‹ Bavière, Palatinat, Deux-Ponts avec une introduction et des notesChapitre 6 sur 256 · CANDIDATURE DE LOUIS XIV A L'EMPIUE · texte numérisé non relu

CANDIDATURE DE LOUIS XIV A L'EMPIUE

réservant à lYlecteur le titre de roi des Romains. Si singulier que semble aujourd'hui ce projet, il ne fut pas cependant chez le grand roi un rûve fugitif formé seulement h l'heure où la forlujie souriait à la France. Tne premif'ire tentative on ce sens avait êié faite en 1658, lors de Télection de Léopold à l'empire. Après la guerre de Hollande, où il se vil abandonné de presque tous ses alliés, après la paix de Nimègue, lorsque survint en Bavière un changement de règne, Louis XI V sMaquiétait encore do savoir si le nouvel électeur domeurerail fidèle aux engagements pris par son père*; il fallut pour le faire renoncer à ces espérances et la longue vie de Tcmpereur Léopold I'' et les guerres si malheureuses pour la France qui marquèrent la (in du règne. Quant A Fadhésion que donna à ce projet rélecleiir Ferdinand-Marie, elle ne s'explique que par l'espoii'de nouvelles dignités et de grands accroissements pour sa maison : besogneux comme presque tous ses congénères, il fut captivé par TappAl de subsides immédiats; d'autre part, deux de ses ministres, le landgrave Hermann Egon de Furstenberg et le vice-chancolicr Gaspard de Schmidt, avaient été séduits par la cour de Versailles.

Quoi qu'il en soit, le branle était donné, l'électeur s'était livré, la France pouvait désormais se croire eu droit de le compter parmi ses alliés les plus sérieux. Lorsqu'èclata la guerre de Hollande, Louis XIV lui dépêcha le duc de Vitry- pour régler les conditions de son concours contre une attaque probable do Tempereur et de la Prusse : il fallait obtenir do lui qu'il armât, en vue de s'opposer au passage des troupes ennemies sur son territoire, ol qu'il s'employât à former avec d'autres princes du Rhin une ligue qui ferait respecter « la sûreté publique dans l'Empire et le maintien du traité de Westphali© ». L'électeur y consentit; il s'entendit ii col effet avec le Wurtemberg en 1673. Mais, malgré 66 concours indirect, la situation de la France ne tarda pas à s'iggraver. Isolé en Europe, n'ayant plus guère pour allié que la Suède, qui n'était pas encore entrée en ligne, Louis XIV demanda àrélcclt'ur de Bavière de le seconder plus effectivement. Non pas <iull voulut l'exposer seul aux coups des armées impériales,

Voir riiïtUnictioQ du préaideul Colbert, IG79, p. 54. Voir son iastraction, iG72, p. a5.

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(( rexpérience lui ayant fait voir que ce prince était ausceptil do crainte et d'aballement, ou lorsqu'il voyait les armes do TEi pereur proches de ses États, ou lorsqu'il en croyait celles de ?îa Majestfi éloigni^es' ». Le roi de France réclamait seulement de son amitié qu'il se tînt prôt à se battre dt^s que la Suède se serait prononcée . Ferdinand-Mario y consentit encore . Les subsides qu'il recevait furent augmentés par une convention de juillet 1674; l'année suivante^ il sallia à la Suède. Mais Téchec des armées suédoises au cours de la première campagne le remplit d*épouvante^ et, jusqu'à la paix de Nimèguc, rien ne put le déterminer à faire marcher ses troupes. û

Pendant ce temps, le Palatînat, moins habilement gouvenil que la Bavière, souffrait cruellement des conséquences de la politique qui l'avait éloigné de la France. L'électeur palatin avait tout d'abord continué de recevoir des subsides de la cour de Versailles, sans cependant s'acquitter de l'engagement qu'il avait pris, avec d'autres prince» du Rhin, de porter le roi de France à l'empire en 1B58. Louis XJV s'était plusieurs fois entremis pour terminer à Tavautage de Télecteur divers ditférends pendants entre ce prince et ses voisins pour Texécution des traités de pais. Il avait pensé asseoir solidement son influence sur Charlc's-Louia en lui dL'maudanl la main do sa fille pour lo duc d'Orléans, et le mariage fut célébré en janvier 1671. Mais rélecteur avait ses possessions trop proches de l'Alsace pour qu'il n'en résultât pas do continuels conflits de limites et de souveraineté ; il avait cherché un protecteur contre Louis XIV ; il l'avait aisément trouvé dans la cour de Vienne, dont les intérêts ne heurtaient plus les siens. En 1673, il refusa délibérément de s'alliur à la France ; on ne put même le déterminer à la neutralité *. Froissé de co que les îirmées françaises avaient violé son territoire, il n'accepta pas l'indemnité qui lui était offerte en compensation des dégâts commis et entra dans la coalition do 1674. On sait la torrihlo vengeance qu'en lira Louis XiV en faisant dévaster Télectorat par ses troupes. Le

\. lastrucUoD de M. de ]a Haye-Vautclet, 1675, p. 42.

2. Voir Io6 ÏDStractioDs du marquis de Dangcau, 1673. et du marquis de Béthune, 1614. pp. 363 et 3fi:>.

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