‹ Bavière, Palatinat, Deux-Ponts avec une introduction et des notesChapitre 95 sur 256 · ATTITUDE DE LA SAXE · texte numérisé non relu

ATTITUDE DE LA SAXE

(îllc alfif^e do l'empereur .losoph, frère aîné et prédécesseur de remperour Charles VI ; mais il n'a cependant pas encore perdu re5f|)érance d'obtenir en sa faveur quelque portion de cette succession, et particulii>rement si In reine de Ilongrie consentoit ii en céder quelques Ktats à rKmp*îrcur. et il h formellement dcclnn'î qu'en ce cas, qui seroit un*' *lérogation formelle à la Pragmatique notion, il comptoit de rentrer dans tous les droits de la reine «on épouse sur celle succession, et de les faire valoir par tous les moyens qu'il auroit en main. C'est vraisemblablement dans celte vue qu'il a augmenté le pied de ses troupes jus([u'au nombre de plus de quarante-cinq mille hommes; mais on ne peut pénétrer encore à quel usage il veut les destiner, il ne cesse de négocier de foules parts, laissant espérer d'un côté à la reîne de Hongrie et aux Anglois qu'il ne tient qu'à pux d'avoir à leur disposition une partie de ses troupes s'ils veulenl le satisfaire par la cession de quelque p<^»rtion de la Bohème, et fuisaiU en même temps envisager à l'Empereur que suivant le cours que prendront Icîs affaires par les événements de cette campagne, il pourroil agir de concert avec lui en renouvelant leur alliance et faisant valoir conjointemcnl leurs droits et prétentions; mais dans la sujétion oit ce prince s'est mis de la cour de Russie, et dans lappréhension qu'il a du voisinage du roi de i*russe, il ne faut pas croire (ju'il voulût jamais agir contre la reine de Hongrie au risque de s'exposer à des embarras en Pologne par quelque confédération que la czjirine' pourroil y exciter, ou d attirer dans les États de réieclurat de Saxe les troupes prussiennes, et il y a plutôt lieu ât^ présumer qu'il n*a au fond d'autre objet que de se ménager a£«.e2 de considération pour que ses intérêts ne soient pas absolument négligés, lorsqu'il sera question de travailler dans un con- OM autrement à la puriru-ation d<' l'Alleniagiie, Le Roi n'a ugé devoir donner ces connoissances au sieur comte de Lautrec sur les vues et dispositions du roi do Pologne, i|n'alin quil soil en éUt de tenir sur ce sujet des propos convenables lorsqu'il pourra en être question dans ses entreliens familiers avec l'Kmp**r*jur, car le sieur comte de Lautrec tluW au reste m* dispenser de

. Elisabelh. qui n^gna de ITU h iTGi.

ri^a traiter uiipros de ce prince sur co qui peut regarder les intérêts de la maison électorale de Saxe, à moius que Sa. MajesU ne lui envoie par la suite des ordres expn'^s et des inslructibas plus parliculii>res.

Au commencement do cette guerre, le comte île Truches, ministre de Baviùre auprès du cercle de Souabe, conclut avoc les États de ce cercle une convention ou traité de neutralité pour toute l'étendue du territoire du cercle, 1 article 4 de ce traiU portant que, comme les pays anlc^rieurs d'Autriche,)* comjtrisl*! Brisgaw, le Frichthal, les villes forestières et les seigneurie* antérieures d'Arlebergf étoient tellement mêlés avec ceux du cercle (ju'uu cas qu'ils ne fussent pas compris dans la neutralité le repos extérieur et la sécurité dudit cercle no pourroient jamais ôlre entretenus, on délibéreront après la signature de ce traité sur les moyens de porter la cour de Vienne à donner les maînsàccllu neutralité, et de fa<;on que la tranquillité du cercle en attendant no pourroil être troublée à cette occasion par des voies de fait. Le minîsti*e de Bavière comprit le préjudice que cet article poiuroil dans la suite porter k la maison de Bavière, si c'éloit un obstacle qui dût lenipêcher de faire valoir les droits qu'elle prétendoifc avoir sur les pays antéritMirs d'Autriche de même que sur plusieurs autres de la succession du feu empereur, et il déclara pu* écrit, en signant le traité, qu'il entendoit ne passer cet article^ qu'autant qu'il pourroit être ratifié par l'hlecteur son maître. 1«a cour de Munich a depuis fourni sa ratification de ce traili't; uiaû^ en yjoignant une déclaration, que son ministre lit Ie8 janvier 17 V2 aux députes du cercle de Souabe en leur remettant cette ratification, que l'Electeur de Bavière son maître réservoit se^ droits sur les pays de TAulriche antérieure, afin qu'on ne pût enleudre que ledit article 4 pût Tempècher de poursui\Te sesdits droil* sur ces pays. En conséquence de cette réserve, il uélé plusieurs fois question, pendant le cours de l'année dernière, de faire marcher quelques troupes impériales avec un corps de celles oC France comme auxiliaires, pour s'emparer de ces pays enclave dans lu Souabt^ et aussi des villes forestières et autres lieux com* pris sons le nom de TAutriehe antérieure. Cette expédition [«*• roissoil d'autant plus convenable, qu*elle auroit Oté à la courd*

CERCLE DE SOUABE. 2ir>

Vienne les ressources qu'elle en relire en recrues pour ses troupes et en subsistances pour ses approvisionnements du Tyrol, et qu'en même temps que ces avantages auroient été mis du c6té de l'Empereur, il y auroit trouvé celui de pouvoir encore mieux contenir le cercle de Souabe, et en tirer plus aisément les fourrages et autres denrées pour former sur le Lech et le Danube les magasins nécessaires pour les troupes de France, outre que ces marnes pays, entièrement à la bienséance de Télectorat de Bavière, ayant été une fois mis entre les mains de FEmpereur, il poun-oil espérer de se les faire plus facilement céder lors de la négociation de la paix. Les ministres de Wurtemberg, qui exercent le directoire du cercle conjointement avec l'évéque de Constance, paroissoient même disposés à donner les mains à cette occupation, moyennant quelques arrangements proposés de leur part pour l'avantage de la maison de Wurtemberg. Mais divers incidents ont toujours suspendu l'exécution de ce projet, l'Empereur luimême ayant souhaité vers la un de Tannée dernière qu'elle fût encore différée, soit qu'il appréhendât que le roi de Prusse, qu'il croit devoir beaucoup ménager, ne lapprouvàt pas, soit qu'il fût retenn par d'autres considérations dont Sa Majesté n'a pas eu connoissance. Comme ce même projet pourra être remis sur le tapis au commencement ou dans le cours de la prochaine campagne, le Roi a jugé ne devoir pas différer à doimer au comte de Lautrec ces premières notions par rapport à l'occupation de l'Autriche antérieure. Le maréchal de Broglie* est instruit de tout ce qu'en ce cas il conviendra de faire, et ne manquera pas de l'en informer pour le mettre en état de concerter avec l'Empereur les ménagements à observer alors avec le cercle de Souabe, pour qu'il n'ait pas lieu de se plaindre de cette occupation, qui véritablement ne sera qu'une prise de possession de la part de l'Empereur, et qui par conséquent ne pourra être regardée comme dérogation à la neutralité stipulée pour ce cercle.

Une des premières questions auxquelles pourra donner lieu

1. Fraaçoû-Harie. duc de BrogUe, était né en 1671. Il ae distingua dann la gutrre de la •uccession d'Ëapagne, fut nommé ambassadeur à Londres en 1724 et maréchat en 1134. Il meaa brillamment les campagnes de 1741, 174:2 et 17i3, et moamt «n disgrâce en 1745.

ÎHÎ

LE COMTE DK LAL'TaEC, J743.

la résolution que TEnipereur a prise de quitter Francfort jKmrse rendre en Bavière à la tAte de ses troupes est .s*il sera plus convenable de laisser subsister dans cett« ville la diète générale, ainsi qu'il l'y a établie immédiatement après son élection k la dignité im[>ériale, ou de la transférer dans quelque ville plus à portée d« sa personne, afin qu'il puisse juurnelleuieut envoyer à son principal commissaire otà ses autres ministres à cette assemblée losordres et instructions nécessaires suivant rocoiirrenee desl aiïaires, et particulièrement si les succès militaires lui sont aus-ii favorables qu'il peut l'espérer. Cette diète est la continuation il*» celle qui a subsisté sous les précédents empereurs pour lesafTairesl génémU^s de l'Empire, et qui a presque toujours tenu ses séonci à Ralisbonne jusqu'à la mort de l'empereur Charles VI. C'est pan de justes considérations que l'Empereur, après s<»n élection Francfort, a jugé devoir réljîblir auprès de lui dans relte ville, et quoiqu'il ne lait pas trouvée disposée à se porter à embrasser ouvertement ses int<îrèts, ainsi qu'ilTauroil souhaité et qu'il croyoll jïouvoir s eu lîalter k raison des devoirs de membres et sujets dt l'Empire envers le chef, il est toujours vrai qu elle lui donnoîl pendant qu'il a séjourné à Francfort, une représentation suffisante] pour le faire respecter et considérer même de ses ennemis, ei sorte que l'opinion puroîl mftnie assez générale que jamais leur! troupes nauroieni osé l'attaquer dans eettc^ville, et pour aini dire sur le trône impérial au préjudice des lois et consiitntioni établies pour assurer inviolablemeutlatrauquillité des assemblé* générales de l'Empire. Il ne faut [ms s'attendre que les délibérations y deviennent plus favorables à l'Empereur depuis qu il jugé devoir s'en éloigner, et princij)alement tant que les irouiYct autrichiennes avec les Anglois et les Hanovricns leurs auxiliairet qui passent actuellement le Rhin, se trouveront A porléode soutenir et encourager ceux des membres de cette difete qui sont 01 (léclaréH ouvertement pour la cour de Vienne, ou persuadi*s qu< tout l'Empire doit se ménager dans ane entière impartialil entre les parties belligérantes, qui sont pro|»rempnl les maisons di Bavière et d'Autrirhe; mais si l'Empereur, dans les circonstance! préscntos, jugcoil devoir transférer la diète dans quelque auti ville, il ne seroit peut-être pas assuré que les différents luinistrej

ATTITUDE OE l/Él.KCTEUR DE COLOGNE.

qui la composent, so pressoroictit Je concourir aux délitiôrntions qtii devroient nécessairemiMit pnkt'îder cotte trnnslation. et entité de «e rendre dans le lieu où il crotroit devoir l'él^iblir. Il irell pftrce5consid«5rnlions que l'Kmpereurne pourroitsiuis in- Inmtiférer acluellenient celle ilii^te, et qu'il sera de Maïleiuire encore quelqiie len»ps que les événements lie la campagne aient donné lieu de voir ce qu'il sera pins convenable de faire, tant sur le temps de la translation de la diète générale de rFlmpire,que sur la ville uù elle pourra i>tre convoquée. On jugera peut-ôtre alors que ee pourra être un acheminement à la paix de la ri^tablir comme sous les derniers empereurs à Raiisbonne, préférablement à Augsbonrg et à toute autre ville, ri le sieur comte de Lanlrec, sans se porter â traiter prémalurécnenl ces questions avec l'Kmpereur, doit dans le commencement so b(im<^r à être attentif aux conseils qui pourroienl éln^ donnés à ce prince sur ce sujets et aux dispositions que de lui-même il pourra laisser enlrevoirsur lesri^solutions qu'ilponrroit se porter A ou Uird à prendre sur ta translation de la diète.

Il n'a pas lieu de se louer de l'électeur de Cologne son frère ', qui s'etU contenté de concourir de sa voix et de son ministère h soo élection à la dignité impériale et à son couronnement, et qui ne Ta aidé d'aucun secours ni de troupes ni d'argent, ce que cet ilecteur auroit cert;nnem<*nl pu faire s'il en avoit eu la volonté. puisque indépendamment des épargnes qu'il pouvoit ménager sur L"» revenus de son électoral et de ses évêcbés de VVestpbalie et le« oniprtmt-s qu'il pouvoit faire, il are<;u du Roî depuis plusieurs lûéwi con.-^tH-ulives de^ subsides considérables qui n'avoient Taulre motif que de le mettre en état do [muvoir, dans le besoin, convenablement pour les intérêts de la maison de Bavière. Tl fanl cependant rendre h Sélecteur de Cologne la justice qu'il a ^^^iftt** à desniïres qui lui ont été faites de la part des Angloiset ^■|«* Ui reine de Hongrie pour l'enLrainer dansquelque engagement ^Hui ne pouvoit être que préjudiciable a THrapereur, et s'il n'a pu ^Ke di»p<*n9er depuis qnil s*est vu, pour ainsi dire, h la merci des ^Bruupeii angloises et hanovriennes, qui sont encore actuellement

19, nu dfî l>l^t«ur de Baviért^ Maiimilien U Bmmaouel, né l,*tfcl«urdfl Cologne d«ptni 1720.

dans son pays à l'occasion de leur passage des Pays-Bas f u Allenmgue» de promettre qu'il observeroit dans la suite de cette guerre une exacte neutralit«. il a en mAme temps fait assurer l'Empereur mui frère que (railleurs il concourroit avec les princes et Etats de l'Empire aux délibérations et mesures qui pourroient être prises pour la sûreté de rEmpire» et pour y rétablir une bonne paix. Il a fait donner en même temps au Roi tes mêmes assurances, et quoique la dissipation et légèreté de ce prince et l'opposition de sentiments qui ne se fait que trop souvent remarquer entre ces deux frères, ne permettent pas de compter absolument sur ce^ assurances, le Hoi, jugeant qu'il est convenable à Uyns égards de ménager do plus en plus l'électeur de Cologne, recommande expressément nu sieur comte do l^utrec de ne perdre aucune occasion d"y disposer personDêlIement TEmpereur, et de travaillera établir pour la suite entre lui et Télecteur de Cologne une étroite union qu'ils doivent également cultiver pour leurs intérêts communs do m^me que pour le bien de l'Entpire et les avantages de ta religion, et c'est dans la vue dy disposer pareillement l'électeur de Cologne que Sa Majesté continuera de tenir un ministre à Bonn qui, selon les ordres de Sa Majesté, n'aurad'autre attention que de travailler à porter ce prince à concourir à tout ce que l'Empereur pourra désirer. Ce doitétre aussi le principal objet de la correspondance que le sieur comte de LautFcc doit entretenir avec le ministre du Roi à la cour électorale de Cologne, et, comme le Roi et TErapereur n'ont jusqu'il présent qu'à se louer de la conduite que réK'cleur palolin u tenue depuis qu'il est parvenu à l'éleclorul', et qu'il importe de fortifier autant <|n'il sera possible l'union qui parolt subsister entre l'Empereur et cet électeur, le sieur comte de Lautroc doit de m^me y donner ses soins, et entretenir pour cet effet une correspondance régulière avec le marquis de Tilly, ministre du Roi à la cour de Manheim. Il entretiendra pareillement correspondance avec les autres ministres du Roi en Allemagne et particulièrement avec le mar- .|uis de Valory ' et b' comte des Alleurs, envoyés extraordinaires

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