‹ Bayle et JurieuChapitre 18 sur 22 · VI, 20 -VI · texte numérisé non relu

VI, 20 -VI

l'inceste, le meurtre des enfants el des pères, tout a eu sa place entre les actions vertueuses. »

.Mais la justice? Absolument, il n'y a point de justice pour les descendants corrompus et dégradés d'Adam, ou bien ils ne savent ce qu'elle est. Rien ne semble plus plaisant à Pascal que d'entendre parler des droits naturels. Nos principes naturels ne sont que nos principes accoutumés ; ils diffèrent selon les pays, et avec eux ce que nous appelons faussement justice. Parfois Pascal ne nie pas absolument qu'il y ait des lois naturelles, quoique nous les ignorions ou qu'elles soient singulièrement obscurcies par « notre belle raison corrompue. » Mais le plus souvent il met en doute qu'il y en ait jamais eu. « Les pères craignent que l'amour des enfants ne s'efface. Quelle e-t donc cette nature -ujelte à être effacée. La coutume est une seconde nature qui détruit la première. Pourquoi la contume n'est-elle pas naturelle (c'est-à-dire con forme à la nature/ ? J'ai bien peur que cette nature ne soit elle-même une première coutume , connue l.i coutume est une seconde nature >• 1 1). Puis Pascal répète, en les résumant el en leur donnant plus de précision e! de vivacité, toutes les objection?- de .Montaigne contre la réalité de la justice, objections que .Montaigne lui-même avait empruntées aux compilations indigestes de.Sextus-Empiricus. Certainement, dit-il., si l'homme connaissait la justice, il n'aurait pas établi cette maxime, la plus générale de toutes, qu'il faut obéir aux lois de son pays. C'est donc la coutume.

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