‹ Bavière, Palatinat, Deux-Ponts avec une introduction et des notesChapitre 72 sur 256 · Aaae. morU 1« 13 août 17U · texte numérisé non relu

Aaae. morU 1« 13 août 17U

DISPOSITrONS DE L'ÉLECTEUR.

Ce projet fut encore changé dans les conférences de Rasladt et l'Kloçleur de Bavière, tlattt^ d'obtenir le titre de roi, sentit de nouvelles peines lorsqu'il fallut renoncer à celle espérance, (juoique, dans le fond, la restitution entière de ses Etats h«5réditaires fût plus avantageuse pour lui que racquisition d'une île éloignée de ses Etats, aussi difficile à consener par sji situation que par la modicité de ses revenus.

Il a bien connu depuis qu'il devoit consen'er une reconnoissance éternelle de la manitïre dont le Roi avoît soutenu ses intérAlSt et s'éloit efforcé d'adoucir ses cliagrins ; mais s'il éloit possible que ([uelque jour on parvînt a lui persuader d'entrer dans lies liaisons contraires aux engagements qu'il a pris ave€ Sa Majesté, il nippelleroit alors le souvenir de ce qu'il a souffert, et croiroit peut-Olre y trouver des raisons do justifier le parti qu'il embrasseroit.

Quoique ces conjonctures soient fort éloignées, et qu'il y ait lieu de croire au contraire que l'Electeur de Bavière demeurera toujours inviolablenient aliaidié aux intérêts du Hoi, il est bon toutefois que le comte de Saumery soit instruit des sentiments que ce prince a témoignés en différentes occasions.

Au reste, l'inlenlion du Roi est de lui marquer atjhiiitde coiiliance que de satisfaction de l'exacte fidélité qu'il a fait paroître dans Tobservalion de ces traités. Et comme Sa Majesté veut de «1 part satisfaire avec la nn^me ponctualité aux engagements qu'Elle a pris avec lui. Elle a lieu de croire que rien n'altérera les »eutinients personnels que ce prince lui a témoignés.

Le sienr comte do Saumery informera régulièrement Sa Majesté de ce qu'il verra et de ce qu'il apprendra de plus considérable <|uî aura quelque rapport à son service, et suivant le compU> qu'il lui en rendra, Elle lui enverra ses ordres.

Il verra quelle forme ce prince donnera à ses conseils après son retour en Bavière. 11 n'a présentement aucun ministre qu'il puisse re^rder comme capable de le bien servir.

Outre ce que cette instruction renferme, rintenlion du Roi est que tous ses ministres au dehors lui rapportent, au retour de leurs emplois, une relation exacte de ce qui s'y sera passé dans les négociations qu'ils auront conduites, de l'étal des pays où ils

auront servi, des cérémonies qui s'y observent, soit dans les entrées, soit dans les audiences, ou en toute autre rencontre, et enfîn de tout ce qui peut donner une connoissance particulière des lieux où ils auront été employés et des personnes avec lesquelles ils auront négocié.

Ainsi le sieur comte de Saumery aura soin de préparer de cette sorte un mémoire en forme de relation de l'emploi que Sa Majesté lui confie, pour le remettre à son retour entre les mains de Sa Majesté.

La paix générale avait amené un rapprochement sérieux entre la Bavière et l'Autriche : en 1717, le prince électoral de Bavière, Charles- Albert, avec une division, marcha au secours de l'Empereur contre les Turcs; en 1722, il épousa Farcliiduchesse Marie-Amélie, la plus jeune des filles du défunt empereur Joseph I*'. Pour contracter cette union, il aA'ait reconnu la Pragmatique sanction promulguée par Charles VI en vue d'exclure de sa succession les filles de son frère Joseph !•' et de faire passer tous ses biens sur la tète de sa propre fille, Marie- Thérèse. Cependant l'Électeur Maximilien-Emmanuel continuait à enWsager l'hypothèse où Charles VI mourrait sans héritier mâle comme une occasion favorable soit pour faire passer la couronne impériale dans sa maison, soit pour accroître ses territoires en revendiquant une partie de la succession d'Autriche. Lorsque le traité qui le liait à la France vint à échéance, en 1723, il chercha à le renouer, et Jusqu'à sa mort, qui survint en 1726, il s'attacha à faire partager à son fils et ses espérances et son affection intéressée pour la cour de Versailles.

Mais l'utilité qu'Q y avait pour la France à entretenir l'amitié de la Bavière n'était plus aussi pressante : le régent s'était, en 1718. alhé à l'Angleterre et à l'Autriche, puis à la Hollande, pour résister aux entreprises de l'Espagne ; à la faveur de cette union, qui subsista quelque temps encore après la conclusion de la paix de la Haye en 1720, il devenait oiseux d'attiser les haines de l'Électeur de Bavière. M. de Sauraery, ayant demandé en février 1718 à rentrer en France pour affaires de famille, ne fut pas remplacé ; le traité de 1714 ne fut

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