CHAPITRE XVII
Eoooru la miülon du général Boyer. *— Kola de M. de Btamurk.
Le maréchal attendait impatiemment le retour de^on aide de camp Boyer : il écrivait, du Ban-Saint-Martin, le lû octobre, au général commandant les avant-postes, du Coté de Uoulius ;
« Mon ch kh général,
« levions de recevoir l’avis de l'arrivée pour cc soir, ou cette nuit, à Moulins, du général Boyer, Veuillez vous assurer que la voilure des parlementaires est prête à le recevoir, et envoyer do suite & Moulins un des officiers de l’état-major.
a Je désire que vous fassiez donner do suite à vos avant-postes les ordres nécessaires pour prévenir tout accident.
« Le maréchal commandant en chef, a Bazaink. s
Une dépêche de Saarbrtick au Times, en date du 21 octobre au soir, annonçait par anticipation le retour du négociateur; mais il ne devait pas rentrer dans Metz. N’ayant rien obtenu de M. de Bismark, il s'était rendu h Londres, d’oti l'agence Reuter télégraphiait à la délégation de Tours :
• Lemire», 13 octobre U70.
« Observer Boyer, arrivé vendredi, voir samedi l'Impératrice. »
Le 24 octobre, M. de Bismark reçut à Versailles une dépêche que le général Boyer le priait de transmettre au maréchal Bazaine ;
« L'impératrice, que j*ai vue, fera les plus grands efforts en faveur de l'armée de Metz, qui est l’objet de sa profonde sollicitude et de ses préoccupations constantes. »
Le chancelier, en consentant à se charger de communiquer cette dépêche, eut soin de faire ses réserves. 11 ne croyait pas que le général Napoléon Boyer offrit
les garanties nécessaires pour entrer en négociations avec la régence impériale; et d'ailleurs, la cause du vaincu de Sedan n’était nullement assurée j après avoir donné le testé même de la dépêche, M. de Bismark ajoutait :
« Je dois pourtant vous faire observer, monsieur le maréchal, que depuis mon entrevue avec M. le général Boyer aucune des garanties que je lui avais désignées comme indispensables avant d’entrer en négociations avec la régence impériale n'a été réalisée, et que l’avenir de la cause de l’empereur n’étant nullement assuré par l’attitude de la nation et de l’armée française, il est impossible au roi de se prêter à des négociations dont Sa Majesté seule aurait à faire accepter les résultats à la nation française. Les propositions qui nous arrivent de Londres sont, dans la situation actuelle, absolument inacceptables, et je constate, à mon regret, que jo n'entrevois plus aucune chance d'arriver à un résultat par des négociations politiques.
« Bismark. «
Ces deux pièces, expédiées au grand quartier général prussien, furent adressées au maréchal Bazaine, le 24 octobre 1870, par le prince Frédéric-Charles, avec cette lettre que nous traduisons de l'allemand î
« Monsieur,
« J’ai l’honneur d'envoyer copie ^ Votre Excellence d'un télégramme arrivé à minuit, et dont voici la teneur :
« A S. Alt. le prince héritier Charles pour le maréchal Bazaine.
« Lo général Boyer désire que je vous communique le télégramme suivant 3
(Viennent iei le télégramme relatif à l’impératrice, accompagné de l'annotation du ehancolier; puis la formule ordinaire de civilité, et la signature du prince.)
Une série de télégrammes divers nous permet de suivre d’une manière certaine les pas du général Boyer. A Tours, on reçoit encore, le 25 octobre, cette dépêche transmise de Berlin, le 24 octobre, par Bruxelles :
« Lo Nord-be*t*ch$Iiitung Hhizettt de ( Allemagne du Nord) rassure contre toute inquiétude d'immixtion étrangère. Frédéric-Charles et suite, sous drapeau parlementaire, se dirigeaient sur Metz. Négociation P®W reddition ont lieu.
• Boyer était hier au quartier général du prince Frédéric-Charles. »
La Gazette de la Croix dit, concernant .les négociations du général Boyer avec Bismark, que Bazaine menait ces négociations, non pas seulement indépendant
ment du gouvernement provisoire, mais en contradiction avec ce gouvernement.
D’autres dépêches télégraphiques ont constaté plus tard la présence du général Boyer à l'hôtel de Bcllc- Yuc, à Bruxelles, et de là à Casscl.
CIIA.PIT11K XVIII
L'ulllmatum de Vervallle». — Mission du général Changarnier. — Conseil de guerro du 25 octobre 1870. — Mission
du général do Cissey. — Le dernier conseil de guerre.
Laissons de côté le général Boyer, personnage qui disparait de la scène, pour revenir à la question utile, celle de Metz.
La lettre du prince Frédéric-Charles relative à la mission de l’aide de camp Boyer n’était pas la seule communication qu’il eût adressée au maréchal Bazaine.
Dans la journée du 24 octobre, une seconde, d’une importance majeure, quoique non autographe, lui répétait qu’on n’cntrcvovail plus, au grand quartier général royal, aucune chance d’arriver à un résultat par des négociations politiques; elle contenait l’ultimatum télégraphié de Versailles, et, selon la version du colonel d’Andlau, commentait en ces termes ce que M. de Bismark avait dit au commandant en chef de l’armée du Ithin :
« D’après les informations que je reçois de Londres, l'impératrice se refuse à toute espece de transaction , comme à tout traité ayant pour base une cession de territoire. Les renseignements que nous avons d'ailleurs été à môme de prendre dans le pays et l’armée nous ont prouvé que le gouvernement impérial n’y rencontrerait aucun appui. En entrant en arrangement avec lui, le roi semblerait vouloir l’imposer à la France ou chercher à intervenir dans scs affaires intérieures, ce qui serait contraire aux intentions de Sa Majesté.
« Le maréchal Bazaine n’a pas donné les garanties qui lui étaient demandées et que le général Boyer avait dû lui faire connaître, comme base première de toute convention, c’est-à-dire la cession de la ville de Metz et la signature de tous les chefs de son armée reconnaissant la régence et s’engageant à la rétablir.
« Dans ces conditions, il n’y a plus lieu de continuer des négociations politiques; la question se pose militairement, c'est aux événements de la guerre seuls qu’il appartient de la résoudre. »
Dès le 24, à onze heures du soir, le maréchal Canrobert ût savoir ce qui se passait, on pourrait mieux
dire ce qui se tramait, aux généraux de division placés sous scs ordres. 11 émit l’idée d’une mission du général Changarnier auprès du prince Frédéric -Charles, auquel il proposerait de faire appel aux anciens députés de l’empire. Ceux-ci devaient nommer un gouvernement que les chefs de l'armée se chargeraient de faire accepter par la France. Le général Bisson, qui prit la parole après le maréchal Canrobert, lui lit observer que cette démarche était une feinte: la France, dit-il, ne veut pas plus de l’ancienne Chambre que de la régence; l’armée croit, à tort ou à raison, le roi de Prusse disposé à autoriser la rentrée des troupes en France avec drapeaux, armes et bagages. Qui refuse de les suivre? Ce sont les généraux en chef, trop compromis, et prêts à la livrer à l'ennemi pour se constituer prisonniers avec elle, afin de sauver leur vie et leur fortune.
L’accusation si nettement accentuée par le général Bisson fut repoussée par le maréchal Canrobert; mais.it convint que le succès de la mission du général Changarnier lui semblait plus qnc douteux.
Dans cette séance, le général Coffinières de Nordeck donna lecture de l’article 4 du décret du 13 octobre 18C3, qui déférait au général en chef le droit de suspendre le commandant de la place; il persistait à s’en autoriser pour maintenir sa démission; mais elle fut de nouveau refusée.
Déjà le général de Cissey, envoyé par Bazaine, s’était abouché avec le chef de l'état-major prussien ; ce qui n’empêcha pas un conseil de guerre de se réunir dans la matinée du 23 octobre. Après avoir pris connaissance de l’avis que donnait le prince Frédéric-Charles, le conseil pria le général Changarnier de se rendre auprès de ce prince pour tâcher d’obtenir, non une capitulation, mais un armistice avec ravitaillement, ou que l’armée du Rhin pût se retirer en Afrique. Dans ce même conseil, les 24 ou 25 commandants de corps se plaignirent précisément de la misère des troupes et de l’intolcrable antagonisme qui, sous le rapport des subsistances, existait entre la ville et l’armée. «Je remplis mon devoir, répondit le général Coffinières, et ne céderai que sur un ordre écrit du maréchal commandant en chef. »
Cet ordre lui parvint le soir même :
« Mon cher générai.,
« Vous avez pris part ce matin au conseil des commandants de corps d'armée et des chefs supérieurs de service que les circonstances m’ont fait réunir.
« Vous savez déjà qu’il a été reconnu unanimement que la place de Metz et l’armée étaient inséparables dans leurs intérêts comme dans leur sort.
« Malgré vos observations sur mes décisions antérieures qui séparaient les vivres de l’armée de ceux de la place ; malgré vos réclamations sur les devoirs qui incombent à vos fonctions, le conseil n’ayant égard
Le (18 octobre 1870;,
qu’à la situation grave dans laquelle nous sommes placés, s’est prononcé énergiquement pour la mise en commun des vivres encore existants, tant dans la place que dans l'armée.
« Cette opinion me paraissant juste et fondée, surtout en présence des souffrances et des privations qu’endure le soldat, je suis dans l'obligation de vous ordonner de mettre à la disposition de l'intendant général de l’armée, pour le service des troupes campées autour de Metz, les denrées qu'il vous demandera. Ce haut fonctionnaire a pour mission de s'assurer des quantités existantes dans les corps d'armée et dans la place, et d’en faire ensuite une répartition équitable entre tous, de manière à ce que toutes les troupes, qu'elles appartiennent à la place ou à l’armée, soient également pourvues. Vous voudrez bien assurer la stricte exécution des prescriptions de cette dépêche, dont vous m’accuserez réception.
« Le maréchal commandant en chef l'armée du Min,
« Bazaine. »
uun.
Le maréchal, dans son rapport sommaire, dit de la mission du général Changarnier qu’elle était délicate; que l’illustre général ne l'accepta que par dévouement, et qu'elle n’eut pas un meilleur résultat que les précédentes. « 11 fallut donc, ajoute-t-il, se résigner, parce qu’une tentative de vive force, qui déjà précédemment n’avait été considérée que comme un dernier acte de désespoir, aurait été, daus les circonstances actuelles, un vrai suicide, en offrant à l’ennemi une victoire facile sur une armée épuisée, qui cependant n’avait jamais été vaincue ; et c’eût été un crime de sacrifier inutilement des milliers d’existences confiées par la patrie à la responsabilité de chefs éprouvés. > La mission ne s’en accomplit pas moins. Le sauf-conduit pour le vieux général fut accordé presque aussitôt que demandé, et, . le 25 octobre, à onze heures, le vénérable soldat d’Algérie traversa les lignes prussiennes pour se rendre au quartier général prussien.
Dans la séance de l'Assemblée nationale du 29 mai 1871, sur laquelle nous aurons occasion de revenir, le
général Changarnier dit à propos do la mission qu'il avait accomplie le 23 octobre 1 870 :
# Le 24 octobre, nos jours, nos heures étaient comptées.
« M. le général Bazaine réunit un conseil de guerre auquel il voulut bien me convier. Après avoir constaté notre état de dé-tresse, on reconnut, à l'unanimité, la nécessité d’envoyer un de nous au quartier général allemand pour en connaître les véritables intentions, et pour lui demander, — chose bien improbable à obtenir,
— un armistice avec ravitaillement, et l'envoi de notre armée tout entière- en Algérie, où elle serait neutralisée.
« Sur la proposition de l’illustre maréchal Canrobert, rédigée en des termes que je ne puis vous rapporter ici, on me désigna à l'unanimité pour cette doobwanease mission.
* Je ne pus pas la retisser.
« lendemain, le prince Frédéric-Charles envoya au-devant de moi deux de ses aides de camp. ïi me ne- <; rut avec «ne courtoisie parfaite, avec la courtoisie la plus élégante. On a dît, on a même imprimé que, tris* courtois à mon égard, il avait été dur et dédaignent à l’égard de l’armée du Ithin. Messieurs, notre entretien, qui a duré trois heures, eût été beaucoup plus court dans ce cas.
- « Le prince Frédéric-Chartes a parié de l’année dn RI un dans les termes de la plus haute estime.
. Malheureusement, beaucoup de journaux français ont été moins équitables.
« Ma demande était exorbitante. Le prince Frédéric- Charles, quoique visiblement sympathique il mon émotion de patriote et de soldat, ne me donna pas même l’espoir de transmettre notre proposition à Versailles... (L’émotion force l’orateur à s’arrêter un moment.) Et, cependant, mon échec fut moins complet que je ne le croyais en m’éloignant du château de Corny.
« Lorsque, soixante heures après, le général Stichle, chef d’état-major de l’armée allemande, et notre cher d’état-major, muni des pleins pouvoirs du maréchal Bazaine, signèrent le traité dont les conditions étaient déjà connues et arrêtées, le général Stichle offrit, en souvenir de ma négociation, de neutraliser un hatail- , Ion, de le faire sortir avec armes et bagages, dra- I peau déployé, et de l’envoyer en Algérie. Sous prétexte * qu’il serait difficile de choisir ce bataillon, — on- n’aurait eu qu’à le tirer au sort, — de le faire voyager et de l’embarquer, On refusa cette clause, glorieuse, qui aurait vengé d’avance notre armée de Metz des indignes calomnies qtii Font longtemps poursuivie...
« Vous voyez que je n’avais pas complètement échoué dans ma mission. »
En somme, les trois heures d’entrevue du vieil Africain avec le prince Frédéric-Charles n’aboutirent qu’à un avortement. Le chef de la deuxième année aile- (
mande avait tout prévu;* il savait qu’en maintenant strictement le blocus, il réduisait par la disette la placcct l’armée ; dans le cas où serait tentée une sortie désespérée, il avait massé pour la repousser des forces considérables. L’intervention du général Changarnier achevait de lui prouver l’imminence de la crise; aussi s’eu tenait-il aune reddition pure et simple, puisque le conseil royal, siégeant à Versailles, avait refusé d'autoriser l’armée du Rhin à se retirer en Algérie.
A trois heures, le général Changarnier rentrait au Ban-Saint-Martin; il avait été prévenu que le chef d’état-major prussien, le général de Stichle, se trouverait aux avant-postes de l’armée d’investissement, au château de Frescatv, et y attendrait le négociateur désigné par le commandant en chef de l'armée du Rhin pour régler les details de la capitulation.
liés cinq heures du soir, Bazaine envoya le général de Cissey, commandant la 1” division du i* corps; mais tout ce que put obtenir celui-ci, qui d'ailleurs allait simplement aux renseignements, ce fut U confirmation de Fui ti matins allemand : « Il faut que la place nous soit rendue et que les troupes qui la d. -fendent ou sont campé-cs sous ses murs sc rendent prisonnières de guerre, avec armes, drapeaux, bag igws cl matériel. »
Ije 20 octobre, se réunissent en conf- -ronce au quartier général du Ban-Saint-Martin, sowsJa présidence de Bazaine, 1ers maréchaux Canrobert et Le Bœuf; les généraux de Ladmirault, Frossard, Desvaux, Suleük, Coffinières de Nordeck ; Jarras, chef d’état-major général do l'armée; de Cissey, commandant la t" division du -j" corps; Changarnier, et l'intendant eu chef de l'armée, M. Lebrun.
On entend d’abord MM. de Cissey et Changarnier qui rendent compte de leurs missions, dont le résultat est identique : capitulation de la place, des forts et de l’armée; les troupes prisonnières de guerre; armes et matériel livrés à l'ennemi.
Après ces communications, la question des subsistances est abordée. « Je n’ai plus de vivres, dit l'intendant Lebrun. — Je n’en ai plus que pour la journée du 27, dit le général Desvaux. »
Chaque chef de corps vient faire à son tonr des déclarations analogues. • .
Le général de Ladmirault n'a plus de chevaux que pour un jour. Le général Frossard n’eu aura plus dans deux jours. Le maréchal Le Bœuf peut encore faire vivre, pendant quatre jours environ, son corps d'armée (le 3*); mais il ne reste plus ni riz, ni sel, ni sucre, ni café.
Des trois divisions du 6* corps, que commande le maréchal Canrobert, il reste h la première pour trois jours de vivres, à la seconde pour deux jours, à la troisième rien !
fri ville de Metz, à raison de 300 grammes par ration, a, d’après les calculs du général Cufimières, des vivres jusqu’au 1** novembre.
ut
On passe à la question des logements. Le maréchal commandant en chef propose, en raison du mauvais temps, de mettre les hommes à l’abri, tant dans les maisons des villages occupés que dans la ville de Meta.
Le maréchal Le Bœuf préfère conserver son corps d’armée dans les positions où il se trouve. Une partie des hommes sont déjà à couvert. Faire entrer les troupes dans Meta, ce serait occasionner des désordres. •
Le général Cofiinières fait observer que tous les bâtiments publics sont déjà occupes. On ne pourrait donc loger une partie de l'armée que dans les maisons particulières , et les blessés en occupent un grand nombre. Le commandant supérieur de Metz déclare également que la place lirréfe à elle-même peut tenir jusqu'au 5 novembre, et qu'en raison de son serment il ne peut la remettre qu’après avoir été réduit à la dernière extrémité. Il propose que, vu les circonstances, le maréchal Bazaine use des pouvoirs que lui confère l’article 4 du règlement sur le service des places.
Le maréchal commandant en cbef insiste de nouveau pour que, dans les négociations, le sort de la ville soit distinct de celui de l'armée.
Les membres de la conférence déclarent que la ville doit suivre la fortune de l'année, qui l’a protégée* jusqu’à ce jour.
Le commandant en chef se range alors à cette opinion de la grande majorité.
Le général Frossard soutient qu’il ne peut y avoir deux catégories d’armée. Si le 16 août on eût opéré la retraite, la place aurait été bloquée, et, vu l’état de scs forts, n’aurait pas tenu au delà du 1 5 septembre, après avoir souffert des destructions extérieures. L’année l’a couverte pendant deux mois, l a sauvée jusqu'ici ; la ville ne peut donc vouloir continuer la lutte, par cela seul <fu’eilc a encore des vivres. Les ressources de la ville doivent être mises en commun avec celles de l’armée.
Le maréchal I,e Bœuf et le général de Cissey déclarent que tous les officiers demandeut. comme justice, le partage des vivres avec la ville.
Le général Desvaux réclame l’égale répartition des vivres.
L’intendant Lebrun demande que la place donne 00,000 rations pour la journée du 27.
Le général Coffiniercs s’y oppose, à moins d’un ordre formel.
Le conseil décide qu’il sera fait droit à la demande de l'iutcndant, qui prendra la direction générale du service des subsistances dans la ville de Metz.
I.e général de Ladmirault demande la rentrée dans la ville des cavaliers démontés.
Le général Coffimères s'oppose à cette mesure qui encombrerait la ville et rendrait la police impossible.
Le général Frossard désire que l’on demande qu’un régiment et une batterie puissent se rendre en Algérie
L avcc armes et bagageR, sur l’engagement de ne pas combattre la Prusse, et que les officiers conservent
leur épée. Le général insiste pour le partage des vivres entre la ville cl l’armée. 11 craint qu’une fuis la vérité connue, les hommes soient moins faciles à contenir.
Le général Soleille pense que l'on doit saisir le coté pratique et ne pas oublier que le soldat souffre; que d’autre part, tel que l’on connaît le caractère prussien, on n’obtiendra pas de grandes modifications à la négociation. La prolonger, ce serait donc exercer une fâcheuse influence sur le soldat. A quoi servira d’avoir fait durer les souffrances du soldat pour arriver à une solution^ fatale î Le général demande donc au nom du soldat que l’on se décide à une prompte solution.
Le maréchal Le Bœuf demande que les officiers gardent leur épée. Dans le cas où l’ennemi n’accorderait cet honucur qu’aux officiers généraux, il serait refusé, attendu qu'il ne peut y avoir de différence entre les maréchaux, les généraux et les autres officiers.
Le conseil, avant de se séparer, arrête, à l’unanimité, moins une voix, qu’un négociateur, désigne par lui et muni de pleins pouvoirs, sera envoyé auprès du chef d’état-major de l’armée allemande, et signera la convention militaire par laquelle l’armée française vaincue par la famine se constituera prisonnière de guerre.
La voix récalcitrante était celle du général Desvaux qui avait constamment demandé qu’un dernier effort fût tenté pour sauver l'h on neur des armes. 11 ne pouvait admettre qu'une année d’au moins 173,000 hommes se rendît sans coup férir.
Le général Jarras, chef d'état-major de l’armée française, fut désigné pour régler avec le chcT d’état-major de l’armée allemande les conditions précises de sa capitulation.