SCENE VIII
B AYARD, D'HANNEBAUT, MONTMORENCY.
BAYARD
Quant a vous, Messieurs, je n'ai rien a vous ordonner : partout ou le péril menace . c'est la qu'est votre poste , et je ne suis des lors inquiet que pour vous .
MONTMORENCY-
Quand on a toujours sous les jeux un
modèle de vaillance
BAYARD (vivement.) il est vrai que vous ne vous quittez jamais. Je vous ai dû beaucoup jusqu'à présent. Depuis un mois, nous avons résiste^ glorieusement aux puissantes armées de Charles - Quint : le Roi m'a commande de tenir jusqu'à la dernière extrémité, je tiendrai; mais, je ne vous le cache pas , l'artillerie des ennemis foudroie la brèche et domine le corps de la place ; le nombre des assie'geans augmente ....
D'HANNEBAUT.
Notre exemple ranimera le zèle , et notre tendresse doublera notre vaillance. Il dépend de vous de décider Madame de Sancerre a faire un choix entre nous ....
BAYARD
J ai remarque voue amour: je vous approuve, Chevaliers; âpres Dieu et le Roi, c'est aux Dames que doivent appartenir tous nos sentimens . tous nos hommages ; mais pour lequel de vous pjrleraije ?. .. C'est embarrassant.
MONTMORENCY
On dit qu'elle destine sa main au plus brave.
BAYARD
Vous ne pouvez pourtant pas l 'épouser tous deux .
D'HANNEBAUT.
Elle vient avec Madame de Tavannes.
BAYARD Allons, Chevaliers, vous voila en présence,- un rien trahit la beauté' qui nous aime; il faut qu'elle s'explique .... J'ai bien aussi quelqu'experience je vais vous seconder.