‹ Bazaine et al capitulation de Metz Émile de La BédollièreChapitre 116 sur 117 · CHAPITRE J, XXVI · texte numérisé non relu

CHAPITRE J, XXVI

Suite du réquisitoire.

L'audience du samedi 6 décembre commence à midi et demi: le général Pourcet continue son réquisitoire:

Nous sommes, dit-il, arrivé au moment de la capitulation. Dans la réunion du 20, Bazaine cherche, comme dans les précédentes, à s’abriter derrière la responsabilité de ses lieutenants.

L'accusation entre dans les détails de cette réunion.

Elle reproche à Bazaine d’avoir laissé partir le général Jarras pour Frescaty, le 26, sans lui avoir dit ce qu'il savait par l'intendant Lebrun, que l’on avait retrouvé pour quatre jours de vivres de plus qu’on ne le croyait.

Ainsi, après avoir avancé de deux mois le terme de sa résistance par son incurie à recueillir et à économiser les vivres, il livrait volontairement à l’ennemi son armée et la place de Metz, trois jours au moins avant d’y être contraint par l’épuisement des subsistances I

Etait-ce donc sa sollicitude pour scs soldats qui l’empêchait de supporter plus longtemps la vue de leurs misères?

Cette sollicitude se serait alors réveillée bien tard.

Pendant toute la durée du blocus, le maréchal s’etait fort peu préoccupé de voir ses troupes. Presque toujours renfermé dans son quartier général, jamais il n’avait paseé une revue. Jamais il n’avait fait une visite aux blessés, car nous ne pouvons appeler de ce nom sa promenade le long de l'ambulance de la place d’Armes découverte à grand’pcine par la défense. Jamais il n'avait cherché à adoucir leurs maux. Jamais il n’avait eu pour eux une de ces paroles affectueuses, témoignages d'intérêt, qui, répétées de bouche en bouche, resserrent les liens entre le chef et ses soldats, et sont pour celui qui souiïrc un précieux soulagement.

Ainsi n’agissaient pas les commandants de corps, les généraux, les officiers de tous grades qui témoignèrent à leurs subordonnés un intérêt de tous les instants. Leurs soins, leurs égards, leurs rapports incessants avec les troupes, curent pour effet de conserver la discipline dans des circonstances douloureuses et difficiles. Vaillante dans les combats, résignée dans les privations, constamment prête à tous les efforts comme à tous les sacrifices, cette noble armée méritait un sort meilleur que celui que lui infligèrent la coupable insouciance et les intrigues égoïstes de son chef.

L’indilîerence du maréchal envers scs soldats ne contrastait pas moins avec le dévouement dont faisait preuve la population de Metz.

Elle avait accepté avec une fermeté virile les souffrances résultant de l’état de siège, et s’etait employée avec une ardeur patriotique à soigner les vingt mille blessés el malades entassés dans la place.

'Les hôpitaux, les casernes étaient promptement devenus insuffisants : les habitants s’empressèrent d’ouvrir leurs demeures où cinq mille Hommes furent recueillis à la fois. Le personnel faisait défaut, chacun voulut s’employer pour nos soldats.

Les dames surtout furent admirables de dévouement: sans cesse au chevet des malades, dans les salles encombrées des ambulances, bravant les fatigues, les dangers, les dégoûts, luttant d’héroïsme avec les sœurs de charité, elles ne faiblirent pas un instant à la noble tâche qu’elles s’étaient imposée l

L’armée de Metz, objet de leurs soins touchants, témoin de leur abnégation, la patrie tout entière qui leur

doit le salut d'un grand nombre de scs enfants, leur ont voue une reconnaissance qui ne passera pas !

La presse à Metz fut contrainte, de par la censure, à ne pas jouer son véritable rôle, celui qu'elle eut voulu remplir, de relever le moral, d’entretenir l'espoir, de noter soigneusement tout ce qui pouvait être favorable à la cause de la patrie.

Tout ce qui était écrit dans ce sens et destiné à la publicité était impitoyablement biffé, et l'on communiquait à la presse des articles de journaux prussiens seulement.

Tout en laissant la responsabilité de cette façon d'agir au commandant en chef, le ministère public ne peut s'empêcher de regretter que M. Coffiuières ait consenti à s’y associer.

Il ne reste plus maintenant qu’à enregistrer le triste dénouement des intrigues et do la conduite du maréchal.

Le réquisitoire se reporte à l'envoi du général Jarras au général d’état-major Stiehle, et remarque que c’est avec peine que l'on obtint du prince Frédéric-Charles, pour l'armée, les honneurs de la guerre. Mais le général en chef les refuse, malgré les instances de M. Jarras. Pourquoi cette détermination?

Sans doute, il craignit que la fureur de ses soldats, en voyant où on les avait menés, ne se tournât contre lui. Il préféra qu’ils fussent désarmas et privés du défilé, marque d’estime de l'ennemi envers eux.

Quant au subterfuge dont Bazaine eût voulu se servir pour obtenir l’autorisation de détruire les drapeaux, il était par trop grossier, et le prince Frédéric-Charles ne pouvait l’admettre. On sait que le général Jarras devait dire que l’usage en France était de brûler les drapeaux après un changement de gouvernement.

Ce faux-fuyant n'aurait surtout pas dû être mis fcn avant par un homme qui prétendait demeurer fidèle au gouvernement déchu.

Le réquisitoire s'étend sur Ja série douloureuse des actes qui ont précédé la livraison des drapeaux à l’ennemi. Les paroles qu’a prononcées Bazaine après le conseil du 20, au sujet de l’incinération des drapeaux, n’ont jamais eu le caractère d'un ordre.

C’est pour empêcher les officiers supérieurs de détruire eux-mêmes les drapeaux de leurs régiments, que Bazaine fit informer les chefs de corps que les aigles seraient brûlées. Il écrivit en même temps à Coffinières que les drapeaux allaient être rassemblés à l’arsenal, mais sans ajouter qu’ils y seraient brûlés ou conservés. Il empêcha le colonel Nogues d'écrire à ce sujet, d’une faron explicite, au général Soleillc, en disant qu’il le ferait lai-même, ce qu'il n’eut garde de faire.

Bien ne l’empêchait cependant alors de faire brûler les drapeaux, s’il l’eût voulu, à moins qu'un engagement antérieur avéc l’ennemi , demeuré secret jusqu’ici, ne s’y opposât. Il y a donc lieu de croire qu’à l’heure même où il promettait aux chefs de corps de

faire brûler les aigles, il était déjà résolu à les livrer aux Allemands.

Tonte celle partie du réquisitoire est écouter avec une attention visiblement soutenue par l’accusé, qui penche son corps en avant et se tient, les yeux fixés sur M. le général Pourcet, le menton appuyé sur sa main gauche. Sa face est, d'ailleurs, toujours impassible.

Quant à HP La chaud, il continue de ranger, de déranger et de reclasser sans cesse les très-nombreux papiers de son dossier. Il lit, écrit parfois, et ne parait pas prendre la moindre attention à la lecture du réquisitoire.

Après avoir exposé le triste épisode des drapeaux livrés, M. le général Pourcet ajoute :

Cet exposé a exigé de nombreux délai!*, nul* U était nécessaire de vous amener à partager celle conviction Inébranlable, à laquelle nous a conduit un examen scrupuleux : c'eut que lu maréchal tiaxnine n'a jamais voulu faite détruire le* drapeaux, et qu'il n'eut d'autre but, tu contraire, que de le* eonierver pour l'ennemi I II n’a jamais voulu le* faire détruire, disons-nous. En effet, au conseil du 20, Interrogé à ee mjet, il niumnra bien son Intention de le* brider, mai* Il ne proscrit aucune disposition. Et cependant, il lui suffisait d'un mot pour faire anéantir ce* Insignes. Sur un ordre, sur une simple autorisation du général en chef, chaque régiment *e fût empressé de faire disparaître ion aigle, comme l'avaient fait le 1** grenadier* et le* zouave* de la garde, sans qu'il lût besoin de routier ce soin & l'artillerie ! Néanmoins, le maréchal laisse s’écouler la journée sans rien prescrire, sachant bien cependant que la capitulation doit être signée le jour même.

Pour remédier à celle inexcusable inaction, une occasion inespérée se présente. Par suite de circonstance* fortuites, la signature de la capitulation est reculée de vingt-quatre heures. Loin de profiler de ce répit, il informe, dé* le 2? au matin, le générai Soleille, que les drapeaux devront être conservé* pour faire parité du matériel de la placo, qui acra inventorié par une rummissiou d'officiers français et prussien*.

Non- seulement le maréchal ne veut pas leur destruction, mais encore il prend toute* les mesure* pour empêcher qu’on y procède A son insu.

Ainsi, afm de rassurer son armée sur le sort de* aigles, U annonce verbalement que les drapeaux aéraient brûlés h l’ar- [ senal. Le 2", Il fait réitérer cette assurance par le général | Soleille aux généraux d'artillerie; enfin, il écrit lui-même aux commandants de corps.

Os précaution* pourraient devenir fnsufllsantcssi, en versant leur* drapeaux, les troupe* venaient à apprendre que le | directeur de l'arsenal a l’ordre non de les brûler, mais de les ! conserver. Nul doute en effet qu’elles ne détruisissent ellesmême* ce* emblèmes, plutôt que de consentira les livrer.

Mais le commandant ni chef de l'artillerie va parer à en péril : à peine la dépêche destinée au colonel de Girel* cslelle expédiée, dans la matinée du 27, que le général fait rappeler le planton qui l'emporte, et la dépêche, arrêtée jusqu'au lendemain, n’arrive à l'arsenal que le 28, entre huit heure* et hait heure* et demie du mutin.

A cet instant, la contradiction entre le* deux ordre* peut éclater sans inconvénient.

Il est désormais Irop lard pour brûler le* aigles s la capitulation est signée. Vous connaisse! à présent dans toute sou étendue la manœuvre mupable du maréchal Ihitaiue. Elle fut malheureusement facilitée par la faiblesse du commandant en chef de l'artillerie. Vousaavex, messieurs, que lo général Soleille tulles instruction* qu’il avait reçues pour conserver le* aigles, qu'il retint par devers lui, pendant vingt-quatre heures, la lettre au colonel de Girel». entla qu'il ne craignit pas d’an* i noncer aux eommandani» de l'artillerie de* corps, que les i drapeaux devaient être brûlé», et cela quand il venait d'écrire I à l'arsenal pour les faire conserver.

Le maréchal Le Brruf (ait établir dea Laiterie» avant la bataille de Uravclotte.

Les snléeédrnls «i honorables du général nous Interdisent I de penser i|u'eti agissant ainsi II ail compris la porlée de sa | fatale condescendance. Aussi, bien % if est notre regret d'avoir eu à constater des faits qui porteraient à croire que, subjugué par un ascendant auquel il ne sut pas résister, il eut la faiblesse de se prêter à ces déplorables agissements dont sa funeste complaisance pouvait seule assurer le succès I

Kn conservant les drapeaux à l'ennemi, le maréchal espérait-il obtenir do moins des conditions meilleures pour ton armée?

Nous no trouvons nulle pari trace de pourparlers dsns ce sens, et II suflll de lire le protocole pour s'assurer que, s'il nourrissait cet espoir, il fut singulièrement déçu.

Mais, eût-il obtenu en retour quelques avantages, U n'en aurait pvs moins manqué gravement à son devoir et à l'honneur militaire, car une telle humiliation infligée à ses soldats 1 lie pouvait se racheter par aucune compensation matérielle.

La conduite du maréchal a-t-elle été, au contraire, diclée par les conditions d'un pacte demeuré secret?

L'Instruction n'a pu recueillir aucun renseignement précia à cet égard, ef. fidèle à la loi que noua nous sommes imposée de ne rien avancer qui ne soit établi par des preuves irréfutables, nous ne uous arrêtons pas à celte hypothèse.

Ce qui, k nos .veut, rend le maréchal Baialne plus coupable encore que le fait même de la livraison des drapeaui, ce sont les procédés indignes auxquels il a eu recours pour arriver à consommer cet acte !

Ainsi, au lieu de faire anéantir localement, ouvertement

tous ces Insignes, alors qu'il n'avait qu'un mot à dire, un ordre k donner, il préfère avertir le prince Frédéric -Charles qu'un certain nombre d'entre eux ont été brûlés lors du changement de gouvernement, stratagème qui est dédaigneusement repoussé.

On éprouve un sentiment pénible en voyant un maréchal de France descendre à de semblables moyen»: mais ce sentiment devient de l’indignation, lorsqu'on découvre que le maréchal a également usé de subterfuges vis-à-vis de ses propres troupes, rl que c’est par un véritable abus de confiance qu’il a soustrait à ses soldats le» glorieux emblèmes qu'ils devaient défendre au péril de leur vio.

La séance est interrompue pendant quinze minutes. A la reprise, le général Pourcet examine les clauses de la capitulation.

Il remarque que la présence de l'armée sous les murs de Metz n’a servi, en affamant prématurément la ville, qu’à la livrer à l’ennemi.

Lors de la capitulation, elle n'eut plus assez de vivres pour tenir jusqu'à l’armistice.

On évalue à 36 millions de francs le matériel de guerre livre par Bazaine à l'Allemagne.

Les déclarations du maréchal, les dispositions qu'il

prescrivait, tout concourait à assurer la conservation j intégrale et en bon état du matériel.

Sans rechercher les motifs de cette étrange sollicitude pour les intérêts prussiens, nous devons demander compte au maréchal des humiliations ainsi imposées durant deux longs mois à des officier» français, dont le travail ne pouvait profiter qu'à l'ennemi. Au* termes de l’article 4 de la capitulation, les généraux et officiers, pour ne pas être prisonniers, devaient donner, par écrit, leur parole d'honneur de ne pas porter les armes contre T Allemagne, et de n'agir en aucune manière contre ses intérêts pendant toute la durée de la guerre. Suivant le commissaire du gouvernement, c’était un tort grave que de laisser insérer celte clause dans le protocole. Elle était directement contraire aux prescriptions du règlement, qui interdit de séparer le sort des officiers de celui de la troupe.

Si la loi donne à l'officier les prérogatives du commandement, elle lui fait aussi un devoir de partager les misères comme les fatigues et les périls du soldat!

D’après l’article H, les médecins militaires et le personnel des hôpitaux, laissés à Metz pour soigner les ] blessés, devaient être traités suivant les conditions de ' la convention de Genève.

En revanche, rien n’était stipulé pour les blessés | eux-mêmes, sauf que ceux laissés dans la place roce- j vraient les soins que comportait leur état.

On n'aurait pas dû oublier que le règlement prescrit j de s'attacher à obtenir pour les blessés des conditions J de faveur.

Après avoir cité le texte même de l'ordre du jour adressé aux troupes par Bazaine dans la soirée du 28 octobre, M. le commissaire du gouvernement dit :

Certes, le commandant en chef de l'armée du Rhin pouvait avec junlfre remercier offiflerâ et soldats de leur lovai concours, 1rs féliciter de leur valeur dans les combats, de leur résignalion dans les privation*. Il pouvait aussi les comparer aux tiouprsdo Masséita, des Kléber, des Gouvlon-Salnl-Cyr, car, dans lou’cs les épreuves, elles s é lai col montrées dignes de leurs devancières.

Mais où la comparaison cessail d'être juslr, t-'é.alt lorsqu'il prétendait avoir tout fait pour éviter la catastrophe et avoir ainsi atteint 1a limita du possible, comme ces héros dont U parlait.

Au moment oit, par son inaction calculée, par sa conduite loriueusc, par ses apl.semenls déloyaux, il venait d'attirer sur | aon armée «*l sur la France un désastre tan* exemple, Il y avait de l'impudeur à oser Invoquer le souvenir de ces noms glorieux.

Le maréchal ftaxaine avait raison quand il (lirait que la capitulation n'rntachait en rien l'honneur de ses soldats, qui, | dans l ou i es les circnnrltncis. avaient noblement fait leur de- ! voir. Mais si l’honneur de rharun d’eux individuellement était sauf, l’Iionneur de celte grande famille qu'on appelle l'armée reçut une grave atteinte. Disciplinée et obéissante, l'armée est et ne doit être qu'un instiumcnt dans la main de son chef, ! qui, seul aussi, assume la responsabilité des actes qu’il or- I donne. C'eat le maréchal (taxai m> qui a pré|«aré et consommé I la capitulation de M- !x, c'eat à lui d'en répondre devant voua comme devant l'hUloir*.

Nous n'axons pas même la consolation de penser que sa conduite épargnait, comme il le dit, de nombreuses existences qui pouvaient être encore utiles à la patrie.

L'immobilité presque absolue où il avait maintenu ses troupes depuis le I e ' septembre le rir fut plus fatale, en elTel, que le feu de l'ennemi. On sait que 1 1,000 hommes de l'armée du ltliin succombèrent misérablement loin de leurs lovera, pendant leur captivité en Allemagne, enlevés par les maladies dont lis avalant contracté le germe dans las boues du cuinp retranché. C'étaienl plus de morts que n’en avalent coûté ensemble 4 celte armée les batailles livrées par elle, les plus meurtrières de limla la campagne.

Après avoir, par celte proclamation, pria eongé de ses soldais, le maréchal ne songea plus qu'à son départ, tan* »c préi»ccu|*er de leurs derniers besoins.

Drivés ainsi de direction, les services sa désorganisèrent, et, faute d'ordres donnés, la troupa, qui n'avalt louché que 250 grammes de pain les 27 et 2 R, oe reçut rien pour la jour- | née du 29.

Or, le procès-verbul d'inventaire fait fol que les magasin» militaires contenaient encore plus d’un Jour de vivres, qui lurent livrés aux Prussiens alors que tant de soldats étaient . morU de faim t

Le général Pourcel rappelle que U capitulation de Metz, mise à exécution le 2ü octobre, fut le prétexte de l'insurrection du 31 octobre. A cette époque, l’armée de la Loire l'organisait, et ses progrès devant Orléans no furent arrêté» que par l'arrivce à marche» forcées de* troupes du prince Frédéric-Charles.

Ainsi la rupture des négociations politiques, la continuation indéfinie d’une guerre désastreuse, l’armée allemande devant Paris, tranquillisée et renforcée, notre jeûna armée de la Loire rompue et refoulée, malgré une vigoureuse résistance, et par suite l'échec des combinaisons de la Défense nationale et des efforts désespérés du payB : telles furent les conséquences di- rectes et irréparables de la capitulation de Metz.

En présence de ces faits, on demeure convaincu que la conduite du maréchal Bazaine, qui avait déjà contribué à la catastrophe de Sedan, exerça une influence néfaste sur les événements ultérieurs, qui aboutirent à la défaite finale de la France I

Le 2!) octobre au malin, Bazaine se rendit le premier vers les lignes allemandes.

Nais le prince ne se prêta pas à cet empressement ; il ajourna jusqu’à cinq heures du soir la réception du maréchal, qui dut attendre aux avant-postes le bon plaisir de l'ennemi.

Il faut ici laisser de nouveau la parole à M. le general Pourcet. Le passage suivant de son réquisitoire aparu profondément émouvoir juges et public :

Obéissant à des sentiments plu» élevés, les commandant» des corp* d'armée attendirent que leurs soldais eussent «Hé rendus, et toute difficulté aplanie, avant de songer » s'éloigner Bux-uiémcs.

Ainsi lit également une partie do l’étal- major général. Os officiers, bien que sans ordres, demeurèrent à leur poste, s'efforçant de se rendre utiles jusqu'au dernier moment.

Le 20 octobre, à midi, les différents corps de l'armée, après avoir déposé leurs armes dans les forts, s'acheminèrent en longues il le* par les roules assignées, et vinrent passer couini'i des troupeaux devant les régiments prussiens rangés en bataille.

Tri est le dédié que le maréchal avait préféré pour ses suidai». v

Nais, bien qu'il n’cûl désigné qur quelques officiers pour

conduire le» troupe», la plupart tinrent à honneur d'accompagner leur» homme» jusqu'au dernier moment. -

Ce lut un spectacle qui ne s'effacera jamais de la mémoire de ceux qui y ont assisté!

Le temps était froid et sombre, la pluie tombait sans interruption. Sur tous le» visages étaient peint» la honte et le désespoir; la plupart pleuraient. Quand vint l'instant de la séparation. beaucoup de soldats se jetèrent dans les bras de leurs oRIrlcra. Les uns et le» autres confondaient duns cet emhra<sement leurs regrets, leur» douleurs, mais aussi leurs espérances !

Ainsi, une armée de ISO, 000 hommes, la seule organisée qui restât en France, prisonnièru de guerre; la v illc de Metz intacte, vierge de toute attaque, livrée â l’ennemi avec un Immense matériel ; la Lorraiuo. avec sa capitale, abandonnée aux coalisés allemands ; 200,000 Prussiens jetés, avec l’enivrement d’un succès inespéré, contre ccs jeunes corps sans organisation, sans matériel et presque sans armes, que le patriotisme du pays s’efforcait d’organiser à la liâle sur la Loire ; une lutte devenue désormais par trop inégale, et dans laquelle le courage devait rester impuissant devant la tlim-ipline et la grande supériorité numérique de l'ennemi, la France enfin réduite aux dernières extrémités et contrainte de subir la paix „ la plu» douloureuse, Ici fut, Messieurs, le résultat, telle» furent les conséquences de la conduite du commandant de farinée du Rhin devant .Met/. Ce fut ainsi que «es coupables Intrigue» aboutirent â une capitulation sans exemple, à la situation la plus douloureuse qui pùt être infligée à noire pairie.

Vous avez â vous prononcer, Messieurs, sur le général qui a osé assumer, devant son |«iys et devant l’hisloire, la responsabilité d'une telle capitulation.

J'ai déroulé devant vous la longue série des acte* coupables du maréchal.

Vous l’avez vu d'abord, Investi du commandement, demeurer indécis entre son devoir qu’il va méconnaître et de mesquines liassions qui déjà l'entraînent.

Le désir de se soustraire à lu prisslon morale du quartier impérial, qui le gène, vous a expliqué la lenteur do sa marche, l’absence de toute précaution pour ralentir celle de l'ennemi.

Le IC, alors qu’un dernier clTort eût pu être décisif, Il suit sa fatale pensée de retourner an arriére pour aller bicnlèl s’immobiliser devant Metz.

Le 18, résolu, dès ta veille, à ramener l'armée dans le camp retranché. Il reste éloigné du théâtre do l’action.

Pendant la bataille, les instances du murérhal Canrobert, qui lui peint sa situation critique et réclame du serour», «ont impuissantes à l'émouvoir, et ubllenneul à peine l'envoi tardif de deux halterics d’arlillerie et de quelques caisson».

fl semble se désintéresser du sort de la journée ; il ne songe même pas à envoyer aux nouvelle», el laisse son nombreux éiat-major inactif lorsquo trois cent mille hommes sont aux prises sur les pla'caux.

Pour lui, il se contente de se porter au fort Saint-Quentin el à Plappeville, à 8 kilomètre» de ce champ de bataille où vase décider le sort de la campagne el peut-être celui du pays.

Fn déserlanl ainsi les obligations les plus impérieuses du commandement, en laissant écraser une parlie de sa ligne quand il a sous la main le» réserves d'infanlcriu cl une artillerie sans emploi, le maréchal a manqué au devoir, non cerlc» qu’on puissent rendre responsable de l’insuccès de la bataille, mais parce qu'il n'a pas donné à sou lieutenant en détresse les secours dont II disposait.

Avant même de connaître le résullit de la Inlle, le maréchal a prescrit la renlrée de son armée sou» Metz.

Désormais â l’abri des forts, il attendra tranquillement une crise supréuio qu'il a jugée imminente après les événements qui se sonl précipités depuis l’ouverture du la campagne.

Résolu du ne pas lenier le sort des armes, Il va chercher dans de coupable» expédients le salut qu’il aurait dû demander exclusivement à son énergie, secondée par la bravoure do son armée.

Au lieu d'élever son coeur ol scs résolulion» au niveau du péril, il trouve moins hasardeux de temporiser et d’attendre les circonstances pour en tirer parli.

Rienlèt il s'cnpagn dans des intrigues politiques que sou devoir romme son honneur lui prescrivait de repousser.

Il ne craint pas de livrer à un inconnu, qu’accrédilc seulement auprès de lui une passe suspecte de l’ennemi, avec le secret de sa faiblesse, la fatale échéance de sa résistance ; puis, après l’avoir chargé de proposer à M. de Bismark la capitulation de son armée, il n’hésite pas â reuonveier luiinéme celle honteuse proposition.

Ainsi, alors que l'armée est encore presque intacte, alors que scs moyens d’aclion sont k peine entamés, il ose faire savoir â l’ennemi qu'il esl prêt à renoncer à la lulle. '

El quelle est la base Indiquée par le maréchal pour celle coupable capitulation ?

Il sail que le gouvernement impérial s’est effondré, que l’empereur esl prisonnier, que 1 impératrice el son iils sonl en Angleterre, qu’un gouvernement nouveau multiplie ses forces pour lutter contre l'envahisseur.

Il a porté ces nouvelles à la connaissance do son armée, ajoulanl avec raison que ces revirements politiques ne changeaient rien â leurs devoirs envers la France. *

Quels étaient donc ce» devoirs, sinon d - combattre à outrance? El cependant, il propose de faire poser les armes â son armée, seule espérance et dernier appui sérieux de la défense; il veut la condamner à demeurer sur un territoire neutralisé, spectatrice impuissante des succès des armées allemandes et des ruines que leur présence accumule dans le pays.

Il va Jusqu’à affecter d’ignorer Pexistenee de rc gouvernement qu’il a nniciellement reconnu, et II ne recule pa< même devant l’éventualité d'une guerre civile, qu'entraînerait nécessairement la restauration d'un pouvoir disparu dans les désastres de la pairie.

Instruit désormais do la faiblesse de son adversaire cl complant, non sans raison, sur l’elfct énervant des visées politiques qui l'absorbent, M. de Bismark n’a pas acquiescé aux propositions apportées par Régnier, et que le maréchal s’est empressé de renouveler lui-même. Cclui-cl ne s'otn-line pas moins dans la poursuite de ses tortueuses combinaisons ; mais il Juge prudent alors de fulrc partager à ses lieutenants lu responsabilité de ses desseins coupables.

Hans ce vain espoir, dissimulant avec soin la vérité sur toute» le» elrconslances qui pourraient éclairer leur jugement. Il les réunll el cherche à s'abriter derrière l'avis d’un conseil sans caractère légal qu'il appelle à délibérer sur un acte qualifié crime et formellement proscrit par la loi.

L'est ainsi que la baille influence du commandement, au lieu de servir de guide aux subordonnés et d’assurer la slrlcle exécution des règlements, s'emploie avec dissimulation à les pousser hors de la ligue du devoir.

Les entreprise» criminelles ont échoué, le maréchal esl tombé dans le piège de l’ennemi, qui a su cnlrelenir ses espérance» tant que ses soldats pouvaient encore combattre, tuais qui a jeté le masque le jour où, affaibli par les privations et, par la famine, l’armée française allait se trouver sans réslslutice à la merci du vainqueur.

Ainsi Huit, par suite des calculs égoïste» et des coupables intrigues de son général en cher, cette nombreuse el vaillante armée de Metz, qui entrains dans son désastre les destinées de la patrie.

Au moment suprême où l'ennemi prenait pour la première fois possession de cette grande cité de Metz, celte patriotique population, jusqu’alors dévouée, patiente, résignée, protestait avec dignité contre la conduite du maréchal : elle couronnait d’immortelles et voilait la slalue de Fabert, de cet aube maréchal de France qui, oublieux, lui, do sus plu» légitimes Intérêts, dans une situation extrême, vendait «on propre bien pour nourrir scs soldats. Noble désintéressement I Pourquoi le maréchal Bazaine a-t-il oublié celle grande leçon ? Que n a-t-il médité ce* belles paroles du héros messin, gravées sur le soclo de va slalue i

« SI , pour empêcher qu'une place que le roi m’a confiée « ne tombât au pouvoir de l'ennemi, il fallait mettre à la « brèche uia personne, ma famille et tout mou bien, je lie « balancerais pas un moment â le faire! »

F.nlin, le maréchal livre à l'ennemi scs drapeaux. Par quelle manccuvie 11 y parvienl, vous lo savez.

Il annonce uue première fols, le 2G, l'ordre de les détruire,

BAZAINE LT LA CAPITULATION l)K METZ.

et il ne le donne pas; Il annonce, le 27, un second ordre, el il ne le donne pas encore ; mais, après quelques hésllalions, l’armée, rassurée, va se dessaisir de scs aigles, et II les tiendra enlln à l’arsenal : alors il lento près du général ennemi une démarche ambigu* qui n aboutit qu'à une humiliation, et Il eide aussitôt à l'Injonction hautaine du vainqueur, qui désormais dédaigne tout ménagement. Cinquante-trois drapeaux français vont décorer le quartier-général allemand ; quelques jours plus tard, nos malheureux compatriotes, conduits en captivité, subissaient, en passant, le douloureux spectacle de cet insultant triomphe.

Kl maintenant, Messieurs, comment caraclérhcr cet acte inouï, sans précédents?

I.a loi qui signale comme une aggravation du crime de capitulation ia remise des armes se lait sur l'abandon des drapeaux el des étendards. Ksl-co une lacune? Elle s'expliquerait à la rigueur : le législateur pouvait ne (tas prévoir qu'uu jour Il se rencontrerait un général capable de livrer d’aussi bonne grâce ses drapeaux à l'ennemi, cl d’abaisser ainsi sa défaite comme à plaisir.

Mais l'omission, grâce à Dieu, n’est qu'apparente, el l'impunité légale n'est pas acquise à up mépris de tous les sentiments les plus délicats d’une nation restée Hère dans scs désastres.

Qu'esl-ce que le drapeau. Messieurs? Faut-il le redire encore après tant d'autres dont vous avez vu couler les larmes plus éloquentes que des phrases? A coup sur lo drapeau est quelque chose qui leur tenait au cœur, à ces hommes de forte trempe et de haut courage, puisqu'ils sulfoquaient au seul souvenir de ces heures d'angoisses, pendant lesquelles une indigne Intrigue les enveloppait et dérobait à leur vigilance les trophées qui ornent aujourd'hui les palais et les liasdiques de Berlin. Quelques-uns vous l’onl dil, res drapeaux, couchés dans des fourgons et cachés à tous les regards, e'élait, leur srmhlait-il, comme un lambeau de leur honneur, comme une pari de leur âme qu'on leur arrachait, et ceux qui les escortaient avaient l'air de conduire le deuil de la pairie : c'était en elTel le deuil de sa gloire éclipsée, de son bonheur perdu.

Oui, le drapeau c'est bien, ainsi qu'on vous l'a dit, l'image de la France, c’est bien l'image de ce qu'elle aime, admire et honore le plus, car c’est l'emblème du sacrifice, il parle à tous un langage ferme et limpide, entendu des plus humbles comme des plus grands; il faut le suivre tanl qu'il avance, el, s'il tombe, lo relever pour le porter plus loin . cela est simple el cela suint.

Ce drapeau, qu'oit a pu livrer mus le ternir (trop d'éclat l’environne' ), il a élé associé aux triomphes de la France el à ses désastres, hélas! à ses joies comme à ses souffrances ; il a Huilé sur nos splendeurs el nos ruines, toujours honoré, relevant romme une promrsse les courages abattus dans les jours de détresse, el jalonnant la route du devoir devant les générations qui se succédaient à son ombre. Ainsi liée à nos destinées, cette grande el simple image de la patrie, vrai symbole de son impérissable grandeur, nous apparuit si pleine de brillants souvenirs el d'enivrantes espérances, que l'héroïsme en déborde sur les rangs sans cesse renouvelés de ceux qui se pressent autour d’elle.

C'est bien là, Messieurs, le drapeau de la France, dont toute l'histoire se résume en ce peu de mots échappés, dans un jour de péril el d'agitation populaire, à l'Ame inspirée d'un grand citoyen:

« Il a fait le tour du monde avec nos libertés et nos gloires, a

Celui qu’une autre voix éloquente, chaleureux interprète de nos patriotiques élans, appelait tiaguèro, avec une émotion comprise el partagée par toute la France : le drapeau

dit ri !

Doublement chéri, en effet , en ce généreux pays que l’Infurlune attache ; il manquait seulement à co drapeau, pour délier l'inconstance, le Inul-pulsrnnt prestige d'un mnlhnur immense et Immérité, l'n général, élevé sous scs auspices aux plus hautes fonctions de la forlune, lui préparait cet étrange et cruel destin.

Mais si mourir bravement et les armes A la main, pour le salut do ce drapeau, constitue pour chacun de nous le plus grand des devoirs el le suprême honneur, Il faut bien recon-

naître que, sacrilicr à des considérations personnelles les drapeaux de l'armée qu'un commande, les soustraire sournoise aient . par une inanieuvre déloyale, à scs soldais affaiblis cl Irohipés, les déposer docilement et humblement aux pieds du vainqueur, et rehausser de te factice éclat un trop facile triomphe, c’csl detreudre autan! qu'on peut descendre par le mépris du devoir cl l'oubli -de l'honneur.

Or, la loi nous entretient el de devoir et d'honneur. Vous la méditerez, Messieurs, celle loi de salut, el vous entendrez, dans le recueillement de vos consciences, l'inexorable vu-u du législateur I

J'ai terminé, Messieurs.

Organe de la loi, le ministère publie n'a plut qu'un douloureux, mais rigoureux devoir à remplir, celui de mellrc sous vos yeux les conclusions sur lesquelles vous allez délibérer.

Trois chefs d'accusation, vous le savez, pèsent sur la maréchal Bazaine*

Lo premier, concernant la capiluialion de la place île MHz, pour avoir capitulé avec l'ennemi et rendu la place dont il j avait le commandement, sans avoir épuisé tous les moyens de défense dont il disposait, et sans avoir fait tout ce que pris- I cri talent le devoir el i’IiODiwnr;

Le deuxième, pour avoir capitulé à la tète d'une armée en rase campagne, cette capitulation ayant eu pour résultat do faire poser les armes à ia troupe ;

Le troisième, pour, étant à la tète d'nno armée en rase campagne, n'avoir pas fait, avant de traiter, tout ce que lui prescrivaient lo devoir el l'honneur.

Kn ce qui concerne le premier chef. In maréchal Bazaine, nommé par décret impérial du 12 aoât 1870, au commandamenl en chef do l'armée du Rhin, se trouvait, aux termes de l'article 4 du décret du 18 octobre 1808, Investi du commandement supérieur de la place de Metz.

Or, il e*l établi que, contrairement aux dispositions dos articles 25S et 25C du même décret, et de l'article 209 du , Code de justice militaire, fl a rendu celte place à l'cuticini sans avoir satisfait à toutes les obligations imposées au coinniandement, notamment sans avoir épuisé tous les moyens de défense dont il disposait, et sans avoir fait tout ce que prescrivaient le devoir et l'honneur.

Par le fait de la capiluialion signée par lui lo 28 octobre 1870, en ce qui concerne la plactv de Mclz, In maréchal Bazaine tombe donc sous l’application des dispositions de l’article 209 du Code de justice militaire.

En co qui concerne le deuxième chef, il est également établi que, le 28 octobre 1870, le maréchal a signé ia capitula- j tiou de son armée en rase campagne, et que celle capitulation a eu pour résultat de faire poser les armes à son armée; il tombe donc, par ce fait, sous l'uppiicallon de la première partie du premier paragraphe de l'article 210 dudit Code.

Enfin, en ce qui concerne le troisième chef, Il est constant , que divers actes du maréchal Bazaine se rattachant directement à l'exercice du commandement de l'armée du Ithiii constituent le manquement au devoir et à l'honneur prévu* par la deuxième |>arlie du paragraphe de l’article 210 du Code de juslirc militaire; il se trouve, en conséquence, sous l'application de la deuxième partie du premier paragraphe dudit article 2 10.

La loi. Messieurs, a voulu èlro Inexorable pour de tels crimes. Elle n'admet aucune excuse, aucune circonstance atténuante. «

« Faire mcllre bas les armes à une armée en campagno « n'est pas tiièine une capitulation, disait Napoléon I", c'est « une usurpation de pouvoir, une trahison, une lâcheté. Un « général n'a pas le droit de traiter de son armée; il doit a combattre jusqu’à la dernière extrémité. »

Le Code s'est inspiré de ces nobles, mâle» pensées, pour justifier scs sévérités ; le législateur déclarait :

# Que le juge lui-même a besoin quelquefois d’avoir devant les veux une règle invariable qui soit pour lui l'image austère du devoir, afin d'y puiser le courage d'y remplir sa rigoureuse mission et de ne pas céder à ces cnlraincmenls qui, à certaines époques, Iciidcnl à amollir et à énerver la puissance de la loi, »

Kn conséquence, nos conclusions son! que le maréchal Ba-

taine (François-Achille), ex-commandant en cher de l'armée du Hidn, *oit déclaré coupable :

1° D'avoir, le 28 octobre 1870, capitulé arec l’ennemi et rendu la place de Metz, dont H avait le commandement su|>éricur, sans avoir épuisé luo» les moyen» île défeirse dont il disputait, et «ans avoir fait tout ce que prescrivaient le devoir et F honneur ;

2° D'avoir signé, le même Jour, 28 octobre 1870, 1 la tête d’une armée en rase campagne, une capitulation qui a eu pour résultat de faire poser les armes à cette armée;

3 U lie ne pas avoir fait, avant d'avoir signé ladite eapitulion, tout ce que lui prescrivaient le devoir et l’honneur ;

Ointes prévus et punie par les article* 209 et 2 10 du Code de justice militaire.

Kequérooe le Conseil de Taire, en conséquence, au maréchal Bazaine, application dcsdiU articles 209 et 210, en se conformant aux prescriptions de l'article 135 dudit toile.

Kequéroris, en outre, lo Conseil de prononcer, contre ledit maréchal liaiainr, l'application des dispositions prescrites par les articles 138 et 189 dudit Code.

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