‹ Bazaine et al capitulation de Metz Émile de La BédollièreChapitre 32 sur 117 · CHAPITRE III · texte numérisé non relu

CHAPITRE III

Une lettre du général Frossard. — Une lettre de Bambcrgcr. La commission des capitulations. — Le dossier,

Les journaux, chaque jour, produi aient des pièces relatives au procès futur. La République française donnait un fragment d’une lettre écrite de Cologne, le 22 décembre 1870, par le général Frossard à l’un de ses officiers. « Vous avez raison, disait l'ancien commandant du 2 e corps, on nous a cruellement trompés à Metz par le tableau lamentable qu’on nous a fait de l'état de la France au retour du général Boyer à Versailles.

« Nous avons été trompes aussi d’une manière indigne au sujet de l'affaire des drapeaux.

« de n’ai pas besoin de vous affirmer que le commandant de votre corps d'armée a été dupe, comme les autres, en tout et pour tout. »

11 fut un moment question, dans les couloirs de l’Assemblée nationale, d’interpellations relatives au procès Bazaine; on disait même qu’un député messin, M. Bamberger, en prendrait l’initiative. Il écrivit à ce sujet au journal /’ Événement :

• Versailles, 23 mate { 873.

« Monsieur le Rédacteur,

« Il n’entre nullement dans ma pensée d’interpeller le gouvernement au sujet des bruits répandus touchant l’affaire Bazaine.

« Elle suit son cours régulier; l’instruction est terminée; le gouvernement n’a encore pris aucune résolution; restons bien convaincus qu’il fera son devoir.

« Cela me dispensera de faire le mien.

a Vous pouvez, monsieur le Rédacteur, faire de cette lettre tel usage qui vous semblera convenable.

« Veuillez agréer l’expression de mes sentiments les plus distingués.

« Éd. BAMnp.nr.RR,

« Dc'pult: dë Moiirllie cl-Motclic. »

C’était sur la proposition de M. Bamberger qu’avait été nommée la commission des capitulations qui siégeait déjà depuis plusieurs mois; mais clic avait interrompu ses travaux pour attendre l’issjic de l’instruction du procès Bazaine. Le 2 avril, elle fut convoquée par le général Chanzy, qui lui annonça que, d’après la déclaration à lui faite par le général de Cissey, ministre de la guerre, le gouvernement avait pris connaissance du dossier de la capitulation de Metz et que l’affaire suivrait son cours normal.

Après celte communication, la commission décida a l’unanimité, sur la proposition de MM. Kcller et Humbert, qu’elle ne déposerait pas encore son rapport dé-

finitif, afin d'être encore constituée, si de nouvelles éventualités venaient retarder l'action de la justice.

Il fut donné lecture ensujte d’une lettre du général Ducrot, qui demandait à la commission de vouloir bien lui communiquer le dossier de la capitulation de Sedan. I.e général Ducrot voulait y puiser les éléments d’une réponse qu’il se proposait de faire aux accusations dont il avait été l’objet de la part du gouvernement allemand.

La commission, à l’unanimité, fit droit à cette demande.

Le dossier et les rapports faits par le général de Rivière avaient été remis au général Pourcet, chargé des fonctions de commissaire du gouvernement près le conseil de guerre. Dans les premiers jours d’avril 1873 , le général Pourcet remit le tout, avec son avis motivé, au ministère de la guerre.

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