CHAPITRE XI
Abandon de Compïègne. — Choix du Grand-Trianon. — lui construction annexe.
Tel était l’état des choses lorsque le bruit s’accrédita qu’en raison des difficultés d’installation, et des sommes considérables qu'exigerait la transformation des bâtiments de Compicgne, le Gouvernement cherchait un autre local.
Ce bruit était fondé.
LneautreohjectiondirimantecontrcCoropiègnefutque les débats devaient durer longtemps, que la présence du maréchal Mac-Mahon y pouvait être souvent indispensable, et que toutes les affaires gouvernementales se trouveraient enrayées à Versailles, par suite de l'absence prolongée du président de la République.
Une autre considération encore, c’était que la santé du prévenu se prêtait difficilement aux déplacements; il. avait été contraint par d'insupportables douleurs névralgiques de garder la chambre et de renoncer aux exercices d’escrime auxquels il se livrait quotidiennement. Quoique sa robuste constitution triomphât du mal, ce mal reparaissait par intervalles.
Compïègne fut abandonné, bien qu’on y eût fait déjà vingt et un mille francs de dépense ; le gouvernement pensa au château de Blois , mais il était plus encore que Compiègne éloigné du centre, et empêchait d’être à leur poste, non-seulement le maréchal Mac-Mahon, j mais encore plusieurs témoins importants.
Il fut décrété que le conseil de guerre siégerait dans j le vestibule du grand Trianon.
Ce vestibule devait être élargi du côté du jardin, de façon à avoir quinze mètres de largeur.
La façade donnant sur la cour resterait donc telle : qu'elle était, sauf une très-légère construction en planches destinée à servir de trait d’union entre les deux parties de l’édifice.
Les boiseries d'entrn-colonnes, que l’on était obligé d’enlever pour obtenir l’élargissement voulu, seraient simplement transportées à cinq mètres eu arrière, où elles reprendraient leur destination première. Le double plancher sur lequel elles s’appuieraient reposerait sur ' le perron extérieur. Cette construction-annexe serait . recouverte d'un plafond très-solide, disposé de façon à ce que les eaux pluviales ne pussent pas y séjourner.
La construction qui sort de remise aux voitures d'un intérêt historique demeurait intacte.
Les sommes à dépenser étaient évaluées par le devis àasept mille francs.
M. l'architecte Questel fut chargé de travaux d'appropriation avec le concours du lieutenant-colonel ; Ftovet, commandant le génie à Versailles.
Le bataillon du II 4» de ligne, qui avait été détaché à
Compiègnc pour le service durant le procès, quitta celte ville le samedi 6 septembre, par le convoi de $i\ heures un quart du matin ; il trouva à Paris un train spécial qui le transporta A Versailles, d'où il revint a son ancien campement de Satory.
I.e Journal officiel de la République française, en j date du C septembre 1873, contenait cette note : » A partir d'aujourd'hui et jusqu'à nouvel ordre, les palais 1 de Trianon seront fermés au publie. »
Le palais de Versailles resta accessible comme par le passé, car ou n’avait aucun remaniement à y faire, et il forme d'ailleurs un domaine distinct qui a pour régis- j seur M. Granderie, taudis que M. Gazis administre les j deux Trianon.