‹ Bazaine et al capitulation de Metz Émile de La BédollièreChapitre 15 sur 117 · CHAPITRE XIII · texte numérisé non relu

CHAPITRE XIII

Metz au mois il'ocJobro 1870.

11 trouva la ville de Metz et le camp livrés à une agitation qui avait pour point de départ les premières nouvelles de sa mission. Des protestations avaient été colportées et signées; la maison commune de Metz, assiégée par une multitude anxieuse, était une sorte de succursale de l'hôtel municipal de Paris.

Dès le 13, au moment où le couvre-feu tintait à la cathédrale, des groupes s’étaient formés autour de niôtel de ville. A dix heures , le maire et plusieurs membres du conseil municipal, éclairés par des lampes, descendirent l’escalier de pierre de la maison commune. Le représentant de la cité lut une déclaration énergique contre toute capitulation, la foule l'acclama, et quelques-uns des assistants lui remirent une lettre adressée au général Cofftniêrcs, pour le prier d’exprimer au commandant en chef leurs sentiments et ceux du conseil municipal.

« Monsieur le général,

« La démarche faite auprès de vous par les officiers de la garde nationale a été inspirée par leur sérieuse résolution do s’associer énergiquement à la défense de la ville.

u La garnison, à qui appartient celte défense, peut compter sur Tardent concours d’une population incapable de faiblesse, quoi qu'il arrive.

« Les communs efforts de l’une et de l’autre garde- i ront jusqu’aux dernières extrémités, à la France sa 1 principale forteresse, et aux Messins une nationalité à laquelle ils tiennent comme A leur Lien le plus cher.

« Le conseil municipal se fait l'interprète de la cité tout entière; il ne peut se défendre d’exprimer son dououreux étonnement de la tardive connaissance qui lui est donnée, par votre lettre de ce jour seulement, des ressources en subsistances sur lesquelles le commandant supérieur peut compter pour assurer la défense de la place.

h La population en subira néanmoins les conséquences avec courage; elle ne veut, sous aucune forme, assumer la responsabilité d'une situation qu’il ne lui a pas été donné de connaître ni de prévenir.

« Nous vous prions, monsieur le général, de faire parvenir à M. le maréchal Bazaine cette expression de nos sentiments. Ils se résument dans le cri de :

Page 1