‹ Bavière, Palatinat, Deux-Ponts avec une introduction et des notesChapitre 60 sur 256 · TRAITÉS EXISTANT AVEC LA HAVIÈHE · texte numérisé non relu

TRAITÉS EXISTANT AVEC LA HAVIÈHE

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'rfOm SERVIR D'mSTRïrcnON AU SIErH ROLILI.É. PRÉSIDENT AU ntAXD CONSKIL*, ALLAXT PAR ORDRE DU ROI AUPRÈS DK i/ALECTEUR DE BAVif.RR. — MARI.V, 3 NOVEMBRE 1704*.

I>!s tnii(4èsque le Hoi a faits avec cet Electeur ' depuis lu mort ^ feu roi d'Espagne Charles II, ont eu deux ohjets piim^i- Httu : le premier a été do le détacher des liaisons intimes (juil Boit toujours conser\'ées pour les ennemis de la Franco, depuii^ qnll gûuvemoit lui-m^meses Etats, de rengager dans les intérêts Roi el dans ceux du roi d'Flspagne, petit-lîls de Sa Majesté, pOMT par ce moyen un prince aussi considérable par sa naisce el par ses Etats, au dessein que l'Empereur avoit de faire l'Empire dans la querelle particulière de la maison d'Aurhe. Enfin la première vue du Uoi étoit, en traitant avec ^électeur de Bavière et avec l'électour de Cologne ^ son frère, ^■réunir a la maison de Bavière tous les princes d'Allemagne ■m intentionnés pour le maintien du repos de l'Empire, et pour Hobner^'alinn des derniers traités de paix.

W Ainsi le premier traité fait avec TElecteurde Havi^re au mois lie cDAr» 1701 lui donnoit les moyens d'augmenter ses troupes M par conséquent sa considération en Allemagne, d'obliger les ces el les États voisins de la Bavière k s'unir à lui pour le ntien de la paix; mais comme la guerro n'étoit pas encore e entn^ la France el TEmpire^ il n'y avoit pas lieu de ce prince d'agir contre les ennemis de Sa Majesté. D donna donc ses principaux soins, après être passé des

I. PicrTV-Antoin* tlotiiUit. n* en I6S7, présidant (iii grand cons«il «n 1694,

A LUbnnne d« 1697 à 1703 (voir U volumo Portuftal, par M, C*nc dk

•ATMMniL, p. 311) ; il fut rovoyé on llollaodo «n 17D5, iirit uor part iinjxirLantê

«igOaUlioB* pour la paix «d 1709 et mourut en |7lâ.

CmftÊfomdance Bavii^re, t. Ll. U rxUte aux Archives u>oIs Autres copi«t à«*

iatteasIkiQ : CarrrKpondfWce Ravièrt, t. XMX; Frant^, y/inoire» et rfor».

l.||uii^U«ill.

Pays-Bas en Bavière, à profiter de In disposition qup quelques cercles, entre autres ceux de Souabe et de Franconie, t^moignoient alors à prendre avec lui des mesures pour la tranquillité commune; mais la crainte des forces de l'Kmpereur étanl plus puissante que la considération des propres intérêts des Etats do l'Empire, cets prenii<^res uppareuces d^inion avec les cercles se dissip<>renl, et il ne fut plus question que de songer aux mesures à prendre pour soutenir la guerre.

C'est le second objet des liaisons que le Roi a prises avec l'Electeur de Bavière ; quelque inclination qu'il eût témoignée pour les intérêts de Sa Majesté, il est difticile d'engager un prince de TEmpire dans une guerre quoique juste, lorsqu'elle le rend ennemi de l'Empereur, et qu'elle l'expose aux suites que tous les princes de l'Empire craignent du ressentiment de leur rhef. Il (alloit, pour persuader cet Electeur, lui faire voir d'un côté de grands avantages pour lui et pour sa maison si les succès de la guerre étoient heureux, et de l'autre un dédommagement certain si les événements ne répondoient pas à l'attente qu'on en devoit avoir.

Le traité conclu au mois d'avril 1701 lui donna toute» les assurances qu'il pouvoit désirer; la copie de ces traités, que Sa Majesté fait joindre à ce mémoire, instruira le sieur Houille de ce qu'ils contiennent.

L'Electeur de Bavière forma plusieurs difficultés sur le dernier, du mois de juin 1703, avant qu'il fût exécuté de sa part; la véritable raison étoit la peine qu'il avoit d'agir contre l'Empereur et l'Empire ; mais il trouvoit d'iintres prétextes de différer.

Il est porté par co traité (|u'oulre le gouvernement perpétuel et héréditaire des Pays-Bas, ce prince auroit encore la souveraineté des provincesde Gueldres et de Limbourg; il prévoyoit qui! seroil impossible d'emp/'cher les ennemis de s'en rendre les mai- Ires pendant la campagne de 1702. Il demandoit un équivalent pour lui tenir lieu de ces deux pro\nnces, en cas qu'on ne pùL obliger les Ilulbiudois à les rendre à ruc^asion de la paîx générale.

Cette prétention donnoil lieu à plusieurs difticnltés. et l'Electeur de Bavière, craignant rengagement où il enlroroit dés le moment qu'il agiroit, n'ctoit pas fâché de les entretenir ; il y eut

TRAITÉ DU 7 NOVEMBRE n02.

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it être tenté des

pçonner quii po avantagt^s que l'Empereur lui faisoit offrir en nn5me temps, ce fut dans cette eircoitstance que le roi d'Espagne ayant donné la pQlenlo de vicaire général dans les Fiiys-Bas à M. le duc de Bour- ^gne', l'Élocteur de Bavii^re se plaignit sî amèrement de ce titre qu'il {liirut qu il cherchoit un prétexte de se croire offensé. Cette opinion étoitmémeconfirniée par le silence qu'il gardoitlors(|u'on lui demandoit do la part du Roi ce qu'il désiroit pour sa satisfaction, et quoiqu'il vît clairement que l'intention de Sa Majesté n*avoit pas été de lui faire la moindre peine, îl demeura ferme à ne se point expliquer, et à se plaindre, jusqu'à ce que la négociatiou avec l'Empereur fùl entièrement rompue.

Alors reprenant ses premiers sentiments, et suivant les seuls mouvements que sa bonne foi lui inspiroit, il résolut dexécuter ponctuellement le traité; il parut content de la promesse que le roi d*Kspagne lui fit de lui donner le titre de son vicaire général dans les Pays-Bas, au lieu de celui de gouverneur de ces provinces, et dès lors il song<.'a sérieusement à exécuter le projet qu'il avoit fait de surprendre la ville d'Ulm.

L'exécution fut dilïerée au delà du terme que TÉlecteur de Bavière avoit marqué, mais elle fut heureuse; toutefois ce prince croyoil encore pouvoir se ménager avec TEmpereiir, et il n'oublioit rien pour y réussir. Il épargnoit avec soin les Etats de la maison d'Autriche, en sorte que le Roi ne voyoit point l'effet de la diversion que Sa Majesté setoit promise du côté de TAllemagno; rÉlecteurde Bavière jwessoit cependant pour obtenir une assurance <rètre dédommagé des provinces de Gueidres et de Limhourg, sil ne pouvoit les acquérir k la paix. Au lieu de cette aMDrance, Sa Majesté jugea qu'il étoit nécessaire de l'engager par de nouveaux avantages à se déclarer enfin ouvertement et à se mettre à la tète de Tarmée i|u'ElIo avoit résolu do fairc^ passer en Allemagne et de joindre à celle de Bavière.

Ou signa par ses ordres, le 7 novembre 1702, de nouveaux articles avec le comte de Monaslerol, envoyé de FÊlecteur auprès de Sa Majesté; la copie en est jointe à cette instruction, et le pré-

t. ^Ollt^ duc d« Dourgogn», fils ain#da DAUphin, père de Louis XV, ne en ittl nuirt 0n Ulïi. tl Hit en 1702 commandant de iannée d« Kiandrv.

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LE PHÉSIOENT ROUILLÉ, n04.

BÎdont Rouillé verra que ces nouvelles conditions donnoient à. rKli^ctcur (le Bavière des avantages qu'il u'avoit encore osé so promettre ni demander.

11 forma cependant des difficultés sur le nombre et la qualité) des places qno le Roi prétendoil retenir: il fit représenter à Sa Majesté que le reste des Pays-Bas devenoit si peu considérable lorsque ces places en scroient retranchées, qu'à peine cette étendue de pays pourroit être regardée comme une souveraineté. Enfin, eî*|»érant que ses représentations et ses services obtiendroieiil quelque chanp'ment favorable, il ne voulut point ratifier le traité, mais, se mettant lui-nu^iin* ri la ir*te do s(^s tn>n^>es,il agit heureusement et avec gloire contre cellesde l*Kmpereiir, et repoussa les entreprises que les généraux de ce prince tentèrent contre la Bavière.

Les actions de In guerre ont été publiques, il est inutile d'en parler: les négociations étoient réduites à quelques instances que KKlecteurde Bavière fa isoit de temps en temps pour obtenir quelque changement au traité du mois de novembre 1702, qu'il n avoit point ratifié.

Enfin, ce prince ayant appelé auprès de lui lecointedeMonasterol au printemps dernier, il le renvoya au mois d*août de cette année, avec ordre dïnsister encore auprès du Roi pour obtenir quelque augmentation an partage que Sa Majesté lui deslinoit dans les Pays-Bas. Il représentoit son zèle, ses services, ceux qu'il étoil encore en état de rendre, le refus qu'il venoît de faire de tous les avantages que l'Empereur et ses alliés lui avoient offerts depuis que leurs troupes étoient entrées en Bavière après avoir forcé les retranchements de Donauwerth.

Le comte de Monasterol proposait que le Roi voulût bien assurer à TF^Iecteur son maître les mêmes avantages à la paix, si Sa Majesté refnsoit encore d<> lui en accorder de nouveaux dans les Pays-Bas. Il est de Tintérèt de la France d'agrandir en Allemagne un Electeur de Bavière, et d'opposer à la maison d'Autriche une puissance assex considérable pour arrêter ses entreprises; la communication facile avec le royaume étoil nécessaire pour soutenir* ce dessein. Ainsi Sa Majesté trouvoit également son intérêt à n^ rien retrancher du partage qu'Elle s'étoit proposé dans les Pays^

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