ÉLECTION DE L'AHCHEVÊQUE DE COLOGNE
MtlIOUK t»U ROI POUH SKRVIH L>'lNSTHUCr(ON AD MAKQl.lâ DE VI1.LAH.S a'nv A1XA.VT PHfciâKMKBflEXT A UUNICll ES QUALITÉ d'eNVÛYK KXTHAORDINAIRE DC SA HAJESTJC AUPRÈS I)K l'ÉLECTEUR DE MA\1ÈBC. — VKM>»AILUj:S, âl StPTEMJtRk: 1688 *.
Lixiit sieur marquis da Villars se rendra incessamment à Munich pour y attendre le retour dudit Electeur, et à l'arrivée de c« prince il lui témoignera dans les termes les plus obligeants que son i*»pril lui pourra suggérer combien Sa Majesté a été sensible À U gloire qu'il sest encore acquise cette campagne pur l'impurt«nl*» conquête de Uel^^ade, lui fnisant connollrequollo a d'autant lus augmenté le^lime que Sa Majesté avoit déjà pour lui. t'IIlle sait bien qu'il na pas tenu à ceux qui sont jaloux do ta mtalion qu'il s'y est acquise qu'il n'ait manqué de tout ce qui »ît nécessaire pour y réussir et que son courage et son activité il suppléé à tous ces défauts, que ce qui donne encore plus de »ie à Sa Majetté c'est qu'il soit de retour en jmrfaite snnlé et en ^tal de pouvoir prendre les résolutions les plus convenables à ses inUfféU sur b^ conjonctures présentes.
Que Sa Majesté no doute pas que pour l'en éloigner, les mioislres impériaux n'aient tâché de le persuader que la protection 'Elle V9ti obligée do donner au cardinal de Furstenberg' et au tpilre de Cologne pour la conservation de leurs droits et is ne soit tort préjudiciable h sa maison, mais que s'il fait »tfss réflexions sur les véritables intentions do Sa Majesté et ïT Ic« motifs qui font agir la cour do Vienne dans cette affaire, recannottra facilement que le but de celle-ci ne teiui qu'à ruiet au contraire celui de Sa Majesté à la conserver grltfdir.
Que premiéremeut, il ne trouvera point de bons casuistes et de probité qui n'avouent que les brefs et dispenses des papes
CnrrtapvmAancf Baviért, t. \LI.
kVoir iM aoi«a dM pp. 87 «i Stf.
ne peu\(*iil pas rendre un princu de dix-sept ans' capalde do posséder un archcvêch»'? ou évifc-hé au préjudice des concil&s et surtout de celui de Trente, qui ont prescrit l'âge indispensablemenl requis.
Que d'ailleurs tous les eanonîsles conviennent que l'élection quia été faite en vertu du bref d'éligibilil«*c*l nulle, tant parle peu de sulTruges qu'elle a eut. que par le défaut de publication et par plusieurs autres que [autorité du pape ne peut pas suppléer, mais que quand môme Sa Sainteté* pourroit renverser en sa faveur tout l'ordre de l'Lglise et appuyer contre tout droit et équité ce qui ne peut jamais subsister légitimement, l'effet que cotte partialité produiroit ne pourroit Ôtre avantageux qu'ft la maisou d'Autriche et à celle de Neubourg.
Que celle-ci, qui n'a pu obtenir pour elle cet archevêché, se procurcroit un plus grand bien si elle pouvoit attacher le prince Clément à rélectorat de Cologne avant qu'il ait plu h Dieu donner des enfants à rÉIecleur de Bavière, parce que les périls auxquels il s'expose tous les ans pour le service de l'Empereur donnerotent beaucoup d'espérance aux princes de Neubourg de réunir quelque jour aux Etats qu ils possèdent tous ceux de la maison de Bavii^re, et à celle d'Autriche, de voir éteindre une maison qui lui cause une forte jalousie et que le mérite de TElecteur ne diminuera pas; qu'ainsi il est de sa prudence de ne se pas laisser conduire en cette occasion par les passions, les mouvements et les intérêts des ministres d'Autriche et de Neubourgct qu'il trouvera toujours dans Talliance de Sa Majesté aussi bien pour le prince Clément que pour lui-même des avantages plus sincères et plus solides, puis qu'outre ceux dont ledit marquis de Villars s'est déjà ouvert à ce prince de la part de Sa Majesté, Elle pourra consentir que le cardinal de Furstenbet'g et le chapitre de Cologne élisent k prince Clément pour eoadjuteur et assurent par ce moyen le retour de cet électorat dans la maison de Havière. au cas qu'il plaise à Dieu donner des héritiers à cet Électeur.
S'il goûte ces raisons et propositions et qu'il veuille entrer avec ledit marquis de Yillars^ ou lui-même, ou par ses ministres,
\. Celait l'âge de Joseph -Clément de BaTÎèrp. 2. Innocent XI, élu pape un 1676» mort en 1689.
AFFAIRES D'ALLEMAGNE. îKî
daii» la discussion ii<^s conditions d'un tntit*'* d'alliance^ ledit »iour marquis de Villars suivra ce qui lui u êtôpreâcril pur les premiers ordres et inâlrurlions de Sa Majesté, mais comme l'aiïaire de Clologne el ce qui pourra arriver eu Allemagne dans quelque temps, môme l'oufreprise du prince d'Orange contre le roi d'Anglelerre* |RïUventiipport(îr un grand clunigemenl aux affaires de l'Europe, U doit ôtre }duï> parlieulii^rement instruit des intentions de Sa Majesit^ sur la conjoncture présente.
Sa Maje>lé vienl de les lui expliquer touchant l'affaire do ^-Cologne et Elle a trop bonne opinion de Tesprit et du ju^enieat ^be rÉJocleur de Bavière pour douter ({u*il ne préfère lacoadjuto- ^ftvrio qu'Eue voudra bien procurer au prince Clément son frt^re ^■^^'élertonit de Cologne, à Tcspéranco fort incerUiine tjue la ^^■BfMJii d'Aulriche lui donne de mettre dès à présent le prince Qéoient en possession de rarchevéché, nial^é toutes les forces Jr la Franco.
Quant aux affaires d'Allemagne qui pourroîent embarrasser ledit KIccieur, Sa iMajesté prétend le mettre en peu de jours en étal de faire une {mix entre la France, l'Kmpereur et l'Empire rpii m n(Termini pour toujours le repos', et Elle' espère qu'il troureni la cour do Vienne d'uuUinl plus disposée à en accepter les conditions qu'outre quVllfs seront estimées très raisonnables de UiUfi ceux qui en jugeront sans passion et qu elles faciliteront à TEmpereur les moyens de sassurer entièrement la conquête de la Hongrie, d'ailleurs tous les princes catholiques ont un très pressant intérêt de se réutiir ensemble pour s'opposer aux pernicieux desseins que le prince d'Orange a formés avec quelques princes prot«ï»tiintïS d'.Vllemagne d'opprimer notre religion en Aiigle- Vare sous le prétexte du maintien de la protestante et d'ompécher «I 1 il ne réussisse (buis Tliorrible attentat qu'il projette contre la iKT*onaoet rauloritê du roi son beau-|>ère\
Mais quand même toutes les raisons qui doivent obliger l'Empereur d'accepter les conditions qui seront offertes de la part
I OaïUanni* d'Oraa|(« prépArut l'cxp^ctilioD qai devnit UDAnor U cbutv de licH^w U, 4U Biot* (1« d^vmbm I6S8.
1 K41 r^l*ni tou» Un difT^r^ndi iiucilAs par les d4oisioDs daa chunhrA» de rtoaioa.
i, OiiiUjum« d'Orftoae «^ait époui* BlArie» flUe de Jacques IL
tf6 LE MARQUIS DE VILLARS, 1687.
de Sa Majesté pour le bien de la paix et Tarantage de notre religion seroient rejeiées par la cour de Vienne, au moins elles donneront moyen à TÉlecteur de Bavière de faire voir qu'après avoir remporté sur les Turcs les plus grands avantages que la chrétienté pouA'oit désirer, il n'a pas tenu à lui que le repos de TEmpire ne fût affermi pour toujours par un traité de paix raisonnable et définitif, les conditions que Sa Majesté propose lui paroissant fort recevables, et qu^après avoir satisfait à ce que demande de lui la qualité d'électeur pour la conservation de la tranquillité publique, on ne peut pas désapprouver les liaisons quïl prend avec Sa Majesté pour procurer par de plus puissants moyens une bonne et durable paix.
Ledit sieur de Yiliars ne sera pas plus tôt entré en négociation avec ledit sieur Électeur et ses ministres qu'il recevra de nouveaux éclaircissements des intentions de Sa Majesté tant sur les conditions d'une paix défînitive avec TEmpire que sur celles qu'ËUe pourroit demander audit Électeur, les subsides qu'Elle voudra bien lui accorder selon les engagements dans lesquels il voudra entrer avec Elle et géncralemeut sur toute la conduite qu'il aura à tenir dans cette négociation et comme le sieur Verjus' donne avis à Sa Majesté que le marquis Ilerman de Bade* a fait la môme méchanceté audit sieur de Villars auprès de TÉlecteur de Baviôrc quïl lit en 1680 au sieur de Rebenac' auprès de rÉlecleur do Brandebourg, il sera bon quïl se prépare à ôter audit électeur de Bavière les mauvaises impressions que ces faux rapports lui pourront avoir donnés.