Correspondance Bavière, t. XXX
X Louis, dauphin, fils de Louis XI V, né en 104*1, mort en 1711. 4. Marie-Aiine-Cbristine- Victoire, fille de IKIecieur Ferdinand-Marie; son coO'
trat de mariage avec le Dauphin fut signé le 3U décembre ltj79.
UAHIAGK DU DACPHIN
SS
ilîver&tis ambassailos qu^Elle lui a confiés depuis si longtemps V IVst pour ce sujet, et pour le mettre en état de lui rendre ce nouveau service, qu'Elle a ordonné que le présent mémoire lui (dt donné pour son instruction :
Son inttuition est que le sieur Colbert se mette au pins tôt en
feh^inin pour st? rendre à Munich et qu'il preinie la voie de Stras-
^lourg qui est la plus courte. Sa Majesté ne lui donne point la
Qualité de son ambassadeur extraordiiniire qu'il vient à peine de
ff litter après la conclusion des Irnilcs de paix qu'il a signés en
Jon nom à Nim<^giie, parce qu'Elle a appris que les électeurs de
Ikvîôre ne donnent point la main à aucun ambassadeur, et que
[lians une alïaire dont Elle est bien aise de faciliter la négociation
Elle veut en élnigner les embarras et les difficultés qui pour-
'Ktiont les n*larder. Ainsi, il n'aura point dans cette occasion
d'autre titre que celui d'envoyé extraordinaire, mais que la gran-
^ur et l'importance du traité dont il est chargé élèvera au-
les»usde celui d'amhnssjidenr.
Avant que de rinstniire de ce qu'il aura à faire après son •riv^ à Munich, Sa Majesté juge à propos de lui faire connoître divers services qu'Klle y attend de lui, et les engagements i*Rlle veut tirer de l'Électeur de Bavière % lorsqu'il ne peut se 1er trop élroilemenl î\ Sa Majesté pour répondre à Hionaeur Elle porte dans sa maison.
Les soins dont Sa Majesté le charge consistent en troispoînts,
conclure le muriuge de M^' le Dauphin avec Madame la
incesse de Bavière, de négocier ci-lui de M. l'Electeur de
iviè*re avec Mademoiselle \etd'engager ce prince lians les intii-
n^ts du Roi dans les occasions ipii se présenteroient de l*éIection
d'un roi des Romains ou de celle d*un empereur.
Pour les traiter par ordre. Sa Majesté a voulu donner con-
i. CuilH*ri ATÛl êià nouniinent ainlia«iiAi)«ur à Vionn« f.n 1660. (Voir soo ins-
ioo ilaOB le volume Autriche^ par M. Sûrio., p. 33.) t. L'f«l4*cteur Ferdinaad-Marie était mort lo S6 mai 1679. Son tïJs aîné, Maiimin Kiumanuel, ué en lûtii, lui ■uccéda, mais n'atteignit sa majoriti^ qu'en lû80. épousa un 1683 Marie-Anlonia, archiduchesse d'Autriche, puis en ItiHi Thérèsela^goùdc, fiUe du roi A^ Pologne. Jean Sobiesky. U mourut 1« :Î6 février 17âG, >• tin« «.'iisieace des pluH accîtJeutees, où il faillit» pai* non alliance avec la iiUa» la guerre de la Aucceasion d'ËHpagne. perdre pour jamais sa couronne. •LauiaA, fille Ju dur d'Urlean». Elle épousa Charles II, roi d'E^pa^e.
KE PRÉSIDENT COLRKRT. 1679.
noissance au sieur Colbert de tout ce qui s'est traité ot qui demeure sous un extrême secret depuis Tannée 1670, toucbanL le mariage de M"' le Dauphin. Elle lui fait remettre pour ce sujet la copie du truilé qui fut signé cette année à Munich entre le sieur Gravcl, alors son plénipotentiaire k Katisbonne. et 1rs ministres de l'Électeur de lîa^■i^re. Il y verra que dés lors Sa ^lajesté promit à ce prince de Thonorer de son alliance et il counotlra les divers engagements que le prinre prit de son côté, soit en cas de lu mort du roi d'Kspagne, soit en cas do l'élection de TËmperenr, d'entrer dans les intérêts de Sa Majesté.
Feu Madnme l'Électricede Bavière ', tant qu'elle a vécu, etfeu M. rÉlecteur jusqu'à sa mort, touchés d'une si grande espérance, ont répondu par leur conduite même jusqu'à la fin de la guerre ù ce que Sa Majesté pouvoit attendre des liaisons qu'ils avuieiit avec Elle. £t pour les a Hennir davantage dans ces sentiments, Elle leur avoit fait confirmer ses intentions pour le mariage de M*' le Dauphin par le feu duc de Vilry etpar le cardinal d'Eslrècs qui ont été successivement en Bavière et qu'Elle a seuls honorés de cette conBunce.
Aujourd'hui que le sieur de lu Haye est demeuré seul on cette cour, où il lu sert depuis longtemps en qualité de son envoyé extraordinaire et qui n'a point eu de part à ce secret, on no peut dire si la eonnoissance eu sera demeurée aux seuls ministres du feu électeur qui en avoient la confiance ou si, comme il y a plus d apparence, ils l'auront communiqué au duc Maximilien administrateur de l'Etat", à lEIecleur et à lu princesse. Quelques paroles de ce prince et de cette princesse dont le sieur de la Haye a rendu compte, donnent sujet de le croire; et les ministres sans doute auront cru de leur devoir de révéler, apri^s la mort de leur maître, un si grand intérêt qu'il avoit du tenir caché durant sa vie.
C'est ici que Su Majesté juge à propos d'instruire le sieia* Colbert de Tétat de la cour de Bavière, de ce qu'elle est aujourd'hui et de ce qu'elle étoit sous le feu électeur.