PASSAGE DE THOUPES ÉTRANGÈRES DANS L'EMPIRE
te
États généraux ne tarderont pas à faire passer dans les Pays-Bas
un corps de vingL mille hommes de troupes holiandoises pour y
remplacer les troupt's autrichiennes, luijjloises et hunovriennes
ui viennent d'en partir pour passer le Rhin et tâcher de péné-
er jusqu'en BaAnôre. Au milieu de ces changements, il restoit
core quelque espiTunce quau moins les hUits de TEmpire. in-
ressés ù empêcher que par l'inirée de ces troupes en Allemagne
feu de la ^erre ne fût porté dans lu cœur de l'Empire, se por-
roientà s'unir pour s*y opposer, et que cette union des Ktats
e l'Empire sous les auspices de TEmpereur, leur chef, ôUmi aux
nnomisde ce prince les moyens de mettre h exécution les vastes
projets qu ils ont formés sous prétexte de secourir la reine de
Hongrie^ cette princesse se trouveroil enfin obligée d'entrer dans
es voies d'accommodement. Le roi de Prusse s'étoil même élev*'» le
reraier contre l'entrée de ces troupes étninj^ores dans l'Empire
par les df^clarations faites de sa part, tant en Angleterre ttt en
ollande qu'à la diète générale de Francfort, où ses ministres
voient agî puissamment pour porter cette assemblée à prendre
s résolutions capables de maintenir la neutralité do l'Empire,
et d'y rélaldir le calme et ta traii(]uillilé; mais soit que la plupart
de* autres princes et Etats de l'Empire aient été retenus par les
éBances qu'ils paroissent avoir généralement conçues contre le
Tui de Prusse ou par la partialité que plusieurs ont conservée
pour ta cour de Vienne, ou enlin par lappréhension de sexposer
voir les troupes autrichiennes des Pays-Bas, qui s etoient avan-
ées iié'jk sur te Rhin avec leurs auxiliaires anglois et hanovriens,
rendre forcément et sans aucun iiiénag*Muent le passiige» sur
eurs terres avant qu'on eût pu assembler dans l'Empire une ar-
éo d'ohsenation suffisante pour leur imposer, les différents
oUèges de la diète ne s'étoient encore expliqués qu'avec anibi-
lïté sur les moyens de pourvoir à la sûreté de l'Empire en
témo temps que la diète emploieroit sa médiation pour le réta-
Ussemeut de la paix entre TEmpereur et la reine de Hongrie,
lorsque la mort de l'électeur de Mayence, do la maison d'EItz, a
uspendu entièrement te cours de ces délibérations; elles ne
urront être reprises qu'après que le comte dOstein,qui \'ient
d'être élu puur nouvel électeur de Mayence, se sera mis en pos-
ao«
session, à cette assemblée, des fonctions ilu directoire qui lui ap- |»arfient romme urchichuncelirr d'Allemagne, et une des principales attentions du sienr comte de Laulrec devra être do veiller à ce fjui sera fuit de la part do TEmpirreur tant pour ménager ce nouvel électeur (jui, par l'autorité de sa place, a une influent; principale sur les d^librrations de la di<He de TEmpire. que pour porfer relie assemhlt'e par tous les moyens ipii pourront Ôtre mis en usage, soit auprès des ministres qui la composent, soit auprès des princes mêmes dont ces ministres dépendent chacun en leur particulier comme les représentant à celte assemblée, (>our la Ûvterminer insensiblement à prendre les résolutions les plus conformes Hxw inléiAls de lu maison de Bavière suivant les circonstances, ou du moins nen prendre aucunes qui pussent, ou fortifiaut et nugnienlunt les espérances de la reine de Hongrie et de ses alliés, éloigner cette princesse des voies de conciliation, l'intérêt des princes et Etats de l'Empire en général et en particulier, et la gloire de l'Empire considérée dans l'union de sou chef et de ses membres, devant naturellement les éloigner de tout ce qui pourroit tendre au déshonneur do I^Empereur et à le mettre dans la nécessité indispensable de souscrire à des conditions qui ne lui laisseroient pas les moyens de soutenir dignement la dignité impériale.
Le sieur comte de Lautrec n'ignore jias que les Anglois, dans la première ferveur de Tenthousiasme que leur inspîroit la joie d'être parvenus à réconcilier avec la reine de Hongrie le roi de Prusse et le roi de Pologne, électeur de Saxe, osèrent proposer à TEmpereur de faire sa paix avec cette princesse en s'unissant avec elle conjointement avec l'Empire dans une ligue pour attaquer tous ensemble la France, avec promesse d'abandonner à la maison de Bavière, pour lu satisfaction de ses droits sur la succession d'Autriche, les conquêtes qu'ils se flattaient do faire aisément de quelques-unes des provinces du royaume limitrophes de TEmpire. H saîlaussi que l'Empereur, loin do se laisser tenter par de pareilles offres, en a témoigné toute Tindignation qu'elles méri— toieut comme le supposant personnellement capable de manquer h tous les devoirs do la justice et de la probité en se déclarante l'ennemi du Roi, son fidèle allié, après tuus les bienfaits et assis —
POriTIQUK DE L'ANGLETERRE.
Unces qu'il avoîL reçus de Sa Majostù, et pour une guerre qui n'auroil eu au fond d'autre motif que les secours que Sa Majesté lui Hvoil prodigués si généreusemeutf tant avant que depuis son éleclioD à l'empire. Il n est pas à présumer que les Auglois aient pu conserver do pareilles idées de conquêtes sur la France, principalement depuis qu'ils ont vu les jusles mesures que le Roi a prises, non seulemeut pour mettre en sùrolé les provinces de son royaume, mais nuï^si pour faire passer le Rhin à une nouvelle armée pour le secours de rEmpeiH}ur, et, pour peu que les succès répondent à ces nouveaux efforts que Sa Majesté veut bien continuer de faire en sa faveur, il y aura tout lieu d'espdrer que le roi de la (irande-Brelague ne tardera pas h se repentir d'avoir hasardé 6ei» troupes nationales dans des pays aussi éloignés, et que, perdant toute espérance do trouver ses peuples disposés à lui fournir plus longtemps les moyens de poursuixTe des projets aussi chimériquos, il sera le premier à porter lu reine de Hongrie à do justes smitiments de paix. Il y a lieu de juger que c'est dans cette vue que le lord Carteret, son minislro de confiance, s'est altaché depuisquelque temps à entretenir une sorte de négociatiou avec le baron d'Ilazelang, ministre de l'Empereur à Londres^ et quoique, abusjint de la confiance imprudente de ce ministre impérial, il ait communiqué aux principaux ministres des Etats généraux et répandu aussi dans le public des propositions qu'il ^uppo^oii lui avoir été faites de ta part de TEmpereur pur ledit JMtron dllazelang et qui lendoient à procurera ce prince, au moyen de la ^'cularisation de ditTorents évécbés principaux de l'Empire, situé» dans la Havièro ou dans son voisinage, une augmentation d'Etats jusqu'il la concurrence de six millions de llorins de revenu.cbose 4|ue rEm|»ereura nié formellement d'avoir ordonné à Miu ministre de proposer de sa part k Londres, Sa Majesté a tout liou de conjecturer, par divers avis qui lui sont revenus, que le même ministre im|iérial continue à négocier «vec ledit lord Carleret, et que le roi de Prusse entre même en quelque manière dans oetlc négociation. Il y avoit aussi des indices que le feu électeur de Mayeace agissoil à Vienne dans les mêmes vues et que son objet étoil de diriger de telle manière les résolutions de la diète de l'Empire, t|uelles ne pus.sLMil qu'Ôtre conformes à ce *|ue les
IICCOI* UE» INifTIUICT. Ult'LOltAT. VII. — 14
'IMt
Lk «.uMiB UK LAUTflKC, 1743.
Angloîs ebtimeroient île plus coDveaable pour le rêtaLli&fiiîineiit de ]â paix eu Allemagne. (Juai qu^il en soit, ou p€ut compter que 5oit que le roi de la Grande-Bretagne, qui se dispose à passer la mer, se mette à la tète de ses troupes dans l'Empire, ou qnll se rende dans son électoral de I1nnovre,seâmini&tres ne tarderootpas âjoindre les négocinlions aux opôrutinns niililJiires, et à rechercher, si les succès de* arnieî» ne sont pas favorables à la reine de IlongrîCf tous les moyens de procurer de manière ou d*aulre quelque conciliation entre l'Empurenr ot cette princesse, et c'est à ce point de vue que le comte de Laulrec doit principalemi^ut iixer ses attentions pour, en s'insinuaut de plus en plus dans U confiance de TEmiK^reur, être toujours à pirtée de s'instruire des offres ou propositions 4|ui pourront tAt ou l^ird lui être faites, de savoir par ce prince lui-mOmu ou de p<in<^trer d'ailleurs ses dispositions pour traiter et conclure û des conditions plus ou moins avantageuses, cl de veiller tant à ce qu'il n'en admette aucune qui pût être contraire aux intérêts du Roi, qu'à cequMl ne prenne mt^me en général aucun engagement qu'iivcc la participution et du consentement do Sa MajesU», puisquaprès les efforts immenses et de toute espèce que Sa Majesté n'a pas cessé de faire pour lui donner et continuer les moyens de se procurer une paix lionornble, Elle doit compter sur assez de retour de sa part pour qu'il preime en Sa Majesté une confiance sans réserve sur tout ce qui peut concerner les intérêts communs de Leurs Majestés.
Un des principaux obstacles qui, jusqu'à présent, a paru sop- |>oser au progrès di*s aégoeiatiuiis qu'on a Imité do lier auprès de l'Empereur pour raccommoder avec la reine de Hongrie, a été le traité d'union et d'alliance conclu au mois de mai 4741 entre ce prince et le roi d'Espagne pour fairt' valoir conjointement, le premier en Allontague et le second en Italie. leurs droits et prétentions sur les Etals de la succession d'Autrirhe. Si les armes des Espagnols avoient été plus heureuses on Italie, leurs succès dans cette partie de l'Europe n'auroient pu quiniluer beaucoup sur les afTaires d'Allemagne pour obliger lu reine de Hongrie à dos cessions en faveur de ces deux princes; mais les choses y étant tournées de manière qu'il na pas été possible à l'infant Jou
JL -^
POLITIQUE DK L'ANGLETERRE. %\i
Philippe' de percerplus avant qu'en Savoie pendant que d'autre part Farinée espa^ole dans le Boulenois, loin d'avoir pu pénétrer dans le Mîlanoîs, s'est trouvée obligée après la bataille de Campo Santo * de rebrousser chemin vers la Romagne, l'Empereur ne doit plus guère se flatter que la diversion des Espagnols en Italie soit désonnais assez puissante pour opérer favorablement pour lui sur l'Allemagne, et il y a au contraire tout lieu d'appréhender que, si les armées de France auxiliaires de ce prince dans l'Empire ne remportent pas les succès que Sa Majesté espère des bons ordres qa'Elle a donnés à ses généraux, les Autrichiens, secondés des forces navales de l'Angleterre dans la Méditerranée, ne sachent susciter dans le royaume des Deux-Sicilcs quelque révolte des peuples pour enlever ce royaume à don Carlos ^. Les ministres anglois paroissent même déjàs'en flatter, puisqu'ils ontrefuséavec hauteur les propositions que le marquis Flogliani, qui s'est nouvellement rendu à Londres, leur a faites de la part de ce prince pour maintenir en neutralité les royaumes de Naples et de Sicile, en exécution de l'engagement qu'il se crul obligé de prendre il y a quelques mois de retirer les troupes napolitaines de l'armée espagnole, avec promesse de ne point prendre part à la guerre que cette armée avoit portée en Lombardie, Il faut croire qu'une pareille révolution , qu'on ne peut s'empêcher de prévoir comme possible, ne sera pas d'aussi facile exécution que les Anglois peuvent s'en flatter, mais cette considération peut cependant être d'un grand poids entre les raisons qui peuvent déterminer le Roi et l'Empereur à la paix, et, comme il n'a pu encore être question de s'entendre de la part de Sa Majesté avec ce prince et avec le toi d'Espagne sur la manière de ménager également leurs intérêts lors de la négociation de la paix, Sa Majesté s'en remet sur co sujet aux instructions et ordres qu'EUe pourra envoyer dans le temps au sieur comte de Lautrec sur une matière aussi délicate, si
1. F0I de Philippe V et d'Elisabeth Farnèse, aé en (720, mort en 1765. H avait ^I>oiué ea 038 Louise-Éliiabeth de FraDce, fille de Louis XV, et devint duc de ^m«Bie en 1748.
1 8 féTrier 1743.
t, Fili aîné de Philippe V et d'Elisabeth Farnèse, né en 1716, duc de Parme en ^"^31, roi de Naples et de Sicile en 1735 sous le nom de Charles IV. roi d'Espagne *^ 1759 sons le nom de Charles III, mort en 1788.
les succès de cette campagne sont tels que Ton puisse forcer la reine de Hongrie adonner en môme temps satisfuclion à l'Empereur et au roi d'Es[i;igne sur leurs prétentions mutuelles; mais il n'y a guère lieu irespérer qu'après les secours que le roi de la Gnmde-Bretugne a donnés et procurés à cette princesse, elle consente à faire aucun accommodement avec le Roi Catholique, que les Anglois uy entrent eux-mêmes pour terminer en même temps la guerre qui sest allumée entre TEspugne et l'Angleterre, dès l'année 1739, et si, contre toute apparence, elle y consentoît, ce seroit toujours une grande question de savoir si et comment TEmpereur pourroit Taire cette paix particulière sans faire aucun préjudice réel au roi d'Espagne, puis(|ue la reine de Hougrio se trouveroit alors en toute liberté de faire passer d'Allemagne en Italie assez de troupes, pour y poursuivre partout les Espagnols de conceH avec l'Angleterre et pour leur enlever conjointement avec le roi de Sardaigne les royaumes de Naples et de Sicile.
Le roi de Prusse, depuis la conclusion de sa paix, avec larciite de Hongrie, est demeuré dans la plus exacte neutralité entre les parties belligérantes, en conformité de rengagement qu'il en a pris par son Irait)!' de Breslau. Du reste, il a continué de donner à l'Enipereur toutes les assurances possibles de son amitié, et du désir qu'il auroit qu'il pût obtenir une satisfaction raisonnable sur ses prétentions. Il a môme agi auprès du roi de la Grande- Bretagne pour le disposer à faire en sorte que la reine de Hongrie voulût y donner les mains; mais le roi de la Graiidc-Bretagnu a toujours répondu qu'en môme temps qu'il avoil porté cette priacesse ù faire pour le bien de la paix la cession de la Silésie, il s'étoil engagé à ne lui demander ni proposer de faire dans la suite aucune autre cession des Étals qu'elle a hérités du feu empereur son père, pour demeurer indivisiblement unis sur sa tête conformément à la Pragmatique sanction. C'est par cette considération que le roi de Pologne n'a pu obtenir le moindre avantage lors de sa réconciliation avec cette princesse ni depuis, quelques instances qu'il ait faites soit directement à Vienne, soit indirectement par les offices de la cour de Londres, pour se procurer quelque satisfaction h raison des prétentions qu'il soutient avoir sur la succession d'Autriche du chef de la reine de Pologne son épouse,