CMmcut IX, élu pape le :tO juin 1667, mvrt en
MÉDIATION Di: PAPE.
aiitr*» lieu voisin dos l'.iys-Basr|ue l'on Irouveroil le plus propre pour y IrailtT In paix, et, pour y apporter encore des facilités que les Kspagnols n avoient pas droit d'attendre de Sa Majesté, quoiqull paroisse assez A tout le monde quelles troupes de celles de France ou de colles d'Espagne sont le plus on état d'entreprendre sur les places ennemies H de s'emparer de quelqu'une pendant que la paix se négocieroît^ le iloi avoit déclaré quil consentiroit que depuis ce temps-là jusqu'A la lin du mois de mars prochain Ion n'entreprît rien de part ni d'autre sur les places fortes que chacun occupe, et il est aisi* à voir que les six mois depuis lo mois d'octobre jusqu'à la lin de mars suivant ètoîenl un temps bien plus que suffisant pour conclure la paix si le conseil d'Espagne y avoit été aussi porté que Sa Majesté Tétoit. Sa Sainteté, rtyant appris los bonnes inlontious du Hoi, envoya un courrier en toute diligence à Madrid pour faire savoir au conseil d'Ëspa- ^le le bon état où étoient les choses et qu'elle désiroit qu'ils lissent partir incessamment leurs plénipotentiaires pour se rendre en quelqu'une de ct!S villes-là, et en même temps elle écrivoit au Roi pour requérir Sa Majesté d'envoyer à Madrid des passeports eu blauc uu cardinal Visconti, son nonce^ pour être remplis des noms de plénipotentiaires que ta reine d'Espagne* nommeroit ; Sa Majesté satisfit bien ponctuellement au désir de Sa Sainteté ; on envoya les passeports en blanc au cardinal Visconti, lo&i» bien inulilemont, pour le bien de la paix ; car,au lieu de suivre les ouvertures que Sa Sainteté faisoit et d'apporter la diligence et les facilités que l'on devoit attendre do la part de l'Espag:ne dans une afTairc comme celle-là, apri^s avoir retenu à Madrid lo courrier ilu pape un mois entier et perdu do cette sorte un temps qui étoit devenu précieux pour la négociation, la reine d'Espagne fit déclarer par son ambassadeur k Sa Saintoté au retour dudil cotirriur, qu'elle ne vouloil traiter qu'à Rome, à Venise ou aux Pyrénées et ne convieudroit jamais que do l'un de te» trots lieux-là.
Il eât aisé à juger qu'on a dû prendre une réponse comme eellc-là pour une marque évidente de l'aversion que les Espagnols
I. tUnivAnne d'Autriche, régeoie pendAnt la minorité de son fils Charles II.
M. DE GRAVEL, i608.
ont à la paix ; ils savent que les Anglois, les Suédois et les électeurs et plusieurs princes de l'Empire on doivent ôtre les médiateurs et ils proposent qu'elle se traite ii Rome, où la plus grande partie de ces Ktats-là qui sont d'une différente croyance ne peuvent envoyer leurs ministres, et, quoique la môme difficull*^ ne soit pas à Venise et aux Pyrénées, ces lieux-là non sont gu»»re plus commodes à y traiter la paix dont il s'agit, étant si éloignés l'un et l'autre des États dont la médiation est reçue, qu'avant que les ambassadeurs qu'ils oaverroiciit fussent arrivés, la fin du mois de mars seroit venue qui est néanmoins le temps dans lequel on devoit traiter pour le faire utilement^ si on ne voidoit exposer encore la négociation aux mouvenients divers de Taction des armées quand elles auront recommencé d'agir.
L'on voit bien aussi que le sujet do la pruerre étant en Flandre et les Espagnols devanl se régler pour les places de ce pays-là qu'ils céderoientau Roi sur les avis qu'ils prendront des ministres qu'ils ont en Flandre et des Etats du pays même, il est nécessaire pour le bien et pour Tavancement du traité qu'il se fasse dans le voisinage des Pays-Bas et Ton no peut douter que par là l'on évite beaucoup de longueurs et de difficultés. On ne voit que trop évidemment que c'est pour consommer le temps en des longueurs inutiles et inévitables qu'ils s'attachent si forl à vouloir qu'on traite à Venise ou aux Pyrénées, afin que cependant les dépenses et les apprêts que le Roi est obligé de faire pour la campagne prochaine, si le Roi étoit cajmble d accorder aussi la suspension dont ils font tant d'Instances, lui dcNinssent à charge et inutiles, et afin aussi d'avoir pendant la négociation, qui dureroit beaucoup en des lieux comme ceux-là, le temps de former leur parti et d'engager dans leurs intérêts et dans leurs défenses les princes qu'ils sollicitent pour, après cela, déclarer, plus ouvertement qu'ils ne l'osent faire aujourd'hui, qu'ils ne veulent point de paix.
Le Roi s'est assez déclaré aux États de Hollande et à d'autres princes qui désirent le rétablissement du repos public qu'il fera la paix à des conditions très modérées et beau(M)up au-dessous de ce que son droit, le succi^s de ses armées et l'état présent des ailaires pourroient lui faire prétendre; et ainsi Sa Majesté a sujet d'âtre persuadée que ce ne sont pas ses prétentions et ce qui