‹ Bavière, Palatinat, Deux-Ponts avec une introduction et des notesChapitre 80 sur 256 · INTÉRÊTS DE L'ÉLECTEUR · texte numérisé non relu

INTÉRÊTS DE L'ÉLECTEUR

plus flatteuses, mnis que, quand il l'aura oblenup^ k'ra plus tjui* comme une suite et un effet uéces- Lre de l'obiUssiince aveugle à laqudle il croit tous les princes de l'Empire indistinctement condumnés; qu'il cherchera peutm^me d(*s moyens pour se dispenser de la reconnoisaance et i# rt<ln lui s(*ra d'autant plus aisé (|u i*n donnant des chaînes aux 'incipaux princes de TEmpirc sous prétexte de s'en faire des lièA, il ne verra plus de bornes h sa puissance et que les princes lins couMdérables seront forcés de ployer sous le faix de «utorit*^.

Un intt^rtH bien plus presstmt encore doit faire regarder à hllpcleur son accession au traité de Vienne comme un piëge fatal Ton lui tond pour s'assurer entièrement de la perte de tous ses lU. (xîltc accession lui fait garantir à rKnipereur contre luiit>inc l'ordre de 8UCcet>:>ion forcé qu'il a établi dans sa famille. kinsi l*lillecleur, dans le mAme moment, sacrifie sa considération ri'Impire, sot^ ilroits sur quelques-uns des Etats de la maison Autriche et toutes ses plus grandes espérances au Irûne impéd. Cent à lui que l'on s adresse pour y coopért'r et non content ch<*rcher lous les moyens de procurer son abaissement, on Il demande sa main pour la faire servir à sa propre ruine. Lesi^^ur marquis de Maillebois saura [larfaiterrient faire usage réflexions si touchantes et il saisira tous les moments propres le» faire valoir à rKleclenr. Il lui marquera couiliien le Roi qu'il consulte en cettif occasion ses inténMs personnels, qui ni entièrement h ce que TEmpereur exige de lui, et il sentir k ce prince le regret infini qu'auroit Sa Majesté, s'il »il lui-ménii* par son accession au traibï île Vieiuie un obstocle invincible àce<]u'il pourroit attendre dans de certains temps tfoo aniitié pour lui et de la part que Sa Majesté a tmijours iW juM|u'A prirent ii sa gloire et h son élévation. Cette insilAtion ménagée et placée à propos peut faire sans doute une ion irivf, forte sur l'esprit de rKlecleur, Il reste présentement à instruire le sieur marquis de Maille- »i» de c© qu'on a pu apprendre du caractère des principaux miklrCAdonl ce prince a fuit choix.

Lt eomte de Terring^ à (|ui il a donné le département des

LE MAUUCl^ l)K MA1LI.EBÛIS. 1726.

affaires étrangères, paroit dans de bonnes intentions et il a Ucmi [H'rsonuellemeut il»î i\v pas so louer de lu cour de Vienne; mais son crédit auprès de son maître ' n'est peut-être pas encore alîermi. Ceux qui sont soup<;onné5 d'avoir inspiré à rKli-cteur les difficultés (|u'il iipporleû son accession an fruité de Manovresont le sieur Urnetel, chancelier du conseil |u*i\e, et le conite de Tirrheini, grand chambellan, qui sont Tun et rautre,de même que la ]ili)part tles ministres des princes d^ÂlIemagne. dans de tels principes de soumission et de respect pour l'Empereur qu'ils croient nu pouvoir rien conseiller de mieux à leur maître que de s'allJichcr servilement à ce prince.

Quant au comte de Preysing, que TKlecteur continue de distinguer par une confiance particulière et à (fui il a remis la direction de ses tlnanccs, son inclination dominante nY*st pas encore bien connue. Un soupçonne seulement que les vues qu'il aura en général pour les alTaires de TEIecteurne seront pas bien relevées et qu'il se portera volontiers à se contenter d'une médiocrîti^ [paisible et exempte de tous les hasards auxquelsdes vues plus hautes sont souvent exposées.

(Quoiqu'il en soit, le marquis de Mailleboi$s'appli<|uera à découvrir les dispositions présentes de tous ces ministres, et il lâchera de profiter des occasions qu'il trouvera de pénétrer celui d'entre eux que l'on pourroil le plus facilement s'attacher par la suite afm de se réserver un canal sûr par lequel on pût faire passer ce que le Roi jugeroit à propos de communiquer à rKlecteur.

Le sieur marquis de Maillcbois doit avoir une extrême attention à ne rien dire à ce priucc qui tondît à lui rendre suspect .ini'un de ces ministres. Il obser\'era d'ailleurs qu'ils ne sont point instruits du désir que rKlecteur a fait paroltre de renouveler avec le Roi h* traité de 1714. Ainsi il doit garder avec eux sur cela un profonti silence ; si ce[)endiint il s'apercevoit que rKlecteur eût confié le secret au comte de Preysing et au comte de Terring et qu'ils vinssent à lui en pai'Ier, il écouteroit ce qu'ils voudraient lui dire sur ce point, les entrcticndroil toujours des

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