur Pfeiïel, c'est la conduite politique de M. le duc de Deux-Ponts.
Ce prince s'est livré à la cour de Berlin, et il Fa dû parce
elle a tendu la main à la maison palatine lors de l'ouverture
de la succession de Bavière. Son Altesse Sér/Miissime se reu-
roit coupable d'ingratitude si elle changeoit de conduite et de
ntiment à l'éganl du roi de Prusse, et le Roi le désire d'autant
moins que ce monarque est et doit ^tre le point do réunion des
Kl^ils do l'Empire contre les entreprises de l'autoril»^ impériale,
que le duc de Deux-Ponts sera tôt ou tard le plus puissant d'entre
es électeurs, et que sa conduite politique aura nécessairement
ne grande influence sur le sort de l'Empire.
Mais en munie tenqts ({uil convient au duc de Deux-Ponts de
ne rien changer à ses rapports politifpios avec la cour de Berlin,
I scroit nécessaire qu*i! marque beaucoup d'égard» et de ména-
eiits pour celle de Vieime; le Roi le désire parce que, d'un
;éf rEniperetir* est son purent et son alliée de l'autre quïl peut
■voir maintes occasions do donner des désagréments à M. le duc
de Ueux-Ponls.
Cette réflexion conduit naturellement au mémoire envoyé il a quelque temps pur M. le duc de Deux-Ponts. L'objet de ce mémoire est une association entre les principaux Ktals de l'Empire pour s'opposer aux usurpations de l'Empereur et maintenir la constitution et la liberté germaniques.
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!• Jo*«pU II, frère Je Uari«-AnU>m«tt«.