CHAPITRE XII
Enlèvement des objets (Part. — Adoption d'un plan définitif.
— Le prétoire. — Les tribunes. — Les témoins. — Service télégraphique. — Logements du maréchal bataille, du duc il' Aumale, du général Pourcet. — Le» greffier».
Les travaux commencèrent par l'enlèvement des objets d'art qui décoraient le grand vestibule. Dans la grande galerie en cquerre qui donne sur le jardin, et servait autrefois dq salle à manger, furent transférés les meubles, les bronzes, les statues en marbre blanc d’après l'antique : le Jeune pâtre romani, la Joueuse j * d’osselets, le Tireur d’épines.
Puis on se mit en mesure île déterminer, ne varielur, le plan à exécuter.
I.a salle d'audience formait le bâtiment central, corps de logis eu forme de parallélogramme.
Elle était mise en communication avec l'aile droite, dans la cour d’honneur, par une galerie couverte. Lue deuxième galerie couverte devait être établie dans le ! même but pour l'aile gauche.
A l'extrémité de la galerie conduisant à l’aile droite de Trianon, sur un espace d’environ 11 m. SO, au fond i de la salle d’audience,. furent jetées les bases du prétoire. Au centre de l’estrade s'arrondissait en forme de ceinture le bureau des dix couseillers et du président.
Des degrés menaient latéralement de l’estrade dans ; la salle, et en arrière-porte de dégagement du tribunal» j A gauche, eu avant du conseil, et une marche plus ; bas, étaient les tables du commissaire du gouvernement et du greflicr.
A droite, faisant pendant à ces dernières, mais à tai niveau plus bas, c’est-à-dire à deux marches au-dessous du tribunal, la stalle de l’accusé et la barre des ' défenseurs.
Sur le même plan, la barre dos témoins.
Du côté de la cour, dans l'espace compris entre les bancs de l’accusé et des avocats d'une part, et la muraille de l'autre, des tribunes réservées pour les témoins qui occupent des fonctions importantes dans le pays, peut-être aussi pour le haut personnel gouvernemental.
Du côté du jardin, dans l’espace compris entre le ministère public et le greffe d'une part, et la cloison vitrée qui remplacerait de ce côté le mur,. des tribunes réservées pour la presse.
Cette tribune se trouvait à droite du tribunal, comme elle l'était au 3° conseil de guerre, siégeant au Manège.
Les bureaux du greffe seraient installés dans l'ancien salou de réception de Louis XIV et se trouveraient en arrière du tribunal; la salle des délibérations serait non loin du grellu, dans la même partie du palais. •
On désigna la place des témoins qui furent répartis • de la manière suivante : ceux à charge, dans une pièce donnant sur la cour, et ceux à décharge dans des pièces ayant vue sur le jardin. Ils devaient s'avancer jusqu’au pied du tribunal par un couloir intérieur pratiqué dans l'aile gauche, coupé par une séparation à hauteur d’hommes et longeant la salle parallèlement à la cloison vitrée donnant su» le jardin. *
Les dispositions de service télégraphique qui avaient déjà été prises pour Compïègne, à propos du procès Bazaine, furent prises de nouveau pour leGrand-Trianon.
Le ministère de la guerre et le ministère de l’intérieur, à Versailles et à Paris, devaient être mis en communication directe avec le local des audiences du 1 er conseil de guerre, afin de faciliter la recherche des documents dont la production pourrait être exigée, et d’assurer le service des journaux.
Une ligne d'omnibus devait desservir les gares des deux rives de la Seine et relier Versailles à Trianon.
Le prévenu devait-il continuer d'habiter la maison de l’avenue de Picardie? La question fut résolue négativement et on aménagea pour lui Trianon-suus-Buis, isolé du palais, quoique attenant à l'une des ailes du Grand-Trianon et aux appartements visités par le public. On se proposa de l’y transférer neuf ou dix jours avant l’ouverture des débats, irrévocablement fixés au fl octobre 1873.
Le maréchal Bazaine devait y être gardé, comme à l’avenue de Picardie, par un poste de cinquante hommes.
Au duc d'Aumale, président du conseil, fut airecté, comme pied-à-terre, un appartement qu’avaient occupé successivement le général Appert et le duc de Broglic dans la partie de l’aile droite qui fait saillie sur la cour d’honneur.
Au général Pourcet fut réservée la partie de l’aile gauche correspondante, dite pavillon de Madame.
Où loger messieurs les greffiers? Grand problème!
Le personnel du greffe avait quitté la rue Rémond de Versailles et était déjà à Compïègne depuis quinze
BAZAINE El LA CAPITULATION DE METZ.
jours. II fut convenu que M. Alla, greffier du I e ' conseil de guerre, M.. Castres, officier d'administration en retraite, greffier adjoint, et leurs employés, resteraient provisoirement à Compïègne, puis qu'au lieu de retourner rue Rémond, |ls se rendraient directement à Tria-' non, avec le volumineux bagage du dossier Bazaine, aussitôt que l'aménagement du lural serait terminé.