‹ Bavière, Palatinat, Deux-Ponts avec une introduction et des notesChapitre 97 sur 256 · M. DE CHAVIGNY · texte numérisé non relu

M. DE CHAVIGNY

La campagne de 1743 fut aussi mauvaise que les plus pessimistes Taraient pu redouter : Tarmée française se retira sur la rive gauche du Rhin, la Bavière tomba au pouvoir des Autrichiens ; le corps anglohanovrien des Pays-Bas, accru par Faccession de la Hollande, refoula le maréchal de Noailles en Alsace; en Italie, les Espagnols ne purent faire aucun progrès.

Divers indices donnaient à croire que Charles VU songeait à abandonner la lutte. Son caractère s'aigrissait avec le malheur; il élevait des contestations interminables et des prétentions de plus en plus exorbitantes au sujet des subsides que lui servait la France; il sollicitait TAngleterre, puis le roi de Suède, en sa qualité de landgrave de fiesse-Gassel, puis la diète impériale, d'interposer leurs bons offices pour bâter la conclusion de la paix; rebuté de tous côtés, il tenait ses troupes dans l'inaction. La France estima qu'il convenait de renforcer sa représentation diplomatique auprès de TEmpereur; au comte de Lautrec, qui demeurait à Francfort, elle adjoignit un agent fertile en ressources, M. de Ghavigny, dont la mission fut tracée par l'instraction suivante, M. Amelot étant ministre des affaires étrangères. Chavigny devait se renseigner sur un projet récent de Frédéric II, qui coomiençait à trouver que les choses marchaient trop bien en faveur de l'Autriche et désirait mettre sa nouvelle acquisition de la Silésie sous la protection d'une confédération de princes allemands sons l'égide de la France.

&l. DE CnAVIGNY, 1713.

MÉMOIRE POUn SERVin l/ir^STRUCTION AU StECR DE CUAVlGÎTT, ALU>7 b£ LA PART bC ROI 9fit» L EMPERKUR. — F0!«TAi:iEBLEAI1, 4 OC- TOBRE 1743*.

Le BÎeur do Tihavigny' est trop versé dans la connoissanct* des aiïain's pour ign<>n»r les traiU^s que In France a conlnicltis avec la maison de Bavière. Parées traités, qui oui été renouvelés en 1727, le Roi setoit engagea procurer la couronne impériale à rÉlecteur lorsque le Irôife deviendroit vacant, et à l'aider des secours nécessaiix^s pour faire valoir ses prétentions sur uii« grande partie des biens possédée par la maison d'Autriclie, au cas que l'empereur ('harles VI vint à mourir siuis enfanls mAll^. Sa Majesté a eu la satisfaction de voir le succès complet de ses soins sur le premier point, Teslime générale que l'Empire avoil con(;ue pour les grandes qualités de TEraporeur lui ayant réuiii tous les suffrages. Il n'en a pas été de même de ce qu'il a fallu décider par le sort des armes, malgré les efforts infinis que le Roi a faits en tout genre. La séparation imprévue des alliés a fait échouer tous les projets. Le roi do Prusse a commencé le premiKT à se détacher ; le roi de Pologne, électeur de Saxe, a suivi son exemple. La défection des cours de Berlin et do Dresde a été le signal pour l'Angleterre cl la Hollande qui, trouvant auparavafll la partie trop fortement liée pour oser se déclarer, ont levo le masque dès qu'elles ont vu qu'elles n^avoîent plus à faire (]u'â la France seule. Il n'eût tenu qu'au Roi de conjurer cette temiiôlfen acceptant les offres qui lui furent faites dés les commencements par la reine do IlongriCf de céder h la France le duché «t la ville de Luxembourg dans l'état où elle est. Sa Majci>té auroit

i. Correspondance BnviHr, t. CVI.

2, Théodore de Ch&vignard de Chaviguy, né eu 1687, orcupa dn fowutfw diplomatiques k OOnes, à Madrid, à Ralisbonac, A Londres, k Co[>enhagi»*. i* ^'^ bonne, à Venise et en Suisse, II mourut en 1771. Voir l'instruction qtiilui hitclon»^ en 1740. lors de sa mission k Lisbonne, dans ïe rolume Piïrtuyai, par le ticom'*»* Cajx de Saint-Avmoc;r,p. 285.

MAUVAIS ÉTAT DKS AKFAIRKS. 35.1

regarder roiiiine quille do tout engagement, aussiUM do Prui4se a eu fait sa paix [larticiiliî're, puisque c** 'avec ïrtiu concours, ol sur lu foi <lc sou :i1lianco,qiiu la lélé entreprise. Mais Su .Majesté n'a ccouti* que les nioui de 60D amitié pour rKmpercur. Les événements n'ont ^^ h ses bonnes intentions, la suite non interrompue I^TOpidcs t|u*onl eus les arnica de la reine de Hongrie a armées tie Sa Majesté de repasser le Rhin. L'tlmpetous ses Ltats. et la Fnince est elle-même menacée 'ennemis pénétrer sur ses frontières. Malgré toutes i, les aiïairos auroient pu cliiui^.*r de face en un inli de Surdaignu vùi élé de meilleure foi: mais au m on croyoil en ôtre le plus assuré, ce prince, sans aux engagements les plus formels et k des paroles lent données, a conclu son traité avec la cour de ^Empereur esl pleinement instruit de tout ce qui s'est |celto alFaire. La fermeté de Su Majesté nest point tant de factieux événements, rien ne sera jamais f» lui faire penser un seul moment qu'FIle puisse abaii- 'Bmpereur, et il faut espérer qu'en rediniblant d'efforts irvenir à obtenir une paix raisonnable, quoiqu'on no flatter de procurer aujourd'buî à Sa Majesté Imp^- 'ft^'antages qu'elle avoit espérés.

dans le moment que le Hoi nionlre le plus de bonne loipereur, que Sa Majesté Impériale semble retirer Seh reprocbes deviennent plus durs et plus amers lemcnts quelle connolt évidemment ne pouvoir être Majesté, et les demandes exorbitantes qu'elle vient le prince de (irimber^hen de faire au Hoi, feroient ire qu elle cherche k s'attirer un refus, pour avoir un détacher tout à fait de la Trancc. Un dernier rescrit à non ambassadeur, et que le prince de (irimberghen [lié par extrait, sembteroit même annoncer que le parti ire!*l presque pris. Cet extrait sera joint ici sous la [Comiue le sieur de Chavigny ne peut pas être au fait de

tmt mi Q Turin, puîs U 13 ««ptenihre 174:1 ù Worm*.

\v\:x. ûii'Lumat. VII, — 13

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SUBSIDES. 227

faites étant même si absurdes qu'il ne peut pas tomber sous le sens qu'on les ait seulement imaginées. Enfin le dernier sujet de plainte de T Empereur et dont il se montre le plus affecté, c'est la capitulation d'Ingolstadt * sur laquelle il se plaint de n avoir pas été consulté, ni même prévenu. En supposant que le sieur de Grandville qui y commande ait péché, il est bien évident que ce n'est pas de l'aveu de Sa Majesté, mais d'ailleurs que seroit-il arrivé si l'on avoit différé do capituler? La garnison eût été enfin prisonnière de guerre, comme celle d'Egra, car il est certain que le maréchal de Seckendorff ne l'auroit pas secourue ; s'il avoit été en état ou en volonté de le faire, il n'auroît pas attendu jusqu'à l'extrémité. Le comte de Lautrec est en état de donner au sieur de Chavigny sur cette matière de plus grands éclaircissements.

II est temps de passer à ce qui fait plus particulièrement l'objet de la mission du sieur de Chavigny.

Lorsquele Roi renouvela, en 1 738, avec l'Empereur, qui n'étoit alors que rÉlecleur de Bavière, le traité de l'année 1 727 , il lui promit la continuation du subside annuel de six cent mille livres portées sur ledit traité et, en 1746, Sa Majesté lui accorda une augmentation de quatorze cent mille livres, ces deux sommes faisant ensemble celle de deux millions. Pendant les premières années de la guerre l'Empereur n'a rien demandé de plus. L'Espngne lui payoît aussi un subside d'environ deux millions qu'elle lui continue en conséquence du traité passé à Nimphembourg* entre l'Empereur et Sa Majesté Catholique. Mais au mois d'avril do l'année dernière, comme les Autrichiens étoienten possession d'une partie de ses États, et que ses troupes avoient beaucoup souffert, il demanda au Roi douze cent mille livres d'extraordinaire pour les réparer, ce qui loi fut accordé. Enfin, au mois de décembre de la même année, l'Empereur ne touchant presque plus rien de la Bavière, et le million qui lui avoit été donné Tannée précédente s'étant trouvé insuflisant pour l'objet qu'on s'étoit proposé, Sa Majesté Impériale demanda au Roi un nouveau secours plus considérable qu'elle fixa à six millions de subsides extraordinaires, qui dévoient être employés à augmenter ses troupes jusqu'au nombre de trente-cinq

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