‹ Bavière, Palatinat, Deux-Ponts avec une introduction et des notesChapitre 64 sur 256 · Maximilien II · texte numérisé non relu

Maximilien II

ÎTAGEMK.NTS pris envers L'ELECTEUR.

ilbolir|ue9 lui seroient cédés par le roi d'Espagne, pour le imager de la perle qu'il auroil soulleiie à roccasion des «Qgagvineuts qu'il preuoitavec le Hoi et avec le roi son pelil-lUs. Le cas pr<^vu par tes traités étant arrivé, rÉlecteur do Bavière a -«uspunda ptmdunt f|uelques années les instances qu'il étoit en lût de faire an Roi r.athi)litjiie. parce qtie le Roi lui a fuit coni\{re le préjudice qu'un pareil démembrement pouvoit causer BMx intérêts du roi d'Espa^i^ne, la nation espagnole so flattant cnron» alors rie pouvoir conserver tous les Etals de lu monarchie unis i'UM?mble. Mais depuis la perte de ceux d'Ilalie et celle de la p/n* prande partie des provinces des Pays-lîas, Sa Majesté a voulu joindre Klle-ménie ses sollicitations aux instances de TElecrde Bavière pour le faire mettre en possession du reste de ces

Quoique dans les coinnieuceraents Elle ait trouvé beaucoup répugnance do la part du roi d'Espagne à faire cette cession, en est enliu remis à la volonté du Hoi ; il a seulement prié Sa ji'sté de bien examiner les raisons qu'il y avoit de l'accorder de la tlîiïHrer encon». Comme Elle a jugé qu'il u y avoit point «^OQ^idération plus pre.swmle que celle de tenir la parole donnée «ui prince qui, de son côté, a satisfait ponctuellement t\ tous efigag<omcnts. Elle n'a pas balancé à déclarer à rElecteur de ivièreqtie puisqu'ElIe pouvoit disposer en sa faveur des Paysftpparleuant au roi sou pctit-lils. cet Electeur étoil maître D jirendre {Kissession lorsqu'il le jugeroit à propos. Elle lui a »^me roniieillé de ne pas différer à prolilcr du consentement du (pagne. Mais avant qu'il soit parti pour se rendre dans les 18» Sa Majesté a jugé nécessaire de prendre avec lui dos ina pour la conservation des places dont il est devenu le Itns.

L*EI*H'l»'ur de Bavière a supplié Uii-mémo Sa Majesté de le

^^tttt! en étal de les ganler pondant le reste de la guerre, con-

i( le»» projets des ennemis el le peu de nwyens qu'il auroit

î-méinvde s opposer ii leurs entivprises. Elle est donc con-

Hvc«: lai qu'il y auroit jusqu'à la paix des garnisons fran-

^^>i»»dwMi le* villes et châteaux de Ijivenibourg, île Namur, do

l.E COMTE PE 1.A MAnCK, IHI.

suffil pus en pnroillo malii'TC, il a idé ilress<; un traité dont !a copie sera jointe à cM^tte instruction et qui a été sigm- avnnt le lépart (le l'Electeur de Bavière.

L'exécution n'en fera pas de peine à ce prince, ainsi les onlres de Sa Majesté regardoronl beaucoup moins l'effet des dernier? engagements qu'il a pris (pie les vues qu'il est à propos de inriiager en Allemagne par rapport aux intérêts de l'Électeur. Ilavtiil mérité pur sa Hdélitê Têstime dont Elle lui a donné de» marqu^v en toutes occasions, mais depuis qu'KUe a connu personnelleirieiit ce prince, rall'oction (piElleavoit pour lui est encore augmenlco et Sa Majesté suivra sa propre inclination en exécutant en faveur d'un tel allié ce qu'Rlle rroit que son honneur et sa gloire dcmandL'ut d'Elle.

11 convient à l'un ot h l'autre aussi bien qu'aux intérêts dtt Roi Je rétablir rÉIeoleur de Bavière dans les fonctions do sa dignité et dans ses Etats. Les électeurs et les princes de TEmpî^ auroient un grand intérêt de contribuer à Tun et A l'autre, carU est pour (nix d'un dangereux exemple que l'Empereur s'attribue le droit dtt priver les princes d'Allemagne de leurs dignités <^*| de disposer de leurs États, lorsqu'il croira que les partis qii'*^* prendront pour le bien de l'Empire seront contraires aux iai rets de sa maison. Mais ces réflexions sur l'avenir ont cédé j*^ qu'à présent aux inoviMis que les ennemis du Roi ont empl*=>"3 pour unir les princes d'Allemagne contre Sa Majesté et pourfti- J oublier la maxime qu'autrefois ils suivoient constamment regarder la France comme la srulo puissance capable de le« ^ fendre et de soutenir leurs droits contre les entreprises empereurs.

Toutefois, comme il a paru par le récit que le comte de Marck a fait du voyage qu'il vient de faire à Aix-la-Chapelle quelques-uns de ces princes ouvrent les yeux sur leurs intéW et sur leur étal, qu'ils commencent à connoitre que sous le m d'alliés ils ont de^ maîtres injustes, occupés seulement de [muvenir au but qu'ils se sont [iroposé, inGdéles dans leurs enga^^ ments. et nullcmeiil touoliés de l'intérêt des princes qu'ils oi fait entrer dans uul* ligue f(irmt'?e seulement pour satisfaire à li'ii ambition sous le faux prétexte de procurer la sûreté publique

ÉLECTION D'UN EMPEREUR. i37

que ces mêmes princes se plaignent d'avoir été négligés par la France et du silence que le Roi gardo dans une conjoncture où Fintérèt de Sa Majesté demanderoit qu'ËUe prit des liaisons avec enx, Elle a jugé que celui à qui ces ouvertures ont été faites seroit plus capable que personne de les suivre et d'acquérir à TElecteur de Bavière des amis assez puissants pour faire admettre ce prince etTélecteur de Cologne son frère * à donner leurs suffrages dans l'assemblée convoquée à Francfort pour l'élection de l'Empereur ^. Et comme une pareille négociation doit être conduite de concert avec rÉIecteur de Bavière, Sa Majesté a choisi le comte de la ïarck pour demeurer de sa part auprès de ce prince et pour exécuter les ordres qu'EUe lui enverra, tant par rapport à FÉlecteur que par rapport aux négociations dont les premières ouvertures loi ont été faites. Comme Elle est assurée de l'attachement du comte de la Marck et du zèle qu'il a pour son service, Elle est persuadée qu'il emploiera ses connoissances et ses talents à s'acquitter à son entière satisfaction de la commission qu'EUe veut bien lui donner.

Dans le compte qu'il a rendu de son voyage, il a fait connoîlre au Roi que l'électeur de Brandebourg', irrité contre les Ilollandois, ne seroit pas éloigné de rompre ses liaisons avec eux et de s'engager avec Sa Majesté.

Quoique l'électeur palatin* soit étroitement attaché aux intérêts de la maison d'Autriche, il a paru par les discours du baron de Shaesberg (?) son ministre qu'il croyoit que l'amitié du Roi seroit avantageuse à l'archiduç et qu'il seroit également utile à la maison de France et à colle d'Autriche de s'unir et d'imposer la loi à la république de Hollande, dont l'orgueil est

f. Jos«ph-CIément.

î. L'Kinpcreur Joseph I" était mort le 17 avril 1711. Son frère cadet, l'archiduc Charlci, M trouvait alors en Espagne, oii il essayait vainemeat de a'cmpai*or du i^'ine de Philippe V. En apprenant la mort de son frère, qui ne laissait point d'hériiiermàle, il revint en Allemagne; déjà le collège des électeurs, par les soins du prince Eugène, l'avait élu empereur le 12 octonre; il fut couronné â Francfort, lo 22 décembre 1711, sous le nom de Charles VI.

3. Frédéric I", roi « en » Prusse, né en IG37, mort on 1713. Comme sa nouvelle QBilité de roi ne lui avait été reconnue par LéopoUI l*' qu'au cours de la puerre, OQ continuait en France â le désigner sous son ancien titre.

<. Jean-Ouillaume, né en tûj8, mort en 1716.

monté jusqu'au jx)inl de se crnîr«> imi ilroîi iIp disposer Jes couronnes.

n est essentiel do ménager ces dispositions tant de la purt de Télecteur de Brandebourg que de rélecteur pnlalin ; mais la première do ces négociations est In plus iniporlanic à suivre. Ainsi Sa Majesté veut que le comte de la Marck y donne une allentiou particulière. Comme il est difficile que les llollandois puissent satisfaire cet électeur sur ses prétentions, il y a lieu de croire qu'on pourra profit^^r de son jusl« mécontentement ft que le duc de Meckelbourg', qui prélendoit en faire un bon usage, ne manquera pas de faire savoir au comte de la Murck à Naniur quelle sera la résolution de Télecleurdc Brandebourgs son beau-frëre*.

Le duc do Meckelbourg demnndoit pour ce prince les mémos Bubsidê.s qu'il re(;oil de ses alliés, nionlunt à cent niillo ÔL-tispar mois.

Il demandoit pour lui-même deux cent mille écus, mais seulement à titre d'emprunt, h condition de rendre celte somme au bout de six années et sans en payer les intérêts.

Quoique les sommes que TéUnïteur do Brandebourg prétende soient très fortes et par conséquent difficiles à trouver après dix années d'une guerre très onéreuse, il ne seroit peut-être pas înïpossible de faire eneorfi ce dernieroirorl, si d'aillours eot élecleiJr faisoit voir quels sont les avantages réels que le Roi retirera de son alliance.

La première condition à demander est que ce prince, ngissant comme un fidole membre de l'Empire et comme un zélé défenseur de ses constitutions, insiste fortement sur la nécessité d admettre les électeurs de Cologne et de Bavière à Télection do l'Empereur.

Qu'il déclare que si leurs suffrages n'y sont pas reçus, il ne donnera pas le sien, et que si les autres électeurs prétendoiuui procéder à une élection informe sans le concours de trois électeurs, il la regarderoil comme nulle.

1. C'est ]a vieillo orlliogT.-iplie pout' Mecktemttourg Jierke(hurjjum). U s'agit ici do FréiiëriC'Ouillnume, dur d« ML*cklvm'»Jtn>'-Schwerin, né «n 1675, mort en 1713.

2. Frédéric l"', devenu v^iif une <««cunde fois en 17(15, arnit i^pousé ea troisième* en 1706, la princetise Sophie-Luuiee de Mecklciubuurg-Sctiwérin.

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