‹ Bazaine et al capitulation de Metz Émile de La BédollièreChapitre 2 sur 117 · CHAPITRE II · texte numérisé non relu

CHAPITRE II

Composition de t’armée du Ittiin. — Opérations militaires du mois d'notU 1670,

Cette armée se composait de huit corps ; mais le l* r et le 5 e corps, désorganisés par nos premiers désastres, se repliaient sur Chûlons.

Il ne restait à la disposition de Bazaine que les 2% 3% 4®, 6* corps de la garde.

La garde, sous les ordres de Bourbakh ayant pour chef d’état-major le général d’Auvergne, avait deux divisions d'infanterie : la première commandée par le général Deligny.

1™ brigade, général Brincourt, chasseurs à pied de la garde, 1*® et 2* régiments de voltigeurs; 2* brigade, général Garnier, 3® et 4 e régiments de voltigeurs.

2" division, général Picard: l l ° brigade, général Jeanningros, zouaves do la garde et l w de grenadiers; 2 e brigade, général de Poitevin, 2* et 3* grenadiers.

Le 2 e corps, placé au commencement de la campagne sous le commandement du général Frossard, avait pour chef d’état-major le général Sagct, et comprenait trois divisions d’infanterie et une division de cavalerie.

1« division, général Verger : 1" brigade, général Letcllier-Valuzé, 3° chasseurs à pied, 55 e et 32® de ligne; 2" brigade, général Jolivct; 76® et 77® de ligne.

2 e division, général Bataille ; I™ brigade, général Pouget, 12® chasseurs à pied, 8® et 23 e de ligne; 2® brigade, général Fauvarl-Bastoul, 66® et 67® de ligne.

3® division, général de Lavcaucoupet : 1™ brigade, général Üoëns (tué à l’ennemi), 10® chasseurs à pied,

2® et 64® de ligne; 2 e brigade, général Michelcr, 24® et 40® de ligne.

Division de cavalerie, général Lichtlin: I™ brigade, général Valabrigue, 4® cl 3® chasseurs à cheval; 2° brigade, général Bachelier, 7® et 12® dragons.

Le 3® corps d’armée, quatre divisions d’infanterie et une de cavalerie , [était commandé par le général Decaen. Le chef d’état-major était le général Manèqnc.

1» division, général Monlaudoii : 1'® brigade, général Ayraard, 18® chasseurs à pied, 51® et 62° de ligne ; 2® brigade, général Clinchant, 81® et 95" de ligne.

2® division, général de GaaUgny : 1®® brigade, général Cambriels, aujourd'hui dans la Haute-Alsace, 15® chasseurs à pied, 19® et 4t® de ligne; 2® brigade, général Duplessis, 69® et 96® de ligne.

3 e division, général Metmann : 1®* brigade, général de Potier, 7® chasseurs à pied, 7® et 29® de ligne; 2 e brigade, général Arnaudcau, 59® et 71® de ligne.

4® division, général Decaen, qui a dû reprendre le commandement du 3® corps après la guérison de la blessure reçue au combat de Borny : i®° brigade, général Joseph de Bauer, 11" chasseurs à pied, 44° et 60® de ligne; 2® brigade, général Sanglé Ferrières, 80® et 83 e de ligne.

Division de cavalerie, généra! Catiau deClérambanlt : 1®* brigade, général Bruchard, 2 e , 3® et 10® chasseurs à cheval ; 2® brigade, général Gayant de Naubranehes, 2® et4® dragons; o® brigade, général Bégougnc de Juniac, 5® et 6® dragons.

Le 4 e corps était composé de trois divisions d'infanterie et une de cavalerie ; son commandant était le général de Ladmirault, qui avait pour chef d'état-major le général d'Osmont.

Indivision, général de Cissey : Irç brigade, 41® et 45 e régiments de ligne; 2 e brigade, général de Colherg, 67® et 73® de ligne.

2® division, général Rose : 1«* brigade, général Véron, dit Bcllccourt, 5® chasseurs à pied, 13 e et 43° de ligne; 2® brigade, général Pradier, 64" et 98® de ligne.

3® division, général deLorcnccy : l re brigade, général Pajol, 6° chasseurs à pied, 43® et 33® de ligue; 2® brigade, général Berger, 54® et 63® de ligne.

Division de cavalerie, général Legrand, tué à l’ennemi : i®° brigade, général de Montaigne, tué a l'ennemi; 2® et 7 e chasseurs à cheval; 2® brigade, général de Gondrccourt, 3® et 1 1« dragons.

Le 6® corps, composé de 4 divisions d'infanterie et une de cavalerie, avait pour chef le maréchal Canrobert, et pour chef detat-major le général Hum.

4™ division, général Tixicr : 1" brigade, général Péebot, 9° chasseurs à pied, 4® et 10® de ligne; 2° brigade, général Le Roy de Dais, 12® et 100® de ligne.

2*. division, général Binon : 1®® brigade, général Noël, 9® et 14° de ligne ; 2® brigade, général Maurice, 20® ct,3l® de ligne.

3® division, général Lafond de Villiers: 1®° brigade.

général Baquet de Saunay, 75® et 91» de ligne ; 2° brigade, général Colin, 93° et 94° de ligne.

4° division, général de Martimprey : !••« brigade, général de Marguenat, 25 e et 26» de ligne ; 2» brigade, général de Chauabriellcs, 28» et 70» de ligne.

Division de cavalerie, général de Salignac-Fénelon : ir« brigade, général Tillard, 1 er hussards et G» chasseurs à cheval; 2» brigade, général Savarcsse, 1 er et 7» lanciers ; 3» brigade, général de Bévillc, 6° et G» cuirassiers.

Le commandant de la place de Metz était le général Coffiuièrcs, et le commandant de l’artillerie le général Solcillet.

Les instructions du maréchal étaient de faire passer l'armée de la rive droite de la Moselle, où elle était réunie depuis le 1 1 août, sur la rive gauche, pour la diriger sur Verdun. Ce mouvement s’exécutait le 12, quand les troupes allemandes attaquèrent à Borny la division Metmann ; il était nécessaire de l’appuyer pour maintenir l’ennemi. Le S* corps, qui avait presque effectué le passage de la rivière, revint en partie prendre position en avant du fort Saint-Julien, et la bataille dura jusqu’à la nuit.

Pendant les attaques que le prince Frédéric-Charles et le général Stcinraetz multiplièrent, du 16 au 10, sur les positions françaises à Borny, Gravclotle, Mars-la- Tour, Rczonvillc, Amanvilliers, Bazaine fit-il tout ce qu’il devait faire?

Scs adversaires prétendent que non, et lui reprochent :

De ne pas s’étre porté vers les points d'où il aurait pu embrasser l’ensemble des opérations d’assez près pour intervenin utilement;

De n’avoir pris que d’insuffisantes mesures pour l’évacuation des blessés et la direction des bagages;

D'avoir envoyé, sans aucune nécessité, l’ordre de rétrograder sur Metz.

Dès le 10, à dix heures du soir, le maréchal avait donné comme instruction, à son chef d’état-major général, de faire reprendre aux troupes leurs anciens campements et de se reporter sur le plateau de Plappcvillc; et cet ordre, comme le constate le colonel d’Andlau, causa une stupeur impossible à décrire.

« Quoi, disait-on, c’est après une bataille gagnée, au moment où l’armée prussienne est en retraite sur tous les points, où le passage peut nous être ouvert, qu’on vient alléguer d’autres motif? pour sc retirer encore ! On n’ose même pas affirmer son succès, en s’avançant sur ccttc route qui est devenue libre, en achevant le mouvement dont l’exécution vient d'être assurée par le sang de plus de 20,000 hommes (3,608 à Borny, 1 6,954 à Rczonvillc) ! La consommation des munitions peut-elle être un motif sérieux? les réserves des corps, la réserve générale de l’armée, sont là pour remplir les gibernes des hommes et compléter les coffres des caissons : on peuty puiser sur les lieux mêmes .aussi bien qu’à une

lieue en arrière ou sur le plateau de Plappeville. Si Pou doit recourir aux ressources de l’arsenal de Metz, il est facile de les lui demander pendant la nuit, comme on a su le faire pour les approvisionnements. Et, d’ailleurs, ccttc consommation a-t-elle été si grande? »

Le 18 août, lorsque les Prussiens attaquèrent les lignes de défense d’Anianvillicrs, le maréchal Bazaine était à Plappeville, dans sa maison de campagne. L’auteur de la Réponse au rapport sommaire peint en ces termes l’altitude qu’eut le maréchal ce jour-là :

• « Insouciant aux bruits qui lui arrivaient du champ de bataille, il ne sc décidait à monter à cheval que vers deux heures du soir, accompagné seulement d’un officier d’ordonnance et de quatre officiers de son état-major. Il se portait sur le côté sud du fort Saint-Quentin, eide là faisait diriger les feux de quelques pièces de 12 sur des points sans importance, du côté d’Ars; puis s’en allait, au pas de son cheval, à l’extréinité du plateau de Saint-Quentin voir l’ensemble du champ de bataille, au sud de Plappeville.

* 11 était quatre heures et demie environ; le paysage était splendide: à l’est, le Saint-Quentin, la Moselle, Metz et Saint-Julien; au nord, le fort de Plappeville; à l’ouest, les crêtes s’échelonnant de Vaux jusqu’à Saint- Privat, et couronnées à chaque instant par des flocons de fumée blanchâtre; puis, comme cadre et accompagnement à ce tableau unique, la voix grandiose du canon et le crachement irritaut des mitrailleuses. Impassible, le maréchal suivait, avec la lorgnette, la ligne des feux. Tout à coup on vit, sur la droite, la route do Saint-Privat sc couvrir d’une poussière intense ; chaque bouquet d’arbres donner passage à un groupe affolé, les attelages coupés, les cavaliers, les chevaux, les fantassins courir éperdus le long de la côte et retourner au camp. C’était la déroute, la panique insensée. La bataille d’Ainanviliicrs était perdue. Le sort de la France venait de se décider.

a Tranquille, comme il Pétait à Gravclotte, au milieu de la mitraille et de la charge des uhlans, le maréchal continuait à considérer cette triste phase de la lutte; puis, après avoir donné l’ordre à une batterie de venir prendre position sur l’emplacement qu’il occupait, il retournait, mélancolique et au pas, vers sa villa, en lançant ces mots étranges et textuels : « Que faire avec de « pareilles troupes ! »

« Etait-ce bien là la pensée du maréchal? Quelle amère conviction ! Mais alors, pourquoi cette phrase de son rapport : « Le maréchal Canrobert évacua sa posi- « lion en très-bon ordre. »

« C’est poli, mais les chiffres sont là : le 6® corps eut 24 officiers tués, 109 blessés, 79 disparus; 243 soldats tués, 1,473 blessés, 4,473 disparus. »

Régiments, brigade!?, bataillons, compagnies, agissaient souvent à l’aventure, et voyaient refuser des ren*

forts. Hippolyte Chat) loup, dans le Blocus de Mets, dit au sujet de la bataille d'Amanvilliers :

« Un fait incroyable et bien navrant, qui s'est produit dans presque toutes les batailles depuis le commencement de celte désastreuse campagne : vers le milieu de la journée les munitions manquèrent, pour les canons comme pour les fusils. Et notre armée était aux portes de Metz, aux portes du premier arsenal de la France. »

Un sous-officier qui assistait à la bataille d’Amanvillicrs a écrit, dan9 une narration publiée par Y Écho de l'Eure : « Les munitions commençant & diminuer, notre lieutenant, M. Santelli, envoya le sergent Salvatori en chercher, et demander du renfort. Mais on lui fit répondre qu’on ne pouvait rien lui envoyer et de battro en retraite, s’il ne pouvait tenir. »

Dans la matinée du 19, l’armée vint s’établir entre les forts détachés de Metz, et, à partir de ce jour, elle resta sur la défensive. « Elle avait besoin de repos et surtout de reconstituer scs cadres eu officiers de tous grades, » dit le maréchal Bazaine dans son B" l ‘port sommaire sur les opérations de l'armée du lïhin. Le même document résume en ces termes les événements des dernières journées, qui entraînèrent comme conséquence Indécision du 19 août ;

« Le 17 août, l'armée vint s’établir sur les positions de Rozériculle, à Saint-Privat-la-Montagne, pour les raisons suivantes :

« 1° Manque d’eau à Graveloltü et aux environs ;

« 2° Obligations, avant de continuer la marche en ’ avant, d’aligner les vivres et de remplacer les munitions consommées, principalement en projectiles de quatre.

« 3» Évacuer les blessés sur Metz.

« Des suppositions ont été faites sur la possibilité de continuer la marche sur Verdun dans la nuit du 10 au 17; elles étaient erronées. Ceux qui les émettaient ne connaissaient pas la situation. L’ennemi recevait à chaque instant des renforts considérables et avait envoyé des forces pour occuper la position de Fresnes en avant de Verdun ; l’armée française, en marche depuis plusieurs jours, venait de livrer deux batailles sanglantes, et elle avait encore des fractions en arrière, y compris le grand parc de réserve de l’armée, qui était arrêté û Toul, attendant une occasion favorable pour rejoindre, ce qu’il u’apu faire. L’armée pouvait éprouver un cchcc très-sérieux qui aurait eu une infiucnce fâcheuse sur les opérations ultérieures.

« Los corj« reçurent l'ordro de se fortifier dans leurs nouvelles positions et d’y tenir le plus longtemps possible. Mon intention était de reprendre l'offensive, le ravitaillement terminé.

« Le 1 8 août, toute l’armée allemande, sous le commandement de Sa Majesté le roi de Pru;se, attaqua nos

lignes avec une nombreuse artillerie et des masses considérables d'infanterie. Le succès resta toute la journée indécis; mais le soir un suprême eirortoxécuté par l’ennemi sur Saint-Privat-la-Montagnc rendit cette position intenable pour notre aile droite qui, malgré la bravoure et le dévouement du maréchal Canrobert et de scs troupes, dut l’évacuer et le fit en très-bon ordre.

« La division de grenadiers de la garde, envoyée comme réserve, n’avait pu être engagée que tardivement.

« Le 0“ corps de l’armée du Rhin n’était pas complètement constitué en artillerie, génie, cavalerie, ni même en infanterie; une de scs divisions n'avait même qu'un seul régiment.

« Pendant cette action qui fut une des plus meurtrières pour l’ennemi, je dus me tenir, avec les réserves d’artillerie et la garde, sur le plateau de Plappcvillc, pour repousser les tentatives faites par l'ennemi soit par Vaux et Sainte-Ruffine, soit par Woippy, sur les derrières de nos positions, son but étant de nous couper de Metz. Cette bataille prit le nom de défense des lignes d’Amanvilliers. »

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